altération de la P53 et un taux de RE négatif. Or la survie glo-
bale est aussi bonne, voire meilleure, que dans les cas spora-
diques. Le cancer médullaire typique associe également une
tumeur de haut grade à un pronostic favorable. Les auteurs ont
donc pensé à rechercher un lien possible entre ce phénotype et
BRCA1.
Loman N. et et coll. Steroid receptors in hereditary breast
carcinomas associated with BRCA1 or BRCA2 mutations or
unknown susceptibility genes. Cancer 1998 ; 83 : 310.
Les cancers liés à BRCA1 ont plus souvent que les cancers
héréditaires sans mutation décelable des taux de RH abaissés.
Les auteurs ont cherché si l’on retrouvait les mêmes données
dans les cancers liés à BRCA2. Ils ont étudié les taux de RH
dans trois populations, BRCA1, BRCA2 et dans des cancers
familiaux qui n’étaient liés ni à BRCA1 ni à BRCA2.
En fait, ces groupes ont une expression différente des récep-
teurs stéroïdiens. En outre, le dernier groupe présente un phé-
notype particulier, avec des taux de récepteurs à la progesté-
rone très élevés. Cela peut, bien entendu, avoir des implica-
tions quant au traitement ou au suivi de ces patientes.
Brunet J.S. et coll. Effect of smoking on breast cancer in
carriers of mutant BRCA1 or BRCA2 genes. J Nat Cancer
Inst 1998 ; 90 : 761.
Les auteurs ont trouvé, dans le groupe des femmes à risque
porteuses de la mutation du gène BRCA1 ou BRCA2, une inci-
dence moindre du cancer du sein lorsqu’elles fument plus de
4 paquets/année.
Baron J.A., Haile R.W. Protective effect of cigarette smoking
on breast cancer risk in women with BRCA1 or BRCA2
mutation. J Nat Cancer Inst 1998 ; 90 : 726.
Les auteurs de l’article précédent ont mis en exergue la diffi-
culté, dans le cancer du sein, de séparer les facteurs génétiques
et environnementaux. Quelles sont les incidences hormonales
du tabagisme ?
Bay J.O. et coll. Ataxie-télangiectasie et prédisposition géné-
tique aux cancers. La Revue du Praticien Gynécologie et Obs-
tétrique 1998 ; 27 : 38.
Mise au point à la fois claire et bien documentée sur une mala-
die génétique héréditaire rare. Chez les femmes hétérozygotes,
l’incidence des cancers du sein est probablement plus élevée.
Se pose alors le problème d’une détection systématique par
mammographie car, in vitro, les cellules hétérozygotes AT
montrent une radiosensibilité plus importante que celle des
cellules normales.
Lavin M. Role of the ataxia-telangiectasia gene (ATM) in
breast cancer. Br Med J 1998 ; 317 : 486.
Le lien entre cancer du sein et ataxie-télangiectasie hétérozygote
reste peu clair, malgré la réunion organisée à Clermont-Ferrand
en novembre 1997, les travaux présentés étant contradictoires.
Bien qu’il y ait une sensibilité cellulaire particulière à l’irradia-
tion, l’auteur pense qu’il est peu probable que les mammogra-
phies de dépistage puissent augmenter le risque de cancer du
sein, au moins chez les femmes de plus de 40 ans.
Bignon Y.J. et coll. Cancer du sein : pourquoi, à qui, et com-
ment proposer un test génétique ? Genesis 1998 ; 40 : 9.
Le point sur les gènes de prédisposition au cancer du sein. À qui
proposer un test génétique ? Quels sont les conseils à donner ?
À noter que les chiffres indiquant le risque de développer un
cancer du sein pour une femme porteuse d’un gène de prédis-
position héréditaire sont élevés et ont été revus à la baisse par
des études postérieures (voir l’article suivant de Thorlacius et
celui de Struewing J.P., N Engl J Med 1997 ; 336-1401), avec
un risque pour BRCA1 de 56 % seulement au lieu des 90 %
annoncés antérieurement.
Thorlacius S. et coll. Population-based study of risk of breast
cancer in carriers of BRCA2 mutation. Lancet 1998 ; 352 :
1337.
Les études antérieures montraient une majoration du risque de
cancer du sein considérable chez les femmes porteuses d’un
gène de prédisposition héréditaire, de 80 % à 90 %. En fait, il
semblerait que la pénétrance soit moins importante. En effet,
cette étude islandaise montre que, dans la population générale,
par opposition aux familles à haut risque, la mutation de
BRCA2 entraînerait un risque moins important que prévu, de
37 % à 70 ans.
Foulkes W.D. BRCA1 and BRCA2 : penetrating the clinical
arena. Lancet 1998 ; 352 : 1325.
Commentaire sur l’article précédent. Quelles sont les questions
que le clinicien se pose lorsqu’il veut conseiller une femme
porteuse d’une mutation de BRCA1 ?
– La pénétrance, c’est-à-dire la probabilité pour un porteur
d’exprimer son gène et de développer effectivement un cancer
à un âge donné.
– Quelle importance accorder à la mutation elle-même (le gène
affecté et le type de mutation, la position de la mutation sur le
gène, ou les antécédents familiaux) ?
– Le pronostic des cancers reliés à BRCA1 est-il différent de
celui des cancers sans mutation de BRCA1 ? Les études sont
pour l’instant contradictoires.
– Choix d’éventuelles mesures préventives médicales et chi-
rurgicales.
Narod S.A. et coll. Oral contraceptives and the risk of heredi-
tary ovarian cancer. N Engl J Med 1998 ; 339 : 424.
Les contraceptifs oraux diminuent le risque de cancer de l’ovaire
dans la population générale. Les auteurs ont montré qu’il en était
de même chez les femmes porteuses du gène de prédisposition
BRCA1 ou BRCA2, qui présentent un risque accru non seulement
de cancer du sein, mais aussi de cancer de l’ovaire.
Lappe J.M. et coll. Prevention of osteoporosis in women trea-
ted for hereditary breast and ovarian carcinoma. Cancer
1998 ; 83 : 830.
Les femmes porteuses des gènes de prédisposition ont souvent
une ménopause prématurée proposée dans un but soit prophy-
lactique, soit thérapeutique. Le risque d’ostéoporose s’accen-
tue alors nettement et des mesures de prévention doivent être
proposées concernant l’hygiène de vie, l’alimentation, l’acti-
vité physique et les facteurs médicamenteux.
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La Lettre du Sénologue - n° 4 - avril 1999