
36 KAMAGATE F.S. & al. : Difficultés cliniques dans la pratique de la prothèse fixée ...
III- DISCUSSION
Pour 32% des praticiens, la réalisation
de la prothèse fixée ne pose aucun problème.
Elle semble abordable mais pas aisée
pour 57% d’entre eux et chez 11% des
praticiens interrogés, la réalisation de la
prothèse fixée est difficile.
Si elle se révèle une discipline complexe
pour nombre de praticiens, c’est qu’elle n’est
pas seulement subordonnée à la technique,
mais également au fait que chaque patient
et sont traitement prothétique sont uniques
et vécus personnellement à travers des
critères subjectifs.
D’où, l’importance de la relation patient/
praticien intelligemment et patiemment
établie; grâce à une bonne écoute permettant
de prendre en compte les véritables
motivations exprimées par le patient19; 20. La
difficulté de réalisation est statistiquement
liée aussi bien à la spécialité (Khi deux =
11,95), qu’à l’ancienneté des praticiens (Khi
deux = 10,98). Ces tests sont significatifs au
seuil de 5%.
Ainsi, la réalisation de la prothèse
s’avère plus difficile pour les praticiens
non spécialistes et moins expérimentés.
On peut constater une similitude
d’appréciation entre les étapes jugées les plus
difficiles à réaliser, et celles responsables à
posteriori d’un échec.
En effet, ce sont toujours ou presque les
mêmes étapes qui sont citées par les
praticiens.
L’étape la plus redoutée semble être la
préparation des dents piliers.
Selon OGOLNIK12 et coll., on distingue
les préparations périphériques partielles,
les préparations périphériques totales et
les préparations corono-radiculaires.
Les premières s’établissent à partir du
respect d’une face de la couronne dentaire8.
Ainsi, au niveau des dents cuspidées,
il est possible de réaliser des couronnes
4/5 intéressant quatre faces sur cinq et
des couronnes 3/4 au niveau des dents
antérieures.
Ces préparations font appel à des systèmes
de rétention et de stabilisation de type boîte,
puits, rainures et tenons dentinaires.
Leurs indications sont fonction du type
morphologique et des destruction pré
existantes. Mal posées, elles peuvent être à
l’origine du descellement de la reconstruction.
Les secondes, c’est à dire les préparations
périphériques totales, s’intéressant à toutes
les faces de l’organe dentaire concerné,
permettent la réalisation des couronnes
creuses de recouvrement classique5.
Elles impliquent une éviction tissulaire
variable, selon le type de restauration
choisi, la situation et la nature du profil de
finition.
La rétention et la stabilisation dans ces
cas font appel à des configurations
géométriques particulières selon les
principes biomécaniques des préparations13.
D’ailleurs le non-respect de ces principes de
préparation peut conduire à des échecs
préjudiciables au patient, tant sur le plan
thérapeutique que financier.
Selon THIAM14 et coll., ces erreurs
peuvent se traduire par une rétention
insuffisante des parois axiales avec des
dépouilles supérieures à 6°, une absence
de limites cervicales précises entraînant
un descellement à répétition de la prothèse.
Quant aux préparations corono-
radiculaires, leurs difficultés résident dans
la réalisation parfaite du traitement
radiculaire et la mise en œuvre rigoureuse
de la technique d’empreinte permettant la
réalisation de l’infrastructure corono-
radiculaire.
Hormis les préparations, le choix de la
teinte vient en seconde position parmi les
étapes du traitement pouvant être cause
d’échec.
Des dispositions particulières doivent
être prises avant et pendant cette étape.
Il faut tenir compte du type de teintier,
de la luminosité, et de la participation d’un
tiers. De plus, il n’existe pas de méthode
universelle pour la détermination de la
teinte. Une teinte mal choisie entraîne un
rejet de la prothèse par le patient.
Et à cet effet, il importe de souligner que
les difficultés des praticiens pour le choix