La Lettre de L’Hépato-Gastroentérologue - n° 3 - juin 1998114
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B S E R V AT I O N D I A L O G U É E
probablement d'un défaut de migration. Leur mode de révéla-
tion est variable : hémorragie, obstruction, compression, pan-
créatite, DKPA. La DKPA est connue depuis les travaux de
Potet et Duclert en 1970, mais elle a connu“une deuxième jeu-
nesse” avec l'essor de l'EE. En effet, cette technique identifie
formellement ces kystes intrapariétaux, alors qu'auparavant ils
étaient découverts sur des pièces opératoires ou lors d'autopsies.
La DKPA se constituerait après une obstruction des canaux
excréteurs avec formation d'un kyste rétentionnel et réaction
pancréatique. Deux tableaux peuvent s'observer : la pancréatite
chronique sévère avec DKPA, forme la plus fréquente (3), et la
DKPA sans lésion pancréatique majeure, telle que nous l'avons
notée dans notre observation. Cette affection se manifeste
essentiellement chez l'homme alcoolique chronique, entre 35 et
50 ans environ, sous la forme de vomissements, de douleurs
abdominales et d'un amaigrissement, plus rarement d'un ictère
ou d'une hémorragie. L'importance des vomissements, l'existen-
ce d'une sténose inflammatoire bulbaire ou de la partie haute du
duodénum franchie aisément par un endoscope doivent attirer
l'attention et faire évoquer ce diagnostic. L'EE est le maître exa-
men, comme nous l'avons vu. Nous avons déjà envisagé les dif-
férents aspects du traitement. Avec le développement de l'EE
interventionnelle, la ponction sous EE de ces kystes pourrait
p e u t - ê t r e représenter une altern at ive thérapeutique dans
l'avenir (?). ■
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É F É R E N C E S B I B L I O G R A P H I Q U E S
1.
Palazzo L., Chaussade S., Roseau G. et coll. Treatment of cystic dystrophy of
the duodenal wall with octreotide (Sandostatine
®
,SMS). Gastroenterology 1994 ;
106 : A313.
2.
Potet F., Duclert N. Dystrophie kystique sur pancréas aberrant de la paroi duo -
dénale. Arch Fr Mal App Dig 1970 ; 59 : 223-38.
3.
Palazzo L., Roseau G., Chaussade S. et coll. Dystrophie kystique sur pancréas
aberrant de la paroi duodénale (DKPA) associée à la pancréatite chronique cal -
cifiante alcoolique (PCCA) : une affection fréquente et méconnue. Gastroentérol
Clin Biol 1992 ; 16 : A141.
A z a n t a c 7 5 m g ,
une nouvelle arme pour
le traitement du RGO
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est
extrêmement fréquent chez l’adulte et
constitue un problème de santé publique
en raison du coût de la maladie.Cela est
lié d’une part à la fréquence des examens
c o m p l é m e n t a i re s , notamment endosco-
piques et, d’autre part au coût des traite-
ments médicaux et chirurgicaux. Pourtant,
dans l’immense majorité des cas, le RGO
est une maladie bénigne,sans complication
potentielle mais qui représente une gêne
réelle pour le patient atteint, avec un
retentissement sur sa qualité de vie.
Deux enquêtes, effectuées principalement
en médecine générale,ont permis d’identi-
fier la typologie de 8 319 consultants. Ces
enquêtes mon-
trent que la plu-
part des patients ont
des symptômes intermittents.
Les trois quarts sont assez ou peu gênés et
un quart des patients sont très gênés. La
moitié des patients ont eu une endosco-
pie, 17 % un examen radiologique. Les
symptômes étant souvent intermittents,
les traitements le sont également souvent.
Chez les patients à symptomatologie
modérée, une stratégie thérapeutique gra-
duée est le plus souvent employée avec
recommandation de règles hygiéno-diété-
tiques, puis prescription d’antiacides ou
d’alginates ou pro k i n é t i q u e s . En cas
d’échec des règles hygiéno-diététiques, le
thérapeute peut maintenant utiliser la rani-
tidine 75 mg sous forme de comprimés
pelliculés ou de comprimés effervescents
(Azantac 75 mg). Une endoscopie n’est pas
nécessaire, et il s’agit donc pour le méde-
cin de soulager le patient de son pyrosis
lorsqu’il juge qu’il n’y a pas de signes de
gravité ou de facteurs de risque.La poso-
logie va jusqu’à 3 comprimés par jour pen-
dant 2 semaines, mais il est clair que le
patient va adapter la fréquence de ses
prises à l’évolution de ses symptômes.
L’étude pivot qui a permis l’obtention d e
l’AMM pour la ranitidine 75 mg a inclus
1 336 patients traités par placebo, c i m é t i d i-
ne 200 mg ou ranitidine 75 mg. Le critère
principal d’efficacité était défini comme le
p o u r centage de patients présentant un sou-
lagement d’au moins 75 % des épisodes
s y m p t o m a t i q u e s , dans un délai de 2 heure s
et pendant au moins 5 heures sur l’en-
semble des 2 semaines de l’essai.Au total,l a
p r o p o rtion de succès a été de 28 % avec le
p l a c e b o ,3 8 % avec la cimétidine 200 mg et
4 1 % avec la ranitidine 75 mg (p < 0,001
ranitidine 75 mg versus placebo).La ranitidi-
ne 75 mg (Azantac 75 mg) complète donc
de manière intéressante la panoplie des trai-
tements utilisables dans le RGO en re s p e c-
tant l’AMM des médicaments disponibles.
Conférence de presse : Pr S.Bruley des
Varannes, Dr T.Vallot, Dr A. Slama, Dr M. Pappo
L a b ’ i n f o s