Centrale Maths 2 PC 2009 — Énoncé 1/7
Concours Centrale -Supélec 2009
Épreuve :MATHÉMATIQUES II Filière PC
Les calculatrices sont autorisées
Notations et objet du problème
•La notation Kdésigne indifféremment l’ensemble Rdes nombres réels ou l’en-
semble Cdes nombres complexes.
•ndésigne un entier supérieur ou égal à1.
•On noteMn(K)l’ensemble des matrices carrées d’ordren>1 à coefficients
dans K.La matrice identité de Mn(K)est notée I.
•Dans tout le problème, on identifie les deux espaces vectoriels Mn,1(K)et Kn,
c’est-à-direqu’on identifieun vecteur de Knavec le vecteur colonnede ses
composantes dans la base canonique de Kn.De la sorte, si M∈Mn(K)et
x∈Kn,on peut former le produit Mx∈Kn,ce qui permet de définir l’endo-
morphisme fMcanoniquement associé àMpar :
∀x∈Kn,fM(x)=Mx.
L’image de fM,(ImfM)sera notée Im(M)et le noyau de fM,(Ker fM)sera noté
Ker(M).
Pour toute matrice Mde Mn(K),on note σ(M)le spectrede M,c’est-à-dire
l’ensemble deses valeurs propres complexes. On note ρ(M)le rayon spectral
de M,c’est-à-direle plus grand module des valeurs propres de M.
•On dira qu’une suite de Kn(respectivement de Mn(K))converge, ou est conver-
gente, si elle convergepour une norme particulièrede Kn(respectivement de
Mn(K)). On sait qu’elle converge alors pour toute norme de Kn(respective-
ment de Mn(K))puisque ces espaces sont de dimension finie.
•L’espace vectoriel Rnest muni de son produit scalairecanonique, noté h,i.La
norme euclidienne associéeest notée || ||.
Un endomorphisme symétrique fde Rnest dit positif si, pour tout xde Rn,
hf(x),xi>0.
Un endomorphisme symétrique est dit défini positif si, pour tout xde Rn,x
non nul, hf(x),xi>0.
On dit de même qu’unematrice symétrique M∈Mn(R)est positive si l’endo-
morphisme de Rncanoniquement associé àMest positif, et qu’elle est définie
positive si ce même endomorphisme est défini positif.
Dans tout le problème, A∈Mn(R)est une matrice symétrique, b∈Rnest un vec-
teur fixé, et l’on étudie des méthodes itératives pour approcher la ou les solutions
du système Ax=b.
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Centrale Maths 2 PC 2009 — Énoncé 2/7
Partie I-La fonctionnelle J
I.A -Question préliminaire
I.A.1) Montrer qu’une matrice symétrique Mde Mn(R)est positive si et seule-
ment si son spectreσ(M)est inclus dans R+,et qu’elle est définie positive si et
seulement si son spectreσ(M)est inclus dans R+\ {0}.
I.B -Cas particulier :n=2
Dans cette question, on pose A=13 −4
−4 7 et b=75
−75 .On définit la
fonction Fsur R2àvaleurs dans Rde la façon suivante :
pour tout v=x1
x2de R2,F(v)=1
2hAv,vi−hb,vi.
a) Justifier que la fonctionFest de classe C1sur R2.
La fonction gradient de F(grad F)est notée ∇F.
b) Prouver que :
∀v∈R2,∇F(v)=Av−b.
c) En déduireque la fonction Fadmet un unique point critique sur R2.
d) Déterminer la naturegéométrique de la surface Σde R3d’équation x3=F(x1,x2).
e) Déduirede la question précédente que la fonction Fadmet un minimum global
sur R2,que l’on précisera.
I.C -On suppose dans cette question que la matrice Ade Mn(R)est symétrique
positive et on définit l’application Jde Rndans R:
∀v∈Rn,J(v)=1
2hAv,vi−hb,vi.
appelée la fonctionnelle associée àA.
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Centrale Maths 2 PC 2009 — Énoncé 3/7
I.C.1) Prouver que, pour tout couple (v,h)de vecteurs de Rn,on a:
hAv,hi=hAh,vi.
On pose ∇J(v)=Av−bpour tout v∈Rn.
I.C.2)
a) Expliciter la fonction R:Rn→Rtelle que
∀v,h∈Rn,J(v+h)=J(v)+h∇J(v),hi+R(h).
Quel est le signe de R(h)?
b) On suppose qu’un vecteur v0∈Rnest tel que J(v)>J(v0)pour tout v∈Rn.
En observant que J(v0+th)>J(v0)pour tout h∈Rnet tout t∈R,montrer que :
∇J(v0)=0.
I.C.3) On suppose que la matrice Aest symétrique définie positive.
a) Montrer qu’il existe un unique v0∈Rntel que J(v0)=inf
v∈RnJ(v),et le détermi-
ner en fonction de Aet b.
b) Soit v∈Rnet d∈Rn,dnon nul.
Montrer qu’il existe un unique r∈Rtel que J(v−rd)=inf
ρ∈RJ(v−ρd).
Exprimer ren fonction de v,det A.
I.C.4) On suppose encoreque la matrice Aest définie positive. Déterminer deux
constantes α>0et m>0en fonction du spectredeAtelles que :
h∇J(v)−∇J(u),v−ui>α||v−u||2
||∇J(v)−∇J(u)|| 6m||v−u||
pour tout couple (u,v)de vecteurs de Rn.
I.C.5) On suppose que la matrice Aest symétrique positive, mais non inversible,
et que bappartient àIm(A).On note u0un élément de Rntel que Au0=b.
Déterminer l’ensemble des vecteurs v0tels que J(v0)=inf
v∈RnJ(v)et préciser sa na-
turegéométrique.
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Centrale Maths 2 PC 2009 — Énoncé 4/7
Partie II -Méthode du gradient àpas constant
II.A -Normes matricielleset rayon spectral
Une norme Nsur Mn(C)est dite subordonnée s’il existe une norme νsur Cntelle
que, pour tout M∈Mn(C),
N(M)=max
x∈Cn,x6=0
ν(Mx)
ν(x)·
On dit que Nest subordonnée àν.
II.A.1) On définit sur Cnla norme || ||∞par :
∀x∈Rn,x=(x1, . . . , xn),||x||∞=max
16i6n|xi|.
On note N∞la norme sur Mn(C)subordonnée à||.||∞.
Montrer que, pour toute matrice M=(mij)∈Mn(C),N∞(M)=max
16i6n
n
∑
j=1
|mij|.
II.A.2) Soit Nune norme subordonnée sur Mn(C).
a) Montrer que :∀A,B∈Mn(C),N(AB)6N(A).N(B).
En déduireque :∀n∈N,N(An)6(N(A))n.
b) Montrer que, pour toutM∈Mn(C),ρ(M)6N(M).
II.A.3) Soit M=(mij)16i,j6nune matrice triangulairesupérieurede Mn(C)
(c’est-à-diremij =0si i>j).
Soit αun nombreréel strictement positif, et Pαla matrice diagonale diag(1, α,· · · ,αn−1),
c’est-à-diredont le i-ème coefficient diagonal estαi−1.
a) Calculer P−1
αMPα.
b) Endéduireque, pour tout ε>0, il existe α>0tel que N∞(P−1
αMPα)6ρ(M)+ε.
II.A.4) Soit Mune matrice de Mn(C)et ǫ>0fixé.
a) Prouver l’existence d’une matrice Pinversible et d’un réel α>0tel que :
N∞(P−1
αP−1MPPα)6ρ(M)+ǫ.
b) En déduirequ’il existe une norme subordonnée Nsur Mn(C)telle que :
N(M)6ρ(M)+ε.
II.A.5) Soit M∈Mn(C)et c∈Cn.On définit l’application fde Cndans Cnpar :
x7→Mx+c.
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Centrale Maths 2 PC 2009 — Énoncé 5/7
Montrer l’équivalence des assertions (i)et (ii)ci-dessous :
(i)Pour tout x0∈Cn,la suite (xk)k∈N,définie par xk+1=f(xk),est convergente,
et sa limite est indépendante de x0.
(ii)I−Mest inversible et ρ(M)<1.
Il pourra êtreutile d’introduireun réel ǫ>0et de choisir une norme subordonnée Nsur
Mn(C)telle qu’on ait l’inégalité N(M)6ρ(M)+ǫpour la matrice Mconsidérée.
II.B -Méthode du gradient àpas constant
Soit Aune matrice symétrique positive, mais pas nécessairement inversible, bun
vecteur appartenant àl’espace Im(A),et Jla fonctionnelle associée àA.
On note x0un élément de Rntel que b=Ax0
On désigne par Sune matrice symétrique définie positive donnée.
II.B.1) Montrer que l’application définie par φ(u,v)=hSu,vi,pour tout couple
(u,v)de vecteurs de Rn,fournit un produit scalairesur l’espace Rn.
II.B.2) Montrer que les sous-espaces Im(S−1A)et Ker(A)sont orthogonaux pour
le produit scalaireφdéfini àla question précédente.
En déduirequ’ils sont supplémentaires.
II.B.3) Montrer que, dans Im(S−1A),le système linéaireAu=bpossède une
unique solution notée u′.Décrirel’ensemble des solutions dans Rn.
II.B.4) Étant donné un nombreréel γ,on définit la suite récurrente
uk+1=uk−γS−1∇J(uk)
pour tout k∈N,u0∈Rnétant arbitrairement choisi.
a) Montrer que la composante du vecteur uksur le sous-espace Ker(A),dans la dé-
composition Rn=Im(S−1A)⊕Ker(A),est indépendante de k;on la note w.
b) Pour tout k,uks’écrit donc uk=w+u′
kavec u′
k∈Im(S−1A).Préciser l’applica-
tion f:Im(S−1A)→Im(S−1A)telle que u′
k+1=f(u′
k)pour tout k.
c) Montrer que les valeurs propres complexes de la matrice S−1Asont toutes réelles
positives ou nulles.
Il pourra êtreutile de montrer que pour toute matrice Xde Mn,1(C),X6=0, tXSX>0.
d) Montrer qu’on définit un automorphisme linéairegde Im(S−1A)en posant
g(x)=S−1Axpour tout x∈Im(S−1A).
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