
effet, ce resserrement du crédit, dans beaucoup de pays industrialisés va restreindre
la consommation des ménages et les investissements des entreprises ce qui risque
d’entrainer à terme la récession économique.
Les marchés financiers présentent, aujourd’hui, deux caractéristiques qui sont
les principaux germes de la crise : le volume impressionnant des montants concernés
ce qui leur donne un énorme pouvoir et leur contrôle de la sphère réelle. Concernant
la première caractéristique, la finance mondiale (actions, obligations et crédits
bancaires) a un poids démesuré et pése l’équivalent de quatre fois le Produit Intérieur
Brut Mondial. Cela à été possible grace à la globalisation provenant de ce que D.
Plihon appelle les 3D : la désintermédiation, le décloisonnement des marchés et la
déréglementation, trois situations qui ont permis véritablement la formation d’un
quasi marché planétaire unique de l’argent.
D’abord, l’effacement des frontières (décloisonnement) va permettre une libre
circulation des capitaux qui n’obéît qu’à une logique unique de rendement optimal de
l’argent : une transaction peut se produire entre deux entités, dans deux endroits
différents, pour le compte d’un client situé dans un troisième avant d’être conclu
dans un quatrième endroit. Ensuite, les frontières institutionnelles vont également
disparaitre complètement : les institutions financières exercent désormais plusieurs
métiers. Dans ce sens, les banques diversifient leurs activités traditionnelles de crédit
vers des opérations d’intermédiation non prises en compte dans leur bilan. Enfin, les
progrès technologiques vont introduire des innovations et des transformations
majeures qui se traduisent par une importante diversification des produits et des
instruments qui rendent la finance plus entremêlée, plus complexe et plus instable.
Au titre de ces innovations on peut noter les progrès de l’ingénierie financière et des
télécommunications qui permettent l’interconnexion des marchés qui peuvent
fonctionner en instantané, les produits dérivés issus des actifs financiers (créances
primitives, actions, obligations) qui prennent une place importante et circulent entre
les agents financiers. A cela s’ajoute une grande diversification des acteurs financiers
qui deviennent, du reste, de plus en plus imbriqués comme les fonds de retraite et de
pension, les investisseurs institutionnels, les fonds d’investissements collectifs, les
compagnies d’assurance. Ces multiples innovations sont sources d’instabilité du fait
de leurs effets ambivalents.
Pour ce qui est de la seconde caractéristique, elle est relative à la suprématie de
la finance et son contrôle sur tous les acteurs de la production des biens, des services
et des innovations ainsi que ceux de la consommation. Effet, les politiques de
libéralisation et de privatisation ont largement facilité cette forte emprise de la haute
finance sur le système productif. Dès lors, ce pouvoir exorbitant de la finance fait que
sa déstabilisation se répercute immédiatement sur le rythme de croissance des
économies, l’emploi et le bien-être des populations.
Le système financier international est particulièrement marqué par une
logique purement spéculative. En effet, selon D. PLIHON, « les marchés financiers
sont des « marchés de promesses »: nul ne sait ce que sera demain le « bon niveau »
d'un taux d'intérêt, d'un taux de change ou du cours d'une action. Cette incertitude
engendre une grande variabilité des paris effectués par les intervenants qui préfèrent
généralement suivre la tendance générale et avoir tort avec les autres plutôt que
raison tout seuls ». En simple, les actifs de crédits se divisent en trois catégories : les
actifs à bas risques qui rapportent peu mais sont très sûrs, ensuite les crédits plus
risqués financièrement assez intéressants et enfin les crédits à très haut risque, dont
font partie les « subprimes ». Ces actifs sont mis en circulation sur les marchés
financiers où ils sont achetés par des banques du monde entier Dans un système
aussi fortement imbriqué, les difficultés d’un acteur se propagent, par effet de