
3°) Comment rationaliser et élargir l’assiette fiscale ?
Il existe des gisements importants d’impôts à exploiter. Nous n’avons pas
jeté un bon regard sur le système productif pour exploiter les déceler. Le
principal outil statistique utilisé notamment le TOFE (Tableau des Opérations
Financières de l’Etat) ne peut fournir ces informations. Construit selon les
instructions du FMI (1987) par la Direction de la Prévision, il regroupe l’ensemble
des transactions de l’administration publique avec le reste de l’économie. Ce qu’il
faut pour bien connaître l’assiette fiscale c’est une comptabilité nationale
bouclée et adaptée. Cela suppose un découpage de l’économie nationale selon des
critères comme national/étranger, public/privé, moderne/informel, de faire
apparaître le contenu en importations de la Demande finale. Tout ceci ne peut
être réalisé qu’à partir d’un TES (Tableau Economique d’Ensemble) permettant
de construire un compte économique consolidé de l’ensemble du secteur public
pour évaluer l’emprise de l’Etat sur l’économie. Pour y arriver, il faut réhabiliter
le Service National de la Statistique et décloisonner les administrations pour une
confrontation des techniciens des différents ministères techniques.
III) Débattre sur les décisions en matière de dépenses
publiques.
La question centrale sur laquelle les débats sont souvent bâclés concerne
les décisions politiques en matière de dépenses publiques. Les réformes
introduites par l’ajustement structurel mettent l’accent sur la réduction
drastique des dépenses de personnel, de la masse salariale des fonctionnaires et
un contrôle plus strict des dépenses de fonctionnement. Cependant toutes ces
restrictions ont des répercussions directes d’une part sur l’efficacité des
services publics et d’autre part sur la croissance économique. Par ailleurs,
nombreux sont les besoins collectifs dont l’utilité et l’urgence ne font aucun
doute comme l’école, la santé, l’accès aux autres services de base, la sécurité, les
nouvelles technologies. Est-il raisonnable, dans ces conditions de donner la
priorité à la seule réduction des dépenses ? Malheureusement le débat est
conduit à l’échelle des lieux communs selon lesquels la politique budgétaire
consiste à contenir certaines dépenses et améliorer l’efficacité de
l’administration fiscale.
Au demeurant, les marges de manœuvre dont dispose l’Etat en matière de
politique budgétaire sont limitées par l’appartenance à la Zone franc qui génère
des contraintes comme la fixité du régime de change, la politique monétaire
restrictive. A ces contraintes vient s’ajouter une autre liée notamment aux
critères de convergence de l’UEMOA qui fixent des normes comme le maintien
du déficit à un certain pourcentage du PIB.
Toutes ces limites techniques peuvent et doivent être corrigées afin que
le budget constitue un des principaux instruments de réalisation de la politique
économique car les finances publiques influencent le déficit de la balance des