
Les antipsychotiques atypiques : revisiter les données pharmacologiques S203
traversant la couche des cellules granulaires. Bien que
morphologiquement et fonctionnellement différentes des
astrocytes matures, elles expriment le marqueur astrocy-
taire GFAP, ainsi que la nestine. Les cellules D ou de type 2
possèdent des prolongements courts et expriment la nes-
tine, la PSA-NCAM mais pas la GFAP [17].
Les cellules B ont été proposées comme les progéni-
teurs primaires de la ZSG, donnant naissance aux progéni-
teurs transitoires D qui vont générer de nouveaux neurones
granulaires. Environ 9 000 nouvelles cellules sont produites
chaque jour dans la ZSG de jeunes rats, soit approximative-
ment dix fois plus que chez le macaque. Ces cellules
migrent sur une courte distance pour devenir des neurones
granulaires qui envoient leur projection, les fi bres mous-
sues, jusque sur leurs cibles, les cellules pyramidales de la
région CA3 de l’hippocampe, dans les 10 à 11 jours suivant
leur division. Ces nouveaux neurones expriment de nom-
breux marqueurs transitoires caractéristiques des neurones
immatures au cours du développement [14].
Les récepteurs au glutamate apparaissent sur les neuro-
nes nouvellement générés dans le gyrus denté 2 semaines
après leur naissance. Des afférences glutamatergiques fonc-
tionnelles sont détectées sur ces neurones 4 semaines après
leur génération, lorsqu’ils présentent une morphologie et
une excitabilité matures. Enfi n, des signaux GABAergiques
apparaissent et constituent l’étape fi nale de la maturation
synaptique des nouveaux neurones granulaires de l’hippo-
campe [7].
Les neurones granulaires générés à l’age adulte se
caractérisent par une plus grande plasticité synaptique
puisque l’amplitude de la potentialisation à long terme est
augmentée dans ces cellules par rapport aux autres neuro-
nes granulaires et que le seuil nécessaire à son induction
est plus faible [17, 1, 24]. Malgré ces particularités initia-
les, les cellules granulaires nouvellement générées forme-
ront une population neuronale fonctionnellement homogène
avec les neurones générés beaucoup plus tôt dans le gyrus
denté, recevant notamment des afférences provenant du
cortex enthorinal [11].
La fenêtre temporelle d’1 à 4 semaines après leur nais-
sance, pendant laquelle les neurones immatures du gyrus
denté présentent des propriétés physiologiques particuliè-
res, est critique pour leur survie et environ la moitié d’en-
tre eux meurent pendant cette période [24].
Régulation des processus liés
à la neurogenèse adulte
Les processus impliqués dans la neurogenèse, notamment
la prolifération, la différenciation et la migration des pro-
géniteurs ainsi que la survie, la maturation et l’intégration
des nouveaux neurones, sont fi nement régulés par une
grande variété de facteurs. Toute molécule diffusible pro-
duite par les cellules de l’environnement local peut poten-
tiellement agir sur les progéniteurs neuraux. Les cellules
voisines peuvent également exercer leur infl uence par l’in-
termédiaire d’interactions directes « cellule-cellule ». De
plus, les progéniteurs neuraux peuvent être sous l’infl uence
indirecte de neurones extérieurs à leur microenvironne-
ment mais en relation avec les neurones de la niche neuro-
génique à travers des circuits neuraux. Les neurones
peuvent aussi infl uer directement sur les progéniteurs neu-
raux via la libération de neurotransmetteurs dans la niche
ou même par l’intermédiaire de contacts synaptiques avec
ces progéniteurs [21].
Les facteurs de croissance tels que l’EGF et le FGF2 par
exemple favorisent considérablement le maintien des cel-
lules souches neurales adultes. Les progéniteurs neuraux
de la ZSV et de la ZSG sont en étroite association avec les
vaisseaux sanguins qui libèrent de nombreux facteurs. Le
BDNF est impliqué dans la survie à long terme des nouveaux
neurones granulaires de l’hippocampe.
Des études, plus nombreuses dans le cas de l’hippo-
campe que du BO, suggèrent que la neurogenèse adulte est
impliquée dans la mémoire et l’apprentissage spatial dans
l’hippocampe (pour revue [24]), dans la mémoire et la dis-
crimination olfactive dans le BO (pour revue [13, 14]).
Est-ce que l’effet des antidépresseurs nécessite la pré-
sence ou la génération de nouveaux neurones ? La suppres-
sion de la neurogenèse par irradiation sélective de
l’hippocampe supprime les effets comportementaux des
antidépresseurs [21]. Cela suggère que l’effet thérapeutique
des antidépresseurs est en partie sous-tendu par la neuroge-
nèse hippocampique. Chez l’animal, 15 jours de traitement
par la fl uoxétine sont nécessaires pour observer une augmen-
tation signifi cative des cellules en prolifération. Il faut atten-
dre 28 jours de traitement pour observer une survie des
nouvelles cellules au niveau du gyrus denté [6]. Or la fl uoxé-
tine a une action dès les premières semaines d’administra-
tion. Cela suppose qu’elle pourrait agir sur des progéniteurs
neuronaux différenciés. On peut par ailleurs se demander si
les antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la 5-HT
pourraient modifi er les propriétés des nouveaux neurones.
Les antipsychotiques et la neurogenèse
La 5-HT augmente la prolifération cellulaire dans la ZSG et
la ZSV du cerveau adulte. L’inhibition de sa synthèse et la
lésion sélective des neurones sérotoninergiques du raphé
diminuent le nombre de cellules en prolifération dans la
ZSG et la ZSV. Cette activité proliférative de la 5-HT sur les
progéniteurs neuraux pourrait être médiée par les récep-
teurs 5-HT1A dans ces deux aires neurogéniques et par les
récepteurs 5-HT2A et 5-HT2C, respectivement dans la ZSG
et la ZSV [21].
Les études menées sur l’effet de la dopamine sur les
cellules en prolifération de la ZSG et de la ZSV démontrent
clairement que ce neurotransmetteur régule la proliféra-
tion dans ces deux aires neurogéniques. Cependant, des
discordances persistent puisque l’effet d’agonistes et d’an-
tagonistes sélectifs suggère que la dopamine limite la pro-
lifération cellulaire dans la ZSV et la ZSG [18], alors que la
réduction du nombre de neurones dopaminergiques dans le
cerveau semble diminuer la prolifération cellulaire dans
ces mêmes régions comme l’indiquent des modèles ani-
maux de maladies de Parkinson ou encore l’analyse post-
mortem de tissu cérébral humain [8] (pour revue [24]).