
Journal Identification = PNV Article Identification = 0311 Date: December 9, 2011 Time: 8:59 am
La fragilité de la personne âgée
syndrome de fragilité, l’altération des fonctions cogni-
tives, mais aussi les dimensions psychologiques de vécu
de l’âge ou les conditions environnementales ou socio-
économiques. Toutefois, l’intégration de ces facteurs dans
le syndrome de fragilité n’est pas consensuelle à l’heure
actuelle.
Critères de définition syndromique
Parmi les nombreux outils simples ou composites
actuellement proposés pour porter un diagnostic de fra-
gilité chez un patient, la plupart sont longs à réaliser et
parfois sans validation adaptée. Idéalement, l’outil devrait
être fiable, validé, acceptable, sensible (pas nécessai-
rement spécifique), peu coûteux, sûr, rapide et simple
d’utilisation. Plusieurs outils peuvent être élaborés selon
leur lieu d’utilisation, tels que la consultation de médecine
de proximité ou d’urgence, ou de spécialités non géria-
triques.
Deux classes de critères de fragilité sont validées :
– les critères fondés sur une physiopathologie énergétique
et motrice, appelée également phénotype de fragilité. Ils
comprennent : la perte de poids, la vitesse de marche lente,
la sensation de fatigue, psychique et physique (energy), la
faiblesse musculaire et la sédentarité. Trois au moins de ces
cinq items doivent être présents ;
– les critères fondés sur l’intégration de facteurs cog-
nitifs et sociaux, regroupés sous le terme de fragilité
multi-domaines. Ils comprennent plusieurs domaines : la
cognition, l’humeur, la motivation, la motricité, l’équilibre,
la continence urinaire, les capacités pour les activités de
la vie quotidienne, la nutrition, la condition sociale et les
comorbidités.
Quel que soit le modèle utilisé, certaines composantes
cliniques apparaissent déterminantes pour définir le syn-
drome de fragilité au point que certains items sont avancés
comme pouvant, à eux seuls, définir la fragilité d’un sujet
âgé. On peut ainsi citer :
– les faibles performances fonctionnelles (vitesse de
marche lente, score diminué au Short physical performance
battery (SPPB), faiblesse de la force de préhension) ;
– la fatigue (au sens de réduction de la sensation d’énergie
avec une composante physique et psychique) ;
– la vulnérabilité socio-économique.
Conséquences de la fragilité
La fragilité est un syndrome regroupant divers fac-
teurs qui permettent d’évaluer un degré de risque. Les
conséquences du syndrome de fragilité sont clairement
identifiées. Elles sont d’ailleurs fréquemment intégrées
dans la définition conceptuelle du syndrome de fragilité.
Parmi les événements classiquement observés, quel
que soit le modèle définissant le syndrome de fragilité, on
cite :
– la mortalité globale ;
– le déclin fonctionnel ;
– la chute ;
– l’hospitalisation ;
– l’entrée en institution ou autre changement de lieu de vie.
Situation de détection du
syndrome de fragilité
Malheureusement, la fragilité d’une personne âgée
n’est actuellement que rarement détectée en population
générale. Son diagnostic se fait, le plus souvent, dans un
contexte de stress, au décours d’un événement somatique
ou psychologique aigu ou lors d’une prise en charge pro-
grammée (notamment lorsqu’elle se situe dans un milieu
spécialisé non gériatrique). Dans ce contexte, la présence
du syndrome de fragilité se manifeste par la survenue de
complications qui traduisent l’incapacité de la personne
âgée de faire face à l’épreuve vécue, du fait de ses faibles
réserves physiologiques et fonctionnelles. Le dépistage de
la fragilité est donc important avant que les complications
ne surviennent.
Des travaux de recherche clinique ont souligné que
les sujets âgés de plus de 75 ans ne présentant pas de
difficulté pour les activités simples de la vie quotidienne
(ADL), mais présentant des difficultés débutantes pour
les activités instrumentales (IADL) de la vie quotidienne
sont de bons candidats au dépistage du syndrome de
fragilité (figure 1). En cas de diagnostic de fragilité, une
évaluation gériatrique standardisée et l’organisation d’un
programme d’intervention sont alors particulièrement per-
tinentes. Le test de dépistage du syndrome de fragilité
doit être adapté au contexte (consultation de médecine
générale, travail de recherche clinique...), être faisable
pour l’observateur et acceptable pour le patient. Il doit
présenter les qualités de validation attendues. Compte
tenu de ces exigences, de nombreux travaux soulignent
l’intérêt de la vitesse de marche (test de marche sur
4 mètres). La présence du syndrome de fragilité devra
conduire à une évaluation non seulement des différentes
composantes multi-domaines de la fragilité, mais aussi de
l’évaluation des risques de déclin fonctionnel, d’entrée dans
la dépendance, d’événements péjoratifs dans le contexte
considéré.
Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil, vol. 9, n◦4, décembre 2011 389
Copyright © 2017 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un robot venant de 88.99.165.207 le 03/06/2017.