O d`E n° 1 - unBlog.fr

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O d’E n° 1 : La question de l’homme dans les genres de l’argumentation
1) L’essai / Montaigne – Humanisme
2) La fable / La Fontaine – Classicisme
3) Le conte philosophique / Voltaire – Lumières
4) la poésie / Hugo – Romantisme
5) Le théâtre / Ionesco - Absurde
L. A. n° 1 : Montaigne (Pistes de corrigé)
Réf : Les Essais, III, « Du repentir » (ch. II), texte probablement écrit en 1586, publié en 1588
INTRO
Contexte : Situer Montaigne dans le contexte de la Renaissance humaniste, présenter rapidement l’auteur, mais
surtout ses Essais.
Texte : Présenter l’extrait : le volume III = dernière partie de l’oeuvre, celle de la maturité, dans laquelle
Montaigne réaffirme la singularité de son projet, sa quête de vérité, en s’appuyant sur sa vision du monde et en
rappelant que tout homme est à la fois unique et universel.
[LECTURE]
Question : Nous étudierons de quelle manière Montaigne définit son projet littéraire humaniste, dans cette
ouverture du chapitre 2.
Annonce du plan : Nous montrerons d’abord que Montaigne définit son projet humaniste dans un raisonnement
ordonné, puis nous verrons de quelle manière il insiste sur la singularité d’une oeuvre qui cependant acquiert une
dimension universelle.
A partir du tableau d’analyse, organiser les remarques dans un plan adapté à la question : voici qqs pistes :
I : Cette réflexion humaniste est développée grâce à un raisonnement ordonné
1) Une introduction présente –rappelle- quel est le projet littéraire de Montaigne
- Marques de l’énonciation + chp lexical de la peinture / autodérision / ton un peu familier, complicité avec le
lecteur -> irréel du présent / « mes-huy c’est fait » : homme mûr, qui a acquis de l’expérience et connaît ses défauts,
ne les cache pas. « Cela dit » = transition qui introduit le thème du mouvement et souligne un paradoxe : sa
« peinture » se modifie mais ne s’égare pas.
2) Des arguments justifient le choix de l’auteur -> s’appuyer sur le texte pour justifier !
- Il passe de lui (je) au monde (du microcosme au macrocosme en homme de la Renaissance // Léonard de Vinci
ex : L’Homme de Vitruve -> voir illustration ) ; ton catéogorique (nég exceptives) et généralisations ; métaphore de la
balançoire (« branloire »), énumérations significatives...
- Logique du raisonnement (ajouter les références au texte) :
* Si le monde bouge, l’homme qui y vit ne peut être stable (énumération d’exemples précis à l’appui => preuve
de l’ouverture culturelle de la Renaissance : géographie, architecture, astronomie)
* D’ailleurs l’homme vit dans le temps, qui lui aussi est mvt -> On ne peut donc jamais aborder un sujet de
manière définitive.
* L’oeuvre de tout homme sera alors le reflet du mvt général, si elle veut être sincère.
* En effet, tout auteur, dans ces conditions, est un éternel apprenti, il est dans la nécessité d’évoluer avec le
monde, s’il veut se rapprocher de la vérité universelle.
3) La conclusion réconcilie l’individu (= l’homme Montaigne différent de tous les autres) et l’universel (=
l’Homme, l’ « humaine condition » qui rassemble tous les hommes)
On trouve ici la thèse de l’auteur : « chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition », [référence :
« Homo sum ; humani nihil a me alienum puto » -> « Je suis homme et rien de ce qui est humain, je crois, ne m'est
étranger » = célèbre citation du poète latin d’origine berbère, Térence (-190 -159) ancien esclave affranchi ; en
même temps Montaigne rappelle que tout individu est singulier, que toute vie, même simple, vaut la peine d’être
décrite.
TR = La démarche de Montaigne repose donc bien sur un paradoxe : un « être » peut être à la fois unique et
universel.
II : Montaigne revendique la singularité, l’originalité de ce projet littéraire humaniste qui unit le singulier et
l’universel
1) Il oppose « Je » et les « autres »
- Le raisonnement s’appuie sur de nombreuses oppostions renforcées parfois par des asyndètes ( « les autres » ≠
« je » ; « les auteurs »≠ « moi » / / « si mon âme pouvait » ... »(mais) « elle est... », etc) + connecteurs logiques :
« non pas », « mais », « quoi que »... + les mots « contredire » et « contradictoire » qui renforcent l’argumentation :
une oeuvre vraie reflète forcément les changements, les oppositions, est faite de ruptures, de digressions. (chp lex :
divers, changeants, indécises, passage...)
2) Il fonde son oeuvre sur un autoportrait, une peinture de lui-même
- Importance du champ lexical de la peinture (citer) : Montaigne se voit donc bien comme un artiste, un peintre
qui a pour outils les mots, son style. Il « récite », « représente », mais refuse de donner des leçons, de « former »
l’homme comme font d’autres écrivains. Oeuvre libre, qui respecte aussi la liberté du lecteur.
- Même s’il se proclame homme « universel », Montaigne se présente –indirectement, donc assez habilement comme « grammairien », « poète », « jurisconsulte », preuve de son goût pour la langue et pour le droit. Poète il
l’est lorsqu’il emploie par ex la métaphore « de plus riche étoffe » qui renforce, par opposition, sa simplicité et sa
modestie (cf. termes péjoratifs qu’il emploie pour se désigner : « vie basse et sans éclat », « vie populaire et privée »,
comme au début « bien mal formé »
-> non pour se dévaloriser, mais pour bien montrer que toutes les vies ont la même valeur à ses yeux, preuve de
son humanisme. Dans d’autres chapitres, comme « Des cannibales » ou « Des coches », il montrera son respect pour
les Indiens d’Amérique que les Européens ont colonisés, se distinguant ainsi de l’opinion commune qui légitimait le
racisme et la barbarie des conquérants.
- En peinture, un « repentir » est une correction apportée à un tableau, ce terme pourrait s’appliquer au travail
des Essais : nous avons ici 2 couches du texte (B et C) correspondant à des ajouts successifs => œuvre qui s’enrichit
au fil du temps, pensée qui se précise constamment.
3) Cette oeuvre, à l’image du monde, est mouvante ; les essais rappellent que l’homme est toujours en
apprentissage.
- Le verbe « essayer », présent dans le texte, montre bien que l’auteur définit l’originalité du genre littéraire qu’il
a choisi. Irréel du présent : « Si mon âme pouvait + métaphore « prendre pied »... « je serais résolu » => mais ce n’est
pas le cas : l’homme est un éternel apprenti (adverbe « toujours » + groupe binaire « apprentissage » + « épreuve »)
=> rien n’est jamais définitivement acquis, tout est toujours à reconquérir, telle est la « philosophie morale » de
Montaigne = une forme de sagesse acquise avec le temps.
- Montaigne affirme « Je ne puis fixer mon objet », « Je le prends en ce point … » et « je ne peins pas l’être, je
peins le passage » (antithèse). En cela, son oeuvre s’inscrit également dans l’esthétique baroque qui rappelle la
philosophie antique d’Héraclite (« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » = le monde est en
perpétuel devenir). Il se réfère aussi à l’orateur grec Démade pour montrer qu’on peut arriver à la vérité par des
moyens parfois détournés. (emploi d’une concession : « Tant y a que »... « mais ») => érudition, qui est le propre de
tout écrivain humaniste.
- L’auteur montre qu’il faut savoir s’adapter aux circonstances, et qu’une pensée ne peut qu’être mouvante si
elle veut rester libre et sincère. « « Soit que je sois autre moi-même.. » = l’individu n’est pas immuable, il a le droit
d’évoluer et même de se contredire pourvu qu’il soit sincère et fidèle à lui-même !
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