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Bien qu’elles soient difficiles à évaluer avec exactitude, les sommes en cause et les opérations illégales
dont découlent ces revenus ont des conséquences sur l’allocation internationale des ressources et la stabilité
macro-économique.
Les données consistaient en une mesure générale de la perception du phénomène de la corruption dans
le pays, par le public et les experts. Mais des progrès réalisés récemment fournissent des analyses effectuées
sur l’ensemble du territoire national, des données sur la perception de la corruption dans le contexte de
corrélations institutionnelles, permettant de mieux comprendre ses causes et ses conséquences. Ces
observations ont amélioré la compréhension de la corruption et aident à repérer des problèmes potentiels
dans les institutions du pays. Ainsi, une étude a fait apparaître que la corruption est plus importante dans les
pays qui répriment les libertés civiques et dans lesquels la presse est muselée. Les résultats préliminaires
fournissent une image étonnante d’une corruption systématique, qui lèse les intérêts du public, pèse sur les
activités du secteur privé et qui est profondément entrée dans les mœurs. La corruption est donc devenue
aujourd’hui une préoccupation majeure des gouvernements, des pouvoirs réglementaires du monde entier,
comme de la communauté financière internationale.
Il existe de nombreux types de corruption, dont les caractéristiques varient d’un pays à l’autre, allant
du détournement de fonds de l’Etat au vol de biens appartenant à l’Etat ou de la corruption destinée à réduire
les délais d’attente à la corruption pour obtenir un pouvoir de monopole. Les causes institutionnelles de ces
différentes sortes de corruption varient et invitent à des priorités différentes pour les réformes. La fragilité
des institutions judiciaires est l’une des causes principales de la corruption. Les insuffisances de la
réglementation sont beaucoup moins importantes, qu’il s’agisse de leur poids excessif ou de la liberté
d’appréciation laissée aux agents de l’Etat.
D’autre part, il ne fait aucun doute que le blanchiment de l’argent sale a été facilité par les
transformations récentes de l’économie mondiale et en particulier par le processus de globalisation
financière. De nos jours, les capitaux circulent librement, quelles que soient leur origine et leur nature : une
situation idéale pour les blanchisseurs de fonds illicites. Ce n’est sans doute pas un hasard si ce qu’il est
convenu d’appeler la « narco-économie » a connu une croissance exponentielle à partir des années 1970,
provoquant un véritable saut qualitatif et quantitatif des procédés de blanchiment. Etant donné le camouflage
dont elles font nécessairement l’objet, les sommes blanchies sont effectivement difficiles à évaluer.
La corruption a de nombreuses répercussions sur le fonctionnement et le développement des
entreprises, sur la crédibilité et l’impartialité des organismes d’Etat et sur les relations internationales. Ainsi,
depuis une trentaine d’années, la communauté internationale, par le biais d’institutions spécialisées, élabore
des politiques économiques de lutte contre cette délinquance et développe des stratégies d’information et de
communication à l’attention des principaux pays qui en sont victimes.
Autant d’aspects de la corruption que nous nous attacherons à éclaircir.