
(moyenne d'abstention de 54,3 % au niveau des 25), et plus précisément chez les nouveaux États membres (moyenne
d'abstention de 73,1 % au niveau des 10 nouveaux), il y avait de quoi s'inquiéter. Deux mois plus tard, la chose semblait oubliée
ou plutôt volontairement laissée de côté puisqu'il a presque été « décidé » collectivement que ce désintérêt ne devait nullement
s'expliquer par un quelconque euroscepticisme, mais bien plutôt par manque d'information et en raison de seules motivations
purement domestiques liées au contexte politique national, laissant ainsi supposer qu'une campagne plus centrée sur les enjeux
réels du scrutin aurait pu conduire à une plus large participation citoyenne. […]
Il est vrai que le Parlement européen est une institution communautaire qui représente et défend les intérêts des peules
européens et ce, à côté du rôle de la Commission (représentation et défense des intérêts de l'Union européenne dans son
ensemble) et de celui du Conseil (représentation et défense des intérêts des États membres), le fameux « triangle » institutionnel
et décisionnel de l'Union européenne. Le Parlement européen dans ce cadre assure effectivement cette fonction très particulière,
et pourtant indispensable, de la pérennité et du progrès démocratiques, le processus d'intégration communautaire souffrant
encore un peu d'un certain déficit en la matière malgré des progrès incontestables accomplis ces dernières années (art. 189 à 201
TCE). […]
I. Le Parlement européen d'« aujourd'hui »
A. Qu'est-ce que le Parlement européen et comment est-il composé ?
Soulignons, tout d'abord, que le terme de « Parlement européen » est bien le seul à figurer dans les traités, mais finalement
depuis assez peu de temps dans la mesure où celui-ci était désigné par le nom d'« Assemblée commune » dans le Traité de Paris
(CECA), puis d'« Assemblée » dans les Traités de Rome (CEE et CEEA), l'institution incarnant la légitimité démocratique
ayant du s'autoproclamée « Parlement européen » en 1962, cette appellation ne devenant officielle qu'au moment de l'Acte
unique européen (1986), puis confirmée avec le Traité de Maastricht (1992).
Pourtant, les origines du Parlement remontent aux années 1950 et aux traités fondateurs et depuis 1979 les députés
européens sont élus directement par les citoyens qu'ils représentent, suite à l'Acte du 20 septembre 1976. Les élections
parlementaires ont lieu tous les cinq ans et tout citoyen européen inscrit comme électeur a le droit de voter et d'être élu et ce,
quel que soit l'État membre dans lequel il réside. Le Parlement exprime ainsi la volonté démocratique des 453 millions de
citoyens de l'Union européenne depuis six mois maintenant et représente et défend leurs intérêts dans les échanges et prises de
décisions avec les autres institutions communautaires. Composé initialement de 142 membres, le nombre de sièges par État a
toujours évolué du fait principalement des élargissement successifs de l'Union pour compter aujourd'hui très précisément 732
membres, mais sans que ce chiffre ne soit définitivement figé si l'on tient compte de l'arrivée plus que probable, dès le 1er
janvier 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie (v. notre tableau ci-dessus - art. 190, § 2 TCE -).
Le Parlement européen se réunit en France, en Belgique et au Luxembourg. Les sessions plénières mensuelles, auxquelles
participent la totalité des députés, ont lieu à Strasbourg, siège contesté, mais pourtant bien officiel du Parlement européen, les
réunions des commissions parlementaires et les sessions plénières additionnelles se déroulant à Bruxelles, alors que le
secrétariat général se trouve installé à Luxembourg. L'on imagine aisément le côté pratique des choses, ce qui explique
pourquoi d'ailleurs chaque fonctionnaire du Parlement européen dispose de trois bureaux, avec trois numéros de téléphone,
donc un dans chacune de ces trois villes. D'ailleurs, le travail quotidien du Parlement européen est accompli par ses
fonctionnaires et autres agents, au nombre de 5.399 pour l'exercice budgétaire 2004 (4.591 fonctionnaires et 808 agents
temporaires, essentiellement travaillant dans les groupes politiques), ce qui représente 15,27 % de l'effectif total de l'Union
européenne, auquel l'on se doit d'ajouter les plusieurs centaines d'agents travaillant sous différents statuts.
B. Que fait le Parlement européen et comment le fait-il ?
[…] 2) Comment le fait-il ?
a) Présidence, bureau et conférence des présidents
Le président dirige l'ensemble des activités du Parlement et de ses organes. Il préside les sessions plénières, les réunions du
bureau et de la conférence des présidents. Il représente le Parlement dans toutes les relations extérieures et, notamment, dans les
relations internationales. Le bureau est l'organe de direction réglementaire de l'institution, compétent pour le budget du
Parlement et les questions administratives, de personnel, d'organisation et de fonctionnement. Il comprend le président et
quatorze vice-présidents, ainsi que cinq questeurs, qui y siègent avec voix consultative. Les questeurs sont chargés des
questions administratives concernant directement les députés. La conférence des présidents est composée du président du
Parlement et des présidents des groupes politiques. Organe de direction politique du Parlement, elle fixe les compétences et le
nombre de membres des commissions et des délégations parlementaires, décide de la répartition des places dans l'hémicycle et
prépare le calendrier et l'ordre du jour des sessions plénières. Elle examine les recommandations de la conférence des présidents
des commissions relatives aux travaux des commissions et à l'ordre du jour des sessions.
b) Assemblée plénière
Le travail du Parlement comporte deux étapes principales. D'une part, la préparation de la session plénière prise en charge
par les différentes commissions parlementaires spécialisées dans des domaines particuliers des activités de l'Union européenne.
Les thèmes de débat sont également discutés dans les groupes politiques. D'autre part, la session plénière elle-même, auxquelles
peuvent assister tous les députés, se tiennent en principe à Strasbourg (une semaine par mois) et parfois à Bruxelles (deux