
Avis du CISS Ile de France
Les violences à l’Hôpital
Un événement tragique récent dans le service des urgences d’un
établissement parisien vient à nouveau de mettre en évidence les problèmes posés par
l’accueil et le suivi des personnes reçues dans un service d’urgences hospitalières. Le
communiqué de presse publié par le Directeur Général de l’AP-HP, Mr Martin
Hirsch, à la suite de l’enquête interne, a montré qu’il ne s’agissait en aucune façon
d’un manque de personnel comme il est couramment argumenté lors d’événements
de ce type, mais bien d’un défaut d’organisation du service et de transmission des
informations entre les équipes.
Pour les Associations réunies au sein du CISS Ile de France il ne s’agit
en rien de développer en cette occasion une controverse, mais d’inciter les
responsables des structures sanitaires à envisager, avec les représentants des usagers,
de nouvelles pratiques.
De nombreux témoignages de patients ou de leurs familles laissent
apparaître dans leur grande majorité qu’ils apprécient la qualité des soins mais que le
temps d’attente entre les premières formalités d’inscription et le diagnostic est
considéré comme trop long et bien souvent soumis à des conditions inconfortables si
ce n’est parfois dégradantes en particulier pour les plus vulnérables : personnes
handicapées, personnes âgées ou celles en difficulté de compréhension.
Dès lors toute attente prolongée et non spécifiquement explicitée développe, chez le
patient, un sentiment de laisser pour compte venant augmenter son inquiétude et son
angoisse et peut entrainer des complications délétères, pouvant se révéler parfois
même mortelles.
Il est par ailleurs anormal que la qualité de l’accueil et du suivi des patients
dans les services d’urgence soit tributaire de la présence ou non de proches
accompagnants, attentifs à répondre à leurs essentiels et légitimes besoins.
C’est aussi avec un étonnement certain que le CISS IDF a pris
connaissance de la démarche du Président de la FHF auprès du Ministre de
l’Intérieur, afin de lui demander des moyens supplémentaires visant à « muscler » le
protocole national de sécurité à l’hôpital.
Le CISS IDF ne saurait remettre en question tel ou tel recensement
de l’Observatoire des Violences en matière de Santé mais il note que la réponse
proposée pour en limiter le nombre repose sur des actions en lien avec les forces de
l’ordre sans jamais se poser la question du « pourquoi » de ces situations de
violences :