
DADVSI - Le point le plus critique : l'interopérabilité et l'article 7
ADULLACT (http://adullact.org) et AFUL (http://aful.org) – 28 avril 2006
Nous demandons que soient repoussés les amendements 17, 18, 20, 23, et 24, qui
remettent en cause l'article 7 et donc le droit à l'interopérabilité et l'existence même
des logiciels libres.
L'interopérabilité est, dans les technologies de l'information et de la communication, le
fondement de la concurrence. Soumettre l'interopérabilité à une autorisation préalable
comme le prévoient les amendements de la Commission des Affaires Culturelles du
Sénat, c'est soumettre la concurrence à autorisation préalable, ce qui est évidemment
destructeur dans un secteur économique très innovant et en évolution extrêmement
rapide. L'article 7, voté à l'unanimité par l'Assemblée Nationale, évite ce danger, dont la
France a pu prendre conscience grâce au délai pris pour cette transposition.
Bloquer la concurrence serait désastreux pour notre industrie du logiciel, et tout autant
pour la création et la diversité culturelle.
Plus techniquement :
Si les MTP implémentées ou utilisées par un distributeur ne peuvent faire l'objet d'une
réalisation indépendante, assurant la même protection, cela revient à considérer que la
technique de protection est elle-même protégée de façon analogue au brevet du point de
vue de sa mise en œuvre par des tiers.
On a donc implicitement créé un nouveau genre de propriété intellectuelle qui a les
caractéristiques suivantes :
● il se comporte comme un brevet,
● il peut faire l'objet de licences (amendement 18 du Sénat),
● il ne nécessite
● aucune innovation (juste un usage dans un système),
● nul dépôt devant une instance d'évaluation (office de brevet),
● aucune obligation de divulgation publique (bien au contraire),
● il est sans aucun coût (à la différence du brevet)
● il est sans aucune limitation de durée,
● il est applicable à des logiciels, alors que le parlement européen a repoussé la
brevetabilité du logiciel, précisément pour préserver la concurrence et l'innovation.
Un rêve industriel pour les grands groupes ... et un cauchemar pour les PME, les
créateurs indépendants et les logiciels libres.
Ce super-brevet peut s'opposer, non seulement à une réalisation concurrente de celles qui
existent pour accéder aux œuvres, mais aussi à toute réalisation innovante pour l'usage
licite des œuvres (par exemple un système d'indexation des œuvres, ce que la loi permet).
C'est ce blocage désatreux de la concurrence et de l'innovation que cherche à éviter la
rédaction de l'article 7 votée par l'Assemblée Nationale.
La solution proposée par la Commission des Affaires Culturelles du Sénat revient
simplement à dire, en des termes mesurés à l'excès, que l'on pourra demander à l'Autorité
de régulation « de favoriser ou de susciter une solution de conciliation [...] dans des