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Deuxièmement, l’existence d’un cadre clair pour le “placement de produits”
assurera de nouveaux revenus au secteur audiovisuel européen. En stimulant la
créativité économique en Europe, elle renforcera la diversité culturelle. Le
placement de produits est une pratique courante, mais il a besoin des règles
précises contenues dans la nouvelle directive. Les consommateurs doivent avoir
le droit de connaître la nature du contenu qu’ils regardent. Le but est de mieux
les informer, tout en reconnaissant que le placement de produits est une forme
de publicité, et qu’il ne doit pas affecter l’indépendance rédactionnelle. Les règles
claires de la nouvelle directive sur le placement de produits aideront le secteur
audiovisuel européen à devenir plus compétitif, notamment vis-à-vis des États-
Unis. Selon une étude indépendante publiée en septembre 2005, le placement
de produits représente 1,7% des recettes publicitaires totales des radiodiffuseurs
d’émissions en clair aux États-Unis, et a connu une croissance annuelle
moyenne de 21% entre 1999 et 2004
. Cependant, en Europe, des règles
ambiguës et disparates sur le placement de produits, voire l’absence de règles,
ont empêché jusqu’à présent les producteurs de contenu audiovisuel d’utiliser ce
mode de financement important.
Pourquoi la Commission propose-t-elle d’alléger les restrictions en
matière de publicité visant les radiodiffuseurs de télévision ?
L’expérience acquise avec la directive “Télévision sans frontières” de 1989 montre
qu’il faut simplifier et assouplir ces règles. La nouvelle directive proposée par la
Commission éliminera certaines des restrictions quantitatives frappant la publicité et
simplifiera considérablement les règles sur l’insertion de messages publicitaires dans
les émissions de télévision. La limite actuelle de trois heures par jour pour la
publicité sera supprimée, car en pratique aucune chaîne télévisuelle non spécialisée
en Europe n’en approche. Cette limite donc est manifestement superflue et
incompatible avec le principe “mieux légiférer”.
Les règles d’insertion doivent être simplifiées et assouplies. Ce seront les
radiodiffuseurs, et non les régulateurs, qui pourront choisir le meilleur moment pour
insérer des messages publicitaires dans les émissions, plutôt que d’être obligés,
comme c’est le cas actuellement, de ménager un intervalle d’au moins vingt minutes
entre les messages publicitaires. Cette mesure réduira l’irritation que la publicité
provoque chez les téléspectateurs. La nouvelle directive prévoit néanmoins que les
films cinématographiques, les émissions enfantines, les émissions d’actualités et
d’informations ne doivent pas être interrompues plus d’une fois par tranche de
trente-cinq minutes.
Il est peu probable que les radiodiffuseurs abuseront du surcroît de souplesse prévu
par la proposition, car dans un marché où l’offre de contenu audiovisuel connaît une
croissance exponentielle, ils risqueraient de compromettre leurs propres intérêts : les
téléspectateurs passeraient simplement sur d’autres chaînes ou changeraient de
fournisseur de services. Les radiodiffuseurs pourront mieux affronter la concurrence
en ne dérangeant pas les téléspectateurs et en respectant les droits des titulaires de
droits.
Dans sa proposition, la Commission maintient la limite de douze minutes par heure
quelconque pour toute forme de publicité, afin d’empêcher toute augmentation de la
quantité globale de publicité.
Voir le rapport final sur l’étude comparative de l’impact des mesures de contrôle sur les
marchés de la publicité télévisée dans les États membres et dans certains autres pays,
p. 60 et 61.