
Tribune de Genève | Jeudi 11 décembre 2014 Tribune des Arts 27
ils commencent dans l’entreprise.
Vous êtes très attachée au Web. En
quoi une boutique est encore
essentielle dans notre société?
Je n’ai jamais envisagé que
l’internet puisse un jour remplacer
un réseau de boutiques. Pour moi,
le Web est un petit magasin, un
média qui permet d’interagir avec
le client, un outil de relation, pas
plus! Quand on veut acheter une
bague, on a peut-être envie de
l’essayer, de savoir comment on
change le cabochon. Et là,
l’humain est primordial.
Vous avez
lancé la bague
Pain de Sucre
interchangeab-
le en 2013. Est-
c e q u e c e
p r o d u i t
surpasse la
c o l l e c t i o n
h i s t o r i q u e
Force 10?
Force 10 reste le
pilier, le produit
iconique de la marque.
Fred est connu pour ça! Mais la
bague interchangeable commence
à prendre de l’ampleur. Nous
sommes le premier joaillier à jouer
avec la pierre de centre. En
proposant aux femmes de changer
de bague de façon ludique. Nous
avons répondu à une vraie
tendance de consommation. Et
cela peut devenir addictif. Il n’est
pas rare de voir une cliente, après
avoir acheté deux pierres,
demander d’avoir la collection
complète. (sourire).
La bague Pain de Sucre
avec son cabochon
interchangeable,
lancée en 2013.
DR
Exposition
Un espace d’art se niche
dans une vieille muraille
Eric et Caroline
Freymond ont créé
Espace Muraille sur la
place des Casemates.
A voir absolument!
Michel Bonel
Le plus bel espace d’art de Ge-
nève, à coup sûr, se cache dans
une muraille sur la place des Ca-
semates, au pied de la Vieille-
Ville, un carrefour de circulation
intense qui ne donne pas envie de
lever la tête. Pourtant, en sur-
plomb, se dressent quatre im-
meubles d’habitation aux façades
classées. Edifiés en quatre ans, de
1774 à 1778, ces bâtiments ont
cette particularité de reposer sur
des remblais pour plus de sécu-
rité.
Une porte en bois peinte en
rouge introduit dans Espace Mu-
raille, conçu non pas comme une
galerie, mais comme un espace
d’art, selon Eric et Caroline Frey-
mond qui ont mandaté le bureau
MVT Architectes pour remodeler
les deux niveaux. Ils servaient jus-
qu’alors de caves, avec leur sol en
terre battue, les bouteilles de vin
et les toiles d’araignée.
Escaliers d’origine
«Un lieu merveilleux, très bien
construit avec ses voûtes en
crépi, ses pierres apparentes que
nous avons mises en valeur», ré-
sume Benjamin Vial, un des trois
architectes. «Même les escaliers
d’origine ont été conservés. Le
lieu est resté magique, mais de
façon différente.» Au final, une
année de travaux, dans un res-
pect total du lieu, d’une grande
classe et d’une grande simplicité.
Le Japonais Yohei Nishimura
vient d’abandonner les cimaises.
Ses «fired books», ou livres incen-
diés et comme fossilisés par la ma-
gie du four en céramique, ont
connu beaucoup de succès. Tout
comme Pierre Skira, le grand maî-
tre du pastel. Ses subtiles et élé-
gantes harmonies de couleurs
d’un très bel effet ont séduit un
large public.
Photos et conférences
Les 12, 13, 15 et 16 décembre, c’est
une exposition de photographies
sur le thème Capturer l’espoir:
25 ans de combat pour l’éradica-
tion de l’extrême pauvreté avec
FXB International, l’association
François-Xavier Bagnoud créée
par Albina du Boisrouvray en
hommage à son fils décédé dans
un accident d’hélicoptère. Enfin,
en janvier, ce sera Monique Fryd-
man, qui a longtemps milité pour
la cause féminine, et qui n’a pas
hésité à se mesurer – en le repro-
duisant en 2013 à sa façon au Lou-
vre! – au polyptyque Sassetta, un
des plus célèbres de la Renais-
sance.
Espace Muraille se prête aussi
à toutes sortes de manifestations.
Comme les conférences. Derniè-
rement, Roland de L’Espée, prési-
dent de l’Association des amis de
Versailles, a présenté la restaura-
tion du boudoir de Marie-Antoi-
nette.
Caroline Freymond est tout
aussi active à Gstaad où elle anime
la galerie Menus Plaisirs. Elle y
organise aussi des concerts,
comme celui, sur invitation fin fé-
vrier, de Mikhail Rudy, qui fera
«dialoguer» son piano avec Cha-
gall et Kandinsky!
Espace Muraille, 5, place des
Casemates, tél. + 41 22 310 42 92,
de 10 h à 12 h et de 13 h à 18 h, du
mardi au vendredi (11 h samedi).
www.espacemuraille.com
Avec son mari, Caroline Freymond a mandaté le bureau MVT Architectes pour faire à coup sûr de ces
anciennes caves le plus bel espace d’art de Genève. OLIVIER VOGELSANG
L’interview
Par Jean-Daniel Sallin
Cabochon rime
avec… addiction
L’endroit est minuscule.
Mais il ne manque pas
d’âme. Fred vient
d’ouvrir sa boutique à la
rue du Rhône. Avec son
nouveau concept qui rappelle les
liens qui unissent le joaillier
français à la Côte d’Azur. Depuis
deux ans et l’arrivée de Rachel
Marouani à la tête de l’entreprise,
la marque – propriété de LVMH
depuis 1995 – retrouve une
seconde jeunesse. En 2015, elle
s’apprête à quitter son adresse
historique, à la place Vendôme,
pour s’installer dans un immeuble
à la rue de la Paix. Face à Cartier.
On a profité de la présence de la
présidente à Genève pour
parler cabochons et valeurs.
Est-ce la boutique dont
vous aviez rêvé?
C’est en tout cas
l’emplacement
dont j’avais rêvé!
(rires) L e
nombre de
mètres carrés
n’est pas si
important que
ça. Nous avons
suffisamment de
place pour
présenter nos
collections. Dans notre
souci de personnalisation
avec nos clients, cette boutique est
idéale.
Comment cette individualisation
se traduit-elle sur le terrain?
La joaillerie a tendance à cultiver
une certaine distance. Chez nous,
un client doit se sentir bien. Un
peu comme à la maison. Il n’est
pas rare d’ailleurs qu’il devienne
un ami de notre équipe. Cela fait
vraiment partie de nos valeurs. Et
c’est un axe que nous tenons à
transmettre à nos employés quand
«Rome vue depuis la colline de l’Aventin», signé Turner. DR
Record mondial en
pleine «Turnermania»
Hôtel des Ventes
La pendulette
Fabergé adjugée
107 000 francs!
Estimée entre 30 000 et 50 000
francs seulement, la pendulette
de Fabergé avec un mouvement
suisse H. Moser & Cie a été
adjugée 107 000 francs à un col-
lectionneur suisse à l’Hôtel des
Ventes. Pour le directeur Ber-
nard Piguet, ce lot, et bien
d’autres encore, confirme la
place de premier plan de Genève
sur le marché international des
objets d’art russes. M.BO.
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Sotheby’s
La maison établit un record
mondial à 84,4 millions de
dollars pour Turner qui fait,
aussi l’objet d’un film et
d’une exposition
Alors que certains prédisaient que
ce tableau de Turner se vendrait
mal, parce qu’il représente non
pas Venise, mais une vue, pas la
plus prestigieuse, de Rome, c’est
tout le contraire qui s’est produit.
La vue de Rome depuis la colline
de l’Aventin, de 1835, a atteint
84,4 millions de dollars chez So-
theby’s à Londres. Ce qui en fait
un record mondial pour cet ar-
tiste, jadis traité de fou. Une
grande exposition célèbre ses der-
nières années à la Tate Britain de
Londres jusqu’au 25 janvier, et un
film grand public de Mike Leigh,
Mr Turner, évoque aussi ses der-
nières années. Selon Benjamin La-
mers, directeur adjoint à Genève,
«les ventes de Sotheby’s de maî-
tres anciens au niveau mondial
ont atteint 294,8 millions de dol-
lars, soit une augmentation de
36% par rapport à 2013».
M.BO.