Que faire en cas de de´couverte d`une dysplasie au niveau de la

Que faire en cas
de de´couverte d’une
dysplasie au niveau
de la muqueuse gastrique ?
R
esum
e
La d
etection des l
esions dysplasiques se fait avec la lumi
ere blanche sans zoom.
La caract
erisation des l
esions dysplasiques n
ecessite l’indigo-carmin de plus en
plus souvent associ
e
a l’acide ac
etique ou la coloration
electronique par Narrow-
Band Imaging. Le NBI est la meilleure technique pour la caract
erisation et le bilan
d’extension lat
erale des zones de dysplasie de haut grade et des cancers
superficiels.
L’endomicroscopie confocale a fait l’objet de plusieurs
etudes pour
evaluation
mais finalement pour l’instant n’est pas recommand
ee en routine.
En cas de dysplasie de bas grade, il faut proc
eder
alar
esection endoscopique
des l
esions localis
ees. Si la l
esion n’est pas localis
ee, trop large ou multiple, la
recommandation est de refaire une endoscopie
a 1 an. La surveillance doit
se faire ensuite tous les ans. En cas de dysplasie de haut grade, si la l
esion est
localis
ee, le traitement est imp
eratif, soit par mucosectomie, soit par
dissection sous-muqueuse. Si la l
esion n’est pas localis
ee, large ou diffuse,
en fonction du terrain sera propos
ee chirurgie ou surveillance tous les 6 mois
a1an.
nMots cl
es : dyplasie, cancer gastrique, endoscopie
Abstract
Detection of dysplastic lesions may be performed with white light without zoom.
Characterization of dysplastic lesions requires indigocarmine more often
associated to acetic acid or by electronic staining using narrow-band imaging.
The NBI is the most appropriate for the characterization and staging of lateral
areas of high grade dysplasia and gastric cancer.
The confocal endomicroscopy has been the focus of several studies for
evaluation but finally this technic is not recommended routinely.
In the case of low-grade dysplasia, localized lesions should be resected by
endoscopy. If the lesion is wide or multiple, the recommendation is to repeat
endoscopy at 1 year. Monitoring should be done every year thereafter. In case of
high-grade dysplasia, if the lesion is localized, the treatment is mandatory, either
by mucosectomy or by submucosal dissection. If the lesion is large or diffuse, will
be offered surgery or monitoring every 6 months to 1 year, depending on the
comorbidities.
nKey words: dyplasie, endoscopic gastric cancer
How to manage
dysplasia in gastric
mucosa?
Thierry Ponchon
H^
opital Edouard Herriot,
Service d’H
epato-Gastroent
erologie,
Pavillon H,
69003 Lyon
e-mail : <thierry.ponchon@chu-lyon.
fr>
HEPATO
y
GASTRO
et Oncologie digestive
Tir
es
a part : T. Ponchon
Pour citer cet article : Ponchon T. Que faire en cas de d
ecouverte d’une dysplasie au niveau de
la muqueuse gastrique ? H
epato Gastro 2013 ; 20 : 17-22. doi : 10.1684/hpg.2012.0810
doi: 10.1684/hpg.2012.0810
17
HEPATO-GASTRO et Oncologie digestive
vol. 20 n8suppl
ement 1, janvier 2013
ini-revueM
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E
´volutivite´ de la dysplasie en muqueuse
gastrique
La prise en charge de la dysplasie gastrique doit tenir
compte bien s^
ur du risque
evolutif de celle-ci. Il y a peu de
donn
ees solides dans la litt
erature (tableau 1). L’incidence
du cancer est de 0,6 % en cas de dysplasie de bas grade et
varie de 1,4
a 6 % en cas de dysplasie de haut grade [1,2].
Dans la cohorte hollandaise publi
ee par De Vries et al. [1],
l’incidence atteint 25 % la premi
ere ann
ee en cas de
dysplasie de haut grade.
Les bases de l’exploration gastrique
«a` la japonaise »
En pr
eambule, on rappelle la diff
erence entre la d
etection
et la caract
erisation. La d
etection, c’est trouver une
anomalie de relief ou de couleur au sein de la muqueuse
gastrique, et la caract
erisation, c’est analyser cette
anomalie pour en connaı
ˆtre sa nature : « une zone de
m
etaplasie intestinale », « un cancer », « une zone
inflammatoire ».
La technique endoscopique pour d
etecter une n
eoplasie
gastrique superficielle est bien codifi
ee au Japon.
L’op
erateur conduit une exploration zone par zone avec
r
ealisation de photos. Ces photos sont conserv
ees et font
souvent l’objet d’une seconde lecture en groupe. Cette
exploration est men
ee en lumi
ere blanche pour d
etecter
les anomalies de surface mais aussi pour d
etecter les
anomalies de couleur, qui sont presque plus importantes
que les anomalies de surface. L’indigo-carmin ou autre
coloration n’est pas employ
ee syst
ematiquement
ace
stade car il masque les anomalies de couleur. L’indigo-
carmin est appliqu
e dans un second temps, quand une
anomalie a
et
ed
etect
ee, pour permettre de la caract
eriser
et d’en d
eterminer les contours. Nous verrons plus loin
qu’
a ce stade de la caract
erisation l’acide ac
etique est
associ
e de plus en plus souvent
a l’indigo-carmin ou que
la coloration
electronique par Narrow-Band Imaging (NBI)
devient un standard. Ce n’est qu’
a ce stade de la
caract
erisation, qu’est employ
e le grossissement. Cette
endoscopie gastrique dure une dizaine de minutes et
il faut insister sur le fait qu’au d
epart, pour d
etecter des
anomalies, seule la lumi
ere blanche sans zoom est
utilis
ee.
Avec une telle technique, la sensibilit
e pour d
etecter un
cancer superficiel est de l’ordre de 80 % et donc 20 % des
l
esions
echappent
a l’investigateur [3].
‘‘ La de´tection, c’est trouver une anomalie
de relief ou de couleur au sein
de la muqueuse gastrique, et la caracte´risation,
c’est analyser cette anomalie pour en connaıˆtre
sa nature’’
La de´tection et caracte´risation
de la me´taplasie intestinale
D
etecteretcaract
eriser les zones de m
etaplasie intestinale
sont importants pour 2 raisons : la pr
esence de m
etaplasie
intestinale signale une
evolutivit
everslecanceretce
sont ces zones qu’il faut analyser soigneusement pour
rechercher un cancer. Pendant quelques ann
ees, la
m
etaplasie intestinale a
et
erecherch
ee par application
de bleu de m
ethyl
ene, car il est absorb
e par les cellules
intestinales. En Europe, ce sont nos confr
eres portugais,
du fait de la forte incidence du cancer gastrique dans ce
pays, qui se sont faits les promoteurs de la coloration par
bleu de m
ethyl
ene [4]. Mais finalement cette technique
apeudiffus
eeta
et
e abandonn
ee car : 1) elle est
chronophage en raison de la n
ecessit
ed
eliminer d’abord
Tableau 1. Incidence du cancer gastrique (pourcentage de cancer gastrique par an)
en fonction du stade initial de la dysplasie
Cancer/an
Pays-Bas [1]
Dysplasie bas grade (7 616 pts suivis) : 0,6 %
Dysplasie haut grade (562 pts suivis) : 6%
25 % premie`re anne´e
Chine [2]
Dysplasie bas grade : 0,6 %
Dysplasie haut grade (546 pts suivis) : 1,4 %
18 HEPATO-GASTRO et Oncologie digestive
vol. 20 n8suppl
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le mucus par un agent mucolytique, 2) elle tr
es difficile
a
interpr
eter et 3) le bleu de m
ethyl
ene est actuellement
consid
er
e comme un canc
erig
ene. Le bleu de m
ethyl
ene
a aussi
et
e abandonn
e pour l’exploration de l’estomac
comme pour l’exploration de l’œsophage de Barrett
pour les m^
emes raisons. Comme indiqu
e dans la section
pr
ec
edente, la lumi
ere blanche est meilleure que
l’indigo-carmin car les zones de m
etaplasie apparaissent
comme des zones de couleur diff
erente de la muqueuse
environnante alors que l’indigo-carmin « noie » tout
en bleu : la m
etaplasie intestinale se pr
esentant comme
des taches plus blanches que la muqueuse environnante
ou
a l’inverse plus roses. Le progr
es majeur de ces
derni
eres ann
ees est repr
esent
eparleNBI,carles
diff
erences de couleur entre m
etaplasie intestinale et
muqueuse gastrique sont alors beaucoup plus nettes
qu’en lumi
ere blanche. Il a m^
eme
et
ed
ecritunaspectde
lignes bleues « un peu luminescentes » qui surlignent le
sommet des villosit
es de la m
etaplasie intestinale. On
parledecr
^
etes bleu clair (light blue crest en anglais).
Uedo et al. [5] ont valid
e ce terme et ont montr
e une
sensibilit
e de 89 % et une sp
ecificit
ede93%descr
^
etes
bleu clair pour le diagnostic de m
etaplasie intestinale.
Capelle et al. [6] ont compar
elumi
ere blanche et NBI
pour le diagnostic de m
etaplasie intestinale. La sensibilit
e
est de 51 % pour la lumi
ere blanche et de 71 % pour le
NBI, alors que la sp
ecificit
e est respectivement de 67 %
et 58 %. Sur les 68 sites de m
etaplasie intestinale, 21
seulement ont
et
ed
etect
es par NBI alors que 9
seulement ont
et
ed
etect
es par lumi
ere blanche. Ces
cr^
etes bleues sont observables en vision rapproch
ee.
L’exp
erience montre qu’en vision
a distance, en NBI, les
zones de m
etaplasie intestinale se pr
esentent : 1) soit
comme des zones blanches comme pos
ees sur la
muqueuse gastrique sombre (assez rarement), 2) soit
comme des zones bleut
eesetsouventvertes,sur
elev
ees
comme pos
eesouaucontraireend
epression, par
rapport
a la muqueuse gastrique qui est alors s
epia. On
ne connaı
ˆt pas d’explication
acesdiff
erents aspects
macroscopiques, sur
elev
es ou d
eprim
es. Pour ce qui est
des aspects d
eprim
es, l’impression est que la m
etaplasie
intestinale a colonis
edeszonesulc
er
ees. Sur les s
eries
Olympus 180, la luminosit
eduNBI
etait faible et il
etait
difficile de voir de loin dans l’estomac. NBI
etait alors
surtout utilis
e pour caract
eriser les zones de m
etaplasie
intestinale. Sur les nouvelles s
eries 190, NBI est
beaucoup plus lumineux et on peut voir d’un seul coup
d’œil l’ensemble de la muqueuse gastrique. NBI peut
alors ^
etre utilis
e pour d
etecter les zones de m
etaplasie
intestinale. Comme indiqu
eplushaut,leszonesde
m
etaplasie intestinale apparaissent alors comme un
patchwork de zones vertes dans l’antre et on peut
facilement observer si ces zones remontent sur l’angulus
et le fundus.
‘‘ Le progre`s majeur de ces dernie` res anne´es
est repre´sente´ par le NBI, avec lequel les
diffe´rences de couleur entre me´ taplasie intestinale
et muqueuse gastrique sont beaucoup plus nettes
qu’en lumie`re blanche’’
La de´ tection et la caracte´risation de la
dysplasie et du cancer superficiel
La d
etection passe comme indiqu
e plus haut par une
analyse en lumi
ere blanche. Le NBI lumineux pr
esent sur la
s
erie Olympus 190 pourrait probablement permettre de
d
etecter mais cela reste
ad
emontrer. En fait, les colorations
sont surtout utiles pour caract
eriser les anomalies et dire si
une anomalie de couleur ou de relief correspond
a une
zone de m
etaplasie intestinale ou une zone de dysplasie de
haut grade ou un cancer superficiel. La dysplasie de bas
grade reste difficile
a identifier et n’a pas fait l’objet
d’
etudes particuli
eres. Alors que l’indigo-carmin
etait la
coloration de r
ef
erence, l’association indigo-carmin et
acide ac
etique est devenue une coloration de r
ef
erence au
Japon : au sein de la muqueuse gastrique color
ee en bleu,
l’acide ac
etique blanchit la zone la plus
evolu
ee et permet
d’en d
elimiter les contours. Le tableau 2 montre les
r
esultats des
etudes de Sakai et al. [7] et de Kawahara et al.
[8], qui d
emontrent que l’association indigo-carmin et
acide ac
etique est plus pr
ecise que les autres techniques de
caract
erisation. L’
etude de Lee et al. ([9], tableau 3)r
ev
ele
que l’association est plus pr
ecise que la lumi
ere blanche
uniquement pour les l
esions diff
erenci
ees.
La derni
ere avanc
ee dans ce domaine concerne le NBI qui
se r
ev
ele plus pr
ecis que les colorants classiques dans
plusieurs
etudes, pour caract
eriser dysplasie de haut grade
ou cancer superficiel ou pour en d
elimiter les contours.
Concernant la caract
erisation, un avis d’experts sur une
collection de 40 l
esions [10] a montr
e que le NBI est plus
efficace que la lumi
ere blanche et que l’association NBI-
acide ac
etique est plus efficace que le NBI seul. Une
etude
sur 118 l
esions [11] a consist
e
a comparer lumi
ere blanche
et NBI pour
etablir les limites d’extension lat
erale d’une
zone de dysplasie s
ev
ere ou de cancer superficiel. Les
marges d’extension lat
erale marqu
ees par des points
d’
electrocoagulation ont
et
e analys
ees par histologie dans
un second temps. La pr
ecision de la lumi
ere blanche a
et
e
de 97 % contre 78 % pour la lumi
ere blanche. L’int
er^
et du
NBI pour pr
eciser l’extension lat
erale des zones de cancer
superficiel ou de dysplasie de haut grade a
et
e confirm
e
dans l’
etude de Nagahama et al. [12]. 18 % des l
esions
(n = 66) avaient une marge impr
ecise en lumi
ere blanche.
73 % de ces 66 l
esions ont alors eu leur marge lat
erale bien
visible en NBI. Les r
esultats
etaient meilleurs pour les l
esions
diff
erenci
ees.
19
HEPATO-GASTRO et Oncologie digestive
vol. 20 n8suppl
ement 1, janvier 2013
De d
ecouverte d’une dysplasie au niveau de la muqueuse gastrique
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Enfin, 3
etudes comparatives ont
et
e men
ees NBI versus
lumi
ere blanche [13-15] dont l’une randomis
ee [15]. Ces
etudes sont r
esum
ees dans le tableau 4 qui montre un net
avantage au NBI en termes de sensibilit
eetdesp
ecificit
e.
Actuellement, le NBI est donc la meilleure technique pour
la caract
erisation et le bilan d’extension lat
erale des zones
de dysplasie de haut grade et des cancers superficiels,
devant la coloration indigo-carmin + acide ac
etique. Ces
r
esultats ont
et
e obtenus avec les s
eries 180 ou 280
(Japon). On peut pr
edire que le NBI sera aussi utile
ala
d
etection sur les nouvelles s
eries 190 et 290 (Japon). Une
classification simplifi
ee de l’aspect en NBI des l
esions
pr
ecanc
ereuses et canc
ereuses gastriques a
et
e propos
ee
r
ecemment [16]. La dysplasie de haut grade se pr
esente
souvent en NBI comme une zone un peu plus claire, gris-
beige, alors que la muqueuse environnante est s
epia. Cette
zone claire est souvent discr
etement sur
elev
ee avec un
centre l
eg
erement d
eprim
e (aspect en « cocarde apla-
tie »). Parfois, il y a un bourrelet inflammatoire tr
es
epais
qui entoure la zone d
eg
en
er
ee (aspect en « volcan »). Le
bourrelet peut ^
etre tr
es large alors que la zone d
eg
en
er
ee
centrale peut ^
etre de petite taille. On observe au sein de
cette zone en dysplasie de haut grade, une disparition du
relief et donc des villosit
es, alors que les vaisseaux
apparaissent irr
eguliers. Mais la vascularisation est
irr
eguli
ere et elle n’est habituellement pas tr
es dense car
la zone est claire. Rarement et plut^
ot au stade de cancer, la
l
esion apparaı
ˆt rouge en lumi
ere blanche ou brun fonc
een
NBI avec une hypervascularisation. Il n’y a pas de certitude
quant
a l’aspect en NBI des zones en dysplasie de bas grade. Il
appar
ˆt que ces zones, comme pour l’œsophage de Barrett,
pr
esentent une disparition parsem
ee des villosit
es.
Les re´ sultats de l’endomicroscopie
confocale
L’endomicroscopie confocale (EMC) a fait l’objet de
plusieurs
etudes pour
evaluation mais finalement pour
l’instant n’est pas recommand
ee en routine. L’analyse est
ponctuelle et il est
evident que l’EMC n’a pas d’int
er^
et
potentiel en d
etection mais uniquement en caract
erisation.
Concernant la caract
erisation de la m
etaplasie intestinale,
un travail [17] a
et
e men
een2
etapes (
etablissement des
crit
eres EMC puis validation)
a partir de 91 cas et de 13 670
images. La sensibilit
e (92 %)
etait tr
es sup
erieure
a celle de
la lumi
ere blanche (37 %) pour une sp
ecificit
e
equivalente.
La concordance inter-observateurs
etait tr
es
elev
ee.
Concernant la caract
erisation du cancer superficiel lui-
m^
eme, 3 premi
eres
etudes ont
et
e men
ees, 2 bas
ees sur
une interpr
etation des images par un histologiste [18, 19]
et une bas
ee sur la mesure de la taille des noyaux cellulaires
[20]. La pr
ecision a vari
ee de 67
a 97,1 %. Une large
etude
[21] a port
e sur 182 patients pour
etablir des crit
eres et sur
1 786 pour les valider. La pr
ecision de ECM a
et
ede
98,8 % versus 94,1 % pour la lumi
ere blanche.
La conduite a` tenir en cas de dysplasie
Jusqu’
ar
ecemment, cette conduite
a tenir
etait relative-
ment impr
ecise. La recommandation de l’ESGE (Soci
et
e
europ
eenne d’endoscopie digestive) [22], m^
eme si elle est
incompl
ete, a permis nettement d’avancer. Dans tous les
cas, une r
e
evaluation endoscopique est
a conduire apr
es 3
mois et apr
es
eradication de Helicobacter pylori.
‘‘ Apre`s de´ couverte d’une dysplasie une
re´e´ valuation endoscopique est a` conduire
apre`s 3 mois et apre`s e´radication de Helicobacter
pylori’’
Tableau 3. Roˆle du caracte`re diffe´rencie´ ou non du cancer sur les performances
de l’association indigo-carmin et acide ace´ tique [9]
151 patients Total Diffe´ rencie´ Indiffe´ rencie´
Lumie`re blanche 67 % 69 % 63 %
Ac. ace´tique Indigo 84 % 90 % 70 %
p<0,001 p <0,001 NS
Tableau 2. Caracte´risation de la dysplasie de haut
grade et du cancer superficiel.
Taux de pre´cision des colorations.
Sakai [7] Kawahara [8]
Nombre de le´sions 53 108
Lumie`re blanche 17 % 50 %
Indigo 53 % 76 %
Ac. ace´tique (AA) 19 % 41 %
Indigo + AA 94 % 91 %
20 HEPATO-GASTRO et Oncologie digestive
vol. 20 n8suppl
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En cas de dysplasie de bas grade, il faut d
eterminer si la
l
esion est localis
ee et si elle peut ^
etre donc r
es
equ
ee par
mucosectomie ou dissection sous muqueuse. Si c’est le cas,
il faut proc
eder
a cette r
esection endoscopique. Si la l
esion
n’est pas localis
ee, trop large ou multiple, la recommanda-
tion est de refaire une endoscopie
a 1 an. Dans la
recommandation de l’ASGE (Soci
et
eam
ericaine d’endos-
copie digestive) [23], qui est globalement moins pr
ecise et
moins
elabor
ee que celle de l’ESGE, la recommandation est
de faire une nouvelle endoscopie
a 3 mois. Le probl
eme
avec ces 2 recommandations est que la suite de la
surveillance, apr
es 1 an ou apr
es 3 mois, n’est pas pr
ecis
ee.
On pourrait penser que la surveillance doit se faire ensuite
tous les ans.
En cas de dysplasie de haut grade, si la l
esion est localis
ee,
le traitement est imp
eratif, soit par mucosectomie, soit par
dissection sous-muqueuse (voir plus bas). Si la l
esion n’est
pas localis
ee, large ou diffuse, en fonction du terrain sera
propos
e chirurgie ou surveillance tous les 6 mois
a 1 an.
‘‘ En cas de dysplasie de haut grade, si la
le´ sion est localise´ e, le traitement soit par
mucosectomie, soit par dissection sous-muqueuse,
est impe´ratif’’
Les l
esions localis
ees en dysplasie de bas grade ou de haut
grade ou a fortiori les cancers superficiels, s’ils sont localis
es
et en faible nombre, sont
a traiter par voie endoscopique.
Le but est d’obtenir une r
esection R0, c’est-
a-dire une seule
pi
ece tissulaire avec une marge de tissu sain en p
eriph
erie
et en profondeur. Le traitement endoscopique de
r
ef
erence est donc la dissection sous-muqueuse qui permet
d’obtenir th
eoriquement cette r
esection R0. La mucosec-
tomie endoscopique, qui recourt le plus souvent
aun
capuchon souple pour aspirer la l
esion, n’est
a utiliser que
pour les l
esions de petit diam
etre. Si la r
esection doit ^
etre
R0, il faut
egalement que le niveau d’envahissement en
profondeur de la sous-muqueuse ne d
epasse pas 500
microm
etres. Au-del
a, il y a un risque d’envahissement
lymphatique et il faut orienter le patient vers une r
esection
chirurgicale.
A vrai dire, la limite est un peu plus complexe
et doit tenir compte d’un certain nombre de param
etres :
le diam
etre de la l
esion, son caract
ere ulc
er
e ou non, son
caract
ere diff
erenci
e ou non. La Soci
et
e japonaise
d’endoscopie gastroent
erologique (JGES) a
etabli quelles
sont les indications respectives de la mucosectomie, de la
dissection sous-muqueuse et de la chirurgie en fonction de
ces diff
erents param
etres [24]. Cette recommandation a
et
e
etablie
a partir d’un travail men
e sur des pi
eces
op
eratoires, 2 304 ne s’accompagnant pas d’envahisse-
ment lymphatique. La dissection sous-muqueuse gastrique
est couramment pratiqu
ee au Japon, en Cor
ee et en Chine
et elle commence
a^
etre populaire en Europe [25]. La
r
esection n’est pas R0 dans 100 % des cas et il existe un
risque non n
egligeable d’h
emorragie secondaire et de
perforation. Mais dans la tr
es grande majorit
e des cas, ces
complications sont trait
ees par endoscopie pendant le
temps de r
esection ou dans un second temps.
Conflits d’int
er^
ets : Olympus : advisory board. Cook
medical : advisory board. Boston Scientific : protocoles.
Mayoly Spindler : protocols. Ipsen : advisory board. Ferring :
meetings. &
Tableau 4. E
´tudes comparatives Lumie` re blanche
versus NBI pour la caracte´risation de la dysplasie
de haut grade et du cancer superficiel
Sensibilite´ Spe´cificite´
Ezoe et al. [13]
Lumie`re blanche 33 % 44 %
NBI 70 % 79 %
Kato et al. [14]
Lumie`re blanche 42,90 % 61 %
NBI 92,90 % 94,70 %
Ezoe et al. [15]
Lumie`re blanche 40 % 67,90 %
NBI 95 % 96,80 %
Take home messages
&La caract
erisation des l
esions de m
etaplasie intesti-
nale se fait au mieux par la coloration
electronique par
Narrow-Band Imaging (NBI) ou bien par l’acide ac
etique
associ
e
a l’indigo-carmin.
&La dysplasie de bas grade reste difficile
a identifier.
&La d
etection de la dysplasie passe par une analyse en
lumi
ere blanche.
&En cas de dysplasie de bas grade, il faut proc
eder
ala
r
esection endoscopique des l
esions localis
ees et de
refaire une endoscopie
a 1 an en cas de l
esion large ou
multiple.
&En cas de dysplasie de haut grade, si la l
esion est
localis
ee, le traitement soit par mucosectomie, soit par
dissection sous-muqueuse, est imp
eratif.
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HEPATO-GASTRO et Oncologie digestive
vol. 20 n8suppl
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De d
ecouverte d’une dysplasie au niveau de la muqueuse gastrique
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