Le conflit antérieur de la hanche. Professeur Philippe CHIRON

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Le conflit antérieur de la hanche.
Professeur Philippe CHIRON, CHU Rangueil Toulouse.
Certaines douleurs de type mécanique de la hanche restent encore inexpliquées. La
découverte du conflit fémoro-acétabulaire antérieur lève le voile sur un mécanisme en
fait assez fréquent à l’origine de douleurs surtout chez des sujets jeunes. Il s’agit
d’un contact anormal entre la partie antérieure du col du fémur et la paroi antérieure
de l’acétabulum. Ce contact se produit lorsque le sujet porte la hanche en flexion –
rotation interne. Ce contact osseux anormal est favorisé par un certain nombre de
pathologies qui peuvent toucher soit le col du fémur, soit la paroi antérieure de
l’acétabulum, soit les deux. Nous retiendrons comme les plus fréquentes des
séquelles d’épiphysiolyse c’est à dire la tête du fémur qui a glissé en bas et en arrière,
une coxa profonda ou une rétroversion de l’acétabulum….. Ce conflit oppose des
agresseurs, l’os cortical de la tête du col du fémur et celui de la paroi de
l’acétabulum, et des victimes, l’os spongieux de la tête du fémur, le cartilage de la
tête et le labrum.
Le diagnostic repose essentiellement sur la clinique avec une douleur de hanche en
flexion rotation interne associée à une perte de la rotation interne souvent négative.
Les examens complémentaires permettent de mettre en évidence grâce à de simples
radiographies standards en incidence spéciale, une malformation du col du fémur ou
de la position de la tête, une rétroversion de l’acétabulum, grâce à un arthroscanner
les lésions du cartilage et à une IRM les lésions du labrum.
La solution est dans certains cas chirurgicale et consiste en une plastie du col du
fémur associée éventuellement à une résection de la paroi antérieure de l’acétabulum.
Ce geste peut être réalisé sous arthroscopie mais aussi grâce à des mini-voies d’abord
de hanche et notamment la voie antéro-latérale récemment utilisée pour les prothèses
totales de hanche qui passe entre le tenseur du fascia lata et les fessiers et ne lèse
aucun muscle.
Le recul sur ce type d’intervention pour évaluer l’efficacité sur une éventuelle
arthrose est insuffisant, mais le résultat à court terme est excellent, la douleur étant
améliorée ainsi que le schéma de marche permettant la reprise du sport.
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