Les conséquences du cancer sur la vie sociale et

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Les conséquences du cancer
sur la vie sociale et
professionnelle
Lucile OLIER, DREES
Les conséquences du cancer sur
la vie sociale et professionnelle
 ressources et difficultés économiques
► Chantal Cases, Laetitia Malavolti, Catherine Mermilliod
 sentiment de rejet ou de discrimination dans la vie privée,
professionnelle et sociale
► Marie Préau, Fabienne Marcellin, France Lert, Bruno Spire, Jean-Paul Moatti
 retour à l’emploi, insertion professionnelle et discrimination
► Laetitia Malavolti, Alain Paraponaris, Bruno Ventelou
► Alain Paraponaris, Bruno Ventelou, Laetitia Malavolti, Sophie Eichenbaum-Voline
Contexte
Progrès des traitements du cancer
Revenus de remplacement
Protections réglementaires
Recherche de l’efficacité productive
coûts liés à la maladie
Représentations sociales
de la maladie
Estime de soi
Priorités personnelles
Meilleure insertion
sociale et professionnelle,
maintien du niveau de vie
Frein à l ’insertion
sociale et
professionnelle,
discrimination,
difficultés
économiques
Ressources et difficultés économiques
deux ans après le cancer

Un quart déclare que leurs ressources ne leur
permettent pas de bien vivre
un cinquième en population générale d ’âge et sexe
comparable

Un quart déclare une baisse de revenus
deux-tiers considèrent que la maladie a eu un
impact
Ressources et difficultés économiques
deux ans après le cancer
Les plus touchés par une baisse de revenu imputable à
la maladie (toutes choses égales par ailleurs) :
les moins de 59 ans
ceux qui n’ont pas repris leur travail
les salariés du secteur privé ou les indépendants
(conditions d’indemnisation moins favorables sur la
période) et les ouvriers
les personnes subissant des séquelles
pas d ’impact de la localisation cancéreuse ou des
traitements
Ressources et difficultés économiques
deux ans après le cancer
41 % des patients ayant un emprunt en cours au
moment du diagnostic (13 % de l’ensemble des
malades) ont rencontré des difficultés financières
pour un remboursement
Facteurs fragilisants : pertes de revenus attribuées au
cancer, absence de reprise d’une activité
professionnelle, bas revenu à la date du diagnostic,
ouvriers
Plus d’un patient sur deux (58%) craint des difficultés
d’accès à l’emprunt à l’avenir
Ressources et difficultés économiques
deux ans après le cancer
Etre atteint de cancer => une diminution de ses
ressources et de sa capacité à accéder au crédit pour
une part significative des malades


ces difficultés économiques sont d’abord liées aux effets
de la maladie sur l’activité professionnelle
ces conséquences ne sont ni présentes, ni identiques, pour
tous : les obstacles sont plus nombreux pour les catégories
sociales plus défavorisées, dont le revenu initial était plus
bas, le statut d’emploi souvent moins protecteur et la
maladie souvent plus grave.
Sentiment de rejet et de discrimination
9% rapportent au moins une attitude de rejet ou de
discrimination à leur égard liée directement à la
maladie (2% souvent, 7% quelquefois)
 3%
de la famille
 5% des amis
 3% des collègues
 4% autres
Sentiment de rejet et de discrimination
Les personnes se déclarant rejetées ou stigmatisées sont +
souvent (toutes choses égales par ailleurs) :
 les
plus jeunes, les plus fragiles économiquement
 les
plus fragiles (consommation de psychotropes, pas de
soutien affectif)
 celles
qui ont des séquelles, qui ont subi des traitements
lourds (chimio + radio + chirurgie) mais pas d ’effet de la
localisation cancéreuse
 celles
qui font appel aux associations de malades (sens
de la causalité indéterminé)
Sortir de l’emploi après un diagnostic de
cancer
 Objectifs:
mettre en évidence le rôle spécifique de la maladie
(localisation, traitements, séquelles) et des discriminations
perçues par rapport aux déterminants traditionnels (âge,
diplôme, etc.)
altération de la productivité, poids des représentations ou
auto-justification ?
 Méthode: analyse de la situation par rapport au marché du
travail des personnes en emploi au moment du diagnoctic deux
ans plus tard
Sortir de l’emploi après un diagnostic de
cancer
Schéma I. Détermination des sous-échantillons d’étude
4270 répondants à l’enquête en 2004
2545 âgés de 58 ans ou plus
1725 âgés de 57 ans ou moins en 2002
sous-échantillon 1
207 inactifs (retraités et autres
inactifs) en 2002
1518 actifs en 2002
94 au chômage en 2002
1424 occupés en 2002
sous-échantillon 2
206 en congé-maladie en
2004 depuis le diagnostic
1218 individus qui n’étaient pas en 2004
en congé-maladie depuis le diagnostic
sous-échantillon 3
Sortir de l’emploi après un diagnostic de
cancer
 Situation deux ans après le diagnostic des personnes en emploi
au moment du diagnostic




67 % sont en emploi
6% sont au chômage
14% sont en arrêt maladie
13% sont à la retraite ou inactives (au foyer)
 19% des personnes en emploi au moment du diagnostic
déclarent deux ans plus tard avoir subi des attitudes
discriminatoires de leur employeur durant cette période
 taux de chômage en 2004: 10% (vs 6%)
 taux d’inactivité (autre que retraite): 19% (vs 9%)
Discrimination ressentie et sortie d’emploi
 Attitudes discriminatoires de l’employeur déclarées par les enquêtés :
●
●
●
●
●
●
●
perte de responsabilités: 43%
perte d’avantages acquis: 32%
réaménagement non sollicité dans les responsabilités: 31%
refus de promotion ou d’augmentation salariale: 24%
rétrogradation: 21%
aménagements horaires non sollicités: 12%
mutation non demandée: 8%
Discrimination: véritable cause de la perte d’emploi (au lieu d’une altération
de la productivité) ou légitimation ex post de la situation face à l’emploi ?
Une analyse distincte pour les hommes et
les femmes
 Les facteurs traditionnels de la sortie d ’emploi:
l’âge (contrecarré en partie par l ’effet de expérience), le statut indépendant
le diplôme protège les hommes (-16% pour les bac et +), pas les femmes
la perspective de perte de revenus trop importante réduit la probabilité de sortie
d’emploi chez les hommes
la probabilité de sortie de l’emploi est réduite chez les hommes pour les fonctionnaires
(-18%), majorée chez les femmes pour les contrats précaires (+20%)
Le poids de la maladie
Les facteurs augmentant la probabilité de sortie d ’emploi:
 chez les hommes, le cancer du poumon et des VADS (par rapport au colorectum): + 29%
 chez la femme, cancer du sein (+14%), tumeurs urogénitales (+23%), autres localisations
(+24%) et hémopathie malignes (+28%) (par rapport au colorectum)
 la gravité des séquelles (+11%)
 la lourdeur du traitement pour les femmes (+7%), pas pour les hommes
 un meilleur pronostic au moment du diagnostic pour les femmes (-0,2%)
 des discriminations déclarées dans le cadre professionnel (+ 10%)
 le soutien affectif et moral pour les femmes (-3%)
Reprendre le travail après le cancer
 Objectifs: décrire le processus de reprise d’emploi; éclairer les déterminants
de la reprise d’emploi et pas seulement ses conditions
 Méthode: étudier la trajectoire sur le marché du travail des individus de
moins de 58 ans en emploi au moment du diagnostic et de l’enquête
Deux ans après le diagnostic:
•
•
•
Pas d’interruption d’activité pour
21%
Reprise durant les 2 ans pour 56%
Pas de reprise de l’activité pour 23%
77% de taux de reprise ou de
maintien dans l’activité à
deux ans du diagnostic
Evolution du taux de reprise global de
l’activité
1
0,9
78%
70%
0,8
64%
0,7
0,6
69%
53%
74%
59%
0,5
0,4 27%
0,3
38%
Femmes
Hommes
Global
0,2
17%
0,1
0
0
6
12
Temps en mois
18
24
Une reprise rapide chez les hommes et
progressive chez les femmes
Evolution du taux de reprise instantané de l'activité,
selon le genre
0,07
0,06
Femmes
Hommes
0,05
0,04
0,03
0,02
0,01
0
6
12
Temps en mois
18
24
Les facteurs associés à la reprise du travail
● Peu d’impact des facteurs sociodémographiques, hors CSP
 Seul l’âge joue pour les femmes
● Des caractéristiques de la maladie déterminantes dans les freins à la
reprise du travail :
Mauvais pronostic au diagnostic
 Traitement par chimiothérapie
 Séquelles gênantes
 hémopathies malignes pour les hommes

● Impact important de l’environnement professionnel chez les femmes sur
la reprise: CSP(artisans), type de contrat (indépendant) et parler de sa
maladie dans son milieu professionnel
Conclusions (1)
Sentiment de rejet et de discrimination:
Sentiment de stigmatisation: à l’interface des
perceptions/représentations et de
l’objectif/objectivable
 L’acceptabilité sociale du cancer, mesurée à travers le
sentiment de discrimination, est certes bien meilleure que celle
d’autres maladies chroniques: 9% vs 33% pour le VIH-sida
 Mais c’est encore trop pour les malades: il est nécessaire de
développer des actions de sensibilisation/prévention en
population générale et de valoriser socialement davantage le
combat mené par les malades
Conclusions (2)
La capacité à travailler deux ans après le diagnostic de cancer : une condition
ni nécessaire ni suffisante au retour effectif en emploi
 non nécessaire: possibilités d’aménagements ou de compensations de
la perte de productivité offertes par la législation du travail ; par ailleurs,
effets paradoxaux possibles de l ’aménagement du poste;
 non suffisante: au-delà de la capacité effective à travailler, les
représentations sociales vis-à-vis des survivants du cancer et de leur
aptitude à travailler de nouveau peuvent constituer un frein au retour à
l’emploi
Une meilleure documentation des comportements et des représentations vis-àvis de la maladie est très souhaitable, ainsi qu’une meilleure information de
l’ensemble des acteurs et de la population.
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