La philosophie de Marc Aurèle

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La philosophie de Marc Aurèle
Introduction:
Marc Aurèle est né le 26 avril 121 à Rome et est mort le 17 mars à Vindobona, un
établissement celtique transformé en camp romain à l'emplacement de Vienne. Il était un empereur
romain mais aussi un philosophe stoïcien.
I: Qu'est-ce que le stoïcisme?
Le stoïcisme est une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Zénon de Citium
en 301 av. J.-C. Cela devient ensuite un courant philosophique hellénistique. Cette philosophie
pousse à la pratique d'exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature pour
atteindre la sagesse. Cléanthe, Chrysippe, Panaetius, Posidonius, Sénèque, Épictète, Arrien et
l'empereur Marc-Aurèle furent les principaux représantants du stoïcisme.
Stoïcisme vient de Stoa poikilê qui veut dire « les adeptes du portique ». Car Zénon de
Citium enseignait sous un portique de l'Agora, à Athènes.
II: Marc Aurèle et le stoïcisme
La pensée de Marc-Aurèle fut manifestement influencée par Épictète. Ce dernier, né en 50 et
mort entre 125 et 130, naquit esclave en Phrygie. Une fois affranchi, Épictète enseigna la doctrine
stoïcienne à Rome. Épictète fut donc un véritable représentant du stoïcisme à l’époque romaine
impériale et connut Zénon de Citium.
Selon les recommandations des stoïciens, Marc-Aurèle s’efforça de vivre en accord avec la
nature, c’est-à-dire avec la Raison. À la suite d’Épictète, Marc-Aurèle définit à plusieurs reprises
ces trois aspects de la vie philosophique : critiquer nos propres représentations pour ne juger que
conformément à la raison qui est en nous, agir avec justice à l’égard des autres hommes, accepter
avec amour les événements que nous impose le destin. Les Pensées sont, pour une très grande part,
des variations sur ces trois thèmes fondamentaux. Mais on y trouve aussi d’autres exercices
spirituels : l’examen de conscience, la préparation intérieure aux difficultés de la vie, la méditation
des bases fondamentales du stoïcisme.
Marc-Aurèle attachait beaucoup d’importance au concept de présent, qui était conçu comme
la seule réalité concrète. Marc-Aurèle fut l’un des rares philosophes dont la réflexion ne s’arrêta pas
à la mort. La vie de l’homme est replacée dans l’éternité. Ainsi, Marc-Aurèle fait remarquer que
toute chose est ephémère, en particulier l’homme et sa gloire.
Selon Marc-Aurèle, tout individu doit différencier ce qui dépend de lui et ce qui ne dépend
pas de lui : la gloire comme le plaisir ne dépendent pas de nous. En revanche, nos jugements, nos
représentations, la possibilité que l’on a de vivre selon l’ordre des choses et conformément à la
Raison dépendent de nous directement. Marc-Aurèle soulignait donc, comme les autres stoïciens,
l’idée d’autonomie de l’individu libre par son jugement. L’homme intelligent ne doit pas se laisser
troubler dans ses représentations par des facteurs qui ne dépendent pas de lui, de l’éphémerité de sa
vie et de toute chose, seul compte son jugement. Marc-Aurèle se distingue néanmoins des autres
stoïciens en introduisant le concept de « génie » ou « dieu intérieur » présent en chacun de nous. La
philosophie consiste à veiller à ce que ce génie qui est nous agisse selon la Raison et reste ainsi au
dessus des plaisirs et des peines.
III: Pensées pour moi-même
Marc-Aurèle a écrit un recueil philosophique : les Soliloques (ou pensées pour moi-même)
dans lequel il expose ses idées du stoïcisme. Ces douze livres ont été rédigées en grec de 170 à 180
après J.-C lors des expéditions de l'Empereur contre les Quades et les Marcomans, qui étaient des
peuples germaniques occidentaux. Nous allons maintenant vous lire un extrait de Pensées pour moimême ( livre V chapitre V):
« Je veux bien que tu n'aies pas une profondeur d'esprit qui provoque l'admiration générale ;
mais il est une foule d'autres qualités pour lesquelles tu ne peux pas dire : «La nature ne m'a pas
favorisé». Fais donc tout ce qui dépend absolument de toi seul. Sois franc, sérieux, patient à la
fatigue, sans passion pour le plaisir, sans plainte contre le sort, vivant de peu, cordial, libre,
dédaigneux du superflu, sobre de paroles, magnanime. Est-ce que tu ne le vois pas ? Que de choses
ne peux-tu pas faire dès à présent, pour lesquelles tu n'as pas la moindre excuse d'incapacité
naturelle ou d'inaptitude, et où cependant tu restes, de ton plein gré, dans une inertie qui te rabaisse !
Est-ce par hasard une impuissance de nature qui te nécessite à gronder sans cesse, à être nonchalant,
à te flatter, à écouter ton malheureux corps, que tu accuses de tous tes maux, à t'occuper de toi avec
complaisance, à t'ajuster, et à troubler ton âme de ces vains soucis ? Non certainement ; et tu aurais
pu dès longtemps le débarrasser de ces défauts. Seulement, tout ce qu'on aurait pu encore te
reprocher, c'eût été d'avoir tant tardé à le faire et d'avoir eu trop de peine à écouter la raison ; car tu
aurais dû depuis longues années t'y exercer, en désapprouvant dans ton coeur cette inertie et en n'en
faisant point tes délices. »
Conclusion:
En conclusion, nous pouvons dire que Marc-Aurèle se considère comme un "progressant",
c'est-à-dire comme celui qui progresse peu à peu sur le chemin de l'ordre universel en vivant
justement selon la nature, mais aussi celui qui détient son directeur de conscience toujours
confronté à la dure réalité des évènements.
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