Vers le magazine Mediaplanet

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Ce dossier est publié par Mediaplanet et n’est pas sous la responsabilité des éditeurs de La Libre Belgique
DÉCEMBRE 2015 WWW.TOUTSURMASANTE.BE
1 DÉCEMBRE Journée
mondiale de la lutte contre le SIDA.
CHOLESTÉROL Focus
sur les différents aspects.
INFARCTUS CARDIAQUES Un
projet thérapeutique prometteur.
Santé
Cardiovasculaire
© COVERPHOTO : PRIVÉ
Ancien coureur
automobile
Thierry Boutsen :
« Mon cœur en
pole position. »
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MEDIAPLANET
DANS CETTE ÉDITION
Fibrillation
auriculaire
De nouvelles
perspectives
voient le jour.
Des médecins
spécialisés nous
livrent leur
expertise.
P04
P04-05
Initiatives
Un mot sur la
semaine du rythme
cardiaque avec
le Dr Georges
H. Mairesse.
ONLINE
L’OCC
LISEZ EN PLUS SUR: WWW.TOUTSURMASANTE.BE
INTRODUCTION
Au cœur de la prévention
Dr Freddy Van de Casseye est le Président de la Ligue Cardiologique Belge. Il
dresse un compte-rendu des données les plus récentes relatives aux maladies
cardiovasculaires, des dernières évolutions en matière de prévention et des défis
qui attendent les cardiologues de demain.
L
tension artérielle, le taux de cholestérol élevé, l’excès de poids, l’excès de
sucre, le tabagisme, le manque d’activité physique. Mais ces facteurs sont
très souvent sous-diagnostiqués, car
souvent asymptomatiques, c’est-àdire que les patients ne présentent pas
ou peu de symptômes. C’est la raison
pour laquelle une détection précoce
et régulière de ces facteurs est très
importante, car celle-ci permettra de
prévenir la maladie cardiovasculaire
avant même que celle-ci ne se soit
déclarée.
es maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité
en Belgique avec 31 000
décès par an. Toutefois, elles enregistrent une diminution de plus de
10 % en 13 ans. Ceci démontre donc
que la prévention associée à l’évolution de nouveaux traitements
médicamenteux et de nouvelles techniques en cardiologie est efficace.
Les maladies cardiovasculaires
sont également devenues la première cause de mortalité chez la
femme avec 17 000 décès par an et la
deuxième cause chez l’homme avec
14 000 cas annuels.
Gérer ses facteurs de risque
Les maladies cardiovasculaires sont
insidieuses. Elles ne se déclarent
qu’après une longue et lente atteinte
des artères suite à l’agression progressive de la paroi artérielle par divers
facteurs génétiques ou environnementaux. On les appelle facteurs de
risque. Parmi ces facteurs, plusieurs
peuvent être corrigés, à savoir l’hyper-
SUIVEZ-NOUS
Dr Freddy Van de Casseye
Président de la Ligue
Cardiologique Belge
90 % des facteurs de
risque cardiovasculaires
sont modifiables.
Les maladies
cardiovasculaires ne
sont pas une fatalité.
/MediaplanetBelgium
@MediaplanetBE
La prévention, ça marche !
Il existe aujourd’hui des données
qui permettent d’attribuer une part
importante de la diminution des décès
cardiovasculaires à la prévention. En
matière de maladies cardiovasculaires, la prévention passe d’abord par
la nécessité d’informer, de sensibiliser,
d’inciter au dépistage et au diagnostic
puisque ces affections sont très souvent asymptomatiques. Une série de
facteurs de risque peuvent être mesurés avec précision (la tension artérielle,
le taux de cholestérol ou de sucre dans
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le sang…), d’autres pas. Il existe donc
différentes méthodes destinées à « jauger » le risque cardiovasculaire global
d’un individu. La prévention, c’est aussi
modifier son mode de vie (alimentation, exercice physique, tabagisme…),
qui est à l’origine de nombreuses affections cardiovasculaires.
Et demain ?
La cardiologie évolue rapidement et
ne manque pas de défis à relever pour
l’avenir :
• Nouvelles techniques de cardiologie
interventionnelle moins invasives
comme les remplacements valvulaires, angioplasties avec stents biodégradables.
• Nouveaux traitements médicamenteux : anticoagulants, antihypertenseurs, hypercholestérolémiants sur
base d’anticorps monoclonaux.
C’est la combinaison des progrès
thérapeutiques associés à une prévention adéquate par un mode de vie
adapté qui permettront de continuer
à baisser la mortalité cardiovasculaire
dans notre pays.
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Mediaplanet Belgium
SANTÉ CARDIOVASCULAIRE DÉCEMBRE 2015 § Managing Director: Leoni Smedts § Head of Production: Daan De Becker § Web Editor: Wouter Ollevier § Business Developer:
Anouk Lescrenier § Project Manager: Charlotte Van Bellingen - Tel: +32 2 325 66 50 - E-mail: [email protected] § Rédaction: Joris Hendrickx, Jacqueline Remits, Olivier
Clinckart § Lay-out: I GRAPHIC - E-mail: [email protected] § Print: IPM § Distribution: La Libre Belgique § E-mail: [email protected] § D/2015/12.996/52
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INSPIRATION
L’hypercholestérolémie familiale,
une maladie méconnue
Pour le Docteur Olivier Descamps, du
Groupe Jolimont, cette maladie génétique
peut être maintenue sous contrôle, à
condition de la traiter dès le plus jeune âge.
« Cette hypercholestérolémie touche 25 000 Belges
et se caractérise par :
• un taux de cholestérol très élevé dès la petite
enfance,
• sa transmission génétique et donc son caractère
familial,
• des complications cardiovasculaires sévères et
précoces, mais aussi largement évitables si on la
traite à temps. »
Un témoignage
Pour Jean-Pol Panier, vivre avec l’hypercholestérolémie familiale fait partie du quotidien : « Elle a été
décelée quand j’avais 8 ans, suite à une opération
subie par ma maman et à qui on a conseillé de faire
des tests pour le reste de la famille. »
Ce qui n’empêche pas de vivre aussi normalement que
possible, à condition de rester vigilant : « Je dois éviter au
maximum de consommer des produits trop gras, ce qui
n’était pas toujours simple et je dois aussi prendre deux
médicaments quotidiennement. En fait, j’ai souvent
du mal à considérer que je souffre d’une maladie. Et je
constate que ma fille de quinze ans, elle aussi atteinte,
gère ça avec bien plus de sagesse que moi à son âge ! »
Une association des patients
Dépistage et prévention
Le Docteur
Olivier Descamps
Groupe Jolimont
C’est une erreur de croire que le
cholestérol n’est qu’un problème
d’adultes et n’est lié qu’à de
mauvaises habitudes alimentaires.
D’où l’importance du dépistage de cette maladie
et de la prévention de ses complications : « C’est
une erreur de croire que le cholestérol n’est qu’un
problème d’adultes et n’est lié qu’à de mauvaises
habitudes alimentaires. Cela ne fait qu’aggraver
l’ignorance de cette maladie génétique. Chaque
Belge doit absolument connaître son taux de cholestérol, surtout quand on sait que 91 % de la population ne le connaît pas ! Chaque Belge devrait
aussi se poser cette question si un de ses parents
proche ou éloigné a souffert d’un problème cardiaque jeune (avant 60 ans). Si oui, il faut suspecter cette maladie ! La traiter suffisamment jeune
- dès l’enfance - donnera la même chance de vie
que tout autre Belge. »
L’association BELCHOL est née le 24 septembre (journée mondiale de l’HF par l’OMS). Elle mène des actions
de sensibilisation du grand public (www.belchol.be) et
vient d’interpeller le Parlement belge ce 20 novembre.
Retrouvez l’interview
complète du Docteur Olivier Descamps sur
www.toutsurmasante.be
Olivier Clinckart
[email protected]
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EXPERTISE
Mieux connaître la
fibrillation auriculaire
Le Docteur Ivan Blankoff,
cardiologue au CHU de
Charleroi et Vice-Président du
BeHRA (Belgian Heart Rythm
Association), évoque quelques
aspects liés à la fibrillation
auriculaire.
ments antiarythmiques destinés à maintenir un rythme normal. Le taux de réussite d’un tel traitement est cependant
moyen: en effet, plus de 50% des patients
continuent à souffrir d’épisodes de fibrillation et des effets secondaires parfois
importants peuvent se faire ressentir. »
« La fibrillation auriculaire (aussi appelée
fibrillation atriale) est le plus fréquent
des troubles du rythme cardiaque. On
considère que près d’une personne sur
4 âgée de plus de 40 ans présentera un
jour un épisode de fibrillation atriale. Ce
trouble du rythme est caractérisé par un
rythme cardiaque totalement irrégulier.
De nombreuses personnes concernées,
n’ayant aucun symptôme, ne se rendent
pas compte qu’elles en sont atteintes.
Sinon, les symptômes les plus courants
sont palpitations (sentir son cœur
battre de manière anormale), fatigue et
essoufflement. Les principaux facteurs
de risque de faire de la fibrillation atriale
sont l’âge, une pression artérielle trop élevée et le diabète. Pendant longtemps, le
seul traitement résidait dans des médica-
Évolution thérapeutique
Le Docteur
Ivan Blankoff
Cardiologue au CHU de Charleroi
et Vice-Président du BeHRA
« A la fin des années 90, une technique
appelée ablation par radiofréquence a
été développée. Elle consiste à créer des
lésions (sorte de brûlures) par application de courant à des endroits précis
dans l’oreillette gauche. Ceci permet
souvent d’empêcher les récidives de
fibrillation. Il ne s’agit pas d’une opération mais d’une intervention de 2 à 3
heures réalisée grâce à des sondes introduites dans le cœur par une veine de la
cuisse. Cette technique, qui a connu
beaucoup d’amélioration en 15 ans, est
appliquée à large échelle dans les grands
centres de cardiologie et permet d’atteindre un taux de succès de plus de 50%
après une première procédure et de 80%
lors d’une deuxième procédure. Dans le
cas d’oreillettes fort dilatées, le taux de
réussite reste satisfaisant. »
Complications et traitements
« Les complications les plus graves
sont de nature thromboemboliques:
quand les oreillettes fibrillent, elles ne
se contractent plus, le sang stagne et des
caillots risquent de se former, lesquels
peuvent alors se diriger vers le cerveau,
avec un AVC comme conséquence. A
cet effet, les anticoagulants de nouvelle
génération apportent une aide appréciable. Dans certains cas rares de contreindication aux anticoagulants, on peut
placer un petit dispositif dans l’auricule
gauche (zone dans le haut de l’oreillette
où les caillots se forment en général). Ce
dispositif empêchera la formation de
caillots à cet endroit. Tous les patients
atteints de fibrillation ne nécessitent pas
forcément de traitements hormis une
éventuelle anticoagulation: ainsi, chez
les patients âgés sans symptômes, il est
souvent préférable de laisser la fibrillation de manière permanente plutôt que
d’envisager une intervention. »
Des traitements plus efficaces
pour l’occlusion coronaire chronique
De nouvelles perspectives
voient le jour en matière de
traitement des OCC, comme
l’explique le Docteur Yoann
Bataille, du service de
cardiologie interventionnelle au
C.H.R. de la Citadelle.
« Il y a peu de temps encore, les patients
souffrant d’OCC n’avaient d’autre
choix que d’être traités par médicaments lorsqu’ils ne bénéficiaient pas
d’une chirurgie de pontages. En effet,
la consistance très dure de la zone
d’occlusion s’avérait souvent très difficile, voire impossible, à franchir lors
d’une intervention percutanée (par
coronarographie). Depuis une dizaine
d’années, on assiste à un raffinement
des techniques et du matériel. Par
exemple, des microcathéters (miniaturisés) permettent de se faufiler dans
des zones beaucoup plus tortueuses et
calcifiées et dans des rétrécissements
majeurs. »
Le Docteur
Yoann Bataille
Service de cardiologie interventionnelle
au C.H.R. de la Citadelle
Une évolution qui a mené
récemment à une première
wallonne en la matière ?
Quel est l’intérêt de recanaliser
des artères occluses depuis
plus de 3 mois ?
Yoann Bataille : « En effet. Une procédure de recanalisation rétrograde -une
technique japonaise- a été effectuée
en février 2015. L’approche rétrograde
a pour but d’intervenir sur l’artère “à
l’envers”. Lorsqu’une occlusion est de
longue taille, aborder l’artère par le sens
normal pose fréquemment un problème
pour amener le fil-guide au bon emplacement. La patiente a bénéficié d’une
ponction artérielle fémorale bilatérale
permettant au fil-guide de progresser
depuis l’aine gauche vers la coronaire
gauche puis de franchir une connexion
interartérielle pour rejoindre l’aval de la
coronaire droite qui était occluse. Cette
artère a été alors recanalisée “à l’envers”.
Le fil-guide de 300 cm a ensuite été récupéré dans l’aorte de la patiente et est ressorti par l’aine droite. Cette intervention
s’est terminée par la pose de 4 stents
coronaires. »
Y. B. : « Lors de la survenue de l’occlusion
coronaire, 40 % des patients ont souffert
d’un infarctus du myocarde, tandis que
les 60 % d’autres patients ont été protégés
par des collatérales, sorte de réseau sanguin alternatif. Dans ce cas, le cœur n’a
donc pas ou peu subi de dommages. Or,
ce réseau sanguin alternatif est insuffisant pour empêcher chez de nombreux
patients la survenue de crises d’angine
de poitrine (par exemple lors d’un effort
physique). Une recanalisation réussie
offre dès lors plusieurs bénéfices, dont la
diminution ou la disparition des symptômes à l’effort. En outre, il semble y avoir
un effet positif sur la survie des patients
selon plusieurs études rétrospectives.
Depuis le début du programme, une trentaine de patients ont été traités au CHR
de la Citadelle (par approche antérograde
+/- rétrograde) avec un taux de succès
supérieur à 80 %. »
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EXPERTISE
En Belgique, environ
150 000 personnes
souffrent de fibrillation
auriculaire et près de
6 millions en Europe.
Fibrillation auriculaire :
la vision des experts
Quatre médecins spécialisés
dans le domaine de la
cardiologie aux Cliniques
universitaires Saint-Luc nous
livrent leur expertise au sujet de
la fibrillation auriculaire.
Détection
Pour la Dre Cynthia Barbraud, la fibrillation auriculaire reste une affection
sous-détectée : « Bien qu’elle constitue l’arythmie la plus fréquente dans
la population, elle n’est pas toujours
symptomatique. C’est la raison pour
laquelle on l’appelle le tueur silencieux,
car elle est responsable d’AVC (accident
vasculaire cérébral ou communément
appelé thrombose cérébrale) qui peut
en être la première manifestation. Il
faut donc être très vigilant chez les
patients âgés notamment (à partir
d’une soixantaine d’années).
Il convient donc de sensibiliser les
patients, mais aussi les médecins traitants à ce sujet. Pour diagnostiquer une
possible fibrillation, il faut donc la traquer. Par exemple, un pouls irrégulier,
un essoufflement ou une fatigue inhabituels peuvent déjà être des signaux
suffisants pour mener à un examen
clinique plus approfondi et à la réalisation d’un électrocardiogramme. Dans
cette optique, la journée annuelle du
rythme cardiaque met en place dans
de nombreux hôpitaux un dépistage
systématique qui peut s’avérer très
utile et salutaire pour de nombreuses
personnes concernées. »
Examens
Dans le cas d’une fibrillation auriculaire, il convient d’effectuer un
examen clinique complet du patient,
explique la Dre Agnès Pasquet : « Il
faut savoir qu’il y a davantage de fibrillation chez les patients diabétiques,
hypertendus… Des examens complémentaires s’imposent donc pour
rechercher les facteurs favorisants et
les pathologies associées. Dans cette
optique, deux examens principaux
seront effectués :
• une échographie cardiaque : elle
aura pour but de rechercher des
pathologies valvulaires ou congénitales et d’évaluer la fonction ventriculaire gauche. La taille des oreillettes
est aussi mesurée. Plus elles sont dilatées, plus la fibrillation sera fréquente
et plus il sera difficile de restaurer un
rythme régulier.
• une épreuve d’effort : le patient
devra pédaler face à une charge croissante comme s’il se trouvait dans une
côte. On observera ainsi comment le
cœur s’adapte à l’effort, ce qui permettra de préciser le diagnostic de pathologie coronarienne. Si des éléments se
dégagent en faveur d’une pathologie
coronarienne, la réalisation d’une
coronarographie peut être proposée. »
Des risques conséquents
Le Pr Christophe Scavée met en avant
une donnée significative : « En Belgique, environ 150 000 personnes
souffrent de fibrillation auriculaire et
près de 6 millions en Europe. »
Il dégage deux risques majeurs, en
dehors des symptômes de palpitations : « Un risque d’AVC et un risque
d’insuffisance cardiaque. Les hommes
sont principalement atteints et dès
l’âge de 40 ans, un homme a une
“chance” sur 4 de connaître au moins
un épisode de fibrillation auriculaire
d’ici à la fin de sa vie. Le risque d’AVC
est multiplié par 5 en cas de fibrillation. Si celui-ci survient, il sera plus
sévère et engendrera plus de mortalité et de séquelles à long terme que
pour des AVC d’autres origines. » D’où
l’importance des anticoagulants pour
prévenir le risque : « Un défi majeur est
de constater que si tous ces patients sont
censés prendre des anticoagulants, ce
n’est pas le cas pour une bonne moitié
d’entre eux. Lors d’un AVC, la personne
atteinte perd 2 millions de neurones par
minute, donc 120 millions par heure et
plus d’un milliard par AVC. Lorsque l’on
sait qu’un cerveau ne se régénère pas, on
comprend que les séquelles peuvent être
considérables. »
cœur appelée l’auricule. Mais, précise la
Dre Joëlle Kefer, « certains patients ne
peuvent se voir administrer des anticoagulants sur une période prolongée,
car ils ont fait, par exemple, une hémorragie cérébrale, ou ont des problèmes
d’insuffisance rénale qui les rend intolérants aux anticoagulants. »
Une alternative (non médicamenteuse) existe donc : « Elle consiste à
exclure l’auricule du reste du cœur et
de la circulation, à l’aide d’une prothèse qui s’implante par un système
de cathéter introduit par la veine
fémorale. En remontant jusqu’au cœur
avec une fine sonde, la prothèse sera
déployée à l’entrée de l’auricule. Le but
sera de créer une sorte de filtre pour
qu’un caillot se retrouvant dans l’auricule ne puisse plus jamais remonter
vers le cerveau via la circulation.
L’intervention dure entre 1 h et 2 h et
se déroule sous anesthésie générale.
Les résultats sont très encourageants :
pratiquées en Belgique depuis 2009,
ces procédures protègent au moins
aussi bien que les anticoagulants, et
on observe une réduction drastique
des hémorragies grâce au fait que l’on
arrête les anticoagulants après la pose
de la prothèse. »
Alternatives aux anticoagulants
Les anticoagulants empêcheront la
formation de caillots dans une zone du
Olivier Clinckart
[email protected]
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ACTUALITÉ
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Les différents
aspects du
cholestérol
Élément indispensable, le cholestérol joue un rôle
important et mérite d’être mieux connu du grand public.
Passage en revue de cette substance graisseuse.
L
e cholestérol est une substance graisseuse qui joue
un rôle important dans la
fabrication des cellules,
des hormones et du tissu
nerveux. C’est donc un élément indispensable qui est acheminé vers toutes
les parties du corps via le sang.
Le foie fabrique environ 80 % du
cholestérol dont nous avons besoin,
tandis que nous absorbons les 20 %
restants via l’alimentation. Néanmoins, une absorption en trop grande
quantité de graisses via l’alimentation
peut entraîner un taux de cholestérol
élevé dans le sang.
Deux protéines
Ce sont deux sortes de protéines qui
rendent possible le transport du cholestérol dans le sang :
• d’une part les protéines LDL, qui
transportent le cholestérol du foie vers
toutes les parties du corps. Comme
il peut se fixer sur les parois artérielles
et entraîner un rétrécissement
Le piège lié à un
taux de cholestérol
trop élevé est
qu’il ne laisse pas
directement de
traces. Le mauvais
cholestérol va
s’accumuler au
niveau de la paroi
vasculaire pendant
des années, les
vaisseaux se
rétréciront et le sang
passera donc plus
difficilement.
des vaisseaux sanguins, appelé
athérosclérose, le cholestérol LDL est
qualifié de « mauvais cholestérol ».
• d’autre part les protéines HDL, qui
ramènent le cholestérol excédentaire
vers le foie où il peut alors être éliminé
de l’organisme par la bile. Le cholestérol
HDL possède donc une fonction de
purification et est qualifié de « bon
cholestérol ».
Le piège lié à un taux de cholestérol trop élevé est qu’il ne laisse pas
directement de traces. Le mauvais
cholestérol va s’accumuler au niveau
de la paroi vasculaire pendant des
années, les vaisseaux se rétréciront
et le sang passera donc plus difficilement.
Les causes d’un excès de cholestérol
peuvent être multiples : mauvaises
habitudes alimentaires, surabondance de produits d’origine animale,
consommation de jaune d’œuf,
d’abats, de beurre et de fromages gras,
surpoids, glande thyroïde lente, diabète, hérédité, sédentarité…
Des vaisseaux en bonne santé
Mais l’hypercholestérolémie n’est
qu’un des facteurs de risque de développement de problèmes cardiovasculaires. D’autres facteurs peuvent
jouer un rôle bien plus nocif encore,
tels que l’obésité, le tabagisme, l’hypertension artérielle, la consommation d’alcool et de médicaments ou
encore le stress.
Que faire pour garder un cœur et des
vaisseaux en bonne santé ? Quelques
conseils utiles peuvent aider à garder
un mode de vie sain :
• une touche méditerranéenne
dans vos habitudes culinaires peur
s’avérer salutaire : fruits et légumes en
abondance, poisson et huile d’olive
(ou une autre huile végétale : huile
d’arachide, de noix, de colza…).
• optez pour des margarines de régime
végétal plutôt que pour le beurre.
MEDIAPLANET 7
Ajouter une touche méditerranéenne dans vos habitudes culinaires, manger des poissons gras ou faire
une demi-heure d’exercice physique par jour peuvent aider à garder un mode de vie sain.
• des graisses à tartiner et des
boissons lactées à base de stérols
végétaux ont démontré leur capacité
à réduire le mauvais cholestérol, dans
une certaine mesure, à condition de les
utiliser avec modération.
Les bienfaits de l’oméga-3
80%
• préférez des poissons gras (saumon,
anguille, sardines...) aux abats
d’animaux très riches en cholestérol.
• une demi-heure d’exercice physique
(marche, natation, cyclisme...) par jour
est indispensable.
• arrêter de fumer : les substances
nocives dégagées par le tabac
augmentent considérablement le
risque d’athérosclérose.
• combattez le stress en vous
octroyant régulièrement des moments
de répit. Le yoga ou une autre forme de
méditation peuvent vous y aider.
Le foie fabrique environ
80% du cholestérol
dont nous avons
besoin, tandis que
nous absorbons les
20% restants
via l’alimentation.
Les acides gras oméga ne sont pas
fabriqués par le corps, mais absorbés
via la nourriture. L’oméga-3 se transforme dans le corps en substances
anti-inflammatoires telles que l’EPA
(acide eicosapantaénoïque), qui a un
rôle important contre la calcification
des artères et la formation de caillots. En effet, l’EPA « assouplit » les
parois des vaisseaux sanguins, qui
s’obstruent donc moins facilement.
L’oméga-3 se retrouve notamment
dans les légumes à feuilles vertes
(épinard...). Les noix, graines de lin
ou encore l’huile de noix constituent
d’autres sources d’oméga-3. L’EPA se
retrouve surtout dans les poissons
gras et mi-gras (anguille, sardine,
saumon…).
L’important est de veiller à ce que
l’on mange, mais aussi à la variété
de l’alimentation et aux quantités
ingérées. Une alimentation suffi-
samment variée permet en principe d’absorber tous les nutriments
nécessaires.
Conseils
Mais une adaptation au régime alimentaire ne suffit pas toujours à
garder le cholestérol sous contrôle.
Un médecin peut alors prescrire un
hypocholestérolémiant, qui inhibe
la production de cholestérol dans
le foie. Certains médicaments ne
peuvent être pris en même temps,
principalement ceux contre les infections fongiques ou virales. Le médecin et le pharmacien pourront vous
conseiller au mieux à ce sujet.
Olivier Clinckart
[email protected]
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INSPIRATION
Trouvez sur www.toutsurmasante.be un mot sur la Semaine du Rythme Cardiaque du
Dr Georges H. Mairesse, Past-President du Belgian Heart Rhythm Association (BeHRA)
Thierry
Boutsen
Ancien pilote automobile et
parrain officiel de la Semaine
du Rythme Cardiaque.
Thierry Boutsen à pu
participer à plus de 160
courses de Formule 1,
dont 3 Grands Prix où il a
fini vainqueur.
« Mon cœur
en pole position »
© PHOTO : PRIVÉ
L’ancien pilote automobile belge francophone, Thierry
Boutsen, se lance dans la prévention cardiaque et devient
le visage d’une nouvelle campagne de sensibilisation
articulée autour du monde de la Formule 1. Le champion
nous explique l’importance de cette Semaine du Rythme
Cardiaque, organisée pour informer le grand public sur la
fibrillation auriculaire (FA).
Vous êtes le parrain officiel
de la Semaine du Rythme
Cardiaque. Quelles sont vos
motivations pour représenter
cette campagne ?
Thierry Boutsen : « J’ai accepté d’être
le « visage » de la Semaine du Rythme
Cardiaque car j’ai pris conscience grâce
à mon entourage des enjeux et des
dangers liés aux affections cardiaques,
surtout à partir d’un certain âge. Je suis
arrivé à un moment de ma vie où de
plus en plus de proches se retrouvent
confrontés à ce genre de soucis de santé.
Il me semblait dès lors primordial d’encourager et de soutenir une initiative
telle que cette campagne afin que les
gens puissent mieux appréhender les
risques et les traitements et sachent
vers qui se diriger en cas de besoin. Si
mon image peut faciliter le processus de
conscientisation, alors je suis partant ! »
La campagne met
en évidence le
fait que même les
personnes avec un
style de vie actif se
doivent d’accorder
de l’attention à la
santé de leur cœur,
et ce de manière
croissante au fil des
années.
Pourriez-vous nous expliquer
l’objectif de cette campagne ?
T. B. : « La Semaine du Rythme Cardiaque est une campagne de sensibilisation à la fibrillation auriculaire (FA),
l’affection du cœur la plus fréquente,
au cours de laquelle il s’emballe et se
met à battre de manière totalement
irrégulière. La FA augmente le risque
de défaillance cardiaque ainsi que de
formation de caillots de sang. Sans
traitement adéquat, les risques de faire
une thrombose ou un accident vasculaire cérébral (AVC) se retrouvent multipliés par 5 ! De plus, la chance d’en
être atteint s’accroît avec les années :
au-delà de 40 ans, 1 personne sur 4
présentera un jour une FA. Comme
si cela ne suffisait pas, un tiers de la
population touchée ne montre aucun
symptôme. À travers l’organisation
de cette campagne, la Belgian Heart
Rhythm Association (BeHRA) vise à
sensibiliser le plus grand nombre sur
l’importance de la prévention et d’un
dépistage précoce. Concrètement, lors
de la Semaine même, la plupart des
hôpitaux du pays ouvrent leurs portes
pour prodiguer des informations,
des conseils et des tests gratuits du
rythme cardiaque. »
Pourriez-vous nous expliquer
le slogan « mon cœur en pole
position » ?
T. B. : « Ce slogan n’est en aucun cas
un hasard, puisqu’il accompagne
mon parrainage dans le cadre d’une
thématique automobile. Le moteur
d’une voiture ancêtre est en effet une
belle métaphore pour un cœur de
plus de 50 ans : ils ont tous les deux
besoin d’un contrôle et d’un entretien particuliers pour prévenir les
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MEDIAPLANET 9
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santé cardiovasculaire.
Leurs actions sont
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niveaux.
éventuels « ratés » et ainsi garantir un
rythme régulier. »
Avez-vous été confronté à des
problèmes cardiaques ?
T. B. : « Indéniablement, le métier de
coureur automobile met le corps à rude
épreuve. C’est d’ailleurs le paradoxe des
grands sportifs : pratiquer un sport de
façon professionnelle exige beaucoup
du cœur et peut dès lors l’exposer à des
risques proportionnellement accrus
de FA. Cependant, j’ai la chance de ne
pas souffrir d’un quelconque problème
cardiaque. C’est d’ailleurs une façon de
mettre en évidence le fait que même
les personnes avec un style de vie actif
se doivent d’accorder de l’attention à
la santé de leur cœur, et ce de manière
croissante au fil des années. Que l’on ait
des antécédents ou pas, il est important de prendre soin de soi ! »
Vous faites partie des meilleurs
pilotes belges de la F1. Que
pourriez-vous nous dire sur ce
beau parcours et quels sont vos
projets actuellement ?
T. B. : « J’ai eu la chance de pouvoir participer à plus de 160 courses de Formule 1
au cours de ma carrière, dont 3 Grands
Prix où j’ai fini vainqueur. Cela reste l’une
de mes plus grandes fiertés ! Je consacre
aujourd’hui une grande partie de mon
temps à mon entreprise d’aviation qui
achète et vend des avions privés dans une
cinquantaine de pays du monde. Bien
entendu, la course automobile a toujours
pris une immense place dans ma vie et
ce n’est pas près de changer. J’emmène
d’ailleurs régulièrement mes clients
découvrir le Grand Prix de Monaco, où
ma société est basée. »
[email protected]
Les Esquimaux Inuits et les Japonais présentent bien moins de
maladies cardiovasculaires que
les populations occidentales.
Leur alimentation est particulièrement riche en oméga-3 grâce
à leur consommation importante de poissons gras. Dans les
années 1990, une étude a démontré que la prise quotidienne
d’un supplément contenant un
gramme d’oméga-3 diminuait le
risque de survenue d’un nouvel
infarctus. Les oméga-3 exercent
un effet bénéfique sur le rythme
cardiaque, le cœur battant de
manière bien régulière.
Contre l’hypertension et le
cholestérol
Les oméga-3 induisent une diminution de la tension artérielle de
l’ordre de 1 à 4 mm Hg. Cette légère
diminution ne remplace évidemment pas les médicaments contre
l’hypertension, mais elle permet
de freiner l’évolution vers l’hypertension au même titre qu’un
régime pauvre en sel.
Des études récentes ont montré
que les oméga-3 freinent le dépôt
de plaques de cholestérol sur la
paroi des artères. Une action béné-
fique est complémentaire à celle
des médicaments destinés à diminuer le cholestérol.
Les oméga-3
exercent un effet
bénéfique sur le
rythme cardiaque,
le cœur battant
de manière bien
régulière.
Un gramme quotidien
Les oméga-3 exercent une action
bénéfique sur les artères en préservant leur souplesse et leur
élasticité. Ce point est capital
pour la santé cardiovasculaire,
entre autres, chez des diabétiques.
Une étude qui vient de sortir
montre que la prise de un gramme
d’oméga-3 améliore l’élasticité des
artères et diminue la résistance à
l’insuline chez des diabétiques de
type 2.
Un gramme d’oméga-3 est la
dose nécessaire pour atteindre des
concentrations sanguines protectrices en oméga-3. La dose journalière efficace est recommandée
par l’association américaine pour
le cœur (AHA).
Jacqueline Remits
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ACTUALITÉ
Un projet thérapeutique prometteur
pour les infarctus cadiaques
Le Docteur
Antoine
Herpain
Médecin aux
soins intensifs
de l’Hôpital
Érasme
Le Docteur Antoine Herpain,
médecin aux soins intensifs
de l’Hôpital Érasme, mène
des recherches prometteuses
portant sur les infarctus
cardiaques sévères, dans le
cadre du Fonds Érasme pour la
recherche médicale.
« Les infarctus cardiaques touchant
une quantité importante de muscle
du cœur engendrent une chute significative de la tension artérielle. Dans
certains cas cette tension artérielle
trop basse entraînera une mauvaise
irrigation des autres organes du corps,
aboutissant à leur dysfonctionnement, voire au décès du patient. »
Certains médicaments
cardiovasculaires peuvent-ils
être utilisés en réanimation
pour y remédier ?
Antoine Herpain : « En effet et ces
médicaments puissants vont accen-
significatif ni altération de la qualité
de la contraction du muscle cardiaque,
pourrait donc représenter une solution adéquate. Actuellement en phase
de test sur des modèles animaux, ce
médicament présente un avantage
en termes d’équilibre cardiaque, en
assurant une bonne perfusion du
cœur et en ralentissant d’environ
30 % le travail du muscle cardiaque.
La charge de travail se trouvant donc
réduite, on constate un rééquilibrage
de la consommation cardiaque en
oxygène et une meilleure contraction
cardiaque à chaque battement, sans
compromettre le traitement de réanimation en soi. »
L’ivabradine, un
médicament
ralentissant
la fréquence
cardiaque,
protégerait les
coeurs souffrant
des infarctus les
plus sévères.
© PHOTOS : FONDS ERASME
L’ivabradine présente-t-elle une
bonne sécurité d’emploi ?
tuer des réflexes de notre corps, tout
à fait normaux et souhaitables, qui
stimulent le système cardiovasculaire
afin de perfuser à nouveau les organes
de manière satisfaisante. Mais certains patients impactés voient ce traitement de réanimation et ces réflexes
salvateurs devenir potentiellement
néfastes à leur tour, car ils entrainent
une tachycardie, parfois excessive. Un
cœur qui bat trop vite s’essouffle sur le
long terme, à force de trop travailler
tout en ayant peu l’occasion de se remplir à nouveau en sang oxygéné entre
chaque battement. Cette réaction de
tachycardie n’est pas remise en cause
lorsqu’il s’agit d’un réflexe transitoire
du corps susceptible de sauver la vie
d’un patient souffrant d’hémorragie,
mais pour un infarctus, le contexte est
différent, vu la durée du phénomène
et la fragilité du cœur malade. »
Quel est le but de vos
recherches en cours ?
A. H. : « L’ambition est de désacraliser
cette tachycardie devenue excessive.
L’ivabradine, un médicament ralentissant uniquement la fréquence cardiaque, sans aucun effet secondaire
A. H. : « Ce médicament est particulièrement attractif à ce niveau : déjà
approuvé et utilisé dans d’autres circonstances par les cardiologues, il ne
réduira la fréquence cardiaque que
dans le cas d’une tachycardie. Si le
rythme cardiaque est normal, il est
virtuellement impossible d’induire
un ralentissement pathologique. Une
sorte de filet naturel empêche d’aller
en dessous d’une certaine valeur de
fréquence cardiaque. »
Olivier Clinckart
[email protected]
Les avantages d’un défibrillateur sous-cutané
Un défibrillateur automatique
implantable sous-cutané
est une option préférentielle
chez certains patients. Le
point avec le Dr Caroline
Lepièce, cardiologue électrophysiologiste aux Centres
hospitaliers Jolimont.
Qu’est-ce qu’un défibrillateur
sous-cutané ?
Caroline Lepièce : « Un défibrillateur sous-cutané est entièrement
extravasculaire. Il est composé d’un
boîtier où se trouvent la pile et un
condensateur et un microordinateur qui analyse le rythme cardiaque
sous la peau au niveau de la paroi
thoracique gauche et d’une sonde, le
tout sous la peau. »
À quels patients s’adresse-t-il ?
C. L. : « Certaines indications sont indiscutables. Pour des patients qui ont un
accès vasculaire difficile, par exemple,
certaines cardiopathies congénitales,
les patients porteurs de plusieurs sondes
n’ayant plus de place dans leur système
veineux, ou encore des victimes d’infections à répétition. Les patients jeunes
sont de très bons candidats parce qu’ils
vont avoir des défibrillateurs pendant des
années à remplacer à plusieurs reprises.
Avec un défibrillateur sous-cutané, on
évitera les complications liées à ces remplacements. »
Un défibrillateur
sous-cutané permet
de diminuer le
nombre d’infections
systémiques et
les contraintes
mécaniques au
niveau de la sonde.
Dr Caroline Lepièce
Quelles sont les différences
par rapport au défibrillateur
classique ?
C. L. : « Dans le cas d’un défibrillateur
Cardiologue électro-physiologiste aux
Centres hospitaliers Jolimont
classique, le boîtier est placé sous la clavicule gauche en général et la sonde à l’intérieur du cœur. Le boîtier sous-cutané est
placé, lui, sous la peau dans la région du
thorax avec une sonde qui passe sous le
sein et le long du sternum. Il n’a pas de
pacemaker incorporé. »
Quels sont les avantages du
défibrillateur sous-cutané ?
C. L. : « Les avantages sont la diminution du nombre d’infections systémiques et des contraintes mécaniques
au niveau de la sonde, parfois responsables de fractures de sonde. Comme
les autres défibrillateurs, ce dispositif
est remboursé par la sécurité sociale. »
Jacqueline Remits
[email protected]
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EXPERTISE
40%
Le gros problème lié à l’insuffisance cardiaque
est son pronostic sombre avec une mortalité
élevée et une survie à 5 ans inférieure à 40 %.
En Belgique, on considère qu’il y
a 225 000 personnes souffrant
d’insuffisance cardiaque.
Renforcer le diagnostic
de l’insuffisance cardiaque
E
n cas de suspicion d’une
insuffisance cardiaque,
un dosage des peptides
natriurétiques peut être
envisagé. Les explications du Dr Pierre Troisfontaines,
cardiologue, responsable du centre de
l’insuffisance cardiaque du CHR de la
Citadelle, vice-président du BWGHF,
groupe de travail national de l’insuffisance cardiaque.
ou des traitements comme certaines
chimiothérapies… qui peuvent entraîner une insuffisance cardiaque. »
Combien de personnes
souffrent de cette pathologie en
Belgique ?
Qu’est-ce que l’insuffisance
cardiaque ?
Pierre Troisfontaines : « L’insuffisance cardiaque est une maladie
chronique évolutive qui se caractérise
par l’incapacité du cœur à assurer sa
fonction de pompe. Les plaintes sont,
au départ, anodines : une fatigue, un
essoufflement (dyspnée) qui s’aggrave
avec l’évolution de la maladie (au
départ apparaissant lors d’un effort
physique soutenu puis progressivement s’accentuant pour se manifester
même au repos). Dans certains cas,
c’est l’apparition d’œdèmes, comme le
gonflement au niveau des chevilles. »
Quelles sont ses causes ?
P. T. : « Les plus fréquentes sont la
maladie coronarienne et des problèmes liés à une hypertension artérielle mal contrôlée. Il existe d’autres
causes comme l’atteinte d’une valve
au niveau du cœur, une infection
virale ou bactérienne, de l’arythmie,
des causes toxiques, telles que l’alcool,
Dr Pierre Troisfontaines
Cardiologue, responsable du centre de
l’insuffisance cardiaque du CHR de la
Citadelle, vice-président du BWGHF
L’insuffisance
cardiaque est une
maladie chronique
évolutive qui se
caractérise par
l’incapacité du cœur
à assurer sa fonction
de pompe.
P. T. : « En Belgique, on considère qu’il
y a 225 000 personnes souffrant d’insuffisance cardiaque avec des prévisions qui évoquent une augmentation
de 30 à 40 % du nombre de patients
souffrant s’insuffisance cardiaque à
l’horizon 2030-2040, du fait du vieillissement de la population et de la meilleure prise en charge, entre autres,
des syndromes coronariens. Par ailleurs, cette maladie a un coût socioéconomique important. En effet, on
considère qu’il représente de 2 à 3 %
du budget global de la santé avec une
somme d’environ 100 millions d’euros
liés aux hospitalisations en Belgique
pour insuffisance cardiaque. »
Quel est le gros problème lié à
l’insuffisance cardiaque ?
P. T. : « C’est, d’une part, son pronostic
sombre avec une mortalité élevée et
une survie à 5 ans inférieure à 40 %.
D’autre part, c’est celui des réhospitalisations des patients qui coûtent très
cher à la sécurité sociale et qui ont des
répercussions sur la qualité de vie des
patients. Plus vite on établit le diagnostic, plus vite on peut instaurer un
traitement et stabiliser le patient, et
ainsi lui éviter des hospitalisations. »
Existe-t-il des moyens pour
faciliter le diagnostic ?
P. T. : « Le dosage des peptides natriurétiques comme le NT-ProBNP peut avoir
un intérêt aussi bien pour le médecin
généraliste que pour l’urgentiste. Dans
les recommandations de la Société
européenne de cardiologie pour une
bonne prise en charge des patients
souffrant s’insuffisance cardiaque,
on insiste sur l’importance du dosage
de ces peptides natriurétiques dans la
démarche diagnostique. Ainsi, quand
un médecin généraliste a un patient
qui présente des plaintes, une histoire
clinique et un examen clinique compatibles avec une insuffisance cardiaque,
il pourrait envisager, en ambulatoire,
un dosage des peptides natriurétiques.
Cela permettrait de confirmer ou d’infirmer le diagnostic potentiel, et donc
d’orienter au mieux et plus rapidement
les patients qui en ont besoin vers le
cardiologue pour une mise au point
complète et une prise en charge optimale. Malheureusement, en Belgique,
ce dosage n’est actuellement pas remboursé, malgré des avis favorables du
Centre fédéral d’expertise. Nous espérons que la situation va évoluer dans
les prochains mois sur la base des dernières données de la littérature et d’une
Charte de l’insuffisance cardiaque
signée par plus de 12 000 personnes et
remise aux autorités compétentes. »
03MM/11-2014/02
L’insuffisance cardiaque
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ACTUALITÉ
Levure rouge de riz pour
diminuer le taux de cholestérol
En dépit d’un régime
susceptible de faire baisser leur
taux de cholestérol, certaines
personnes n’y parviennent
toutefois pas. La levure rouge
de riz peut éventuellement les y
aider.
Selon certaines études, la
levure rouge de riz réduirait le taux
de cholestérol LDL de 20 à 30 %
chez les personnes présentant une
augmentation légère à modérée de la
cholestérolémie.
Pour un aperçu à propos de
« comment la levure rouge de riz
peut aider à diminuer le taux de
cholestérol », rendez-vous sur
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Depuis des siècles, la levure rouge de
riz fait partie de la médecine traditionnelle chinoise. Dès les années 800
après J.-C., elle est utilisée pour améliorer la circulation sanguine. La Monascus Purpureus, tel est son nom scientifique, est une variété de champignon
microscopique cultivé sur du riz. Son
pigment rouge lui donne sa couleur
prononcée. Ces levures contiennent
des statines naturelles appelées
monacolines. Il en existe de plusieurs
types. Pour être en conformité avec les
normes européennes et pouvoir bénéficier des allégations sur le cholestérol, elles doivent être normalisées en
monacoline K. Vérifiez que ce critère
soit bien indiqué sur la boîte de ce complément alimentaire et que ces extraits
normalisés soient de préférence issus
de l’agriculture biologique.
Efficacité
Selon certaines études, la levure rouge
de riz réduirait le taux de cholestérol
LDL de 20 à 30 % chez les personnes
présentant une augmentation légère
à modérée de la cholestérolémie.
Selon la ligne directrice européenne
en matière d’allégations de santé, au
moins 10 mg de monacoline K par jour
sont nécessaires pour être efficaces.
La levure rouge de riz doit être dosée
à 1,5 % en monacoline et, si possible,
être issue de l’agriculture biologique.
Si la levure rouge de riz est bien
d’origine naturelle, et parfois issue
de l’agriculture biologique, ce n’est
pas pour autant qu’elle n’engendre
pas d’effets secondaires. En effet, elle
contient des statines naturelles qui
agissent au niveau du fonctionnement
de la cellule musculaire en diminuant
le taux de coenzyme Q10 non oxydé.
Ce qui peut faire ressentir à certaines
personnes un manque d’énergie. Les
spécialistes conseillent de compléter
par la prise de 25 à 100 mg de coenzyme Q10 non oxydé pour compenser
cet effet et éviter ainsi la fatigue, les
crampes et autres inconvénients.
En cas d’augmentation légère à
modérée de la cholestérolémie, la
levure rouge de riz, de préférence issue
de l’agriculture biologique, peut constituer un complément alimentaire efficace pour faire baisser le taux de cholestérol LDL. Mais avant toute décision,
il est toujours préférable de demander
d’abord conseil auprès de votre médecin traitant ou de votre cardiologue.
Jacqueline Remits
[email protected]
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EXPERTISE
Aujourd’hui, c’est la
journée mondiale de
la lutte contre le SIDA.
« Nous avons tous les outils en main
pour éradiquer le VIH en Belgique »
E
Prof. Steven
Callens
UGent
Grâce au traitement
préventif antirétroviral,
nous pouvons éviter
la contamination de
nouvelles victimes.
De plus, les personnes
vivant avec le VIH
peuvent recevoir ce
traitement afin qu’elles
ne puissent plus
propager le virus.
n 2014, 1039 nouveaux cas
de VIH ont été constatés
au total. Cela équivaut à
une diminution de plus
de 7% en comparaison avec l’année
précédente et de plus de 15% depuis
2012, année où on a mesuré le nombre
le plus important de cas jamais diagnostiqués en Belgique. En pratique,
cela signifie qu’il y a en moyenne trois
nouvelles infections par jour. Cette
diminution du nombre de nouveaux
cas, est une bonne nouvelle mais ce
chiffre reste tout de même très haut en
comparaison avec 1997, l’année où l’on
a diagnostiqué le moins de nouveaux
cas, à savoir 907 infections. Nous avons
demandé de plus amples explications
au Prof. Steven Callens de l’UGent.
Que vous évoquent les chiffres
ci-dessus ?
Steven Callens : « En réalité, nous
devrions faire beaucoup mieux, car
nous avons tous les outils en main pour
atteindre l’objectif de zéro infection.
Je pense notamment aux traitements
préventifs, aux diagnostics précoces
et aux traitements précoces à base
d’antirétroviraux. Outre l’utilisation du
préservatif et le changement de comportement, il s’agit d’instruments très
importants pour enrayer l’épidémie. »
Qu’en est-il de la qualité de vie
et de l’espérance de vie des
patients atteints de VIH ?
S. C. : « Avec un diagnostic et un traitement précoces, l’espérance de vie
est relativement normale. En cas de
diagnostic tardif et quand l’immunité
est déjà faible, il n’est pas rare que des
infections graves causent des problèmes
de santé persistants. De plus, des maladies de vieillesse surviennent plus
souvent et à un plus jeune âge. Il s’agit
par exemple du diabète, de l’hyperten-
sion et de l’hypercholestérolémie, qui
entraînent à leur tour des maladies
cardiovasculaires. Certains cancers et
maladies des os se déclarent aussi plus
souvent. Nous connaissons bien ces
risques et nous pouvons les détecter à
un stade précoce, mais les conséquences
de ces affections demeurent. Un bon
suivi régulier est donc essentiel pour les
dépister à temps. »
Quelles idées fausses circulent
sur le VIH ?
S. C. : « Certaines personnes pensent que
le VIH peut être transmis par les moustiques, un câlin, un baiser, un contact…
Rien n’est moins vrai. L’immense majorité des victimes est contaminée à la
suite de rapports sexuels. Ce qui ne veut
pas dire que les personnes atteintes du
VIH ont mené une vie dissolue. Pratiquement tout le monde connaît une période
sexuellement plus active dans sa vie.
L’autre idée fausse est que tout le monde
se croit à l’abri et que le VIH ne touche que
certains groupes à risque. Pourtant, tout
le monde est exposé au risque. »
On parle de plus en plus
aujourd’hui de la guérison
du VIH. Cela veut-il dire que
la prévention perd de son
importance ?
S. C. : « La prévention reste importante,
tout comme un diagnostic et un traitement précoces. L’attention médiatique
met peut-être davantage en exergue la
guérison du VIH, mais on investit encore
bel et bien dans la prévention. Cela commence par une prise de conscience du
risque. Les adolescents qui découvrent
leur sexualité doivent recevoir des informations sur une vie sexuelle saine. »
« Les personnes qui ont couru un
risque doivent aussi pouvoir être
dépistées à temps. Dans ce cadre, nous
devons rendre l’autotest possible en
Belgique. Après un résultat négatif au
test VIH, il est aussi important de communiquer adéquatement sur la prévention de l’infection, par exemple par
l’usage systématique du préservatif. »
Comment se comporte la
Belgique en matière de
prévention ?
S. C. : « La déclaration de politique de
la ministre Maggie De Block intègre
quelques passages explicites sur le “plan
VIH” d’il y a quelques années. Je ne peux
que m’en réjouir. Même s’il semblait
quelque peu atténué, c’est tout de même
un signal fort de le retrouver explicitement dans la politique. D’autre part, nous
ne pouvons nier qu’il faut souvent beaucoup de temps en Belgique pour pouvoir
appliquer de nouveaux concepts sur le
terrain. J’entends par là l’accès au traitement antirétroviral, qui permettrait
d’éviter la contamination de nouvelles
victimes (PrEP) ou de traiter les personnes vivant avec le VIH afin qu’elles ne
puissent plus propager le virus (TasP). »
Quels en sont les avantages
pour la société ?
S. C. : « Le traitement préventif antirétroviral peut réprimer si fortement
le virus qu’il en reste trop peu pour
contaminer quelqu’un d’autre. Cela
représente une grande plus-value pour
la société : on peut en effet réduire
ainsi drastiquement le nombre de
nouvelles infections et, de facto, leur
coût. Un traitement avoisine les 1 000
euros par mois. C’est un montant
non négligeable à court terme. Mais à
moyen terme, dès lors qu’il n’y a plus
de nouveaux cas de VIH, l’économie
est énorme. La prévention et le dépistage précoce offrent d’ailleurs le même
avantage social. »
Joris Hendrickx
[email protected]
Better treatments mean that
HIV is no longer a death
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