Klein-Gordon et Dirac
en physique quantique relativiste
Daniel FARQUET
Section de Physique
EPFL
Travail présenté à
Claudio SCRUCCA
Résumé
Ce document prĂ©sente de maniĂšre concise l’étude des Ă©quations de Klein-
Gordon et de Dirac avec le point de vue de la mécanique quantique relati-
viste. On commence chaque fois par une Ă©tude gĂ©nĂ©rale de l’équation, des
courants conservĂ©s ainsi que de la gĂ©nĂ©ralisation au cas oĂč un champ Ă©lec-
tromagnétique est présent. On se concentre ensuite sur la limite non re-
lativiste ainsi que son application au problĂšme Ă  potentiel Coulombien. On
s’attarde particuliĂšrement sur l’atome d’hydrogĂšne avec l’équation de Dirac.
L’accent est Ă©galement mis sur le Zitterbewegung qui est Ă©tudiĂ© en dĂ©tail et
de deux maniĂšres diffĂ©rentes. Finalement, on motive la prĂ©diction d’anti-
particules par un exemple de potentiel step.
1
Motivations et prérequis : Ce document est une premiÚre approche
dans l’étude de l’équation de Klein-Gordon et de Dirac. On y traite les im-
plications les plus directes de ces deux équations et on interprÚte physique-
ment ce qu’on trouve. La structure a Ă©tĂ© pensĂ©e de telle sorte qu’on utilise
des résultats déjà démontrés, connus, ou dont la démonstration a été ac-
ceptée précédemment, ce qui évite de devoir jongler entre plusieurs parties.
Par contre, les équations de Klein-Gordon et de Dirac sont posées sans au-
cune argumentation physique, et le lecteur est renvoyé à [1] ou [6] pour
comprendre les arguments qui ont poussé à poser ces équations. Notons en-
ïŹn que les Ă©tapes de calculs ne sont pas toujours explicitĂ©es, mais que les
grandes lignes du raisonnement sont toujours mentionnées.
En ce qui concerne les prérequis, on suppose que la mécanique quan-
tique non relativiste de base est connue. Des rĂ©sultats concernant l’atome
d’hydrogĂšne seront utilisĂ©s sans dĂ©monstration. On utilise Ă©galement des
résultats sur le groupe de Lorentz et la théorie des groupes. Le formulation
covariante de la physique doit aussi ĂȘtre connue. Par simplicitĂ© et pour Ă©vi-
ter la lourdeur des Ă©quations, le systĂšme d’unitĂ© est le systĂšme naturel, i.e.
ħ= c=1.
Notation : On utilise les matrices σide Pauli dont les dĂ©ïŹnitions sont
σ1=”0 1
1 0¶σ2=”0−i
i0¶σ3=”1 0
0−1¶.
Le quadri-gradient est dĂ©ïŹni par
∂”=(∂t,~
∇)
et le quadri-opĂ©rateur d’impulsion est
p”=i∂”.
Ainsi l’opĂ©rateur d’impulsion s’écrit
~
p=−i~
∇.
On note le quadrivecteur d’onde k”par
k”=(E,~
k)
oĂč Eest l’énergie et~
kle vecteur d’onde. Lorsque l’on Ă©crit ~
a, on fait référence
Ă  un vecteur
~
a=(a1,a2,a3).
Quand on utilise la métrique de Minkowski, on prend la convention
η”Μ =diag(1,−1,−1,−1).
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Table des matiĂšres
1 Théorie de Klein-Gordon 3
1.1 Equation de Klein-Gordon et courant conservé . . . . . . . . . . 3
1.2 Solutionslibres............................. 4
1.3 Interaction électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 Limite non relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Atomes mésoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Zitterbewegung............................. 10
1.7 Antiparticules.............................. 13
2 Théorie de Dirac 15
2.1 Equation de Dirac et courant conservé . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Interaction électromagnétique et covariance . . . . . . . . . . . 17
2.3 Chiralité................................. 19
2.4 Solutionslibres............................. 21
2.5 Limite non relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.6 Atome d’hydrogùne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.7 Lambshift................................ 28
2.8 Zitterbewegung............................. 31
2.9 Antiparticules.............................. 33
3 Annexe 35
3.1 ThéorÚme du viriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
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1 Théorie de Klein-Gordon
1.1 Equation de Klein-Gordon et courant conservé
Soit φ(x) un champ scalaire. L’équation de Klein-Gordon est celle qui
décrit les particules de spin 0. Elle est donnée par
¡+m2ÂąÏ†(x)=0,(1)
avec =∂”∂”. Cette Ă©quation est manifestement covariante Ă©tant donnĂ©
que l’opĂ©rateur est invariant et que le champ φest scalaire. Il existe un
courant conservĂ© par les champs vĂ©riïŹant l’équation de Klein-Gordon. En
effet, en posant
j”=i
2m(φ∗∂”φ−φ∂”φ∗) (2)
on voit que
∂”j”=i
2m(∂”φ∗∂”φ+φ∗φ−∂”φ∂”φ∗−φφ∗)=i
2m(φ∗φ−φφ∗)=0 (3)
oĂč l’on a utilisĂ© l’équation de Klein-Gordon pour la derniĂšre Ă©galitĂ©. En po-
sant j0=ρ, on en dĂ©duit facilement que
d
dtZV
ρdV=−ZS
~
j·d~
S=0 (4)
en supposant que les champs soient locaux. Ainsi, comme en mécanique
quantique non relativiste, on aurait envie d’interprĂ©ter ρcomme une den-
sité de probabilité à une particule. Toutefois, on peut trÚs vite se rendre
compte qu’on rencontre des problĂšmes avec une telle interprĂ©tation directe.
En effet, si l’on considĂšre une onde plane φ(x)=exp(i~
p·~
x−iEt), l’équation
de Klein-Gordon implique immédiatement que
E2=~
p2+m2(5)
et donc E= ±p~
p2+m2. De plus, le calcul du courant sur cette onde plane
donne
j”=”E
m,~
p
m¶=p”
m,(6)
et donc ρ=E/mpeut ĂȘtre soit positif, soit nĂ©gatif, dĂ©pendant du signe de
l’énergie. Une densitĂ© de probabilitĂ© nĂ©gative semble Ă©videmment insatis-
faisante. On verra par le suite que l’introduction des antiparticules lùve ce
problĂšme.
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1.2 Solutions libres
Nous avons dĂ©veloppĂ© jusque lĂ  une thĂ©orie libre, c’est Ă  dire ne fai-
sant intervenir aucune interaction. On verra plus loin comment introduire
l’interaction Ă©lectromagnĂ©tique dans cette Ă©quation. Pour le moment, on va
s’intĂ©resser aux solutions de l’équation libre (1). Pour ce faire, on va passer
dans l’espace de Fourier. La transformĂ©e de Fourier de φ(x) est dĂ©ïŹnie par
˜
φ(k,t)=Zφ(x,t)eik”x”d4x,(7)
son inverse est donc
φ(x,t)=Zd4k
(2π)4˜
φ(k,t)e−ik”x”.(8)
En utilisant la reprĂ©sentation (8) pour φ(x) et en appliquant l’équation (1),
on trouve que
k”k”=k2=m2.(9)
Cette Ă©quation ïŹxe l’énergie de l’onde car elle donne E±= ±p~
k2+m2. L’in-
troduction de cette contrainte peut se faire de maniĂšre naturelle en modi-
ïŹant l’équation (8). On Ă©crit alors
φ(x,t)=Zd4k
(2π)4˜
φ(k,t)e−ik”x”(2π)ÎŽ(k2−m2) (10)
oĂč le facteur 2πest introduit par souci de normalisation de la fonction ÎŽ.
En utilisant le fait que cette fonction delta peut s’écrire de maniĂšre plus
agréable comme
ή(k2−m2)=1
2E(ή(k0−E+)+ή(k0−E−)).(11)
oĂč l’on a dĂ©ïŹni E= |E±|. La fonction φsolution de l’équation de Klein Gor-
don peut alors s’écrire sous la forme gĂ©nĂ©rale
φ(x,t)=Zd3k
(2π)3·2Eha(~
k)ei(~
k·~
x−Et)+b(~
k)ei(~
k·~
x+Et)i(12)
oĂč les fonctions a(~
k), b(~
k) sont deux fonctions indépendantes, vu que le
champ est complexe. Si le champ était réel, a(~
k) et b∗(~
k) seraient identi-
ïŹĂ©s. A ce stade, il est trĂšs important de remarquer que la fonction φcom-
prend une superposition d’onde d’énergies positives et d’ondes d’énergies
négatives.
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