
Pour rivaliser avec les puissances occidentales et ne pas tomber sous leur domination,
le Japon décide de s’industrialiser. Dès 1868, il entre dans l’ère Meiji (phase de
modernisation) et devient rapidement une puissance industrielle et militaire (il initie le
« vol des oies sauvages »).
De son côté, la Chine est plus faible et se voit dépecée par les puissances industrielles
qui agrandissent leurs empires coloniaux : le XIXe siècle est aujourd’hui encore appelé
le « siècle de la honte » : les européens et les japonais imposent leur tutelle sur une
partie du territoire chinois. Dès 1842, elle se voit imposer les « traités inégaux »
(traités diplomatiques qui défavorisent la Chine). En 1895, la Chine est battue par le
Japon qui lui arrache Taïwan et lui impose l’indépendance de la Corée.
Pendant la 1e Guerre Mondiale, le Japon est allié à la France et au Royaume-Uni. Il en
profite pour annexer la province du Shandong jusque-là sous influence allemande. La
Chine s’allie à son tour à ces trois pays pour essayer de récupérer cette province mais
au sortir de la guerre, le Traité de Versailles confie le Shandong au Japon. Cet épisode
marque les débuts du « mouvement du 4 mai 1919 » en Chine lors duquel les
étudiants nationalistes protestent contre les traités inégaux et pour une
modernisation du pays. Devant l’ampleur des protestations, le gouvernement chinois
refuse de signer le traité de Versailles et finit par récupérer le Shandong grâce au
soutien des Etats-Unis inquiets des ambitions japonaises en Asie.
Au cours du XXe siècle, le Japon amplifie ses ambitions impérialistes. Il s’empare de la
Corée dès 1910 puis dans les années 1930, il profit de la guerre civile qui a lieu en
Chine entre le Guomindang (GMD) et les communistes pour occuper la Mandchourie
(1931) puis à partir de 1937, il se lance dans la conquête systématique du littoral
chinois. Cette phase de l’occupation japonaise est extrêmement violente. En atteste
l’épisode, encore brûlant dans les mémoires chinoises, du massacre de Nankin en
1937. Pendant les 6 semaines qui suivent la bataille de Nankin, des centaines de
milliers de civils et de soldats désarmés sont assassinés et entre 20'000 et 80'000
femmes et enfants sont violés. Dès 1941, le gouvernement japonais lance la politique
des « trois Tout » : « Tue tout, Brûle Tout, Pille Tout ». La Chine orientale est donc
occupée par le Japon jusqu’à la victoire américaine de 1945.
b. Vers la croissance économique…
En 1945, le Japon est occupé par les Etats-Unis qui imposent la démocratie (il y a
toujours un Empereur mais son rôle est symbolique, c’est le parlement qui prend les
décisions). Depuis cette date, pendant la Guerre Froide et aujourd’hui encore, le
Japon est un allié des Etats-Unis. Après la reconstruction, commence la phase de
« haute croissance » (1955-1973) au cours de laquelle le PIB du Japon augmente de
10% par an et le produit industriel de 15%. Le Japon devient la 2e puissance
économique mondiale en 1968.
En 1949, la Chine devient communiste avec l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong. Le
gouvernement du GMD se réfugie à Taïwan. Le gouvernement de Mao n’est pas
reconnu par les puissances occidentales à ses débuts (Guerre Froide). Mais dans les
années 1960, la Chine rompt son alliance avec l’URSS, elle obtient l’arme nucléaire en
1964 et dès 1971, elle remplace Taïwan au Conseil de Sécurité de l’ONU, renforçant
ainsi graduellement son hardpower. En 1972, la Chine se rapproche gentiment des
Etats-Unis, le Japon reconnaît la République Populaire de Chine (RPC) et en 1978, un
traité d’amitié et de coopération est signé entre la Chine et le Japon. Mais la Chine
reste fermée économiquement et culturellement (1958-1960 politique du « Grand
Bond en avant » pour faire travailler les paysans dans l’industrie / 1966-1976
Révolution culturelle pour éliminer les rivaux de Mao).