Academic paper: Les goûts sportifs : entre distinction et pratique

Pour bourdieu, nos goûts en matiÚre esthétique, culturelle et notamment sportive
sont trÚs largement déterminés par des habitus intégrés par imprégnation progres-
sive tout au long de notre éducation et plus largement de notre vie (Bourdieu, 1978,1979).
Le milieu d’origine et la position sociale, par un effet d’inculcation, induisent trùs largement
le devenir social mais Ă©galement les choix, jugements, maniĂšres d’ĂȘtre et comportements
de chacun. Cette approche semble privilĂ©gier une vision structurante de l’action sociale
nettement dĂ©terministe mĂȘme si Bourdieu est partiellement revenu au ïŹl de son Ɠuvre
sur cette maniĂšre d’aborder le monde. Sans doute paraĂźt-il difïŹcile de cantonner ce cher-
cheur aux conïŹns d’un structuralisme ïŹnissant qui ferait des individus, comme il le dit
lui-mĂȘme, «des automates rĂ©glĂ©s comme des horloges, selon des lois mĂ©caniques qui leur
Ă©chappent» (Bourdieu, 1987). Assez rapidement son entreprise s’est, en effet, employĂ©e Ă 
tenter de dĂ©passer les formes d’objectivisme propres Ă  la dĂ©marche structuraliste pour
«rĂ©introduire la pratique de l’agent, sa capacitĂ© d’invention, d’improvisation» (Bourdieu,
op. cit.). Le concept mĂȘme d’habitus, dans une certaine mesure, rend partiellement opĂ©-
rante la procĂ©dure analytique qui tente d’échapper Ă  «l’alternative du structuralisme sans
sujet et de la philosophie du sujet» (Bourdieu, op. cit.). PrĂ©sentĂ© ïŹnalement comme prin-
cipe gĂ©nĂ©rateur d’improvisations rĂ©glĂ©es, ce concept majeur de la sociologie bourdieu-
sienne semble devoir rendre compte de stratégies qui, ni véritablement conscientes, ni
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Les goûts sportifs : entre distinction
et pratique élective raisonnée
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franchement inconscientes, sont en dĂ©ïŹnitive comparables Ă  celles du joueur Ă  la fois
contraint de respecter les rĂšgles du jeu et sensible au jeu avec la rĂšgle. Un joueur capable
de «s’adapter Ă  des situations indĂ©ïŹniment variĂ©es, jamais parfaitement identiques». Ce
qui permet Ă  Bourdieu de concevoir «l’habitus comme sens du jeu», c’est-Ă -dire «le jeu
social incorporé, devenu nature» (Bourdieu, op. cit.).
L’évolution des propositions thĂ©oriques du sociologue et le cheminement de sa pen-
sĂ©e montrent donc, Ă  l’évidence, qu’il serait simpliste de prĂ©senter le travail couvrant la
carriĂšre entiĂšre d’un chercheur sous le signe d’une homogĂ©nĂ©itĂ© et, a fortiori, de dĂ©fendre
l’idĂ©e d’une cohĂ©rence linĂ©aire ou anticipĂ©e par l’auteur lui-mĂȘme (Lahire, 2001,p.10).
Le danger consisterait alors à adhérer à un mythe bien commode qui subsume en
quelques phrases faciles à retenir les correspondances entre de multiples écrits. Souvent
réduites à un ensemble de concepts (habitus, capitaux, champs), les sociologies déve-
loppées par cet auteur et ses nombreux «poursuiteurs1» sont en réalité plus complexes.
Toutefois, malgré de réelles subtilités théoriques généralement minorées, voire ignorées,
cette sociologie ou ces sociologies de Pierre Bourdieu ne semblent pas prendre sufïŹ-
samment en compte tout Ă  la fois la dynamique diffuse et englobante des transformations
sociétales ainsi que la rationalité complexe des aspirations ou sentiments des individus
dĂšs lors que la variance mĂȘme des trajectoires individuelles est examinĂ©e.
La notion d’habitus, prĂ©cisĂ©ment, considĂ©rĂ©e comme trop uniïŹcatrice, est aujour-
d’hui fortement remise en cause par un certain nombre de sociologues2au proïŹt de
l’idĂ©e «d’acteur pluriel» (Lahire, 1998). Dans cette perspective, l’acteur, au ïŹl de sa socia-
lisation, vit des expĂ©riences variĂ©es, rencontre d’autres individus, remplit simultanĂ©ment
ou successivement des rÎles différents et parfois inattendus au regard des habitudes de
pensĂ©e et des schĂšmes possibles d’action qui lui Ă©taient symboliquement attribuĂ©s en
raison de son origine sociale. Or, pour Bourdieu, ce cheminement structurant reste irré-
mĂ©diablement liĂ© aux expĂ©riences de classe : «l’habitus [
] est le produit de toute
l’histoire individuelle, mais aussi au travers des expĂ©riences formatrices de la prime
enfance, de toute l’histoire collective de la famille et de la classe» (Bourdieu, op. cit.).
À l’inverse, l’observation d’une socialisation de l’acteur s’effectuant par paliers suc-
cessifs, dans des sphĂšres sensiblement diffĂ©rentes, laisse Ă©merger non seulement l’idĂ©e que
des apports successifs d’habitudes de pensĂ©e ou de schĂšmes d’action constitueront autant
de répertoires disponibles et utilisables selon les contextes, mais encore que ces disposi-
tions parfois antagonistes pourront ĂȘtre rĂ©activĂ©es en fonction des circonstances et du jeu
qu’il s’agit de jouer. Ce qui, au ïŹnal, donne une image des potentialitĂ©s de l’acteur beau-
coup moins restreintes que ne les distingue Bourdieu, dans la mesure oĂč dans cette pers-
pective, les dispositions acquises sont traversées par des dynamiques moins déterministes
et d’avantage tributaires des interactions et des logiques d’action.
Repréciser ce point ne dévalorise ni la théorie, ni le modÚle conceptuel de Bourdieu,
mais permet simplement de constater, comme il le suggĂ©rait lui-mĂȘme, que les
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1. Pour utiliser une expression sportive.
2. Citons entre autres Singly (2000) Ă  travers ses travaux sur la sociologie du couple, Dubar (1991) et la
sociologie des identitĂ©s professionnelles, Boltanski et ThĂ©venot (1991) pour la sociologie de l’action.
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productions intellectuelles sont aussi l’émanation et le reïŹ‚et des structures sociales
d’une Ă©poque. Elles sont donc elles-mĂȘmes, en tant que construction de connaissances
et productions culturelles et sociales, liées à des effets de position et de contexte : socia-
lement, spatialement et historiquement situĂ©es. C’est dire que leur ancrage paradig-
matique et leur dynamique heuristique mĂ©ritent d’ĂȘtre critiquĂ©s, amendĂ©s ou enrichis
en fonction des Ă©volutions qui, par dĂ©ïŹnition, participent Ă  transformer la sociĂ©tĂ©, ses
horizons, donc les contextes de la recherche et le sens et l’interprĂ©tation des mondes
vĂ©cus. Cette critique, portant plus prĂ©cisĂ©ment sur l’espace des sports et sur l’apprĂ©-
hension des pratiques sportives comme pratiques culturelles et enjeux de concurrences
sociales, constitue l’un des axes forts de notre Ă©tude. L’analyse de l’instrumentalisation
de la pratique du golf pour l’intĂ©gration sociale par des acteurs initialement exclus de
la distribution sociale traditionnelle de ce type d’activitĂ© Ă©lective, constituant une forme
de revers de la distinction bourdieusienne, mais traduisant Ă©galement le degrĂ© d’ou-
verture accru des choix et des trajectoires possibles des acteurs au sein du systĂšme,
constituera la partie propositionnelle de notre démonstration.
les sports en questions
Qu’en est-il plus prĂ©cisĂ©ment de l’analyse des sports, voire plus largement des activitĂ©s
physiques et sportives (aps3)?
L’étude des goĂ»ts sportifs par Bourdieu a Ă©tĂ© reprise et complĂ©tĂ©e par Pociello
(1981,1995,1999) et de nombreux autres chercheurs inïŹ‚uents au sein de la 74esection
universitaire en France (Clément, Defrance, Louveau, Michon, Ohl ou Waser). Cette
inïŹ‚uence a dĂ©bordĂ© le champ de la sociologie pour atteindre celui de l’histoire des aps
(Chartier et Vigarello, 1982). Souvent, ces chercheurs insistent sur les praxis différenciées
des classes ou catégories sociales. Aux classes dominantes les pratiques corporelles qui
allient grùce, esthétique, contrÎle, absence de contact viril, sports instrumentés et oné-
reux, pratiques désintéressées exercées dans un but essentiellement éducatif. Aux classes
populaires les activités physiques et sportives qui allient force et virilité, mélange des
corps, esprit de sacriïŹce, exaltant la compĂ©tition, le mĂ©rite, la productivitĂ© et le pro-
fessionnalisme. La diffĂ©renciation sociale se double ainsi d’une distinction sportive
opposant sport apollinien et sport dionysiaque pour reprendre des expressions antiques
remises au goût du jour (Maffesoli, 1982).
L’espace social et le style de vie sportif formalisĂ©s par Bourdieu et complĂ©tĂ©s dans
un premier temps par Pociello posent cependant quelques problÚmes méthodologiques
et conceptuels qui peuvent d’emblĂ©e ĂȘtre soulignĂ©s.
Il s’agit tout d’abord d’une construction a priori. En aucun cas en effet cette dis-
tribution sociale des pratiques et des classes ne repose sur une projection statistique
rigoureuse. Si l’aspect gĂ©nĂ©ral de l’espace social et des styles de vie laisse Ă  penser qu’il
pourrait s’agir du rĂ©sultat d’un travail basĂ© sur la rigueur d’une analyse factorielle des
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3. IntitulĂ© ofïŹciel (jusqu’à aujourd’hui) en France utilisĂ© dans le sigle des universitĂ©s spĂ©cialisĂ©es : staps
(sciences et techniques des activitĂ©s physiques et sportives). Dans le champ de l’éducation physique, le sigle
employé est : apsa (activités physiques, sportives et artistiques).
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correspondances (afc), il n’en est rien4. Un certain nombre de critiques et de rĂ©serves
doivent donc ĂȘtre Ă©mises ici.
D’une part, les classes sociales et les aps y sont placĂ©es subjectivement par l’articu-
lation, sur le mode antagoniste, du triptyque capital économique, culturel et social et
des valeurs attribuées aux aps pratiquées. Cette maniÚre de faire pose différentes ques-
tions méthodologiques et conceptuelles. Les précautions méthodologiques sont parfois
prĂ©sentes lorsque Bourdieu prĂ©cise que les enquĂȘtes quantitatives — de l’époque — sont
délicates à utiliser. «On ne peut dégager des statistiques disponibles autre chose que les
tendances les plus générales qui sont attestées partout en dépit des variations tenant à
l’imprĂ©cision de la dĂ©ïŹnition de la pratique, de sa frĂ©quence, de ses occasions, etc.»
(Bourdieu, 1979,p.238). Depuis ces analyses princeps, d’autres approches quantitatives
n’ont pas vĂ©ritablement rĂ©ussi Ă  prĂ©ciser l’activitĂ© physique ni mĂȘme Ă  qualiïŹer autrement
que subjectivement la nature sportive des pratiques des populations enquĂȘtĂ©es : est
actif/sportif celui que se dĂ©clare tel (Irlinger, Louveau, MĂ©toudi, 1988). Cette dĂ©ïŹnition
Ă©mique, qui reprend la logique subjective de la dĂ©ïŹnition piagĂ©tienne du jeu de l’enfant
ne rĂ©sout pas la difïŹcultĂ© prĂ©cisĂ©e par Bourdieu lui-mĂȘme lorsqu’il poursuit : «  toutes
les enquĂȘtes reposent sur les dĂ©clarations des enquĂȘtĂ©s, et ne sauraient tenir lieu de vĂ©ri-
tables enquĂȘtes sur des publics de pratiquants ou de spectateurs» (Bourdieu, 1979,p.238).
Dont acte. En revanche, ces enquĂȘtes plus rĂ©centes ont permis qui de prĂ©ciser l’essor des
sports pratiquĂ©s par le troisiĂšme Ăąge et le phĂ©nomĂšne de multipratique, qui d’afïŹner et
de rendre en partie caduque l’opposition entre pratiques dites informationnelles et Ă©ner-
gétiques précisément soulignée par le systÚme des sports de Bourdieu/Pociello (Mignon,
Truchot, 2001).
Projeter analytiquement la réalité du monde, que ce soit avec des outils sophisti-
quĂ©s ou non, ne doit pas faire oublier au moins deux niveaux critiques. D’un cĂŽtĂ© l’as-
pect artiïŹciel, et pour tout dire socialement construit, de tout modĂšle prĂ©sentĂ© : qu’il
s’agisse d’un tableau synthĂ©tique, d’un repĂšre orthonormĂ© ou bien d’un schĂ©ma reliant
des entitĂ©s entre elles par nombre de ïŹ‚Ăšches (Defrance, Pociello, 19935). Et surtout, ne
pas perdre de vue, d’un autre cĂŽtĂ©, l’aspect symbolique de toute inscription, de toute
description, de tout graphisme, a fortiori de toute image (Goody, 1979,2003; Bougnoux,
2003). Les signes, les graphes, utilisĂ©s ordonnent la rĂ©alitĂ© observĂ©e et analysĂ©e, qu’on
le veuille ou non. Ainsi, Être (placĂ©) en haut du repĂšre orthogonal est susceptible de ren-
forcer consciemment ou non — malgrĂ© notre vigilance — la hauteur attribuĂ©e aux
personnes censĂ©es ĂȘtre Ă  cette place sociale. Les critiques adressĂ©es Ă  l’espace des styles
de vie, et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  l’espace des sports gravitent, en partie, autour de ce biais
potentiel... malgré les quelques mises en garde parfois formulées.
La question des valeurs et de leur dynamique, par conséquent de leur analyse socio-
logique, s’avĂšre, elle aussi, dĂ©licate Ă  mettre en Ɠuvre (Kuty, 1998 ; BrĂ©chon, 2000). Les
valeurs attachées à un sport par un échantillon représentatif de la population et celles
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4. Des auteurs comme Ohl ou Michon ont depuis utilisé trÚs sérieusement de tels outils statistiques et
informatiques (Michon, Ohl, 1995).
5. Cité par Irlinger, 1995.
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considĂ©rĂ©es a priori par des chercheurs, mĂȘme (surtout?) s’ils sont spĂ©cialistes de ce
sport peuvent ĂȘtre en dĂ©calage. Elles posent toujours le problĂšme de la prise de dis-
tance par rapport Ă  l’objet Ă©tudiĂ© (Galland, Lemel, Tchernia, 2002). A fortiori,rien
n’implique que les cohĂ©rences axiologiques dĂ©gagĂ©es sont pour autant sous-tendues
par un systĂšme. Les diverses positions prises par les groupes, donc par les individus
qui les composent, ne sont sans doute pas aussi cohérentes ni stables que les analys(t)es
le supposent. En outre, une mĂȘme activitĂ© peut ĂȘtre investie, simultanĂ©ment ou suc-
cessivement, de maniÚres différentes ou en fonction de dynamiques axiologiques ou de
projets sensiblement différents, par les membres de groupes a priori saisis dans leur
apparente homogĂ©nĂ©itĂ© sociale. Ces diffĂ©rences, qu’elles renvoient Ă  des stratĂ©gies plus
ou moins conscientes ou à des schùmes d’organisation microsociale plus complexes,
battent en brĂšche l’idĂ©e trop sĂ©duisante d’unitĂ© de catĂ©gories de pensĂ©e, de valeurs
communément partagées, de représentations et de «psychologie collective» (RobÚne,
2000; Hoibian, 2000).
D’autre part, les catĂ©gories sociales mises en Ă©vidence peuvent ĂȘtre, d’une maniĂšre
abusive et caricaturale, considérées comme homogÚnes pour un lecteur peu attentif. Il
existe pourtant Ă  l’intĂ©rieur de chacune d’entre elles des diffĂ©rences de statut et de revenu
qui conditionnent et ségréguent fortement les individus qui les composent (Weil, 1987,
p. 35). Dans chaque profession et catégorie sociale (pcs) existent des revenus plus faibles
et des revenus plus Ă©levĂ©s (la dispersion est plus accentuĂ©e qu’auparavant). CorrĂ©lative-
ment, nous assistons en France à une réduction des écarts entre pcs. Cette situation
complexiïŹe d’autant la comparaison des catĂ©gories sociales surtout lorsque les ques-
tions de statut social et de légitimité entrent en ligne de compte. Les revendications de
catĂ©gories a priori valorisĂ©es socialement comme celle des mĂ©decins exempliïŹent, si
besoin Ă©tait, les problĂšmes pĂ©cuniaires de ceux qui, s’installant et exerçant en ville, ne
gagnent parfois que le smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance)6.
L’exercice libĂ©ral Ă  partir d’un niveau de formation prolongĂ©, comme c’est le cas pour les
professions paramĂ©dicales, n’est pas le garant d’un revenu Ă©levĂ© rapidement, mĂȘme si le
statut paraßt collectivement enviable et envié (Héas, 1996). Ainsi, pour garder cet exemple,
le revenu moyen des artisans plombiers en France se situe au niveau de celui des méde-
cins gĂ©nĂ©ralistes (Source : MinistĂšre de l’Économie et des Finances, septembre 2001).
De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale c’est donc, en dĂ©ïŹnitive, le choix des critĂšres de construction
des diffĂ©rentes catĂ©gories sociales qui doit ĂȘtre questionnĂ© dans la mesure oĂč le cadre
d’analyse ainsi Ă©laborĂ© va considĂ©rablement inïŹ‚uer sur la teneur de la dĂ©monstration
(Hoibian, op. cit.). Certes, P. Bourdieu ne nĂ©glige pas cette difïŹcultĂ© mĂ©thodologique, au
moins dans le discours théorique, comme le montre sa présentation des tableaux statis-
tiques utilisés pour analyser les trajectoires scolaires et estudiantines (Bourdieu et
Passeron, 1964). Ce qui rend sans doute plus critiquable l’homogĂ©nĂ©isation pratique des
mĂȘmes catĂ©gories dĂšs lors qu’est abordĂ©e la formalisation de l’espace des sports, comme
si ce champ culturel pouvait s’accommoder de simpliïŹcations intuitives. ModĂ©lisations
certes partiellement heuristiques, mais formellement contestables. De plus, d’autres
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6. 6,66 euros brut de l’heure.
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