m.-s. chtourou - j.-l. chandon - International Marketing Trends

Influence de la répétition sur l'efficacité des
bandeaux publicitaires sur Internet.
Mohamed Saber CHTOUROU
Doctorant – CEROG, IAE Aix en Provence.
Chargé d'études - Wanadoo Régie.
Jean Louis CHANDON
Professeur des Universités
CEROG - IAE Aix en Provence
Les auteurs remercient WanadooRegie pour sa collaboration à cette étude.
CEROG - IAE Aix En Provence
Clos Guiot 13540 Puyricard France
tel +33 4 42 28 08 11 Fax +33 4 42 28 08 00
_
PAGE _5
_
Influence de la répétition sur l'efficacité des
bandeaux publicitaires sur Internet.
Résumé
Dans cet article nous examinons l'effet de la répétition, sur l'efficacité publicitaire sur internet.
Cette efficacité est mesurée par la mémorisation, l'attitude envers la marque et l'intention
d'achat, dans le cadre des bannières publicitaires sur Internet. Nous avons aussi intégré une
autre mesure de l'efficacité qui peut correspondre aux soucis des annonceurs sur Internet :
l’image de modernité de leur marque. Une expérimentation a été menée auprès d'individus
recrutés à travers un panel. Nous avons contrôlé l'effet de plusieurs variables pouvant
influencer le processus de persuasion, notamment l'implication vis avis de la catégorie de
produits .
Mots Clés : Efficacité publicitaire sur Internet, Répétition, Implication Attitude envers la
marque
Impact of repetition on Internet advertising
effectiveness.
Abstract
This study focuses on the effect of repetition on the effectiveness of Internet advertising.
Effectiveness is measured by recall, attitude toward the brand and intention to buy the
advertised product. In addition to these traditional measures, we introduce the criteria of
modernity which can be a specific goal for those who decides to advertise on the internet.
Covariables that may influence the persuasion process such as product category's involvement
are controlled. An experimental laboratory design using panellist was used to assess internet
advertising effectiveness.
Key Words : Web ad effectiveness, Repetition, Attitude toward the brand, Recall, Involvment.
_
PAGE _5
_
La publicité sur Internet a fortement progressé depuis 1994, date de la première bannière.
Cette évolution est essentiellement due au potentiel que représente Internet, pour les
annonceurs en terme d'audience jeune, à revenu élevé, bénéficiant d'un haut niveau
d'instruction et vivant en milieu urbain. Selon Netratings, le nombre d'internautes serait, en
août 2001, proche de 14 millions en France. Le taux d'équipement en France reste bien
inférieur à celui des autres pays européens : 19,6% des foyers contre 54% au Danemark, 36%
en Grande Bretagne et 29% en Allemagne. (Netvalue)
En dehors des possibilités de ciblage socio-démographique, disponibles pour tous les médias,
Internet permet un ciblage thématique ou par mot clé. De plus, la couverture géographique est
potentiellement mondiale avec un coût de contact constant quelle que soit la localisation
géographique de la cible. Ces spécificités ont créé un climat d'optimisme qui a incité un grand
nombre d'acteurs à choisir un modèle économique reposant sur un financement quasi exclusif
des sites par la vente d'espaces publicitaires. C'est ce qui explique que, jusqu'à aujourd'hui, les
revenus publicitaires ont dépassé ceux générés par les ventes en ligne. Par exemple, pour
l'année 2000, les revenus publicitaires auraient atteint, d'après l'IREP 945 millions de francs.
Malgré cette progression, la part des investissements sur Internet reste très faible (1.6% en
France) par rapport à l'ensemble des investissements publicitaires. La pérennité du
financement d'Internet par la publicité dépend essentiellement de la mise en évidence de
l'efficacité de ce nouveau média en tant que support publicitaire. Ceci est d'autant plus vrai
que l'année 2001 a été marquée par le désengagement des entreprises "ONLINE" pour laisser
place à des acteurs plus classiques mais aussi plus soucieux de la rentabilité et de l'efficacité
de leurs investissements et plus habitués à des standards d'évaluations validées pour les
médias classiques. Une meilleure compréhension des facteurs affectant cette efficacité est
donc un enjeu important.
La forme publicitaire actuellement la plus présente sur Internet est la bannière. Le bandeau
publicitaire est généralement un rectangle de 468*60 pixels que le site support réserve à un ou
plusieurs annonceurs, qui y insèrent un message publicitaire. Cependant de nouveaux formats,
plus visible et offrant plus de possibilités aux créatifs, sont apparus sur le marché.
Dans cet article nous examinerons l'effet de la répétition et de l'implication sur l'efficacité
publicitaire des bannières sur Internet .Dans un premier temps, nous proposons un cadre
théorique articulé en deux points : une définition des différents concepts utilisés puis une
revue critique de la littérature sur l'efficacité publicitaire sur Internet. Nous exposerons ensuite
la méthodologie, les résultats et les conclusions de notre étude.
_
PAGE _5
_
A- Cadre théorique
1- L'efficacité publicitaire dans les médias classiques
Vakratsas et Ambler (1999) passent en revue les différents modèles qui ont été proposés pour
comprendre le fonctionnement de la publicité et ce indépendamment du média. Les modèles
s'accordent pour distinguer trois niveaux d’efficacité :
Un niveau cognitif : le prospect prend conscience de l’existence du produit ou service,
il comprend sa finalité et prend connaissance de ses attributs. (du moins ceux sur
lesquels l'annonceur communique)
Un niveau affectif : une publicité donne "envie d’essayer le produit", crée une image
positive et développe le désir chez le prospect
Un niveau conatif : la publicité facilite le passage à l’action, accroît les motivations à
l’achat et réduit les freins à l'achat.
Les différences entre ces modèles se situent au niveau de la séquence (faut il aimer le produit
avant d'en connaître les attributs ou le contraire) ainsi qu’au niveau du poids accordé à
chacune des phases (doit on absolument communiquer sur les attributs d'une barre de chocolat
ou l'effet est il purement émotionnel)…
Nous retrouvons d'ailleurs ces niveaux d’efficacité dans les bilans de campagnes largement
utilisés par les professionnels . Ces bilans mesurent entre autre la notoriété de la marque, la
mémorisation de la campagne, la reconnaissance de la campagne, la mémorisation des
différentes éléments du message, l'attitude envers la marque et l'intention d'achat.
En plus de ces critères largement répandus, les annonceurs peuvent être intéressés par des
critères spécifiques reliées aux objectifs d'une campagne particulière et visant àrehausser
l'image de marque sur un attribut particulier.
2- Effet de la répétition
Deux alternatives théorique ont été proposées pour comprendre l'effet de la répétition.
a) L'école psychologique
Cette école suppose que le comportement humain en général et face à la publicité en
particulier est motivé par un traitement cognitif. Cette école met en avant la théorie du double
effet (Berlyne 70). La répétition produit deux effets contradictoires sur l'attitude envers la
publicité (puis sur l'attitude envers la marque). Un effet d'apprentissage : plus la publicité est
_
PAGE _5
_
répétée et plus le message devient familier. Cet effet décroît en fonction de la répétition. Un
effet de lassitude qui va croissant avec la répétition. Plus un message se répète et plus
l'impression de déjà vu est grande, ce qui provoque une attitude négative. Par ailleurs, plus la
répétition est importante et plus l'individu prend conscience du caractère "manipulateur" de la
publicité.
La somme de ces deux effets donne une relation en forme de cloche entre la répétition et
l'attitude envers la publicité : l’attitude commence par croître, puis atteint un maximum, au
delà duquel la répétition devient agaçante.
b) L'école comportementaliste
La théorie du "mere exposure"
Zajonc en 1968 a prouvé que l'exposition répétée des individus à des stimuli neutres provoque
une attitude positive, sans pour autant que cela passe par des mécanismes cognitifs. Il a
exposé plusieurs fois des individus un anagramme chinois et il a observé qu'en présentant
ensuite cet anagramme parmi d'autre, les individus le préféraient. La simple exposition au
stimuli suffit pour que les individus préfèrent l'alternative qui leur est la plus familière. Dans
le cadre d'Internet ceci se traduirait par le fait que même si les individus déclarent qu'ils "ne
regardent même pas les bannières" celles ci pourront avoir un effet sur leurs préférences après
un certain nombre d'exposition.
La théorie du conditionnement classique
L'expérience de Pavlov et de son chien est assez bien connue et exploitée dans le cadre de la
publicité classique : On associe le nom de marque (à priori un stimulus neutre) à des stimuli
positifs et on voit qu'au bout d'un certain nombre de répétitions, le stimulus à priori neutre
crée une réaction positive. Tout cela sans réflexion ou réaction consciente. Là encore on peut
voir une analogie avec le cadre d'Internet En effet, lors de sa navigation, l'internaute se trouve
en présence d'un stimulus favorable à savoir, la visite du site qu'il a choisi, et en même temps,
il est exposé, dans ce contexte favorable, à une bannière. On peut supposer que les réactions
positives liées à la navigation se traduiront par une réaction positive vis à vis de la marque
annoncée par la bannière. Ainsi la répétition renforce cette relation entre le stimulus positif
(visiter un site) et le stimulus neutre (la publicité). Notons ici que l'école comportementaliste
ne stipule pas de seuil de saturation. Pour cette étude, nous supposons que :
1 / 21 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!