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Confédération Française de l’Encadrement - Confédération Générale des Cadres
Nous sommes par conséquent convaincus que la relance de l’économie et de l’industrie française
passe par une stratégie de structuration du capital adaptée aux fondamentaux économiques de
chaque entreprise. Ainsi :
• Pour les entreprises en devenir, sur les nouvelles technologies (start up), développer les socié-
tés de capital risque.
• Pour les entreprises industrielles, dont les cycles économiques et industriels sont par nature
longs, privilégier une structure actionnariale stable, de long terme, qui permette de mobiliser
l’épargne longue.
Il s’agit donc, comme le dit Michel Sapin, de rencontrer la «bonne finance» ! Ceci suppose d’évi-
ter la standardisation, bien souvent financiarisée, des structures de capital et de bâtir une stratégie
actionnariale diversifiée, adaptée à chaque catégorie d’entreprise.
C’est ainsi que le statut de SCOP et de Société d’Intérêt Coopératif (SIC) peut se révéler adapté
à certaines catégories d’entreprises. Des modèles sociétaires peuvent eux se révéler adaptés à
d’autres entreprises…. Il s’agit bien de créer les conditions de la diversité des structures de capital,
en sortant de la mode du capitalisme financier.
V. Une des clefs, c’est de mobiliser l’épargne française
Alors que les pays anglo-saxons souffrent d’une épargne domestique peu abondante, la France a
la chance de disposer d’une épargne domestique, populaire, abondante.
Pourtant, l’aversion des Français au risque les fait se détourner des marchés actions et préférer les
placements réglementés et autres assurance-vie. Idem pour l’épargne salariale où l’aversion au
risque fait choisir les placements monétaires.
Il s’agit donc de construire de nouveaux instruments financiers, correspondant aux attentes des
épargnants Français (placements non risqués, capital garanti contre rémunération raisonnable…),
ce qui interdit de passer par l’intermédiation boursière, et qui permettent de renforcer les fonds
propres des entreprises, en priorité celles dont les cycles économiques sont longs.
En mobilisant l’épargne des Français vers le financement des entreprises et en particulier leurs fonds
propres, en priorisant les secteurs nécessitant d’importants financements, de long terme et reposant
sur des actifs de nature à limiter les risques, nous mobiliserons l’épargne des Français pour le finan-
cement de l’économie française.
Cette mobilisation de l’épargne longue des Français et des salariés vers les investissements longs
est d’autant plus importante que les investisseurs de long terme sont rares (note du CAE 2010).
VI. L’enjeu crucial des infrastructures
Les infrastructures sont au cœur de l’attractivité, de la compétitivité et de la souveraineté du pays
mais aussi de l’Europe.
Il est donc indispensable d’en assurer la qualité, le développement et la pérennité. Il faut donc
assurer le financement des investissements dans les infrastructures. Ne serait-ce que pour éviter les
situations britanniques, portugaises et grecques où l’incapacité à financer leurs infracstructures du
fait de l’endettement public et de la faiblesse de l’épargne domestique a conduit ces pays à se
tourner vers des investisseurs non européens pour en assurer le financement, au risque d’en perdre
la maîtrise.
Il faut en assurer le financement, et ce à moindre coût, pour préserver ce facteur d’attractivité de
notre pays. Il faut donc limiter le coût du capital des entreprises gérant ces infrastructures. Il y a
donc tout intérêt à orienter l’épargne longue des Français vers le financement des infrastructures, y
compris via les fonds propres des entreprises les gérant.
Les infrastructures sont des actifs physiques tangibles, régulés et par nature de long terme.
Elles présentent des risques très faibles, des revenus stables et régulés, un horizon de temps
adapté à l’épargne de long terme, elles peuvent donc offrir une rémunération du capital modeste
et une garantie.