Le XXème siècle

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.2ème envoie
ENFANCE
ET HISTOIRE OU COMMENT LA COMPREHENSION DE L’ENFANCE A
EVOLUE DANS LE TEMPS.
4.1. Avant le 17ème siècle
4.1.2. LES PREMIERS DISCOURS SUR L’ENFANT
4.1.2. LES PREMIERS DISCOURS SUR L’ENFANT
4.2. AU 18EME SIECLE
4.3. LE 19EME
SIECLE
4.3.1. L’APPARITION
DES PREMIERS BIOGRAPHE
4.3.2. La théorie générale de l’évolution des espèces
4.3.4. LA
NAISSANCE DE LA
PSYCHOLOGIE
SCIENTIFIQUE
4.3.5. - Le XXème siècle.
3-APERÇU
HISTORIQUE
SUR
L’ETUDE
DEVELOPPEMENTALE
DE
L’ENFANT
Les considérations et les représentations, les discours sur l’enfant et
l’adolescent reflètent les croyances
des périodes historiques successives,
depuis les temps anciens jusqu’à la période actuelle. Dans l’antiquité grecque et
romaine l’enfant n’avait aucun droit .Sa survie dépendait de l’autorité paternelle.
Bideau et al. (1999) nous disent comment Sénèque estimait raisonnable de noyer
les enfants débiles et faibles et comment Tacite considérait les juifs
d’excentriques parce qu’ils tenaient à maintenir en vie tous les nourrissons.
Le développement de l’enfant est aujourd’hui
une discipline qui étudie
comment s’opère dans le temps l’évolution de l’enfant dans son ensemble. Mais le
concept de l’enfant tel que nous le connaissons maintenant et auquel nous nous
intéressons est très récent ; parce que tout simplement, les considérations et


les représentations que les adultes avaient sur/de l’enfant ont évolué depuis
l’antiquité à nos jours.
3-1 Avant le 17ième siècle,
Toutes sortes de conceptions sur l’enfant et la manière de l’élever pour
qu’ils deviennent des adultes responsables circulaient ; ce qui signifie que le
concept d’enfance tel que nous le connaissons aujourd’hui et auquel nous nous
intéressons est très récent car, peu de cas étaient faits des nouveaux nés. Les
adultes ne percevaient pas les enfants comme qualitativement différents d’eux,
avec des besoins spécifiques pouvant contribuer à leur propre développement
Les peintres et les sculpteurs de l’époque avaient des difficultés à percevoir une
différence entre l’enfant et l’adulte et leurs peintures et sculptures
représentaient des enfants comme des adultes en miniature. Chez les grecs et
les romains les nouveau-nés débiles et faibles étaient supprimés seuls les
enfants fiables faisaient l'objet de soins attentifs, la visée était de faire d'eux,
de bons citoyens (guerriers).
La doctrine puritaine se fondait sur la croyance que le péché de
désobéissance d’Adam et Eve, se transmettait de génération en génération, le
nouveau-né, s’il n’était pas racheté, héritait de ce péché originel et serait
condamné à l’enfer après sa mort. D'ailleurs, les gens d'église n'étaient pas en
reste; pour eux, l'enfant était porteur d'instincts fondamentalement mauvais
hérités du péché originel qu'il fallait corriger par l'éducation. Pour le Cardinal
Bérulle (1575-1629), l'Evêque Bossuet (1627-1704), Saint Augustin (354-430)
« J’ai été conçu, dans l’iniquité, c’est dans le péché que ma mère m’a porté… où
donc, Seigneur, où et quand ai-je été innocent ? » C’est ainsi que s’exprimait
Saint Augustin (35-430) les confessions, Editions les Belles Lettres….
L’enfant semble privé d’enfance (il est proche de l’animal et voué au péché)
mais cela ne veut pas dire que le sentiment de l’enfance n’ait jamais existé. Pour


A. Alexandre Bidon, « le sentiment de l’enfance a toujours existé » parce que
dit-elle, il témoigne de l’infantile considéré comme rapport infini de l’enfant à
l’adulte1
Jusqu’au 17ème siècle,
L’étude psychologique de l'enfant n'entrait pas dans les préoccupations
littéraires, philosophiques et scientifiques. Les écrivains de l'époque étaient
préoccupés de l'homme adulte et ne voyaient pas en l'enfant qu'un adulte en
miniature un petit homme, beaucoup moins qu'un « petit de l'homme » que
l’éducation doit corriger.
L'enfant était perçu, pensé sur le modèle de l'adulte unique et parfait
modèle, et les auteurs de l'époque n'éprouvaient pas le besoin de baser leurs
recommandations pédagogiques sur l'étude développementale de l'enfant car
pour eux, il suffisait de connaître l'adulte, à quelques rares exceptions pour
connaître l’enfant. On retrouve chez PH. Ariès dans la définition qu’il donne au
« mignotage » un signe du sentiment superficiel de l’enfant que les anciens
réservaient à l’enfant des toutes premières années.2
Cette rigueur dans le jugement va être atténuée par certains philosophes
(humanistes). D'abord Platon (427 – 347 avant JC) va introduire une certaine
conception de l'enfant et de son développement qui fera de l'enfant un adulte en
réduction et de l'action éducative, une toute puissance. Par cette conception, on

1
Bulletin de Psychologie, n° 449, Tome 53 (5) Sept. - Oct. 2000. L’infantile, n’est pas enfance. L’enfance est
composée d’événements et elle, concerne la manière dont l’enfant « signifie » les choses et la manière dont
l’enfant a signifié ce à quoi il était confronté à ce qu’il a vécu et comment il l’a intériorisé en le signifiant » en lui
donnant un sens singulier en fonction de son organisation du moment. L’infantile concerne aussi l’adulte ; ce
qui de nos vécus et expériences infantiles reste actif en nous.
« On s’amusait avec lui comme avec un animal, un petit singe impudique, s’il mourrait alors, comme cela arrivait souvent,
quelques uns pouvaient s’en désoler, mais la règle générale était qu’on n’y prit pas trop garde un autre le remplacerait
bientôt… ».
2


décèle chez l'enfant des potentialités données à la naissance et qui ont besoin
d'être actualisés, la différence entre l'enfant et l'adulte n'étant qu'affaire de
quantité, toute conformité aux normes adultes était jugée incorrecte et
perverses. Pour Platon (427 – 347 avant JC) « L’enfant est un adulte en
miniature » il n’est différent de l’adulte que d’un point de vue quantitatif.
Platon a un point de vue innéiste : pour lui, tout est fixé à la naissance,
l’éducation et l’environnement n’ajoutent rien ; ils ne font qu’actualiser les
potentialités qui sont fixées à la naissance. Il faut savoir que cette
conception platonicienne implique que : les comportements de l’enfant sont
régis par les mêmes mécanismes que ceux de l’adulte ; ce qui signifie que
toute inconformité aux normes adultes est perçue comme négative.
L'influence des humanistes du 16ème et 17ème va changer les conceptions
sur l'enfant. Les recherches sur l'enfant d'abord calqués sur le mythe de
l'adulte unique et parfait modèle vont être orientées vers des modes de penser
propres à l'enfant. La promotion et la réflexion sur la pratique pédagogique
s'observent à partir d'ouvrages célèbres tels :
"De l'éducation des filles" 1683 de Fénelon – "De Pueris" du Hollandais
Erasme (1469 – 1530) ; dans cet ouvrage, Erasme dévoile les bases d'une vérité
pédagogique. C'est lui qui dit : "on ne naît pas homme, on le devient et le devenir
n'est pas le fruit de la maturation physiologique et psychique, il et surtout celui
de l'art pédagogique. "Eloge de la folie" où l'on justifie l'intérêt accordé aux
enfants est également de Erasme. Il dit des enfants, "la bienfaisance nature leur
a donné le charme de la folie". "Didacta Magna" où Comenius (1631-1658)
introduit le principe de "degrés pédagogiques correspondant à des programmes
spécifiques justifiant la pratique de méthodes réalités et concrètes. "Some
Thoughts Concerning Education" du philosophe anglais John Locke (1593 – 1704).


C'est Locke qui fait état du premier discours systématique sur l'enfant. Selon
lui, les enfants naissent bons, indépendants et égaux ; Locke pensait que l'esprit
humains à la naissance était semblable à une tablette vierge (tabula rasa) sur
laquelle l'expérience vient s'inscrire chez J. Locke, le rôle de l'expérience est
fortement valorisé. L’élaboration d’une méthode d’éducation répondant à des
impératifs pratiques et éthiques n’exige pas l’étude des traits spécifiques de
l’enfant.
Bien avant les humanistes, et à une époque (1492-1540) où il suffisait de
connaître l'adulte pour connaître l'enfant, l'espagnol Vives a écrit de
« Tradendes disciplinis », ouvrage qui va marquer la cassure avec la métaphysique
en insistant sur l'importance de la pratique et de l'expérience sur l'enfant. Dans
ce sens, les philosophes ont été les premiers à avoir mené des réflexions sur
l’éducation à donner aux enfants. Vers la fin du 17ème siècle, on observe un
dépassement progressif de la tradition : une mentalité nouvelle, une mentalité de
progrès, les possibilités et la vie de l'enfant feront l'objet d'une attention plus
nette mais l'enfant des humanistes de la fin du 17ème siècle est considéré
comme différent de l'adulte sur le plan seulement quantitatif. L'enfant n'est là
que comme instrument, matière à éducation.
3-2 Au 18ème siècle
C’est à partir du 18ème siècle, avec le mouvement philosophique des
Lumières que commence la valorisation explicite de l’enfant. Il faut voir en cela
un intérêt politique lié à la crainte du dépeuplement qu’engendre la préoccupante
question de la mortalité infantile. Les milieux cultivés de l’époque réfléchissent
sur les moyens de « conservation » des enfants. La pédagogie est la discipline la
plus sensible à cette valorisation de l’enfant et au respect des rythmes ; elle va
développer le courant de l’éducation nouvelle. Ce courant va mettre l’enfant au


centre de ses apprentissages et le considérer comme le principal acteur de sa
formation.
C'est Rousseau au 18ème siècle qui va amener le mouvement annonçant la
psychologie de l'enfant et de l'adolescent avec la publication en 1762 de son
célèbre Emile.
Jean-Jacques Rousseau prend une place particulière dans la diffusion de la
plupart de nouvelles idées auprès des parents éclairés (de la haute société) ;
ceux-ci vont se mettre à élever leurs enfants selon les principes que
recommande Rousseau : - Pas d’emmaillotement
maternel ;
-
Attachement
maternel.
Ces
du bébé ; - Allaitement
principes
vont
modifier
les
comportements des parents de la haute bourgeoisie mais pas ceux des classes
les moins favorisées qui vont continuer à mettre leurs enfants chez des
nourrices et à les abandonner pour leur propre survie à elle-même. Ces principes
pour Rousseau sont :
▪ L’enfant correspond à une réalité psychologique bien définie et n’est
plus considéré comme un petit homme. Il lui reconnaît des manières propres à
agir, à penser.
▪ L’enfance ne consiste pas seulement en l’apprentissage de la vie
adulte ; elle possède sa propre valeur. En cela, Rousseau a innové : « L'enfance
est une vie. Elle a ses réalités et ses valeurs propres, différentes de celles
du monde adulte ».
Et Thibaut & Rondal (1996) reprennent que l’enfance a
droit à son épanouissement durant ses années de croissance"
▪ L’enfance est caractérisée par son innocence ; Rousseau parle de la
bonté originelle de l’enfant. Si l'homme est mauvais pense-t-il, ce n'est pas en
raison du péché originel mais parce que la société le corrompt. Rousseau (1762)
déclare : « tout est bien sortant des mains de l’auteur des choses tout dégénère
entre les mains de l’homme ».


▪ La croissance de l’enfant est ordonnée avec un rythme fixé
naturellement et l’éducateur doit respecter ce rythme ; de même qu’il doit
respecter les étapes du développement physiques (des organes) et mental (des
facultés) qui se succèdent dans un ordre croissant. Rousseau
distinguer
nettement plusieurs étapes dans le développement physique, intellectuel et
moral ».3
▪ Il introduit la notion d’étapes ordonnées chronologiquement et préfigure
ainsi, la notion de stade qui jouera un rôle prépondérant en psychologie du
développement.
« De la naissance au mariage, l’enfance est divisé en cinq
étapes qui correspondent à autant modes d’éducation différents ».4 : 1) l’âge de
la nature (infant) de la naissance à 2 ans ; 2) l’âge de la nature (puer) ou l’âge
de la formation du corps et des sens de 2 à 12 ans ; 3) l’âge de la force ou l’âge
de la formation intellectuelle et technique : de 12 à 15 ans ; 4) l’âge de la raison
et des passions ou l’âge de la formation morale et religieuse de 15 à 20/25 ans ;
5) enfin l’âge de la sagesse et du mariage à partir de 25 ans.
Ainsi donc, pour Rousseau, les processus de transformation sont régis de
l’intérieur il y a donc chez lui la primauté des facteurs endogènes ; l’expérience
et l’environnement jouent néanmoins un rôle sur le développement. IL réfute
donc l’idée selon laquelle le nouveau-né serait une tabula rasa sur laquelle
l’expérience viendrait s’imprimer ; prenant le contre-pied de la conception de
John Locke il affirme que l’éducation doit tenir compte des particularités de
l’enfant. Rousseau va donc changer complètement la perspective, le regard porté
sur l’enfant ; il devient un objet d’étude nécessaire, indispensable pour les
éducateurs. Et Deleau (1999 :21) va développer l’idée que l’étude de l’enfant
« va apparaître comme une voie royale pour connaître et expliquer la genèse de

3
Bulletin de psychologie, Op. Cit., p. 553.
4
Bulletin de psychologie, Op. Cit., p. 553.


l’organisation psychique achevée dans ses formes normales comme dans ses
formes pathologiques. »
Ainsi est tracée la liaison entre la psychologie de l’enfant et la psychologie
du développement.
Avec Rousseau, il y a l'idée d'une différence non seule quantitative, mais
aussi qualitative entre l'enfant et l'adulte. Il y a chez lui une claire, prise de
conscience de la relation nécessaire entre éducation et psychologie mais plus
encore la saisie de la réalité psychologique de l'enfance qui va anticiper le point
de vue moderne. « L'enfance est une vie. Elle a ses réalités et ses valeurs
propres, différente de celles du monde adulte ». Elle a droit à son
épanouissement durant ses années de croissance" Thibaut & Rondal (1996).
Rousseau montre l'originalité du développement de l'enfant et la nécessité
de tenir compte de sa spécificité sous peine de pervertir l'enfant reconnu
comme étant nécessairement bon dès le départ. Si l'homme est mauvais penset-il, ce n'est pas en raison du péché originel mais parce que la société le
corrompt. Rousseau (1762) déclare : « tout est bien sortant des mains de l’auteur
des choses tout dégénère entre les mains de l’homme ».
En résumé, la publication d'Emile est un signal révolutionnaire en
pédagogie en ce sens que : Le rôle de l'expérience fortement valorisé chez Locke
va se comprendre chez Rousseau comme une interaction entre l'enfant et son
milieu ; impliquant autant l'enfant que le milieu .Il ne s'agit plus chez l'enfant
d'un mal à corriger mais d'une période spécifique qui a sa valeur : l'enfant n'est
plus porteur d'instinct fondamentalement mauvais mais un innocent que la
société pervertit ; sa croissance est ordonnée par la nature et l'éducation doit
s'appuyer sur ce mouvement naturel et non le contraire.
Une des conséquences de ce changement de conception concernant
l'éducation est qu'il devient nécessaire de connaître l'enfant pour mieux


l'éduquer. L’enfant est pris en compte en tant que tel, non plus soumis au modèle
de l’adulte à imiter, mais comme quelqu’un en soi qui a un développement propre.
D'autres pédagogues ont continué les idées de Rousseau au début du
XIXème siècle. Froebel (1782 - 1812) ; Pestalozzi (1747 - 1824) ; Herbart (1776 –
1841) et Kant, tous deux philosophes réaffirment la nécessité de fonder la
pédagogie sur la psychologie et de respecter les droits de l'enfance, ajuster le
pratique pédagogiques aux lois de la psychologie. "A chacune des étapes de
croissance fixées par la nature doit correspondre une éducation particulière".
Mais à cette époque, les discours sur l'enfant restent spéculatifs : aucune
observation scientifique de l'enfant ne semble avoir été publiée en dehors de
« quelques indications sur l'évolution psychologique » écrites (en allemand) par le
pédagogue Suisse E. Claparède (1926) un des fondateurs de l’institut J.J.
Rousseau à Genève.
LE 19EME
SIECLE
▪ L’apparition des premiers biographes ; ▪ La théorie générale de l’évolution des
espèces. ; ▪ La naissance de la Psychologie scientifique.
4.3.1. L’apparition des premiers biographes
Cette période va voir se développer "la pratique de tenir un journal détaillé des
progrès de l'enfant". Ce sera l'apparition des premiers biographes d'enfants
donc des premières tentatives de description des aspects les plus saillants de
l'ontogenèse. Les biographies des enfants ont fourni des informations
approfondies et très utiles dans le développement normatif de l’enfant. Le
premier journal connu date de 1601 l’année de la naissance du fils d’Henri IV
faite par Heroard médecin du Prince.


Deux siècles plus tard, en 1787 Dietrich
Tiedeman (1787) publia ses
observations sur le développement sensorimoteur, verbal et intellectuel de son
fils ; travail qui
témoigne d’un souci méthodologique dans l'organisation du
recueil d'observations.
Wilhem Preyer (1841 - 1897) fait partie avec Taine 1877 et Darwin 1877 des
premiers parents biographiques d'enfants. "Die Scele Kindes" l'âme enfantine,
observation biographiques de son fils à travers laquelle on note les véritables
débuts de l'étude scientifique de l'enfant. Preyer va établir l’étude de l’enfant
sur des bases scientifiques et va poser les problèmes de genèse que d’autres
chercheurs
vont examiner pendant plusieurs décennies : observant son fils
chaque jour, trois fois par jour ; on retiendra de ses travaux la richesse, la
fermeté, la finesse.
Baldwin, psychologue américain a écrit : The mental development in the Child
and the race en 1895 sur la base de l'observation de ses deux filles ;
il a
fortement influencé de grands théoriciens tels que : Piaget (cf. la notion de
réaction circulaire et de l'importance de l'imitation) et Wallon qui lui a emprunté
la notion de Socius : car Wallon met l'accent sur le rôle de l'autre dans la
construction de la personne.
Ch. Darwin (1839) qui a publié
" Biographical Sketch of an infant " sur les
observations quotidiennes de son fils Doddy. Ces observations témoignent que :
bien avant d'être capable de parler, Doddy faisait preuve de possibilités
d'expression et de compréhension des mimiques d'autrui, ce qui permettait la
communication dès le plus jeune âge, il démontre par là que l'utilisation du
langage se greffe sur cette première communication qui elle n'a rien de
spécifiquement humain. Darwin pensait qu'il n'y avait pas de rupture entre les
aptitudes des animaux et les aptitudes humaines et l'observation quotidienne du
comportement du bébé permet de saisir ce lien là.


Deux siècles plus tard
en 1787 l’on constate toute la difficulté de la
question de la neutralité de l'observateur quand il s'agit d'un enfant à un statut
aussi original que celui de prince ou quand il est question de son propre enfant.
Cette absence d’objectivité, sera contournée
par l’observation de plus d’un
enfant particulier, mais par de vastes populations d’enfants par de statistiques.
Les travaux de Bernard Pérez (1836 – 1903) pédagogue français vont se
distinguer des autres par la méthode de comparaison et l’étude systématique des
grandes
fonctions
dans
leur
aspect
développemental.
Avant
Pérez
les
monographies se bornaient en un coup d’œil rapide sur les qualités, les défauts,
sur l’enfance… Les observations minutieuses étaient réalisées par les parents et
quand elles étaient pratiques, elles étaient rares. Pérez a été le premier a
systématisé un ordre d’observations ; Il a observé des enfants ; il a comparé les
capacités des enfants à celles des animaux. Il a publié en 1878
« Les trois
premières années de l’enfant »
4.3.2. La théorie générale de l’évolution des espèces
Les préoccupations de Darwin n'étaient pas que biographe elles étaient
aussi philosophiques. Darwin s’est interrogé sur l’origine de l’homme et sa
spécificité et a introduit une notion de continuité entre l’animal et l’homme
s’opposant ainsi à l’hypothèse de Descartes d’une discontinuité entre l’animal et
l’homme. Dans la "descendance de l'homme" (1871), il cherche à démontrer que
l'esprit de l'homme tout comme son corps est le produit d'une évolution
historique qui le lie à l'animal plutôt qu'a Dieu ; A partir de l’étude des
ressemblances morphologiques avec les autres mammifères, il établit des
ressemblances au niveau des capacités mentales des hommes et des autres
primates ; ces capacités sont différenciées en degrés. Darwin établit ainsi une
théorie gradualiste ; modèle de développement qui prend en compte l’évolution
phylogénétique ; relativement à la théorie gradualiste ; des arguments sont en


faveur d’un partage observé de 98% des gènes par l’homme et le chimpanzé ; ce
qui
peut
expliquer
qu’ils
caractéristiques communes
(l’homme
et
le
chimpanzé)
partagent
des
aux niveaux anatomique et physiologique. A cette
théorie gradualiste les post-darwiniens proposent : une théorie des équilibres
ponctués qui postule que : l’homme contrairement au chimpanzé, évolue dans un
environnement façonné par lui-même et dispose d’un ensemble de connaissances
sur ce environnement (croyances, valeurs qui constituent la culture, transmise
par un code spécifique le langage.) ; dans la même lancée il avait écrit en 1872
"l'expression des émotions chez l'homme et les animaux " où l'on trouve
certains principes méthodologiques propices à mieux comprendre l'humain. Dans
ces deux textes, il montre l’intérêt pour les différences individuelles, le
développement de facultés mentales et des degrés de civilisation. Pour Darwin,
l'étude de l'animal est donc importante parce qu'elle permet d'explorer une zone
frontière de l'humain : l'étude de hommes primitifs et des enfants permet
d'avancer dans cette compréhension ; ces derniers sont les témoignages vivants
des degrés d'évolution".
L’hypothèse de Darwin amène à défendre
l’idée que les capacités
intellectuelles se sont graduellement perfectionnées au cours de l’évolution
grâce à la sélection naturelle ; concept qui postule que : dans les conditions
normales, les ressources sont suffisantes pour permettre la survie d’une espèce
donnée. S’il y’a un changement de ces conditions, ex : climat, seuls les individus
qui pourront s’adapter, survivront ; si toute l’espèce est incapable de s’adapter,
l’espèce disparaît. Darwin Inscrit l’homme dans la théorie générale de l’évolution
des espèces.
(Toutefois nous devons
signaler que des recherches ont été faites sur la
structure de l’ADN afin de statuer sur l’origine de l’homme, par les savants


réunis à l’école de paléontologie
génétique de Strasbourg ; ces derniers
avancent qu’aucune parenté n’existerait entre l’animal
4.3.4. La naissance de la Psychologie scientifique
Les deux mouvements précédents : les premiers discours systématiques
sur l’enfant ; et l’influence de la création de la théorie générale de
l’évolution
des
espèces
participent de la naissance de la psychologie
scientifique.
Ils vont permettre à la psychologie vers
la fin du 19ème
siècle, de se
constituer comme une discipline scientifique et se détacher de la philosophie.
En créant le premier laboratoire de psychologie en 1879, William Wundt
philosophe sera le premier à
rendre scientifique l’étude du comportement
humain par des études sur la perception : stimulus, temps de réaction). (C'est lui
qui invente le tachistoscope (appareil permettant la présentation rapide de
stimulation visuelle). La démarche consistait à appliquer à l’étude du psychisme
humain des méthodes utilisés par les sciences exactes ceci pour échapper à
l’introspection qui n’était plus
considéré comme méthode scientifique parce que
trop subjective et vouée à l’inobservable et au non- quantifiable.
Stanley Hall
sera le premier psychologue
de l’enfant. Il
va créer et
diriger le premier laboratoire de psychologie de l’enfant de l’enfant à Baltimore.
C’est lui qui fonde la "National Association for the study of children". Hall va
déterminer une terminologie nommée Paidologie (du grec Païdos : enfant) et
créer une méthode propre à l’étude du développement de l’enfant en généralisant
l’utilisation de l’observation. Stanley Hall a rendu populaire la fameuse théorie
de Haeckel. (biologiste allemand et disciple de Darwin) selon laquelle
l'ontogenèse récapitule la phylogenèse cela veut dire que le développement
individuel reproduit les phases de l'évolution biologique et culturel de l'espèce.


Cette loi évolutionniste, Spencer (1820 – 1903) va la récupérer en psychologie
de l'enfant comme tentative d'explication des étapes du développement. Il dit :
"pendant ses premières années, tout homme traverse les phases de caractères
qu'a traversée la race barbare dont il est descendu :
En France, Buisson va fonder en 1900 la société libre pour l'étude de
l'enfant qui sera présidée et animée par Alfred Binet, qui va jeter des bases
d'une psychologie différentielle de l'intelligence par l'observation quotidienne
de ses deux filles. Stern publiera la description de ses trois enfants ouvrage qui
sera retenu pour sa prédiction.
Le Belge Quételet va être le 1er à appliquer la méthodologie statistique à l'étude
de l'homme. Dans "Essai de physique social il rapporte et analyse en 1835 des
recherches dans le sens American de life-span developmental psychology"
puisque dans cet essai, il travaille sur : "une variété de données sur l'évolution de
force de préhension manuelle et de différentes caractéristiques psychologiques
entre 6 et 60 ans ".
Ces trois mouvements vont donc participer de la naissance de la
psychologie du développement
Le XXème siècle.
Il sera
la période d'expansion de la psychologie par l'action des
empiristes et de théoriciens.
4.3.5.1. Pour les empiristes, le chef fil sera A. Gesell et A. Binet. (1857 – 1911)
est l’inventeur de la fameuse échelle métrique de l’intelligence, avec cette
échelle, les problèmes du développement sont abordés d’une manière objective,
c’est-à-dire qui rend l’étude scientifique possible. La référence au mouvement
temporelle de l’enfance passe du plan spéculatif au plan empirique. Cette échelle
est un moyen
de diagnostique classificatoire qui hiérarchise la diversité


individuelle ? (la métrique de l’échelle est une métrique de comparaison) ; la
psychologie du développement sort par là des constructions philosophiques ou
littéraires. Arnold Gesell (1880 – 1916) américain s’est inspiré de la méthode de
Binet pour construire une échelle de la mesure du développement des bébés. Les
tests de Gesell mettent l’accent sur les mécanismes internes de l’organisme ;
alors que l’échelle métrique de Binet évolue l’intelligence. La trilogie « le jeune
enfant de la civilisation moderne » « l’enfant de 5 à 10 ans ; l’adolescent » est de
lui. Nous lui devons aussi la technique du film, au service de l’observation
systématique du comportement de l’enfant. Le baby test adapté pour la France
par Odette Brunet et Irène Lezine est de lui.
Les théoriciens
Pour les théoriciens : la description est un moment capital dans l’élaboration du
savoir scientifique, il faut savoir néanmoins aller au-delà de la description
interpréter les traits observés, les intégrer dans un système général
d’explication. On cite : J. Broadus Watson (1878 – 1958) parmi les premiers
théoriciens de l’ère d’expansion de la psychologie. Il est le fondateur du
Behaviorisme ; dans le manifeste qu’il écrit en 1913 : la psychologie telle que la
voit un Behavioriste insiste sur la nécessité d’écarter le recours à l’introspection,
à l’état mental de toute orientation scientifique et ceci même si elle s’intéresse à
l’objet humain. Il fut le premier à tenter d’expliquer les mécanismes du
développement émotionnel en s’inspirant des découvertes de Pavlov sur le
conditionnement. (Exemple du petit Albert) ; Watson souligne dans ses travaux,
l’importance des conditionnements précoces, de même que le rôle des conditions
environnementaux pour le développement différentiel des personnes. On cite :
Sigmud Freud (1856 – 1939) avec ses continuateurs a continuellement insisté sur
l’importance des expériences vécues pendant l’enfance pour la constitution de la
personnalité.
Il
assigne
à
l’enfance
une
place,
prépondérante
pour
la


compréhension de l’adulte. Les stades du développement qu’il décrit : oral, anal,
phallique, phase de développement général, sont considérés comme formant le
système de stade le mieux déterminé, le plus représentatif. On trouve dans
l’œuvre de Freud la première théorie systématique du développement de la
personnalité à partir d’un effort de compréhension du fonctionnement anormal
des conduites d’organismes adultes, ce qui veut dire que la recherche d’une
explication du fonctionnement pathologique de l’adulte le conduit à déceler
l’origine des troubles dans l’histoire de l’enfance. En même temps qu’il réfute le
mythe de l’enfant bon, pervertit par la société, Freud place l’histoire affective
de l’enfant comme l’élément central de la construction de la personnalité
individuelle.
La 2ème moitié du XXème Siècle
Dans les années 30, 40 malgré l’influence de Watson et Freud, la psychologie a
continué d’être descriptive. Elle a véritablement pris son essor, que dans les
années 50, on cite plusieurs facteurs.
D’abord, l’invasion des expérimentalistes en psychologie du développement : la
psychologie est devenue plus expérimentale qu’avant ; progrès de la technologie
en général et en particulier, progrès de la mise au point des techniques de
mesure et de contrôle des variables en psychologie et aussi le développement
des divers sous secteurs d’étude centrées soit sur le développement perceptif
soit sur le développement intellectuel. Il y a ensuite, la redécouverte pour la
communauté scientifique des travaux de J. Piaget (1896 – 1980). L'observation
de ses propres enfants va lui permettre de saisir les premières manifestations
de l'intelligence chez l'enfant et de constituer des bases de données à partir
desquelles il commencera à élaborer son modèle : il assigne à l'enfance une place
prépondérante pour la compréhension de l'adulte. Piaget a été l'un des premiers
auteurs à prendre conscience des limitations de l'approche du problème du
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développement intellectuel par les tests et a élaboré une méthode particulière
pour accéder au processus de raisonnement. C'est ainsi que dans l'entretien
clinique qu'il élabore il distingue 5 types de réponses : le n'importequisme, la
fabulation, la croyance suggérée, la croyance déclenchée, la croyance spontanée.
On connaît la notion de stade chez Piaget qu'il décrit minutieusement en
montrant comment chaque nouveau stade est à la fois reprise et dépassement du
stade antérieure, il décrit ainsi 4 stades de l'intelligence : l’intelligence sensorimotrice ; l'intelligence préopératoire ; l'intelligence opératoire; l’intelligence
opératoire formelle. Même si un mouvement contestataire se développe depuis
quelques années autour des travaux de Piaget il demeure que le mérite lui revient
d'avoir élaboré un système assez cohérent servant toujours de point d'appui à
des recherches ultérieures.
Il y a en également les travaux d'Henri Wallon (1879 – 1962) la
perspective d'analyse en terme de stade chez H. Wallon est profondément
originale car elle se donne comme objet la personnalité globale. Wallon considère
l'émotion comme le fait psychologique initial d'articulation du biologique et du
social. L'avance d'Henri Wallon sur les récents travaux depuis quelques années
en psychologie de l'enfant est perçue comme les notions de bases relatives à la
première enfance où l'émotion est définie comme réaction vitale d'attachement.
Le mérite de Wallon a été de saisir que la vie sociale de l'enfant commençait
très précocement avant que celui-ci ne soit capable de solliciter son entourage
et de lui répondre par les paroles ; et c'est par le biais de émotions que s'établit
la relation5.
Derniers facteurs d'intérêts, ayant contribué à l'essor de la psychologie
du développement. D’abord le regain d'intérêt relatif aux origines du
comportement ; ensuite l'intérêt porté par les psychologues aux très jeunes
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Ceci nous rappelle les idées émises par Charles Darwin dans Biographical Sketch of an infant monographie écrite sur les
observations quotidiennes de son fils Doddy.
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enfants aux comportements du tout début de la vie des organismes humains. Les
progrès de la technologie (photographies, filmique électronique) permettent de
multiples possibilités d'expérimentation
La 2ème moitié du XIX
Cette période
ème
siècle
va voir se développer "la pratique de tenir un journal
détaillé des progrès de l'enfant". Ce sera l'apparition des premiers biographes
d'enfants donc des premières tentatives de description des aspects les plus
saillants de l'ontogenèse. Ensuite au niveau méthodologique, ce sera de vastes
enquêtes dont le but sera de répertorier les connaissances les plus poussées des
enfants d'un âge donné. Ce sera le début de la psychologie de l’enfant.
Pour les monographies biographiques ; Les biographies des enfants ont
fourni des informations approfondies et très utiles dans le développement
normatif de l’enfant. Le premier journal connu date de 1601 l’année de la
naissance du fils d’Henri IV faite par Heroard médecin du Prince. Deux siècles
plus tard, en 1787
On cite :
Dietrich Tiedeman (1787) publia ses observations sur le développement
sensorimoteur, verbal et intellectuel de son fils ; travail qui témoigne d’un souci
méthodologique dans l'organisation du recueil d'observations.
Wilhem Preyer (1841 - 1897) fait partie avec Taine 1877 et Darwin 1877
des premiers parents biographiques d'enfants. "Die Scele Kindes" l'âme
enfantine, observation biographiques de son fils à travers laquelle on note les
véritables débuts de l'étude scientifique de l'enfant. Preyer va établir l’étude de
l’enfant sur des bases scientifiques et va poser les problèmes de genèse que
d’autres chercheurs vont examiner pendant plusieurs décennies : observant son
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fils chaque jour, trois fois par jour ; on retiendra de ses travaux la richesse, la
fermeté, la finesse.
Ch. Darwin (1809 – 1882) qui a publié en 1839 " Biographical Sketch of an
infant » sur les observations quotidiennes de son fils, Doddy. Ces observations
témoignent que : bien avant d'être capable de parler, Doddy faisait preuve de
possibilités d'expression et de compréhension des mimiques d'autrui, ce qui
permettait la communication dès le plus jeune âge, il démontre par là que
l'utilisation du langage se greffe sur cette première communication qui elle n'a
rien de spécifiquement humain. Darwin pensait qu'il n'y avait pas de rupture
entre les aptitudes des animaux et les aptitudes humaines et l'observation
quotidienne du comportement du bébé permet de saisir ce lien là d'ailleurs, les
préoccupations de Darwin n'étaient pas que biographe elles étaient aussi
philosophiques. Dans la "descendance de l'homme" il cherche à démontrer que
l'esprit de l'homme tout comme son corps est le produit d'une évolution
historique qui le lie à l'animal plutôt qu'a Dieu ; dans la même logique il avait écrit
en 1872 "l'expression des émotions chez l'homme" où l'on trouve certains
principes méthodologiques propices à mieux comprendre l'humain. Pour Darwin,
"l'étude de l'animal est importante parce qu'elle permet d'explorer une zone
frontière de l'humain : l'étude de hommes primitifs et des enfants permet
d'avancer dans cette compréhension ; ces derniers sont les témoignages vivants
des degrés d'évolution".
J. Baldwin : Psychologue américain qui a fortement influencé de grands
théoriciens tels que : Piaget (cf. la notion de réaction circulaire et de
l'importance de l'imitation) Wallon qui lui a emprunté la notion de Socius : car
Wallon met l'accent sur le rôle de l'autre dans la construction de la personne ;
Baldwin qui a écrit : The mental development in the Child and the race en 1895
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sur la base de l'observation de ses deux filles. En France, Buisson va fonder en
1900 la société libre pour l'étude de l'enfant qui sera présidée et animée par A.
Binet, qui va jeter des bases d'une psychologie différentielle de l'intelligence
par l'observation quotidienne de ses deux filles. Stern publiera la description de
ses trois enfants ouvrage qui sera retenu pour sa prévision, plus tard, Guillaume.
Le Belge Quételet va être le 1er à appliquer la méthodologie statistique à l'étude
de l'homme. Dans "Essai de physique social il rapporte et analyse en 1835 des
recherches dans le sens American de life-span developmental psychology"
puisque dans cet essai, il travaille sur : "une variété de données sur l'évolution de
force de préhension manuelle et de différentes caractéristiques psychologiques
entre 6 et 60 ans ".
L’on constate toute la difficulté de la question de la neutralité de
l'observateur quand il s'agit d'un enfant à un statut aussi original que celui de
prince ou quand il est question de son propre enfant
Les travaux de Bernard Pérez (1836 – 1903) pédagogue français vont se
distinguer des autres par la méthode de comparaison et l’étude systématique des
grandes
fonctions
dans
leur
aspect
développemental.
Avant
Pérez
les
monographies se bornaient en un coup d’œil rapide sur les qualités, les défauts,
sur l’enfance… Les observations minutieuses étaient réalisées par les parents et
quand elles étaient pratiques, elles étaient rares.
Pérez a été le premier a systématisé un ordre d’observations ; il a ajouté
aux esquisses et recherches des autres (Taine et Darwin) ; un riche fond de
réflexions propres et une part des expériences personnelles. Il a observé des
enfants ; il a comparé les capacités des enfants à celles des animaux. Il a publié
en 1878 « Les trois premières années de l’enfant »
Le deuxième aspect méthodologique sera l'avènement de vastes enquêtes
sur l'enfant. Elles seront surtout développées aux USA à l'initiative de Stanley
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Hall (1844-1924). Mais Stanley est l'élève de Wilhem Wundt fondateur du 1er
laboratoire de psychologie en 1879 à Liepzig en Allemagne. Nous lui devons les
premières tentatives pour rendre
scientifiques l'étude du comportement
humain. C'est lui qui invente le tachistoscope (appareil permettant la
présentation rapide de stimulation visuelle).
Stanley Hall dirige le 1er laboratoire consacré à l'enfant à Baltimore Il
fonde la "National Association for the study of children". Stanley cherche à
particulariser l'étude de l'enfant en lui donnant une appellation spécifique : la
paidologie ou pédologie (du grec Païdos enfant). Stanley a rendu populaire la
fameuse théorie de Haeckel. (biologiste allemand et disciple de Darwin) selon
laquelle
l'ontogenèse
récapitule
la
phylogenèse
cela
veut
dire
que
le
développement individuel reproduit le phase de l'évolution biologique et culturel
de l'espèce, loi évolutionniste que Spencer (1820 – 1903) récupère en
psychologie
de
l'enfant
comme
tentative
d'explication
des
étapes
du
développement. Il dit : "pendant ses premières années, tout homme traverse les
phases de caractères qu'a traversée la race barbare dont il est descendu»
En Belgique, l'influence de Decroly est importante. Decroly s'intéresse au
développement intellectuel linguistique moteur de l'enfant normal aussi bien que
du retardé mental. Il est aussi avec Degand, l'inventeur de la méthode idéo
visuelle ou globale d'apprentissage de la lecture.
En Italie, l'influence de Maria Montessori (médecin, psychologue,
éducatrice) est importante. Au cours du XXième siècle, l'évolution s'accélère. Une
trentaine de revues spécialisées en psychologie de l'enfant sont créées entre la
fin du 19ème siècle et 1940. Claparède cite : 486 publications en 1902 - 429
publications en 1903 - 1200 références bibliographes en 1926. Ce dynamisme va
se maintenir et s'accroître durant les décennies suivantes :
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Le XXEME siècle
Il sera
la période d'expansion de la psychologie par l'action des
empiristes et de théoriciens.
Pour les empiristes, le chef fil sera A. Gesell et A. Binet. (1857 – 1911) est
l’inventeur de la fameuse échelle métrique de l’intelligence, avec cette échelle,
les problèmes du développement sont abordés d’une manière objective, c’est-àdire qui rend l’étude scientifique possible. La référence au mouvement
temporelle de l’enfance passe du plan spéculatif au plan empirique. Cette échelle
est un moyen
de diagnostique classificatoire qui hiérarchise la diversité
individuelle ? (la métrique de l’échelle est une métrique de comparaison) ; la
psychologie du développement sort par là des constructions philosophiques ou
littéraires.
Arnold Gesell (1880 – 1916) américain s’est inspiré de la méthode de Binet
pour construire une échelle de la mesure du développement des bébés. Les tests
de Gesell mettent l’accent sur les mécanismes internes de l’organisme ; alors
que l’échelle métrique de Binet évolue l’intelligence. La trilogie « le jeune enfant
de la civilisation moderne » « l’enfant de 5 à 10 ans ; l’adolescent » est de lui.
Nous lui devons aussi la technique du film, au service de l’observation
systématique du comportement de l’enfant. Le baby test adapté pour la France
par Odette Brunet et Irène Lezine est de lui.
Les théoriciens
Pour les théoriciens : la description est un moment capital dans
l’élaboration du savoir scientifique, il faut savoir néanmoins aller au-delà de la
description interpréter les traits observés, les intégrer dans un système général
d’explication. On cite : J. Broadus Watson (1878 – 1958) parmi les premiers
théoriciens de l’ère d’expansion de la psychologie. Il est le fondateur du
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Behaviorisme ; dans le manifeste qu’il écrit en 1913 : la psychologie telle que la
voit un Behavioriste insiste sur la nécessité d’écarter le recours à l’introspection,
à l’état mental de toute orientation scientifique et ceci même si elle s’intéresse à
l’objet humain. Il fut le premier à tenter d’expliquer les mécanismes du
développement émotionnel en s’inspirant des découvertes de Pavlov sur le
conditionnement. (Exemple du petit Albert) ; Watson souligne dans ses travaux,
l’importance des conditionnements précoces, de même que le rôle des conditions
environnementaux pour le développement différentiel des personnes.
Sigmud Freud (1856 – 1939) avec ses continuateurs a continuellement
insisté sur l’importance des expériences vécues pendant l’enfance pour la
constitution de la personnalité. Il assigne à l’enfance une place, prépondérante
pour la compréhension de l’adulte. Les stades du développement qu’il décrit : oral,
anal, phallique, phase de développement général, sont considérés comme formant
le système de stade le mieux déterminé, le plus représentatif. On trouve dans
l’œuvre de Freud la première théorie systématique du développement de la
personnalité à partir d’un effort de compréhension du fonctionnement anormal
des conduites d’organismes adultes, ce qui veut dire que la recherche d’une
explication du fonctionnement pathologique de l’adulte le conduit à déceler
l’origine des troubles dans l’histoire de l’enfance. En même temps qu’il réfute le
mythe de l’enfant bon, pervertit par la société, Freud place l’histoire affective
de l’enfant comme l’élément central de la construction de la personnalité
individuelle.
La 2ème moitié du XXième Siècle
Dans les années 30, 40 malgré l’influence de Watson et Freud, la
psychologie a continué d’être descriptive. Elle a véritablement pris son essor, que
dans les années 50, on cite plusieurs facteurs.
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D’abord,
l’invasion
des
expérimentalistes
en
psychologie
du
développement : la psychologie est devenue plus expérimentale qu’avant ; progrès
de la technologie en général et en particulier, progrès de la mise au point des
techniques de mesure et de contrôle des variables en psychologie et aussi le
développement des divers sous secteurs d’étude centrées soit sur le
développement perceptif soit sur le développement intellectuel.
Il y a ensuite, la redécouverte pour la communauté scientifique des
travaux de J. Piaget (1896 – 1980). L'observation de ses propres enfants va lui
permettre de saisir les premières manifestations de l'intelligence chez l'enfant
et de constituer des bases de données à partir desquelles il commencera à
élaborer son modèle : il assigne à l'enfance une place prépondérante pour la
compréhension de l'adulte.
Piaget a été l'un des premiers
auteurs à prendre conscience des
limitations de l'approche du problème du développement intellectuel par les
tests et a élaboré une méthode particulière pour accéder au processus de
raisonnement. C'est ainsi que dans l'entretien clinique qu'il élabore il distingue 5
types de réponses : le n'importequisme, la fabulation, la croyance suggérée, la
croyance déclenchée, la croyance spontanée.
On connaît la notion de stade chez Piaget qu'il décrit minutieusement en
montrant comment chaque nouveau stade est à la fois reprise et dépassement du
stade antérieure, il décrit ainsi 4 stades de l'intelligence : l’intelligence sensorimotrice ; l'intelligence préopératoire ; l'intelligence opératoire; l’intelligence
opératoire formelle.
Même si un mouvement contestataire se développe depuis quelques années
autour des travaux de Piaget il demeure que le mérite lui revient d'avoir élaboré
un système assez cohérent servant toujours de point d'appui à des recherches
ultérieures.
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Il y a en également les travaux d'Henri Wallon (1879 – 1962) la
perspective d'analyse en terme de stade chez H. Wallon est profondément
originale car elle se donne comme objet la personnalité globale. Wallon considère
l'émotion comme le fait psychologique initial d'articulation du biologique et du
social. L'avance d'Henri Wallon sur les récents travaux depuis quelques années
en psychologie de l'enfant est perçue comme les notions de bases relatives à la
première enfance où l'émotion est définie comme réaction vitale d'attachement.
Le mérite de Wallon a été de saisir que la vie sociale de l'enfant commençait
très précocement avant que celui-ci ne soit capable de solliciter son entourage
et de lui répondre par les paroles ; et c'est par le biais de émotions que s'établit
la relation6.
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Ceci nous rappelle les idées émises par Charles Darwin dans Biographical Sketch of an infant monographie écrite sur les
observations quotidiennes de son fils Doddy.
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