Chap. 4 : politique économique en économie ouverte
On regroupe ce qui a été vu aux chap. 1,2 et 3 pour examiner comment se détermine le PIB
d’une économie ouverte : cadre d’analyse IS-LM avec intégration des échanges commerciaux
et équilibre du marché des changes.
I) l’équilibre d’une économie ouverte
A/ l’équilibre sur le marché des B&S
Egalité entre offre et demande de B&S sur le marché domestique :
- l’offre est constituée d’une offre domestique Y (= aussi au revenu) et d’une offre
étrangère : les Z
- la demande est constituée de la demande intérieure (C+I+G) et d’une demande extérieure :
les X
Y + q Z = C + I + G + X, exprimé en termes réels (et non en monnaie)
- q Z : Z en termes de B domestiques (rapportées au prix domestique)
1- les déterminants des X et des Z
Les Z :
- plus Y est grand, plus grande est la demande de B domestiques et de B étrangers, et donc
d’Z
- plus le prix des B domestiques est élevé par rapport aux B étrangers, plus forte est la
demande pour les produits étrangers, et plus grandes sont les Z
Z = Z ( Y, q)
Les X :
- les X d’un pays constituent par définition les Z des autres
- plus le revenu à l’étranger Y* est élevé, plus la demande de B domestiques à l’étranger est
élevée
- plus les prix domestiques en termes de B étrangers est faible, et plus les X sont
importantes
X = X (Y*, q)
2- dépréciation et balance commerciale
balance commerciale ≈ XN (en termes réels, cad termes de produits domestiques)
Une dépréciation du taux de change réel affecte la balance commerciale via 3 canaux :
- ∆↑ X : une dépréciation du taux de change réel rend les B domestiques relativement moins
chers que les B étrangers : impact positif (quantité)
- ∆↓ Z : en rendant les B domestiques relativement moins chers, elle rend les B étrangers
relativement plus chers, ce qui réduit leur demande dans l’économie domestique : impact
positif (quantité)
- ∆↑ 1/q (prix relatif des Z) : cela tend à accroître le coût des Z : effet négatif sur la balance
commerciale (prix)
3 effets dont l’un est contraire : il n’est pas immédiat de déterminer l’impact d’une
dépréciation du taux de change réel sur la balance commerciale.
Pour que la balance commerciale s’améliore suite à une dépréciation réelle, il faut que les X
s’améliorent suffisamment et les Z se réduisent suffisamment pour contrebalancer l’effet
négatif de la hausse du prix relatif des Z.
Cela est vérifié uniquement sous la condition de Marshall-Lerner : la somme des élasticités
des X et des Z par rapport au taux de change doit être > 1 ; cad que les quantités doivent
réagir davantage que le prix aux variations de q.
Dans la réalité, l’impact d’une dépréciation sur le solde de la balance commerciale peut être
schématisé par une courbe en J dans un repère t, XN.
Initialement, une dépréciation réelle conduit à la détérioration du solde commerciale, puis
avec le temps à une amélioration de ce solde.
Ceci s’explique par l’ajustement plus lent des quantités (Z et X) par rapport au prix relatif des
Z. les individus mettent plus de temps à modifier leur comportement que les prix à s’ajuster.
Les travaux économétriques montrent que la dépréciation conduit dans tous les pays de
l’OCDE à une amélioration de la balance commerciale, mais cela prend entre 6 mois et 1 an.
B/ l’équilibre sur les marchés financiers
Les agents ont 2 types de décision à prendre concernant la détention de leur épargne :
- tout d’abord, comme en économie fermée, les agents décident de détenir leur épargne sous
forme de monnaie ou bien sous forme de titres à revenu fixe. La logique est toujours la
même, les agents vo,nt détenir de la monnaie pour effectuer des transactions, pour un
motif de précaution et dans le but de spéculer dans le futur. Nous aurons donc une
demande de monnaie du même type que celle en économie fermée.
- Puis ils choisissent s’ils détiennent des titres domestiques ou bien des titres étrangers, en
comparant leur rémunération respective. Puisqu’à l’équilibre du marché financier, les 2
types de placement existent, cela signifie que les rémunérations des 2 types de placement
sont identiques. Ceci est réalisé lorsque la condition de parité des taux d’intérêt non
couverte est vérifiée :
Par commodité, on fixe l’anticipation de taux de change à :
Et on utilise une approximation de la condition de parité des taux d’intérêt avec une prime de
risque nulle :
Cette condition représente l’équilibre sur le marché des changes.
C/ l’équilibre général
Economie ouverte en courte période : les prix sont fixes. Choix des unités dans l’économie, de
sorte que p/p* = 1, d’où : q = e
L’équilibre général dans l’économie est l’équilibre simultané de tous les marchés :
Y = C (Y T) + I (i) + G + XN (Y,Y*,e)
M = M (Y,i)
M, i*, Y* et e sont données, donc 3 équations à 3 inconnues I, Y et e.
Représentation graphique de l’équilibre en économie ouverte :
On veut conserver le cadre graphique du chap. 1.
- pour cela, on remplace le taux de change e des XN par la 3ème équation de sorte que IS ait
maintenant pour équation :
Y = C (Y T) + I (i) + G + XN (Y, Y*, i, i*, e)
- les XN dépendent maintenant :
négativement du taux d’intérêt courant
négativement du taux de change anticipé
positivement du taux d’intérêt étranger
Graphiquement, l’équilibre de l’économie est donnée par une courbe toujours croissante en i,
qui représente l’équilibre du marché des B&S, et une courbe LM, croissante en i, qui
représente l’équilibre du marché financier.
La courbe IS intègre ici l’équilibre extérieur à la différence de la courbe IS du chap. 1 :
- l’équilibre du marché des B&S est influencé par 3 variables extérieures :
le revenu étranger
le taux d’intérêt étranger
le taux de change anticipé
Une modification de chacune de ces variables provoque un déplacement de la courbe IS.
II) les politiques économiques en taux de change flottant
L’économie se trouve en taux de change flottant avec mobilité des capitaux.
A/ la politique budgétaire
Comme en économie fermée, la politique budgétaire expansionniste financée par emprunt
consiste à accroître les dépenses publiques G :
- graphiquement :
∆↑ → hausse de la demande de B&S
Pour i donné, équilibre sur le marché des B&S à Y plus élevé : IS se déplace vers la
droite. Nouvel équilibre avec Y plus élevé et i plus élevé
i plus élevé → ∆↑ e : la monnaie s’apprécie
- par conséquent, une politique budgétaire expansionniste provoque une hausse du revenu,
une taux d’intérêt domestique et une appréciation du taux de change
- littérairement :
une hausse des dépenses publiques conduit à un accroissement de la demande de B&S,
et donc à une hausse de la production et du revenu.
cette hausse du revenu provoque une hausse des transactions donc des besoins en
monnaie. Les individus demandent plus de monnaie et comme l’offre de monnaie n’est
pas modifiée, ils vendent des titres par rapport à la demande sur le marché des titres. Le
prix des titres baisse et donc le taux d’intérêt augmente.
Jusqu’ici les mécanismes sont les mêmes qu’en économie fermée. Mais en économie
ouverte, l’histoire n’est pas finie car il y a un déséquilibre sur le marché des changes.
la hausse du taux d’intérêt domestique rend les placements domestiques plus attractifs,
toutes chose égale par ailleurs, les agents décident de placer davantage dans l’économie
nationale : la demande d’€ contre $ augmente, ce qui se traduit par une hausse du prix de
l’€ par rapport au $, cad à une appréciation de l’€ par rapport au $.
enfin, cette appréciation a un effet en retour sur le marché des B&S via les XN. Une
appréciation de l’€ conduit à une baisse de la compétitivité des produits nationaux par
rapport aux produits étrangers. Les X nationales baissent et par suite, les XN. Comme les
XN sont une composante de la demande nationale, cette baisse réduit la production et
donc le revenu. L’appréciation du taux de change réduit donc l’effet de la politique
budgétaire sur la demande et l’activité.
En taux de change flottant avec mobilité des capitaux, l’ouverture sur l’extérieur réduit
l’efficacité de la politique budgétaire.
B/ la politique monétaire
Politique monétaire expansionniste : la BC décide d’augmenter la quantité de monnaie en
circulation pour relancer l’activité.
- graphiquement :
l’offre de monnaie augmente
pour i donné, M < M , la demande de monnaie doit augmenter ; cela est réalisé pour
un Y plus élevé.
la courbe LM se déplace vers la droite
nouvel équilibre où Y est plus élevé et i plus faible
i plus faible conduit à e plus faible
La politique monétaire expansionniste provoque une hausse de l’activité dans l’économie,
une baisse du taux d’intérêt et une dépréciation de la monnaie nationale.
- littérairement :
sur le marché de la monnaie, un accroissement de l’offre fait que les individus ont trop
de monnaie à leur disposition. Ils s’en débarrassent en demandant des titres. Comme
l’offre de titres n’est pas modifiée, l’excès de demande se traduit par une hausse du prix
des titres et par suite, il y a baisse du taux d’intérêt national.
Jusqu’ici les mécanismes sont les mêmes qu’en économie fermée. Mais en économie
ouverte, l’histoire n’est pas finie car il y a un déséquilibre sur le marché des changes.
cette baisse rend les placements nationaux peu attractifs. Les agents vont placer à
l’étranger. Pour cela ils demandent des $ et offrent des €. L’offre d’€ contre $ devient > à
la demande : le prix de l’€ par rapport au $ chute. L’€ se déplace par rapport au $.
cette dépréciation a une influence sur les XN. Elle accroît la compétitivité des produits
nationaux et par suite, les X augmentent, les Z diminuent et les XN s’accroissent. Cela
provoque une hausse supplémentaire de la demande de B&S favorable à l’activité et au
revenu. La dépréciation du taux de change accroît l’efficacité de la politique monétaire.
En taux de change flottant avec mobilité des capitaux, l’ouverture sur l’extérieur accroît
l’efficacité de la politique monétaire
C/ l’exemple des EU dans les années 1980
La prise en compte de l’ouverture de l’économie et de la mobilité des capitaux est important
pour déterminer l’efficacité des politiques économiques que l’on désire mettre en place.
Au début des années 80, les EU ont mis en œuvre une contraction monétaire associée à une
politique fiscale expansionniste.
Rappel : une politique fiscale expansionniste consiste à réduire les taxes, l’effet sur
l’économie est le même que l’effet d’une politique budgétaire expansionniste.
A partir de 1979, Paul Volcker, président de la FED, trouve que l’inflation est trop élevée et
décide de la réduire en faisant une politique monétaire restrictive : contraction monétaire
pendant les 3 années suivantes :
- entre 1980 et 1982 : fort accroissement du taux d’intérêt
- appréciation du $ et contraction du revenu très forte
- en vue de relancer l’activité, Reagan décide de mettre en place de l’offre (suplly side) :
réduction des taxes de 23% entre 1981 et 1983. mais pas de réduction des dépenses
publiques d’où déficit budgétaire en 1983 : 5,6% du PIB
- jusqu’en 1981 : effet de la politique monétaire restrictive et à partir de 1981, effet de la
politique budgétaire expansionniste
- du fait de la mobilité parfaite des capitaux, la politique fiscale n’a pas eu l’effet plus
escompté (effet d’éviction par les X), tandis que la politique monétaire était fortement
négative
III) les politiques économiques en taux de change fixe
Régime de taux de change fixe :
- l’autorité monétaire détermine un niveau de taux de change
- elle fait tout pour le maintenir, quelle que soit la conjoncture économique
Avec mobilité parfaite des capitaux, la condition de parité des taux d’intérêt existe
toujours :
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