
Conclusion générale
comportement intertemporel des gains nets ; et en particulier (c) le facteur « dualisme ». Ce
troisième facteur, qui fait écho à ce que nous venons de souligner à propos de l’influence
décisive que peuvent exercer les agents privés sur la dynamique de change dans le contexte de
globalisation, semble aller à l’encontre de la nature essentiellement institutionnelle de la mise
en place de l’euro. Son impact sur la réussite de l’euro est pourtant non négligeable, si nous
insistons sur l’un des résultats clés de notre étude (chapitre 7) : la détermination de l’ampleur
des coûts transitoires et des bénéfices macroéconomiques à long terme est fonction de
l’interaction intertemporelle entre, d’une part, la BCE, et d’autre part, ses « clients » à la fois
régionaux et internationaux. En d’autres termes, l’approche de marché ne peut être en tout
état de cause séparée de l’approche institutionnelle, même si les institutions européennes ont
contribué, en grande partie, à la réalisation du « projet euro ». Cette conclusion confirme, de
nouveau, l’importance d’une prise en compte de la concomitance des phénomènes de
régionalisation et de globalisation dans une analyse de la dynamique de change au sein de
l’économie actuelle.
Outre les trois facteurs évoqués ci-dessus, notre étude (chapitre 7) a relevé un autre
élément clé pour la réussite du processus d’intégration monétaire européenne : la
convergence institutionnelle au sein des pays de la zone euro. En effet, ces pays ont certes
tous rempli, dans une certaine mesure, les cinq « critères de convergence » imposés dans le
cadre du Traité de Maastricht pour rejoindre la zone monétaire. Cependant, notre analyse a
démontré que cette « convergence à la Maastricht » est loin d’avoir pour effet d’accélérer une
véritable réforme dans les institutions européennes, en particulier dans le domaine de la
finance publique. Or, dans ce domaine, la convergence s’avère pourtant nécessaire dans une
optique de long terme, pour produire des gains à la fois microéconomiques et
macroéconomiques au sein de ces pays. En d’autres termes, dans le cas d’une convergence
institutionnelle insuffisante à long terme, l’ampleur nette des bénéfices du processus
d’intégration monétaire européenne risquera d’être minime, voire négative, parce que cette
non-convergence institutionnelle est susceptible d’engendrer des coûts supplémentaires qui
s’ajouteront aux coûts indépendants de la réforme institutionnelle européenne.
Le cas asiatique, exemple de processus d’intégration monétaire essentiellement conduit
par les « forces du marché », a quant à lui été examiné dans le chapitre 8 de cette thèse sous
un angle différent de celui adopté pour l’étude du cas européen, dans le souci de mettre en
valeur les spécificités régionales. Nous avons employé une stratégie analytique alternative par
rapport à celles utilisées dans des études similaires, proposant ainsi une autre nouveauté
méthodologique. En partant de l’hypothèse que seule la cohésion commerciale « intra-