IFSI Bayonne
U.E. 3.4 ; Mémoire de recherche
Promotion 2010-2013
Semestre 6
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Sommaire
Introduction ................................................................................................................................ 4
1. De la situation de départ à la question de départ ................................................................ 5
1.1 Description de la situation d’appel .............................................................................. 5
1.2 Du questionnement à la question de départ ................................................................ 5
2. L’identité professionnelle infirmière .................................................................................. 7
2.1 La construction de l’identité professionnelle ............................................................... 7
2.1.1 L’identité un phénomène complexe...................................................................... 7
2.1.2 Une notion française ............................................................................................. 7
2.1.3 Le métier faisant définition .................................................................................. 7
2.1.4 Lapproche organisationnelle ............................................................................... 8
2.2 L’identité infirmière ..................................................................................................... 9
2.2.1 Construction de l’identité chez l’étudiant ............................................................ 9
2.2.2 Le rôle propre en question .................................................................................. 10
2.2.3 Une redéfinition du rôle propre ? ....................................................................... 10
2.2.4 Le sale boulot ..................................................................................................... 11
2.2.5 Un déplacement renouveau de l’identité ? ......................................................... 11
2.3 La profession infirmière en psychiatrie ..................................................................... 12
2.3.1 Historique de la profession en général ............................................................... 12
2.3.2 Des dates marquantes ......................................................................................... 12
2.3.3 Un volume horaire de formation en baisse ......................................................... 13
3. La réflexivité .................................................................................................................... 14
3.1 Le référentiel de 2009 ................................................................................................ 14
3.2 La réflexivité .............................................................................................................. 14
3.3 La place de la réflexivité dans le soin et hors du soin ............................................... 16
4. Les infirmiers en psychiatrie ............................................................................................ 17
4.1 Un groupe spécifique ................................................................................................. 17
4.2 La formation en psychiatrie ....................................................................................... 17
4.3 Vers un master ? ......................................................................................................... 19
5. Lexploration de terrain .................................................................................................... 21
5.1 Méthodologie des entretiens ...................................................................................... 21
5.2 Les difficultés ............................................................................................................ 21
5.3 Les soignants ............................................................................................................. 21
5.3.1 L’identité............................................................................................................. 21
5.3.2 Des compétences autres ..................................................................................... 22
5.3.3 Le rôle propre ..................................................................................................... 22
5.3.4 Laccompagnement par les pairs ........................................................................ 23
5.3.5 La clinique de soi ............................................................................................... 24
5.3.6 Quelles compétences ? ....................................................................................... 24
6. La question de recherche .................................................................................................. 25
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Conclusion ................................................................................................................................ 26
Bibliographie ............................................................................................................................ 27
Abstract .................................................................................................................................... 29
Annexes .................................................................................................................................... 30
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Introduction
Lannée 2009 a vu la mise en place d’un nouveau référentiel de formation en soins
infirmiers. Le volume horaire de formation en lien avec la santé mentale est de 80 heures de
théorie et au minimum 175 heures de stage clinique. Le plan de santé mentale de 2005 -2008
a mis en exergue la nécessité d’un approfondissement en santé mental suite à la disparition du
diplôme d’Infirmier de Secteur Psychiatrique (ISP) et l’arrivée d’infirmiers formés sur le
référentiel de 1992. Cet approfondissement fut nommé consolidation des savoirs. Cet
accompagnement se fit grâce à la fonction de tuteur ; fonction exercée par des ISP. Ce
dispositif permit aux nouveaux diplômés d’appréhender les spécificités du travail infirmier en
santé mentale. Actuellement les ISP commencent à être de moins en moins nombreux dans
les services intra hospitaliers: effet naturel de la pyramide des âges, changement de lieu
d’exercice (hôpital de jour), intégration dans le corps infirmier diplômé d’état et exercice
dans d’autres champs de la santé. Cette disparition fait craindre une perte de connaissance, de
savoirs faire et d’une vision du travail infirmier en psychiatrie.
Ma découverte de la psychiatrie se fit au cours du semestre 4 lors de stages en intra et
extra hospitalier. Les situations rencontrées lors de ces stages modifièrent mes représentations
d’étudiant en formation : soins sous contraintes, violence verbale voire physique. Ces
situations remirent en cause un modèle soignant que je faisais mien. Ce que je croyais être des
valeurs fondamentales telles que l’adhésion du patient, la bienveillance furent perturbées. Cet
accompagnement dans ce bouleversement se fit grâce au personnel infirmier du service. Il
faisait intervenir tout à la fois des remédiations immédiates, des apports théoriques. Je
constatais des échanges quotidiens sur leur exercice afin de toujours améliorer leur pratique
de soins. Ces analyses de pratique me permirent d’appréhender le soin sous un autre aspect
mais avec ces valeurs fondamentales toujours présentes.
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1. De la situation de départ à la question de départ
1.1 Description de la situation d’appel
Lieu : Service de psychiatrie intra hospitalier, chambre de la patiente et cabine de douche.
La patiente : Mme B, 51, est connue du service pour schizophrénie dysthimique,
diagnostiquée à l’âge de 19 ans. Elle est suivie par le CMP (Centre-Médico-Psychologique) et
fut déjà hospitalisée pour des états de catatonie. Elle est hospitalisée pour décompensation, en
soins psychiatrique sur demande d’un tiers. Elle arrive dans le service en état de catatonie
stuporeuse : mutique, amimique, clinophile, ne voulant pas s’alimenter, manifestant une
opposition « passive » lors des sollicitations pour effectuer les soins d’hygiène et pour
s’alimenter, avec une tendance à la potomanie. De plus Mme B urine dans son lit, ce qui
nécessite des soins d’hygiène fréquents.
La situation : Au début de son hospitalisation, Mme B consent à suivre les soignants pour
prendre sa douche et s’alimenter après plusieurs minutes de négociation. Elle manifeste une
opposition verbale par quelques « non », sans manifestation physique active. Lors de la
douche elle a besoin d’être guidée pour ses gestes d’hygiène et pour ne pas s’égarer dans le
service.
Une semaine après son entrée, Mme B commence à manifester une hostilité de manière plus
active, se débattant, criant et verbalisant des « foutez moi la paix, lâches moi ». Les soins
deviennent plus durs à effectuer et requièrent à certains moments deux, voire trois soignants
pour lui faire quitter son lit, l’amener à la douche. Les cabines de douches sont au nombre de
trois. Elles donnent sur le couloir du service et sont partagées avec les autres patients. La
cabine de douche est exigüe, elle mesure 2 mètres sur 1, séparée en deux par un rideau de
douche permettant de laisser un espace intime aux patients.
L’opposition de Mme B m’oblige à plusieurs reprises à la contenir physiquement pour la
maintenir dans la cabine de douche car elle veut en sortir nue, mouillée. La principale
difficulté dans ces situations de soins est pour moi d’accepter une modification dans le peu de
contact physique que j’ai avec la patiente. Ma représentation du toucher soignant se devant
d’être doux, enveloppant, signifiant mon empathie avec pour but d’apporter un (ré)confort au
patient est bouleversée. Dans cette situation, ma principale difficulté est d’avoir un toucher
ferme mais non violent, contenant pour la patiente et d’utiliser comme vecteur de l’expression
de ma volonté soignante, non pas le toucher, mais la parole ; Tout en ne sachant pas si mes
mots étaient correctement reçus par la patiente.
J’évoque mes questionnements avec l’équipe lors des transmissions et celle- ci me fait
part aussi de ses difficultés avec la patiente. La discussion porte sur les possibles origines de
ce changement de comportement, sur le déroulement des autres hospitalisations de Mme B.
Le reste du temps est consacré à l’expression des membres de l’équipe sur ces obstacles à la
prise en soin de Mme B et aux attitudes que nous pensons appropriées.
Cette situation me conduit à m’interroger sur différents aspects.
1.2 Du questionnement à la question de départ
Quelle est la fonction d’une équipe dans un service de psychiatrie ?
Dans cette situation l’équipe, au delà de l’aspect formateur, me fit part aussi de ses
interrogations et surtout me fit comprendre que certes la contrainte existait mais qu’elle était à
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mettre en lien avec mes valeurs professionnelles : devions nous laisser Mme B sans soins
d’hygiène ?
En quoi la communication avec les patients psychotiques est elle singulière ?
Un patient psychotique décompensé perd pied avec la réalité. Il reconstruit via son délire une
néo-réalité. Cette néo réalité peut altérer la communication avec autrui. Il en découle que les
relations avec un patient souffrant de troubles psychotiques peuvent être déstabilisantes pour
un infirmier débutant.
Comment concilier une perception positive de notre métier et des situations dans lesquelles
une certaine violence est présente ? En quoi remet-elle en question la perception de nous
mêmes ? En effet, cette situation se déroule lors d’un stage du semestre 4, mon identité
infirmière en devenir me pousse à intégrer certaines valeurs professionnelles. Or lors de ces
soins elles me parurent remises en question.
En effet, l’abord de patients souffrant de pathologies mentales fait appel à des théories qui si
elles sont complémentaires peuvent être aussi en apparente opposition (vision
psychanalytique versus vision organiciste). Or tout le travail de l’infirmier en psychiatrie est
d’appréhender une réalité à travers des prismes théoriques différents. Cela nécessite un
constant aller retour entre la pratique et la théorie afin d’aboutir à la construction d’une vision
soignante particulière, structurante d’une identité professionnelle.
Ces questions mettent en lumière deux aspects :
Le premier sur une identité soignante spécifique à la psychiatrie et le deuxième sur place de la
réflexivité dans la construction de compétences spécifiques au travail en psychiatrie.
J’ai donc abouti à la question de départ :
En quoi la réflexivité sur les pratiques de soins infirmiers pour une patiente en service
fermé de psychiatrie participe à l émergence d’une identité professionnelle pour un
jeune diplômé ?
J’aborderai cette question d’un point de vue sociologique de manière générale puis plus
spécifiquement infirmier. Ensuite je caractériserai la réflexivité. Je mettrai en lien ces données
avec le champ de la psychiatrie. Enfin la dernière partie de ce document sera consacré à
l’analyse des entretiens menés auprès de soignants.
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