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d’augmenter le risque d’apparition et la gravité de la maladie
asthmatique.
McKeever et al. (McKeever et al. 2005) ont étudié la prévalence de l’asthme, de
la BPCO et de la diminution de la fonction respiratoire chez des adultes suivant
leur consommation de paracétamol, d’aspirine ou d’ibuprofène ou encore chez
ceux ne consommant pas un de ces antalgiques.
Les résultats semblent indiquer une toxicité respiratoire du paracétamol.
L’hypothèse physiopathogénique se fonde sur le métabolisme du paracétamol
par le glutathion, un antioxydant présent dans les poumons. Détourné de sa
fonction protectrice sur l’appareil respiratoire dans l’éventualité d’une
consommation quotidienne de paracétamol, le glutathion ne serait plus aussi
disponible pour celle-ci (McBride, 2011).
Commentaires de l’auteur de ce site : intéressante publication de McKeever se
fondant sur une méthodologie apparemment sérieuse. Toutefois, le risque relatif
(RR) demeure modéré, autour de 1,2 dans les pathologies étudiées. Un risque de
biais signalé par les auteurs semble fondé : s’il existe bien une relation de
causalité, une « causalité inverse » n’est pas exclue. La consommation plus
régulière de paracétamol par les patients souffrant de pathologie respiratoire
n’étant pas à écarter. En effet, la pratique quotidienne nous indique que la
douleur semble d’autant plus pénible qu’elle s’associe à d’autres symptômes
inconfortables tels que la dyspnée. Devrons-nous toutefois être plus prudents
dans l’administration régulière et facile de paracétamol du fait que ce
médicament recèle peu d’effets secondaires, en particulier cognitifs ? Comme le
suggèrent les auteurs, le risque de moindre antalgie est à mettre en balance avec
la suspicion qui pèse désormais sur le paracétamol dans un contexte de réserves
importantes relatives aux coxibs et à la disparition du dextropropoxyphène.
d) des complications hépatiques : elles sont rares, même au long cours.
Cependant, des hépatites ont été observées à doses thérapeutiques chez des
sujets normaux. Ces complications incitent à pratiquer des contrôles réguliers
des transaminases, bien que la fréquence n'en soit pas précisée lors d'une
administration au long cours. Il s'agit ici de la toxicité de métabolites N
hydroxylés à élimination rénale qui forment des lésions irréversibles avec des
métabolites hépatiques. L'hépatotoxicité serait augmentée par le phénobarbital
(inducteur enzymatique). L'alcool majore le risque d'hépatotoxicité (McClain C
J et al, 1980, Dietz A J et al, 1982).
La dose maximale théorique de paracétamol est de 4 000 mg, aux USA
et en France. Toutefois, chez une personne âgée fragile de petit poids, il
semble plus prudent de se limiter à 2 600 mg, surtout si le traitement est
administré pendant plus de 10 jours (USPDI, 1999).