Telechargé par USHINDIMBUSASIVYALEGHA

Cours d'hygiène du nourrisson pour étudiants en pédiatrie

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REPUBLIQUE DEMOGRATIQUE DU CONGO
E.S.U
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
COURS D’HYGIENNE DU NOURRISSON
A l’intention des étudiants en sciences de la santé L3 Pédiatrie
JJJ
Dispensé: ASS MBUSA SIVYALEGHANA Ushindi
ANNEE ACADEMIQUE 2025-2026
1
Objectif général
À la fin de ce module, l’étudiant sera capable de maîtriser et appliquer les principes
d’hygiène du nourrisson afin de prévenir les infections, assurer le confort et le bien-être de
l’enfant, et contribuer à son développement physique et psychomoteur, tout en éduquant les
parents ou les aidants sur les bonnes pratiques d’hygiène.
Objectifs spécifiques
1. Hygiène corporelle


Assurer la toilette quotidienne, le bain, les soins des plis et le massage en respectant
les techniques et le matériel adapté.
Identifier les anomalies cutanées et prévenir les infections.
2. Hygiène des organes des sens


Nettoyer correctement les yeux, oreilles, nez et bouche pour prévenir les infections
ORL et autres complications.
Reconnaître les signes d’alerte nécessitant une intervention.
3. Hygiène alimentaire


Appliquer les bonnes pratiques d’allaitement et de préparation des biberons ou
aliments en respectant l’hygiène.
Prévenir les infections digestives et assurer une nutrition sécurisée.
4. Hygiène de l’environnement


Maintenir la chambre, le linge et les jouets propres et désinfectés.
Réduire le risque de transmission des germes et maladies infectieuses.
5. Prévention des complications et surveillance


Détecter précocement les signes d’infection ou de mauvaise hygiène.
Mettre en place des mesures préventives adaptées pour protéger le nourrisson.
6. Éducation des parents et suivi


Transmettre les bonnes pratiques d’hygiène et évaluer leur application à domicile.
Assurer un suivi pour adapter les interventions et prévenir les complications.
2
CHAP I : NOTIONS GÉNÉRALES SUR LE NOURRISSON
1. Définition du nourrisson : Le mot nourrisson vient du verbe nourrir, car à cet âge l’enfant
dépend totalement de l’adulte pour :
 L’alimentation,
 Les soins,
 La protection.
Cette période est très importante car c’est le moment où :
 Le corps grandit rapidement,
 Le cerveau se développe,
 Les bases de la santé future se mettent en place.
 Le nourrisson est un enfant de 0 à 24 mois, en pleine croissance, nécessitant une attention et
des soins constants pour assurer un développement harmonieux
2. Croissance du nourrisson :
La croissance signifie l’augmentation de la taille et du poids du corps.
a) Poids : Le poids est la masse du corps de l’enfant.
 À la naissance : environ 2,5 kg et 4,5 kg
 À 5–6 mois : le poids de la naissance double
 À 12 mois : le poids doit triplé
Le poids permet d’évaluer :
 Si l’enfant mange bien,
 S’il est en bonne santé.
b) Taille : La taille est la longueur du corps.
 À la naissance : environ 50 cm
 Augmente rapidement la première année
Une taille qui n’augmente pas peut indiquer :
 Une malnutrition,
 Une maladie chronique.
c) Périmètre crânien : Le périmètre crânien est la mesure du tour de la tête.
Il reflète le développement du cerveau.
 Une augmentation normale signifie un bon développement cérébral.
 Une anomalie peut indiquer un problème neurologique.
3. Développement psychomoteur : Le développement psychomoteur est l’évolution des
mouvements, de l’intelligence et des comportements de l’enfant.
a) Motricité : La motricité est la capacité de bouger.
 Motricité globale : grands mouvements (tête, bras, jambes)
 Motricité fine : petits mouvements (mains, doigts)
Exemples :
 3 mois : tient la tête
 6 mois : s’assoit avec appui
 9 mois : s’assoit seul
 12 mois : commence à marcher
b) Développement sensoriel : Le développement sensoriel désigne l’évolution
progressive des capacités sensorielles permettant à l’enfant de percevoir et interpréter les
informations de son environnement. Ce processus complexe implique la maturation du
3
système nerveux central et la formation des connexions neuronales essentielles. Les cinq sens –
vue, ouïe, toucher, goût et odorat – se développent de manière interconnectée, créant un
système perceptif cohérent. Le sensoriel concerne les sens :





Vue,
Ouïe,
Toucher,
Goût,
Odorat.
Le nourrisson : reconnaît la voix de sa mère, réagit aux bruits, regarde les visages.
c) Développement affectif et social


Affectif : concerne les émotions (joie, peur)
Social : relation avec les autres
Exemples :



Sourire social vers 2 mois
Attachement aux parents
Peur des étrangers vers 8 mois
4. Alimentation du nourrisson :
L’alimentation est essentielle à la survie et à la croissance.
a) Allaitement maternel : Le lait maternel contient tous les nutriments nécessaires. Il
protège contre les infections. Allaitement exclusif recommandé jusqu’à 6 mois.
b) Diversification alimentaire : La diversification signifie l’introduction progressive
d’autres aliments.
 À partir de 6 mois
 En petites quantités
 Selon l’âge de l’enfant
5. Sommeil du nourrisson
Le sommeil est le temps de repos du cerveau et du corps.
 Nouveau-né : 16 à 20 heures par jour
 Le sommeil est fractionné
 Le rythme jour/nuit se met en place progressivement
Le sommeil favorise : la croissance, la mémorisation, le développement cérébral.
6. Immunité du nourrisson
L’immunité est la capacité du corps à se défendre contre les maladies. Chez le nourrisson :
le système immunitaire est immature, il attrape facilement des infections. D’où l’importance
de :



L’allaitement,
La vaccination,
L’hygiène.
7. Soins et hygiène
Les soins sont les actions pour maintenir l’enfant en bonne santé.

Bain régulier
4



Soins du cordon ombilical
Hygiène de la peau
Changement fréquent des couches
8. Surveillance du nourrisson
La surveillance consiste à observer régulièrement l’enfant.
On surveille : le poids, la température, l’alimentation, les selles et les urines. L’Objectif :
détecter rapidement une anomalie.
5
CHAP II : CARACTÉRISTIQUES PHYSIOLOGIQUES DU NOURRISSON
1. Système respiratoire
Chez le nourrisson, le système respiratoire est fonctionnel dès la naissance mais demeure
anatomiquement étroit et physiologiquement immature, ce qui explique une fréquence
respiratoire élevée comprise entre 30 et 60 cycles par minute, nécessaire pour satisfaire les
besoins métaboliques importants de l’organisme en croissance.
La respiration est essentiellement nasale durant les premiers mois de vie, ce qui signifie
que toute obstruction des fosses nasales peut entraîner une gêne respiratoire significative.
La cage thoracique, encore très souple, associée à une disposition horizontale des côtes, limite
l’efficacité des mouvements respiratoires, rendant le nourrisson fortement dépendant du
diaphragme pour assurer une ventilation adéquate.
Cette immaturité des voies respiratoires supérieures, combinée à leur faible calibre,
expose le nourrisson à un risque élevé de détresse respiratoire en cas d’infection, notamment
lors de pathologies telles que la bronchiolite.
Les caractéristiques physiologiques du systèm
e respiratoire du nourrisson incluent :

Respiration nasale exclusive : Les nourrisso
ns ne peuvent respirer par le nez que pendant les
deux premiers mois de leur vie.

Fréquence respiratoire : Un nourrisson typi
que respire environ 30 à 60 fois par minute, ce qu
i est plus élevé que chez les adultes.

Utilisation du diaphragme : Le diaphragme
joue un rôle crucial dans la respiration, car les mu
scles intercostaux sont moins développés chez le
s nourrissons.

Irrégularités : La respiration peut être irrég
ulière, avec des pauses brèves et des mouvement
s périodiques.

Sensibilité aux obstructions : Les voies respi
ratoires sont plus petites et plus souples, rendant
les obstructions plus susceptibles.
6
2. Système cardiovasculaire
Le système cardiovasculaire du nourrisson est caractérisé par une fréquence cardiaque
physiologiquement élevée, variant entre 120 et 160 battements par minute, qui permet de
répondre aux besoins accrus en oxygène et en nutriments nécessaires à la croissance rapide
des tissus.
La pression artérielle demeure relativement basse en raison de l’immaturité du tonus
vasculaire, tandis que le débit cardiaque dépend principalement de la fréquence cardiaque, car
la capacité d’augmentation du volume d’éjection systolique est limitée.
La transition de la circulation fœtale vers la circulation néonatale, marquée par la
fermeture progressive des shunts fœtaux, nécessite une adaptation cardio-vasculaire
progressive, rendant le nourrisson particulièrement sensible aux variations thermiques, à la
déshydratation ou à toute situation de stress physiologique.
3. Système digestif
Le système digestif du nourrisson est anatomiquement complet mais fonctionnellement
immature, ce qui se traduit par une capacité gastrique réduite et une motricité œsogastrique
encore insuffisamment coordonnée.
Les mécanismes de digestion enzymatique étant incomplets, notamment pour certaines
protéines et lipides, le nourrisson présente fréquemment des régurgitations physiologiques, qui
ne traduisent pas une pathologie mais une immaturité du sphincter œsophagien inférieur.
Le transit intestinal rapide explique la fréquence élevée des selles, tandis que l’adaptation
progressive du tube digestif justifie l’introduction graduelle des aliments lors de la
diversification alimentaire.
4. Système rénal
Chez le nourrisson, le système rénal est marqué par une immaturité fonctionnelle,
notamment une filtration glomérulaire encore insuffisante et une faible capacité de
concentration des urines.
Cette limitation physiologique entraîne une élimination hydrique importante, rendant
l’équilibre hydro-électrolytique particulièrement fragile.
7
En conséquence, le nourrisson peut se déshydrater rapidement lors d’épisodes de
diarrhée, de fièvre ou de vomissements, ce qui impose une surveillance rigoureuse de la diurèse
et une adaptation précise des apports hydriques.
5. Système nerveux
Le système nerveux du nourrisson est en pleine phase de maturation, caractérisée par une
myélinisation progressive des fibres nerveuses, essentielle au développement des fonctions
motrices et sensorielles.
La présence de réflexes archaïques, tels que le réflexe de succion, de Moro ou de grasping,
témoigne de la prédominance des mécanismes réflexes sur le contrôle volontaire des
mouvements.
La disparition progressive de ces réflexes, parallèlement à l’acquisition de nouvelles
compétences motrices, constitue un indicateur fondamental du développement neurologique
normal.
6. Système immunitaire
Le système immunitaire du nourrisson est immature et partiellement dépendant des
anticorps maternels, transmis principalement par voie Trans placentaire et, après la naissance,
par l’allaitement maternel.
L’immunité innée étant peu efficace et la production d’anticorps endogènes encore
limitée, le nourrisson présente une vulnérabilité accrue aux infections bactériennes et virales.
Cette immaturité immunitaire explique l’importance capitale de la vaccination, de l’hygiène
rigoureuse et des mesures de prévention dans la prise en charge pédiatrique.
7. Système de Thermorégulation
La capacité du nourrisson à maintenir une température corporelle stable est limitée en
raison d’une surface corporelle proportionnellement importante, d’une faible réserve en tissu
adipeux et d’un mécanisme de thermogenèse encore inefficace.
Ainsi, toute variation de l’environnement thermique peut entraîner rapidement une
hypothermie ou une hyperthermie, situations potentiellement graves à cet âge.
8
La surveillance régulière de la température corporelle et l’adaptation de l’environnement sont
donc essentielles pour prévenir les complications thermiques.
8. Peau et système tégumentaire
La peau du nourrisson est fine, fragile et hautement perméable, en raison de l’immaturité
de la barrière cutanée, ce qui favorise les pertes hydriques et l’absorption de substances
extérieures. Cette fragilité cutanée expose le nourrisson aux irritations, aux infections et aux
dermatoses,
notamment
dans
les
zones
de
plis
ou
sous
les
couches.
Des soins cutanés adaptés, utilisant des produits doux et une hygiène appropriée, sont
indispensables pour préserver l’intégrité de la peau.
9. Système hématologique
Sur le plan hématologique, le nourrisson présente une polyglobulie physiologique à la
naissance, suivie d’une diminution progressive du taux d’hémoglobine, connue sous le nom
d’anémie physiologique du nourrisson.
Les réserves en fer étant limitées, en particulier chez les nourrissons non allaités ou
prématurés, le risque d’anémie ferriprive nécessite une surveillance nutritionnelle attentive.
Une alimentation adaptée et, si nécessaire, une supplémentation en fer contribuent à prévenir
les troubles du développement liés à l’anémie.
Le nourrisson se caractérise par une immaturité physiologique globale, touchant
l’ensemble des systèmes organiques, ce qui justifie une surveillance clinique étroite et une prise
en charge infirmière spécialisée en pédiatrie afin d’assurer une croissance et un
développement harmonieux.
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CHAP III : IMPORTANCE DE L’HYGIÈNE CHEZ LE NOURRISSON
Chez le nourrisson, l’hygiène constitue un élément fondamental de la prévention et de
la promotion de la santé, en raison de l’immaturité des systèmes de défense de l’organisme et
de la fragilité des barrières naturelles, notamment la peau et les muqueuses.
Une hygiène adéquate permet non seulement de prévenir les infections, mais également
d’assurer le confort, le bien-être et un développement harmonieux de l’enfant.
1) Prévention des infections cutanées, digestives et respiratoires
Chez le nourrisson, l’hygiène joue un rôle déterminant dans la prévention des infections,
en raison de l’immaturité du système immunitaire et de la fragilité des barrières naturelles de
l’organisme. Sur le plan cutané, une hygiène corporelle adaptée permet de maintenir l’intégrité
de la peau, de prévenir la macération dans les plis et de réduire la prolifération des microorganismes responsables d’infections cutanées telles que l’impétigo ou les dermites
infectieuses.
Sur le plan digestif, le respect des règles d’hygiène alimentaire, notamment le lavage des
mains, la propreté des ustensiles d’alimentation et l’utilisation d’eau potable, limite la
contamination par des germes pathogènes responsables de diarrhées aiguës, lesquelles
constituent une cause fréquente de déshydratation et de complications graves chez le
nourrisson.
Enfin, sur le plan respiratoire, l’hygiène de l’environnement, l’aération régulière des locaux,
le nettoyage des fosses nasales et la limitation de l’exposition à la poussière et à la fumée
contribuent à réduire la survenue des infections ORL et respiratoires, particulièrement
dangereuses chez un nourrisson à voies aériennes étroites.
2) Amélioration du confort et du bien-être du nourrisson
Une hygiène adéquate participe activement à l’amélioration du confort physique et du bienêtre global du nourrisson, en lui permettant d’évoluer dans un environnement propre, sain et
sécurisant.
Les soins d’hygiène corporelle, tels que le bain, le change régulier des couches et
l’entretien de la peau, préviennent les sensations d’inconfort liées à l’humidité, aux irritations
cutanées ou aux démangeaisons, favorisant ainsi un état de calme et de détente.
De plus, lorsqu’ils sont réalisés avec douceur et régularité, les soins d’hygiène renforcent le
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sentiment de sécurité affective du nourrisson, contribuent à l’établissement du lien
d’attachement avec les parents et participent à son équilibre émotionnel et psychologique.
3) Promotion d’une croissance saine
L’hygiène constitue un facteur essentiel dans la promotion d’une croissance saine et
harmonieuse chez le nourrisson, en réduisant l’incidence des maladies susceptibles d’altérer
l’état nutritionnel et le développement global.
En limitant la fréquence des infections, l’hygiène permet au nourrisson de conserver une
bonne capacité d’absorption des nutriments et d’utiliser efficacement les apports alimentaires
pour la croissance staturo-pondérale et le développement cérébral. Ainsi, un nourrisson
évoluant dans un environnement hygiénique adéquat présente moins de risques de retard de
croissance, de dénutrition ou de troubles du développement liés aux infections répétées.
4) Réduction de la mortalité infantile
À l’échelle individuelle et communautaire, l’hygiène joue un rôle majeur dans la
réduction de la mortalité infantile, en prévenant les principales causes de décès chez le
nourrisson, notamment les infections digestives, respiratoires et cutanées sévères.
Dans de nombreux contextes, en particulier dans les pays à ressources limitées,
l’amélioration des pratiques d’hygiène constitue une intervention simple, efficace et peu
coûteuse pour diminuer significativement la morbidité et la mortalité infantiles.
La promotion de l’hygiène, associée à l’éducation des parents et au suivi infirmier, permet ainsi
de sauver des vies et d’améliorer durablement les indicateurs de santé infantile.
L’hygiène chez le nourrisson représente donc un levier essentiel de prévention, de bienêtre et de survie, s’inscrivant pleinement dans les missions du personnel infirmier en pédiatrie,
à travers la surveillance, l’éducation sanitaire et l’accompagnement des familles.
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CHAP IV : PRINCIPES GÉNÉRAUX D’HYGIÈNE CHEZ LE NOURRISSON
Les principes généraux d’hygiène chez le nourrisson reposent sur un ensemble de
pratiques visant à préserver l’intégrité physique, prévenir les infections et assurer le bien-être
global de l’enfant, en tenant compte de l’immaturité physiologique et immunitaire propre à
cette période de la vie. Ces principes constituent un axe fondamental de la prise en charge
infirmière en pédiatrie et doivent être appliqués de manière rigoureuse, régulière et adaptée à
l’âge du nourrisson.
a) Propreté du corps
La propreté du corps du nourrisson constitue un principe essentiel de l’hygiène, car la peau,
encore fine et fragile, représente une barrière de protection incomplète contre les agents
pathogènes. Le bain régulier permet d’éliminer les salissures, la sueur et les micro-organismes
présents à la surface de la peau, tout en favorisant la prévention des infections cutanées et des
irritations, notamment au niveau des plis et de la région du siège.
Il est également important d’assurer un séchage minutieux après le bain, en particulier
dans les zones de plis, afin d’éviter la macération, facteur favorisant la prolifération bactérienne
et fongique. Ainsi, une hygiène corporelle adaptée contribue à maintenir l’intégrité cutanée et
à assurer le confort du nourrisson.
b) Propreté du matériel utilisé
La propreté du matériel utilisé pour les soins et l’alimentation du nourrisson constitue un
élément clé de la prévention des infections, notamment digestives et cutanées.
Les biberons, tétines, cuillères, linges, serviettes et autres objets en contact direct avec l’enfant
doivent être régulièrement nettoyés et, lorsque cela est nécessaire, désinfectés ou stérilisés,
afin d’éliminer les micro-organismes susceptibles de provoquer des infections. Le non-respect
de ce principe expose le nourrisson à un risque accru de contamination, compte tenu de son
système immunitaire immature et de sa grande vulnérabilité aux agents infectieux.
c) Lavage des mains avant et après les soins
Le lavage des mains avant et après les soins représente l’un des gestes d’hygiène les plus
efficaces
pour
prévenir
la
transmission
des
infections
chez
le
nourrisson.
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Les mains des parents, des soignants et de toute personne manipulant l’enfant constituent un
vecteur majeur de transmission des micro-organismes, ce qui rend indispensable un lavage
rigoureux avec de l’eau et du savon, ou une friction hydro-alcoolique lorsque les mains ne sont
pas visiblement souillées.
Ce principe est particulièrement important avant les soins d’alimentation, de change ou de
toilette, et après tout contact susceptible de contaminer les mains, contribuant ainsi à réduire
significativement le risque d’infections croisées.
d) Utilisation de produits adaptés au nourrisson
L’utilisation de produits spécifiquement adaptés au nourrisson constitue un principe
fondamental de l’hygiène, en raison de la sensibilité et de la perméabilité accrues de la peau à
cet âge. Les produits de toilette doivent être doux, hypoallergéniques, sans parfum, sans alcool
et respectueux du pH physiologique de la peau du nourrisson, afin de ne pas altérer la barrière
cutanée ni provoquer de réactions irritatives ou allergiques.
De même, les produits de nettoyage de l’environnement doivent être choisis avec
précaution pour éviter toute exposition à des substances toxiques ou irritantes, garantissant
ainsi un environnement sain et sécurisé pour le nourrisson.
Les principes généraux d’hygiène chez le nourrisson reposent sur la propreté du corps,
la propreté du matériel utilisé, le lavage systématique des mains avant et après les soins et
l’utilisation de produits adaptés à l’âge et à la physiologie du nourrisson. Le respect rigoureux
de ces principes permet de prévenir efficacement les infections, d’assurer le confort et le bienêtre de l’enfant et de contribuer à une croissance saine, tout en constituant une responsabilité
essentielle du personnel infirmier en pédiatrie.
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CHAP V : HYGIÈNE CORPORELLE DU NOURRISSON
L’hygiène corporelle du nourrisson constitue un élément central de la prévention en
pédiatrie, visant à maintenir l’intégrité de la peau, prévenir les infections et assurer le confort
et le bien-être global de l’enfant. Pour être efficace, cette hygiène ne se limite pas à un
nettoyage superficiel, mais implique la maîtrise de techniques précises, adaptées à la
physiologie du nourrisson, et l’utilisation de matériel spécifique, conçu pour garantir sécurité,
efficacité et respect de la peau fragile.
1. Toilette quotidienne :
La toilette quotidienne constitue la base de l’hygiène corporelle du nourrisson et doit être
adaptée à son âge, à son état de santé et à son confort. Elle consiste à nettoyer l’ensemble du
corps de l’enfant, en veillant particulièrement aux zones sujettes à la macération ou aux
irritations, telles que les plis cutanés et la région du siège.
Cette pratique quotidienne contribue à éliminer les salissures, la sueur et les micro-organismes,
tout en permettant une surveillance régulière de l’état cutané, de la peau et des muqueuses,
afin de détecter précocement d’éventuelles anomalies.
Les plis cutanés (cou, aisselles, plis inguinaux, plis derrière les genoux) sont des zones
particulièrement vulnérables à l’humidité, à la friction et à la prolifération bactérienne. Le
nettoyage doit être effectué avec délicatesse et régularité, en utilisant des compresses propres
ou un linge doux imbibé d’eau tiède ou d’un produit adapté, suivi d’un séchage complet pour
éviter la macération et l’érythème fessier. Ces soins permettent également de détecter
rapidement les signes d’irritation ou d’infection, contribuant ainsi à une prévention efficace des
complications cutanées.
Technique
La toilette quotidienne doit être effectuée avec douceur et régularité, en respectant la
température ambiante et le confort de l’enfant.

Commencer par laver le visage et les yeux à l’aide de compresses propres imbibées
d’eau tiède, en allant du coin interne vers le coin externe pour éviter la propagation des
germes.

Nettoyer ensuite le cou, les aisselles, les plis inguinaux et les mains, en s’assurant de
bien sécher chaque zone après le nettoyage pour prévenir l’humidité et la macération.
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
Le siège doit être lavé délicatement après chaque change, en utilisant un linge propre
ou des compresses et en respectant les plis cutanés.
Matériel





Bassine ou lavabo propre
Compresses ou linges doux
Savon doux ou gel lavant hypoallergénique
Serviette douce pour séchage
Lingettes ou eau tiède pour zones sensibles (visage, plis)
2. Bain du nourrisson :
Le bain du nourrisson est à la fois un acte hygiénique et un moment de stimulation
sensorielle et affective. Il doit être réalisé dans un environnement calme et sécurisé, avec une
eau à température adaptée, généralement entre 36 et 37 °C, afin de prévenir tout risque
d’hypothermie ou d’inconfort thermique. L’utilisation de produits lavants doux et adaptés,
respectant le pH physiologique de la peau du nourrisson, est indispensable pour protéger le
film hydrolipidique cutané et éviter les irritations.
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Le bain favorise également la détente de l’enfant, renforce le lien affectif avec le parent ou
le soignant et peut être l’occasion d’observer l’état de la peau, des plis et des muqueuses.
Technique
Le bain est à la fois un soin hygiénique et un moment de stimulation sensorielle :

Remplir une petite baignoire ou un support adapté avec de l’eau à 36–37 °C, vérifier la
température avec le poignet ou un thermomètre.

Maintenir le nourrisson fermement mais délicatement, en soutenant la tête et le cou.

Commencer par laver le visage et le cuir chevelu, puis le tronc, les bras, les jambes et
enfin la région génitale.

Rincer soigneusement pour éliminer tout résidu de savon, puis sécher minutieusement,
en insistant sur les plis cutanés.
Matériel

Baignoire adaptée ou support antidérapant

Thermomètre pour contrôler la température de l’eau

Savon ou gel lavant doux spécifique nourrisson

Serviette douce ou cape de bain

Compresses propres pour zones sensibles

Huile ou lotion hydratante adaptée (facultatif)
16
3. Hygiène de la peau et soins des plis cutanés
Les plis cutanés des nourrissons, tels que ceux sous les bras, dans le cou et autour des cuisses,
sont des zones sensibles qui peuvent retenir l'humidité et la chaleur, favorisant ainsi la croiss
ance de bactéries et de champignons. Cela peut entraîner des irritations cutanées, notammen
t l'intertrigo, qui se manifeste par une inflammation et des rougeurs dans ces zones.
Technique

Inspecter la peau à chaque soin pour détecter rougeurs, irritations ou lésions.

Nettoyer les plis (aisselles, plis du cou, plis inguinaux, derrière les genoux) avec un linge
humide ou une compresse douce.

Sécher soigneusement les plis avant d’appliquer, si nécessaire, une pommade
protectrice ou une crème émolliente pour prévenir l’érythème fessier et les irritations.

Éviter tout frottement excessif, afin de protéger l’épiderme fragile.
Matériel

Linges doux ou compresses stériles

Eau tiède ou solutions adaptées

Crèmes protectrices ou émollientes spécifiques nourrisson

Serviette douce pour séchage
4. Massage du nourrisson
Le massage du nourrisson constitue un acte complémentaire à l’hygiène corporelle, ayant
des effets physiologiques, psychologiques et affectifs. Il favorise la circulation sanguine, améliore
le tonus musculaire et contribue au développement psychomoteur.
Le massage, lorsqu’il est réalisé avec des gestes doux et réguliers, utilisant éventuellement
une huile adaptée au nourrisson, procure un apaisement et une sensation de sécurité, renforce
le lien affectif avec le parent ou le soignant et participe au bien-être global de l’enfant.
Il peut être intégré après le bain, moment idéal de détente et de stimulation sensorielle, tout
en restant attentif aux réactions de l’enfant.
Technique
Le massage du nourrisson est un soin complémentaire qui favorise le bien-être, la circulation et
le développement psychomoteur :

Réaliser le massage après le bain, lorsque la peau est propre et légèrement humide.
17

Utiliser des gestes lents, doux et symétriques, en commençant par le tronc, puis les
membres, et enfin le visage et la tête.

Observer attentivement les réactions de l’enfant et adapter la pression en fonction de
son confort.
Matériel

Huile douce ou lotion spécifique nourrisson (hypoallergénique, non parfumée)

Serviette propre pour protéger le support

Support stable et chaud (table à langer ou lit sécurisé)
5. Rôle infirmier
L’infirmier en pédiatrie a un rôle central dans la mise en œuvre de l’hygiène corporelle, en
assurant la réalisation correcte des soins, la surveillance de l’état cutané et la promotion de
pratiques adaptées auprès des parents et aidants. Il doit éduquer les familles sur l’importance
de la toilette quotidienne, du bain, des soins des plis et du massage, tout en transmettant des
conseils pratiques sur les produits à utiliser, la fréquence des soins et les signes d’alerte
nécessitant une attention médicale.
L’infirmier en pédiatrie doit :

Maîtriser parfaitement les techniques de toilette, bain, soins des plis et massage.

Vérifier que le matériel utilisé est propre, adapté et sécuritaire.
18

Éduquer les parents sur les techniques, la fréquence et le choix des produits, afin de
leur permettre de maintenir une hygiène optimale à domicile.

Détecter toute anomalie cutanée ou signe d’infection pour une intervention précoce.
L’hygiène corporelle du nourrisson, intégrant la toilette quotidienne, le bain, l’hygiène de la
peau, les soins des plis cutanés et le massage, repose sur des techniques adaptées et
l’utilisation d’un matériel spécifique.
Le respect rigoureux de ces pratiques contribue à prévenir les infections, maintenir l’intégrité
cutanée, améliorer le confort et favoriser le développement harmonieux du nourrisson,
constituant ainsi un élément fondamental de la prise en charge infirmière en pédiatrie.
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CHAP VI : HYGIÈNE DES ORGANES DES SENS CHEZ LE
NOURRISSON ET PRÉVENTION DES INFECTIONS ORL
Les organes des sens — yeux, oreilles, nez et bouche — jouent un rôle central dans le
développement sensoriel, la communication et l’alimentation du nourrisson. En raison de leur
immaturité anatomique et fonctionnelle, ces organes sont particulièrement vulnérables aux
infections, notamment aux infections ORL (oto-rhino-laryngologiques) telles que les otites,
rhinites et sinusites. Une hygiène adaptée permet de prévenir les infections ORL et locales,
maintenir le confort et favoriser un développement sensoriel harmonieux, tout en respectant la
sensibilité et la fragilité du nourrisson.
1) Hygiène des yeux
Une bonne hygiène oculaire est cruciale pour la santé de bébé dès sa naissance. Ses yeux,
fragiles et sensibles, nécessitent des soins particuliers pour prévenir les infections et les
irritations. Un nettoyage régulier, doux et adapté, contribue à leur bon développement et à
une vision optimale. Négliger cette étape peut avoir des conséquences néfastes à long terme.
Apprenons ensemble les gestes essentiels pour protéger les yeux de votre bébé.
Matériel



Compresses stériles ou linges doux
Eau tiède ou solution saline
Serviette douce pour sécher délicatement
Une bonne hygiène oculaire préserve la vision et réduit le risque d’infections locales, souvent
associées à des rhinites ou à une transmission virale systémique.
Technique :
Le nettoyage des yeux de bébé doit être effectué avec douceur et précaution pour éviter toute
irritation ou blessure. Voici les étapes à suivre pour un nettoyage efficace et en toute sécurité
⁚
1. Préparation ⁚Lavez-vous soigneusement les mains avec de l'eau et du savon avant de
commencer le nettoyage. Assurez-vous que vos ongles sont courts et propres. Préparez
une compresse stérile imbibée d'eau stérile ou de solution physiologique. Choisissez
une pièce calme et bien éclairée pour faciliter l'opération.
20
2. Nettoyage de l'œil ⁚En commençant par l'œil le moins affecté, si nécessaire, imbibez
délicatement une partie de la compresse stérile avec l'eau stérile. Essuyez l'œil de
l'intérieur vers l'extérieur, en effectuant un seul passage avec une partie propre de la
compresse pour chaque œil. Ne frottez jamais l'œil de bébé. Pour chaque œil, utilisez
une partie propre de la compresse. Si des sécrétions persistent, renouvelez l'opération
avec une nouvelle compresse.
3. Paupières ⁚Nettoyez délicatement les paupières supérieures et inférieures avec la
même technique, en effectuant des mouvements doux et circulaires. Si des croûtes sont
présentes, humidifiez-les légèrement avec l'eau stérile ou la solution physiologique afin
de les ramollir avant de les retirer délicatement. N'insistez pas si elles sont difficiles à
enlever.
4. Séchage ⁚Une fois les yeux nettoyés, tamponnez délicatement le contour des yeux
avec une serviette propre et douce pour absorber l'excédent d'eau. Évitez tout
frottement. Laissez les yeux de bébé sécher à l'air libre.
5. Fréquence ⁚La fréquence du nettoyage dépend des besoins de votre bébé. En général,
un nettoyage quotidien suffit. Si vous constatez des sécrétions importantes ou des
signes d'irritation, n'hésitez pas à nettoyer les yeux plus souvent, en utilisant toujours
des compresses stériles et de l'eau stérile.
En cas de doute ou de difficulté, n’hésitez pas à demander conseil à votre pédiatre ou à un
professionnel de santé. Ils pourront vous guider et vous rassurer.
21
2. Hygiène des oreilles
L'hygiène des oreilles est essentielle pour le bien-être des bébés, mais elle suscite souvent des
inquiétudes chez les parents. En effet, les petites oreilles délicates nécessitent des soins
particuliers pour éviter tout risque de blessure ou d'infection.
Matériel



Compresses ou linges doux
Eau tiède ou solution saline
Serviette douce
Les otites sont des infections ORL fréquentes chez le nourrisson. Une hygiène externe
correcte préserve l’audition et réduit le risque d’infection ascendante vers l’oreille moyenne.
Technique
Le principe fondamental est de laisser le système d'auto-nettoyage du conduit auditif faire son
travail. Une intervention minimale est généralement suffisante. Seule la partie visible de
l'oreille, l'extérieur du pavillon, nécessite un nettoyage régulier. Utilisez un linge doux et
humide, légèrement imbibé d'eau tiède, pour essuyer délicatement le pavillon et les plis
environnants. Évitez de forcer ou de frotter.

Nettoyer uniquement le pavillon et l’entrée du conduit auditif avec un linge ou une
compresse humide.

Ne jamais introduire d’objet dans le conduit pour éviter blessures ou infections.

Vérifier la présence de rougeurs, écoulements ou douleur, signes possibles d’otite.
22
3. Hygiène nasale et prévention des infections ORL
Le lavage nasal chez le nourrisson et le jeune enfant joue un rôle essentiel et évident dans
l’exercice quotidien des pédiatres. Recommandé dans la prévention et en traitement adjuvant
des infections des voies aériennes supérieures, il est également préconisé chez le tout-petit,
chez qui la perméabilité nasale est vitale.
Matériel




Solution saline stérile
Mouche-bébé adapté au nourrisson (bulbe ou aspirateur manuel)
Compresse douce
Aspirateur nasal
Le nettoyage régulier du nez prévient l’accumulation de sécrétions qui favorisent le
développement de bactéries ou virus responsables de rhinites, sinusites et infections ORL.
Cela contribue à réduire la morbidité respiratoire et favorise une bonne alimentation et un
sommeil de qualité.
Technique
Technique en position ventrale (pour les enfants de moins de 6 mois ou les enfants plus âgés
ayant des difficultés à protéger leurs voies respiratoires :
23
 Se laver toujours les mains AVANT et APRÈS avoir effectué l’hygiène nasale.
 Utiliser un aspirateur nasal pour aspirer l’écoulement important si nécessaire.
 Remplir une seringue de solution saline à température corporelle
Allonger votre enfant sur le côté , l’emmailloter si nécessaire, et placer un linge sous
son nez.
 Rincer la narine supérieure lorsqu’elle est positionnée sur le côté, en vidant
doucement le contenu de la seringue à environ 1 ml/seconde. Les sécrétions peuvent
sortir des deux narines, de la bouche ou être avalées. Il n’est pas nécessaire que l’eau
sorte de l’autre narine.
 Tourner votre enfant de l’autre côté, et répéter la même technique pour l’autre
narine.
Si votre enfant est incapable de se moucher, tamponner son nez avec un mouchoir ou
utiliser un aspirateur nasal pour bébé.
4. Hygiène bucco-dentaire
Les soins des dents sont importants dès le plus jeune âge puisqu’une bonne santé dentaire
aura des conséquences positives sur la vie de votre enfant. En effet, des dents saines lui
permettront de bien mastiquer et de pouvoir ainsi manger tous les aliments dont il a besoin
pour bien se développer. Une bonne dentition est aussi essentielle à l’apprentissage du
langage et participe à la construction d’une bonne estime de soi.
Matériel


Compresse propre ou linge doux pour gencives
Brosse à dents souple adaptée au nourrisson
24

Dentifrice fluoré en très petite quantité
Technique



Nettoyer les gencives dès la naissance avec une compresse propre et humide.
Dès l’apparition des premières dents, utiliser une brosse souple adaptée au nourrisson
avec une petite quantité de dentifrice fluoré.
Éviter le sommeil avec un biberon sucré pour prévenir les caries.
Une bonne hygiène buccale préserve les gencives et les dents, limite la colonisation bactérienne
et contribue indirectement à la prévention des infections ORL, car la bouche est souvent une
source de germes responsables de pharyngites ou rhinites.
5. Rôle infirmier

L’infirmier doit maîtriser et enseigner les techniques d’hygiène des organes des sens, y
compris la prévention des infections ORL.

Il doit surveiller les signes précoces d’infections (sécrétions, rougeurs, écoulements,
obstruction nasale) et éduquer les parents sur la fréquence et la méthode de nettoyage,
ainsi que sur le choix des produits adaptés.

Il joue un rôle clé dans la réduction des infections ORL et respiratoires, assurant ainsi le
bien-être et le développement harmonieux du nourrisson.
L’hygiène des organes des sens chez le nourrisson, incluant yeux, oreilles, nez et bouche,
associée à la prévention des infections ORL, est essentielle pour prévenir les infections,
maintenir le confort et favoriser le développement sensoriel et psychomoteur.
La mise en œuvre de techniques adaptées et l’utilisation d’un matériel spécifique et sûr
permettent au personnel infirmier et aux parents d’assurer une prévention efficace des
infections ORL, contribuant ainsi à la santé globale du nourrisson.
Soins d’hygiène
Toilette
quotidienne
Bain du
nourrisson
Hygiène de la
peau
Technique détaillée
Nettoyer tout le corps,
visage, cou, aisselles, plis
inguinaux et mains. Sécher
soigneusement chaque
zone.
Maintenir l’eau à 36–37°C,
soutenir tête et cou, laver
visage → tronc → membres
→ région génitale, rincer et
sécher. Moment de
stimulation et détente.
Nettoyer régulièrement,
appliquer crème émolliente
Matériel nécessaire
Bassine ou lavabo,
compresses ou
linges doux, savon
ou gel lavant doux,
serviette propre
Baignoire adaptée,
thermomètre, savon
ou gel lavant doux,
serviette douce,
huile ou lotion
adaptée
Linges doux,
compresses, eau
Objectifs / Importance
Prévenir les infections,
maintenir l’intégrité
cutanée, assurer confort
et bien-être
Nettoyer, stimuler le
sens du toucher,
renforcer le lien affectif,
maintenir la peau saine
Maintenir l’intégrité
cutanée, prévenir les
25
Soins des plis
cutanés
Massage du
nourrisson
Hygiène des
yeux
Hygiène des
oreilles
Hygiène nasale /
prévention ORL
Hygiène buccodentaire
si nécessaire, sécher
minutieusement, surtout
les plis.
Nettoyer doucement les
plis (aisselles, cou, plis
inguinaux, derrière
genoux), sécher
soigneusement, appliquer
pommade protectrice si
nécessaire
Gestes doux et symétriques
sur le tronc, membres, tête
et visage après le bain,
observer réactions du
nourrisson
Nettoyer avec compresse
imbibée d’eau tiède ou
solution saline, coin interne
→ externe, compresse
différente si sécrétions
Nettoyer uniquement
pavillon et entrée du
conduit, ne jamais insérer
d’objet
Nettoyer régulièrement,
utiliser solution saline,
aspiration douce si
nécessaire, avant repas et
sommeil
Nettoyer gencives dès la
naissance, brosser dents
dès leur apparition, éviter
biberon sucré au coucher
tiède, crèmes
émollientes ou
protectrices
Linges doux,
compresses, crèmes
protectrices,
serviette douce
irritations et infections
cutanées
Huile douce ou
lotion adaptée,
serviette propre,
support stable
Améliorer circulation,
tonus musculaire,
apaiser et favoriser le
lien affectif
Compresses stériles,
eau tiède ou
solution saline,
serviette douce
Prévenir conjonctivites,
protéger la vision et
limiter propagation de
germes
Compresses ou
linges doux, eau
tiède ou solution
saline, serviette
douce
Solution saline
stérile, mouchebébé adapté,
compresse douce
Prévenir otites, protéger
l’audition
Compresse ou linge
doux, brosse à dents
souple, dentifrice
fluoré
Prévenir macération,
rougeurs et érythème
fessier
Prévenir accumulation
de sécrétions, infections
ORL (rhinites, sinusites),
faciliter respiration et
alimentation
Préserver gencives et
dents, limiter
colonisation bactérienne
et prévenir infections
ORL
26
CHAP VII : SOINS SPECIFIQUES DU NOURRISSON
1) Hygiène des parties génitales
a) Chez la fille
Chez les petites filles, l'anatomie présente des spécificités importantes : l'urètre est plus court
et plus proche de l'anus, augmentant les risques d'infections urinaires. La règle d'or consiste
à nettoyer toujours de l'avant vers l'arrière, c'est-à-dire de la vulve vers l'anus, pour éviter la
migration des bactéries intestinales. Utilisez un gant de toilette propre pour chaque nettoyage,
ou mieux encore, des compresses jetables imbibées d'eau tiède. Évitez de nettoyer l'intérieur
des petites lèvres pour préserver le mucus protecteur naturel.


Matériel :
o Compresses ou linges doux
o Eau tiède
o Serviette propre
Technique :
Nettoyer doucement les grandes lèvres de l’avant vers l’arrière pour éviter la
remontée de bactéries vers l’urètre et le vagin.
o Utiliser de l’eau tiède et un linge doux ou une compresse propre.
o Éviter l’utilisation de savons parfumés ou irritants.
Objectifs :
o Prévenir les infections urinaires et vaginales
o Maintenir la peau propre et saine
o Éviter les irritations ou inflammations
o

b) Chez le garçon


Technique :
o Nettoyer le gland et le prépuce sans forcer le décalottage (chez le nourrisson, le
prépuce est généralement adhérent).
o Nettoyer le scrotum et le pénis avec de l’eau tiède et un linge doux.
o Sécher délicatement après chaque lavage ou change.
Objectifs et justification :
o Prévenir les infections urinaires et balanites
o Maintenir la peau souple et protégée
o Éviter la macération et l’irritation
2) Soins du cordon ombilical

Matériel :
27

o
Compresses stériles
o
Eau tiède ou antiseptique recommandé
o
Serviette propre
Technique :
o
Nettoyer la base du cordon avec de l’eau tiède ou une solution antiseptique
douce selon protocole.

o
Garder le cordon au sec et dégagé du lange.
o
Surveiller l’apparition de rougeur, écoulement ou odeur suspecte.
o
Ne pas tirer ni manipuler le cordon.
Objectifs et justification :
o
Favoriser la cicatrisation naturelle du cordon
o
Prévenir l’omphalite (infection du cordon)
o
Surveiller la santé générale du nourrisson
3. Change du nourrisson et prévention de l’érythème fessier



Matériel :
o
Couches propres
o
Compresses ou linges doux
o
Crème protectrice / zinc / vaseline
o
Serviette douce
Technique :
o
Changer la couche fréquemment, idéalement après chaque miction ou selle.
o
Nettoyer délicatement les fesses avec une compresse ou un linge humide.
o
Sécher soigneusement pour éviter l’humidité persistante.
o
Appliquer une pommade protectrice si la peau est rouge ou fragile.
Objectifs et justification :
o
Prévenir l’érythème fessier et les infections cutanées
o
Maintenir le confort et le bien-être du nourrisson
o
Éviter la macération et l’irritation
4. Hygiène du sommeil

Principes :
28
o
Le nourrisson doit dormir sur le dos pour réduire le risque de mort subite du
nourrisson (MSN).
o
Utiliser un matelas ferme, propre et plat, sans oreillers, coussins, couvertures
épaisses ou jouets dans le lit.

o
Linge de lit propre et lavé régulièrement à 60°C si possible.
o
Maintenir la chambre aérée, calme et à température adaptée (22–24°C).
o
Habiller le nourrisson avec des vêtements légers adaptés à la température.
Objectifs et justification :
o
Prévenir le risque de suffocation ou MSN
o
Maintenir un environnement propre et sécurisé
o
Favoriser un sommeil réparateur et un développement harmonieux
Les soins spécifiques du nourrisson sont essentiels pour :

Prévenir les infections urinaires, cutanées et ombilicales

Maintenir la peau saine et protéger les muqueuses

Assurer le confort et le bien-être quotidien

Créer un environnement de sommeil sûr et hygiénique
Ces soins doivent être réalisés avec technique, régularité et matériel adapté, tout en éduquant
les parents pour qu’ils reproduisent ces gestes à domicile de manière sécurisée.
29
CHAP VIII : HYGIÈNE ALIMENTAIRE DU NOURRISSON
L’hygiène alimentaire du nourrisson constitue un élément fondamental de la prévention des
infections et du développement sain, en raison de la fragilité de son système digestif et de son
immaturité immunitaire. Une hygiène alimentaire rigoureuse permet de prévenir les infections
gastro-intestinales, de favoriser une croissance harmonieuse et d’assurer un bon état
nutritionnel, tout en contribuant au bien-être général du nourrisson.
1. Allaitement maternel
Importance

L’allaitement maternel exclusif est recommandé jusqu’à 6 mois, car le lait maternel est
stérile, complet sur le plan nutritionnel et contient des anticorps maternels qui protègent
contre les infections digestives et respiratoires.

Il favorise également le lien affectif, le développement du système immunitaire et
l’absorption optimale des nutriments.
Hygiène et pratiques

Avant chaque tétée, le sein doit être nettoyé avec de l’eau tiède, surtout si des
sécrétions ou résidus sont présents.

Les mains de la mère doivent être propres et lavées avant la mise au sein.

En cas de stockage du lait maternel tiré, il doit être conservé dans des contenants
propres et hermétiques, à une température adaptée (réfrigérateur à 4°C ou congélation
selon les recommandations).
2. Hygiène des biberons
Importance

Les biberons peuvent être des vecteurs majeurs de contamination bactérienne si non
nettoyés ou mal stérilisés, entraînant diarrhées, vomissements et infections digestives
graves.
Matériel

Eau chaude et savon doux
30

Biberons et tétines adaptés

Stérilisateur ou casserole pour ébullition

Linges propres pour séchage
Technique

Nettoyer les biberons, tétines et accessoires immédiatement après chaque utilisation
avec de l’eau chaude et du savon doux.

Rincer soigneusement pour éliminer tout résidu de savon.

Stériliser les biberons et tétines avant la première utilisation et régulièrement, par
ébullition ou stérilisateur adapté, selon l’âge du nourrisson.

Vérifier que le matériel est intact et non fissuré, afin d’éviter la prolifération
bactérienne.
3. Utilisation d’eau potable
Importance

L’eau utilisée pour préparer les biberons, les solutions de réhydratation ou les aliments
doit être potable et propre, afin de limiter les infections digestives dues aux bactéries
ou parasites.

L’eau contaminée est une source majeure de diarrhées, de déshydratation et de
morbidité chez le nourrisson.
Pratiques



Préférer l’eau bouillie et refroidie ou l’eau embouteillée conforme aux normes
sanitaires.
Éviter l’eau de sources non contrôlées ou stagnantes.
Vérifier la propreté des récipients utilisés pour stocker ou transporter l’eau.
4. Préparation des aliments
Importance

La préparation des aliments, y compris les compléments alimentaires ou les
préparations lactées, peut être un vecteur d’infections si les règles d’hygiène ne sont
pas respectées.
31
Matériel

Ustensiles propres et désinfectés

Bols et biberons stérilisés

Eau potable ou bouillie

Linges propres
Techniques

Laver soigneusement les mains avant toute manipulation des aliments ou du lait.

Utiliser ustensiles propres et désinfectés pour la préparation et le service des aliments.

Préparer les quantités nécessaires au moment de la tétée ou du repas, afin de limiter le
temps de stockage.

Conserver les aliments préparés au réfrigérateur si nécessaire et respecter les durées
de conservation.

Ne jamais laisser les biberons contenant du lait ou des préparations à température
ambiante trop longtemps.
L’hygiène alimentaire du nourrisson repose sur l’allaitement maternel sécurisé, l’entretien
rigoureux des biberons, l’utilisation d’eau potable et la préparation correcte des aliments.
Le respect strict de ces pratiques permet de prévenir les infections digestives, favoriser la
croissance, le développement et le bien-être du nourrisson, tout en constituant une
responsabilité clé du personnel infirmier et des parents.
32
CHAP IX : HYGIÈNE DE L’ENVIRONNEMENT DU NOURRISSON
L’environnement du nourrisson joue un rôle central dans sa santé, son confort et sa
sécurité. En raison de son système immunitaire immature et de sa vulnérabilité aux infections,
la qualité de l’environnement immédiat chambre, linge, jouets et objets manipulés influence
directement le risque de maladies infectieuses et respiratoires. Une hygiène rigoureuse de
l’environnement est donc essentielle pour prévenir les infections, favoriser le bien-être et
assurer un développement sain.
1. Hygiène de la chambre du nourrisson
Pour assurer un environnement sain, il est essentiel d'adopter des pratiques d'hygiène
rigoureuses. Commencez par le sol : privilégiez l'utilisation d'un aspirateur ou d'une
serpillière plutôt qu'un balai qui peut soulever la poussière. Nettoyez les surfaces, y compris
les jouets et meubles, au moins une fois par semaine.
Matériel

Chiffons propres ou linges humides

Produits de nettoyage doux et non irritants

Aspirateur ou balai adapté
Techniques

Maintenir la chambre propre, bien aérée et à température adaptée (environ 22–24°C).

Nettoyer régulièrement le sol, les surfaces et les meubles avec des produits adaptés et
non irritants pour le nourrisson.

Éviter l’accumulation de poussière, de textiles ou d’objets pouvant favoriser la
prolifération de bactéries ou d’acariens.

Limiter l’exposition aux fumées, aux parfums forts et aux animaux domestiques, qui
peuvent provoquer irritations respiratoires et allergies.

Aérer la chambre quotidiennement pendant quelques minutes pour renouveler l’air et
diminuer la concentration de germes et polluants.
Objectifs

Prévenir infections respiratoires, allergiques ou cutanées

Assurer un environnement sûr et confortable

Maintenir un air sain pour le développement pulmonaire et le sommeil
33
2. Hygiène du linge du nourrisson
La peau d’un nourrisson est cinq fois plus fine et perméable que celle d’un adulte, la rendant
vulnérable aux résidus chimiques. Laver linge bébé avec soin est donc crucial pour prévenir les
irritations. Pour préserver la peau fragile de bébé, optez pour une lessive douce et
hypoallergénique. Elle doit impérativement être sans parfum, sans phosphate et sans
colorants pour réduire les risques d’allergies.
Matériel

Lessive douce hypoallergénique

Eau chaude (si possible 60°C pour désinfection)

Séchoir ou étendoir propre

Draps et couvertures propres
Techniques

Laver le linge, draps, couvertures, vêtements et langes régulièrement, avec lessive
adaptée aux peaux sensibles et sans parfum agressif.

Séparer le linge du nourrisson de celui des adultes malades pour limiter les
contaminations croisées.

Sécher complètement le linge pour éviter la macération et le développement de
bactéries ou moisissures.

Changer les draps et vêtements souillés immédiatement pour limiter les irritations et la
contamination.
Objectifs

Limiter le contact avec les germes et allergènes

Prévenir infections cutanées et respiratoires

Maintenir confort et hygiène corporelle du nourrisson
3. Hygiène des jouets et objets manipulés
Matériel

Eau chaude et savon doux ou solution désinfectante adaptée

Linges propres

Bassine pour immersion des jouets
34
Techniques

Nettoyer régulièrement les jouets, peluches et objets que le nourrisson touche ou porte
à la bouche.

Utiliser des solutions douces, adaptées aux jouets, ou de l’eau chaude savonneuse pour
les objets lavables.

Pour les jouets non lavables, limiter leur utilisation ou les exposer uniquement à des
surfaces propres.

Désinfecter les tétines, anneaux de dentition et jouets en contact avec la bouche.

Vérifier l’état des jouets pour éviter tout risque d’ingestion ou blessure.
Objectifs

Prévenir infections gastro-intestinales et ORL

Réduire la transmission des micro-organismes

Maintenir un environnement ludique sûr et hygiénique

4. Prévention des maladies infectieuses liées à l’environnement
Mesures préventives

Maintenir une hygiène stricte des mains pour tous les adultes manipulant le nourrisson.

Nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces fréquemment touchées (tables à
langer, poignées, jouets).

Limiter l’accès aux personnes malades pour éviter la transmission de virus ou bactéries.

Assurer un suivi des vaccins et respecter les recommandations sanitaires pour protéger
le nourrisson.

Éduquer les parents sur la fréquence du nettoyage, l’entretien du linge et la
désinfection des jouets.
Objectifs

Réduire la morbidité infantile liée aux infections gastro-intestinales, respiratoires et
cutanées

Prévenir les épidémies domestiques et la transmission croisée de germes

Garantir un développement sain et sécurisé du nourrisson
L’hygiène de l’environnement du nourrisson, incluant la chambre, le linge et les jouets, joue un
rôle crucial dans la prévention des infections et le maintien du confort et du bien-être.
35
Une application rigoureuse de ces mesures, combinée à l’éducation des parents et à la
surveillance infirmière, permet de créer un environnement sûr, sain et propice au
développement harmonieux du nourrisson.
36
CHAP X : PRÉVENTION DES COMPLICATIONS, SIGNAUX
D’ALERTE, ÉDUCATION DES PARENTS
1. Prévention des complications liées à une mauvaise hygiène
Une hygiène inadéquate chez le nourrisson peut entraîner des complications graves,
touchant la peau, les voies respiratoires, le système digestif et la santé globale.
Principales mesures préventives :

Hygiène corporelle stricte : toilette quotidienne, bain régulier, soins des plis cutanés et
massage doux pour éviter macération, érythème fessier et infections cutanées.

Hygiène des organes des sens : nettoyage régulier des yeux, oreilles, nez et bouche pour
prévenir conjonctivites, otites, rhinites et infections ORL.

Hygiène alimentaire : allaitement hygiénique ou préparation des biberons avec eau
potable, stérilisation du matériel et préparation sécurisée des aliments pour prévenir
diarrhées et infections gastro-intestinales.

Hygiène de l’environnement : nettoyage régulier de la chambre, linge et jouets,
ventilation adéquate et limitation des contacts avec personnes malades pour réduire la
transmission des germes.
Objectif global : réduire le risque de morbidité et mortalité infantile, favoriser le confort, le bienêtre et le développement physique et psychomoteur.
2. Signes d’alerte d’une mauvaise hygiène
Le personnel infirmier et les parents doivent être attentifs à certains signes précoces
indiquant que l’hygiène du nourrisson est insuffisante ou qu’une infection est présente.
Signes cutanés

Rougeurs persistantes ou érythème fessier

Plaques ou croûtes sur la peau

Lésions suintantes ou irritations
Signes digestifs

Diarrhées répétées ou sanglantes

Vomissements fréquents
37

Ballonnements ou douleurs abdominales
Signes respiratoires et ORL

Écoulement nasal purulent ou congestion persistante

Toux, fièvre ou respiration sifflante

Rougeurs ou écoulement des yeux ou des oreilles
Autres signes

Sommeil perturbé ou agitation inhabituelle

Perte de poids ou retard de croissance

Refus de téter ou de s’alimenter
Ces signaux constituent des urgences relatives nécessitant une évaluation infirmière ou
médicale rapide.
3. Éducation des parents
L’éducation des parents est un élément fondamental pour assurer une hygiène optimale et
prévenir les complications.
Points essentiels à enseigner
1. Hygiène corporelle : fréquence du bain, soins des plis cutanés, massage doux et
surveillance de la peau.
2. Hygiène des organes des sens : nettoyage des yeux, oreilles, nez et bouche, prévention
des infections ORL.
3. Hygiène alimentaire : allaitement maternel hygiénique, stérilisation des biberons,
préparation des aliments avec eau potable.
4. Hygiène de l’environnement : nettoyage régulier de la chambre, du linge et des jouets,
aération et limitation des contacts avec personnes malades.
5. Observation et surveillance : reconnaissance des signes d’alerte et recours rapide au
personnel de santé.
Objectifs

Favoriser l’autonomie des parents dans les soins quotidiens

Réduire les risques infectieux

Assurer la continuité des soins à domicile

Renforcer la confiance et le lien parent-enfant
38
4. Évaluation finale de l’hygiène du nourrisson
L’évaluation finale permet de mesurer l’efficacité des pratiques d’hygiène et de prévention, de
détecter d’éventuelles complications et de renforcer les actions éducatives.
Points d’évaluation

État cutané et observation des plis : absence de rougeurs, lésions ou macération

Santé des organes des sens : yeux clairs, oreilles et nez propres, absence d’écoulement

Alimentation et matériel : biberons stérilisés, alimentation saine et adaptée, absence de
diarrhée ou vomissements fréquents

Environnement : chambre propre et ventilée, linge et jouets désinfectés

Comportement et bien-être du nourrisson : sommeil régulier, appétit normal, activité et
tonus adéquats
Méthodes

Observation directe

Vérification du matériel et de l’environnement

Entretien avec les parents pour évaluer leur compréhension et application des
pratiques d’hygiène
Objectif
Assurer que le nourrisson bénéficie d’une hygiène optimale, prévenir les complications et
adapter l’éducation ou les interventions si nécessaire.
La prévention des complications liées à une mauvaise hygiène, la surveillance attentive des signes
d’alerte, l’éducation des parents et l’évaluation finale sont des composantes essentielles de la
prise en charge infirmière en pédiatrie. Une approche systématique et rigoureuse permet de
prévenir les infections, favoriser la croissance et le bien-être du nourrisson, et de sensibiliser les
parents à l’importance des soins quotidiens dans le maintien de la santé de l’enfant.
39
Conclusion
L’hygiène du nourrisson constitue un pilier fondamental de la santé, de la prévention des
infections et
du développement
harmonieux.
Elle
englobe
plusieurs
dimensions
complémentaires :

Hygiène corporelle : la toilette quotidienne, le bain, les soins des plis cutanés, l’entretien
de la peau et le massage permettent de maintenir l’intégrité cutanée, de prévenir les
infections cutanées et de favoriser le confort et le bien-être.

Hygiène des organes des sens : le nettoyage régulier des yeux, oreilles, nez et bouche
contribue à prévenir les infections ORL, à protéger la vision et l’audition, et à maintenir
la perméabilité des voies respiratoires supérieures.

Hygiène alimentaire : l’allaitement maternel, la stérilisation des biberons, l’utilisation
d’eau potable et la préparation hygiénique des aliments permettent de prévenir les
infections digestives, d’assurer une nutrition adéquate et de soutenir la croissance et le
développement du nourrisson.

Hygiène de l’environnement : une chambre propre, un linge régulièrement lavé et des
jouets désinfectés réduisent la transmission des germes et assurent un cadre sûr et
confortable.

Prévention des complications et surveillance : l’observation attentive des signes d’alerte,
tels que rougeurs cutanées, diarrhées, écoulements ou difficultés respiratoires, permet
une intervention rapide et limite la morbidité.

Éducation des parents et évaluation : le rôle éducatif du personnel infirmier est central
pour transmettre les bonnes pratiques, renforcer l’autonomie des familles et assurer
une évaluation continue de l’hygiène et de la santé du nourrisson.
En résumé, une hygiène rigoureuse, globale et adaptée, associée à une surveillance attentive et
à l’éducation parentale, est indispensable pour prévenir les infections, réduire la morbidité et la
mortalité infantile, favoriser le bien-être et soutenir un développement physique et
psychomoteur
optimal.
Elle constitue ainsi une responsabilité essentielle du personnel infirmier en pédiatrie et un
facteur déterminant pour la santé à court et long terme du nourrisson.
40
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE
1. Oud, S., & Henneman, E. (2020). Pédiatrie pour infirmiers et étudiants en sciences de la
santé. Paris : Elsevier Masson.
o
Chapitres : hygiène du nourrisson, soins corporels, prévention des infections.
2. Barth, S., & David, P. (2019). Soins infirmiers en pédiatrie. Bruxelles : De Boeck Supérieur.
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Sections : hygiène corporelle, soins alimentaires, environnement du nourrisson.
3. Berman, S. M., Snyder, S., & Kozier, B. (2018). Fondements des soins infirmiers : concepts,
processus et pratique. Paris : Pearson.
o
Chapitres sur l’hygiène, la prévention des infections et la surveillance du
nourrisson.
4. Levy, M., & Mariani, I. (2021). Pédiatrie et soins infirmiers spécialisés. Lyon : Elsevier.
5. Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Nutrition de l’enfant : recommandations pour
l’allaitement maternel. Genève : OMS, 2021.
o
Guide sur l’allaitement, hygiène des biberons et prévention des infections
digestives.
2. Centre pour le Contrôle et la Prévention des Maladies (CDC). Infant and Child Hygiene
Guidelines. Atlanta : CDC, 2022.
o
Recommandations pratiques pour l’hygiène corporelle, des organes des sens,
environnement et alimentation.
3. Haute Autorité de Santé (HAS) – France. Recommandations pour la prévention des
infections chez le nourrisson et l’enfant. Paris : HAS, 2020
3. Articles scientifiques récents
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2. Patel, R., et al. (2019). Impact of parental education on infant hygiene and infection
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3. Gupta, A., & Kumar, S. (2021). Best practices for infant feeding and hygiene. Pediatrics
and Child Health, 26(5), 289-297.
41
Questions
Cas 1 : Hygiène corporelle
Situation
:
Mme D. vient consulter avec son nourrisson de 3 mois. Elle explique qu’elle lave son bébé
seulement deux fois par semaine et remarque des rougeurs dans les plis du cou et des aisselles.
Questions :
1. Quels problèmes d’hygiène corporelle pouvez-vous identifier ?
2. Quelles complications pourraient survenir si cette pratique continue ?
3. Décrivez les étapes d’une toilette quotidienne adaptée pour ce nourrisson.
4. Quels conseils éducatifs pouvez-vous donner aux parents pour prévenir l’érythème et
les infections cutanées ?
Cas 2 : Hygiène des organes des sens
Situation
:
Le nourrisson présente un écoulement nasal clair, une rougeur à un œil et ses parents ne savent
pas comment nettoyer ses oreilles et son nez.
Questions :
1. Quels sont les risques si l’hygiène des organes des sens n’est pas respectée ?
2. Décrivez la technique correcte pour nettoyer les yeux, le nez et les oreilles d’un
nourrisson.
3. Quels signes d’alerte doivent amener les parents à consulter rapidement ?
Cas 3 : Hygiène alimentaire
Situation
:
Mme F. prépare les biberons avec de l’eau du robinet non bouillie et ne stérilise pas le matériel.
Elle allaite également son bébé mais se lave rarement les mains avant chaque tétée.
Questions :
1. Quels risques pour la santé du nourrisson peuvent résulter de ces pratiques ?
2. Décrivez les mesures d’hygiène alimentaire recommandées pour prévenir les infections
digestives.
3. Comment pouvez-vous éduquer la mère sur l’allaitement hygiénique et la préparation
des biberons ?
42
Cas 4 : Hygiène de l’environnement
Situation
:
La chambre du nourrisson est mal aérée, le linge n’est pas changé régulièrement et les jouets
ne sont jamais désinfectés. Le nourrisson présente des signes de rhinite fréquente et irritations
cutanées.
Questions :
1. Quels éléments de l’environnement contribuent aux problèmes de santé du nourrisson
?
2. Décrivez les mesures à mettre en place pour assurer un environnement sain.
3. Comment impliquer les parents dans l’entretien quotidien de la chambre et des jouets ?
Cas 5 : Signes d’alerte et prévention
Situation
:
Un nourrisson de 2 mois présente diarrhée, érythème fessier et fièvre légère. La mère admet
ne pas respecter certaines pratiques d’hygiène corporelle et alimentaire.
Questions :
1. Quels sont les signes d’alerte d’une infection ou d’une mauvaise hygiène à surveiller ?
2. Quelles interventions infirmières immédiates doivent être mises en place ?
3. Quels conseils éducatifs prioritaires donner à la mère pour prévenir les complications
futures ?
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