Facteurs associés aux anomalies du spermogramme à Bangui

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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA POPULATION
Formation en recherche opérationnelle, première cohorte
Protocole de recherche
Rédigé et présenté par :
Dr BISSAHOLO Schadrach Amédé médecin résident au Diplôme d’Etude
Spécialisée de biologie médicale.
Sous le mentorat du Dr Raphaël MBAÏLAO MD, MPH Directeur général de
l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie au ministère de la santé et de la
population.
FACTEURS ASSOCIES AUX ANOMALIES DU SPERMOGRAMME A
BANGUI
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Introduction
Selon l’OMS, l’infertilité du couple est définie par l’absence de conception après
au moins 12 mois de rapports sexuels non protégés [1]. Elle touche 17.5% de
la population adulte mondiale, soit 1 personne sur 6 au cours de sa vie [2].
L’infertilité du couple est, par sa fréquence et son impact sur la qualité de vie,
un problème important de Santé Publique.
Elle est devenue ces dernières années un problème de santé publique, dont
l’origine peut être féminine, masculine ou mixte. L’origine masculine est
incriminée dans 40% des cas[3].
Au Mali (Salifou I Traore et al. 2025) la prévalence hospitalière a été estimée à
2,5% avec un âge moyen de 37,1 ans (±7,1). Les agriculteurs (30,95%) étaient
les plus représentés. Le spermogramme a objecti une azoospermie dans
26,20% des cas. Les étiologies principales étaient la varicocèle (35,71%), les
séquelles d’infections urogénitales (23,80%) et l’infertilité idiopathique
(11,90%)[4].
Au Sénégal (L. Niang et al. 2009),les principales perturbations étaient une
oligospermie inférieure à 5 millions de spermatozoïdes/ml (35,6 %) et une
azoospermie dans 28,6 % des cas[3].
Au Maroc (Mohammed Frikh et al. 2021), les facteurs de risque d ́infertilité les
plus fréquemment retrouvés sont le tabac suivi par la varicocèle et l ́infection.
L ́anomalie la plus fréquente était la perturbation de la vitalité (36,9%) suivie par
la concentration spermatique (29,7%) et la morphologie (29,3%). Les anomalies
de la mobilité se voient à partir de 31 ans, la vitalité est perturbée à 34 ans, la
morphologie à 35 ans et la concentration à 37 ans. L ́azoospermie a été
retrouvée dans 16,4% essentiellement associée à l ́infertilité primaire. L ́oligo-
asthéno-tératospermie était l ́association la plus représentée (26,2%).
L’infertilité masculine est fréquente, l ́âge étant son principal facteur de risque.
La mobilité est le paramètre le plus précocement atteint[3].
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Au Cameroun (MACKY SAM Georges Gabriel et al. 2009), le nombre d’unions
contractées détermine l’infécondité au Cameroun. Phénomène aussi bien
présent en milieu urbain qu’en milieu rural[5].
A Yaoundé, au Cameroun (Fouda JC et al. 2020), les hommes mariés, les
personnes originaires de l’ouest, les chauffeurs et les personnes ayant un
niveau d’études supérieures sont les plus concernés[6].
En République Centrafricaine, la sociéattribue l’infertilité du couple à tort ou
à raison à une cause féminine. Contrairement cette idée populaire, l’origine de
l’infertilité n’est pas uniquement féminine : dans 50 % des cas, elle
est masculine seule ou mixte [7].
Il n’existe pas assez de travaux de recherche sur l’infertilité masculine en
République Centrafrique alors que l’OMS souligne l’importance d’obtenir plus
de données permettant de distinguer les causes de l’infertilité selon le sexe et
l’âge et de mieux évaluer la prévalence de l’infertilité par pays [8]. On note à cet
effet des lacunes dans la connaissance de l’infertilité masculine dans en
Centrafrique.
Quels sont donc les caractéristiques épidémiologiques et les facteurs associés
aux anomalies du spermogramme dans le district sanitaire de Bangui II, en
République Centrafricaine ?
L’objectif général sera d’évaluer les facteurs associés aux anomalies du
spermogramme à Bangui en 2025.
De façon spécifique, cette étude cherchera à :
Déterminer la fréquence de spermogrammes anormaux parmi les
patients ayant été consultés pour infertilité ;
Décrire les différents types d’anomalies observées ;
Identifier les facteurs potentiellement responsables de ces anomalies.
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1. Type de l’étude
Il s’agira d’une étude transversale rétrospective allant de Janvier 2024 en
décembre 2025.
2. Cadre et période de l’étude
L’étude se déroulera au service de gynécologie-obstétrique du Centre
Hospitalier Universitaire de Maman Elisabeth Domitien (CHUMED), au
laboratoire d’analyse médicale de l’Institut Pasteur de Bangui et au Laboratoire
National de Biologie Clinique et de Santé Publique (LNBCSP).
3. Population d’étude
3.1 Population source
Les hommes vivants en couple ou mariés depuis au moins 12 avant l’examen
mois vivant à Bangui et qui n’ont pas conçu.
3.2 Population d’étude
L’étude concernera une population d’hommes vivant en couple ou mariés dont
le couple a consulté pour infertilité du couple et a réalisé un spermogramme
dans les structures précitées.
4. Critères d’inclusion et d’exclusion
4.1 Inclusion
Seront inclus dans l’étude tous les hommes en couple depuis 12 mois au moins,
ayant consulté pour infertilité dans les sites retenus et dont les épouses ne
présentaient aucune pathologie pouvant entraver une grossesse selon leurs
gynécologues.
4.2 Exclusion
Tous les sujets présentant un dossier médical incomplet et/ou ne comportant
pas un résultat du spermogramme.
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5. Taille et méthode d’échantillonnage
La taille minimale de l’échantillon a été déterminée à l’aide de la formule de
Schwartz : n = Z2 x p (1 p) / m2.
n = taille de l’échantillon
Z = niveau de confiance selon la loi normale centrée réduite (pour un niveau de
confiance de 95 %, Z = 1,96).
p = proportion estimée de l’infertilité masculine.
m = marge d’erreur tolérée.
En considérant une prévalence d’infertilité estimée à 50 % (valeur maximale
pour réduire le risque d’erreur), une marge d’erreur de 5 % et un risque α de 5
%, la taille minimale obtenue est de 384 participants. En anticipant un taux de
non-réponse d’environ 10 %, la taille finale de l’échantillon sera portée à 422
participants. Un échantillonnage aléatoire simple sera utilisé à partir de la liste
des patients suivis dans le service.
Population totale du district de BIMBO : 386.000 habitants en 2025.
6. Méthodes et outils de collecte de données
6.1 Outils de collecte de données
Une fiche d’enquête organisée à trois parties sera utilisée pour la collecte des
données socio-démographiques, cliniques et les données biologiques (résultats
du spermogramme).
6.2 Collecte de données
Notre travail consistera à recenser tous les dossiers des personnes ayant
consultés pour infertilité disponibles au service de gynécologie du CHUMED.
Pour se faire des enquêteurs seront recrutés pour transcrire les informations
recherchées sur les fiches d’enquête établies à cet effet après avoir obtenu
l’autorisation administrative de l’enquête et la clairance éthique.
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