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Université Ibn Tofail
Faculté d’Economie et de Gestion
Kenitra
Polycopié du module : Gestion de Projet
Filière : Sciences Economiques et Gestion
Semestre 1
Pr. Hassan EL AISSAOUI
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Microéconomie 1 : le consommateur
Introduction :
La microéconomie est une discipline de la science économique qui étudie le comportement des agents
économiques (le consommateur et le producteur) considérés comme centres de décisions autonomes
agissant pour leur bien - être propre dans un contexte de production et de répartition des ressources
supposées rares.
L‘analyse microéconomique utilise les instruments conceptuels de l’école néoclassique dont le but
est de tenter une explication de la formation des prix sur les différents marchés des biens et services.
A travers l’analyse des comportements du consommateur et du producteur (on dira aussi de
l’entreprise ou de la firme), les néo - classiques bâtissent leur théorie de la production et de la
répartition des richesses.
Ils proposent en même temps, leur propre définition de l’optimum économique dans un contexte de
libre concurrence.
La libre concurrence entre les producteurs, ces agents économiques qui vendent (qui «offrent») leurs
produits et les consommateurs qui achètent (qui demandent) les biens nécessaires à la satisfaction de
leurs besoins (ou qui leur procurent de l’utilité) aboutit à la formation de l’équilibre sur le marché
grâce au jeu de la loi de l’offre et de la demande qui va imposer la formation du prix (des biens et
services) et des quantités d’équilibre des biens ainsi échangés.
Pour mener à bien leur démonstration, les néo-classiques utilisent une démarche de raisonnement dite
« à la marge » :
Ainsi, le consommateur n’atteint pas son «équilibre» tant que la consommation d’une unité
supplémentaire du bien demandé lui procure un surcroît de satisfaction ou « d’utilité ».
L’utilité marginale est en effet, dans le modèle néo-classique, est à la base des choix du consommateur.
De même la firme continuera à produire (ou à offrir) des biens sur le marché, tant que la productivité
liée à l’utilisation d’une unité supplémentaire d’un facteur de production (utilisé dans le processus de
fabrication des biens qu’il met sur le marché) reste positive, c’est à dire tant qu’elle assure
accroissement de l’offre.
La productivité marginale, (tout comme le coût marginal des facteurs) est à la base du comportement
de la firme.
Pour cette raison, l’école néo-classique est appelée également école marginaliste.
Le constat de départ de l’analyse micro-économique est assez simple :
Les Hommes éprouvent des besoins illimités, mais les ressources dont ils
disposent pour les satisfaire n’existent qu’en nombre limité (phénomène de
rareté), En conséquence ils doivent faire des choix.
La rareté impose donc des choix.
L’économie est la science des choix ou science de décision dans un cadre de
rareté.
Ainsi, la science économique cherche à résoudre des problèmes de l’allocation des ressources
rares.
Ou plutôt à étudier le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares
à usage alternatif.
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La démarche micro-économique s’est développait à partir de 1870. Trois économistes qui
travaillaient séparément , découvrent à peu près simultanément des outils d’analyse nouveaux. Il
s’agit du :
Du britannique Stanly JEVONS (1835-1882)
Du français Léon WALRAS (1835-1910)
Du l’autrichien Carl MENGER (1840-1921)
Ces trois auteurs apparaissent comme les fondateurs du courant néo-classiques.
I. Le comportement du consommateur
Bien rare :
Les biens rares sont appelés biens économiques. Ils s’opposent ainsi à la notion de biens libres
(biens non économiques) dont l’utilisation pour la satisfaction des besoins ne nécessite pas
d’efforts particuliers car disponibles dans la nature en quantité abondante.
C’est le cas par exemple du besoin de respirer qu’éprouve, à tout instant chacun d’entre nous sans
que cela n’exige de nous de produire l’air que l’on respire ou d’en payer le prix.
Le caractère économique d’un comportement est étroitement associé à la notion de rareté. Comme
les ressources nécessaires à la fabrication des biens demandés sont en quantité limitée, elles ont un
prix. De cette façon on définit un bien économique (c’est-à-dire un bien ayant un prix).
Les biens économiques se différencient donc des biens non économiques en raison de leur rareté.
Les biens économiques satisfont des besoins économiques.
La rareté contraint donc à choisir. Le choix implique alors un coût qui se mesure en termes de
biens, services ou usages auxquels on a renoncé. En choisissant de consommer tel bien plutôt que
tel autre, le consommateur renonce à certaines utilisations de son revenu.
Les biens économiques offerts sur le marché par les firmes sont « demandés » par les
consommateurs contre paiement « d’un prix » :
La formation du prix d’équilibre sur le marché d’un bien constitue l’objectif des néoclassiques.
Puisqu’ils ont la faculté de satisfaire un besoin exprimé, les biens économiques sont également
utiles.
En conséquence, le consommateur est demandeur d’un bien sur le marché parce qu’il lui procure
de « l’utilité ». Obtenir de l’utilité constitue « l’objectif » de l’activité de consommation.
La rationalité du consommateur :
Un consommateur rationnel :
Soit :
Il cherche à maximiser sa satisfaction (l’utilité) par l’utilisation de son revenu.
Le consommateur cherche à atteindre le plus haut niveau de satisfaction.
Le consommateur se retrouve face à la contrainte du revenu (la contrainte budgétaire)
le revenu empêche le consommateur d’atteindre la plus haute satisfaction.
Soit :
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Il cherche à minimiser ses dépenses pour atteindre une satisfaction (utilité)
prédéterminée.
Le consommateur cherche à dépenser le moins possible mais se retrouve face à la
contrainte de l’utilité. L’utilité prédéterminée empêche le consommateur de minimiser ses
dépenses (revenu).
Pour analyser les choix du consommateur rationnel : les économistes utilisent deux types
d’analyse :
L’analyse cardinale
L’analyse ordinale
1. L’analyse cardinale :
Dans l’analyse cardinale on estime que :
la satisfaction (l’utilité) est mesurable c’est-à-dire on peut la mesurer.
l’utilité procurée par la consommation d’un bien est exprimée par une valeur
numérique.
1.1. L’utilité total Ux :
L’utilité totale est le niveau de satisfaction globale procurée par la consommation d’un bien x.
Exemple :
Un individu mange une pomme, si on estime que l’utilité que cette pomme procure à
l’individu est 10, on note U = 10.
1.2. L’utilité marginal Umx (ou Umgx):
L’utilité marginale est le niveau de satisfaction procurée par la consommation d’une unité
supplémentaire d’un bien x.
C’est l’utilité additionnelle procurée si on consomme une unité d’un bien x.
Exemple
Un individu mange une pomme qui lui donne une utilité totale U1=10. L’individu mange une
autre pomme qui lui donne une utilité totale U2 = 16.
Donc l’utilité marginale Um = (16 – 10)/(2-1) = 6
Pour calculer l’utilité marginale, on distingue deux méthodes :
La méthode mathématique : Umx= ∆Ux/∆x.
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La méthode économique : Umx = (Ux)’.
∆Ux/∆x : représente la variation de Ux
(Ux)’ : représente la dérivée de Ux
Application 1 : Utilité cardinale
Consommation de deux biens x e t y
Ainsi lorsque le consommateur achète 4 unités de X et 2 unités de Y, son utilité est égale à :
Ux(4) + Uy(2)= 33 + 30 = 63.
De même, 3 unités de X et 5 unités de Y lui procurent une utilité égale à :
Ux(3) + Uy(5) = 27 + 43 = 70.
L’utilité associée au vecteur de consommation (4,2) est inférieure à l’utilité du vecteur de
consommation (3,5). Le consommateur préfère donc le second vecteur de consommation au
premier.
Application 2 : Utilité marginale
Représentation graphique :
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