Les perturbateurs endocriniens, acteurs silencieux

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2014
Les perturbateurs endocriniens,
acteurs silencieux de l’obésité ?
Cécile Valleyen, Antonin Zimmer,
Alexis Alliel
BDNH-1A 2014-2015
La somme de souffrances humaines consécutives aux pathologies
d’origine environnementale mais aussi la charge financière qu’elles font
peser sur la collectivité doivent pousser les pouvoirs publics à agir.
Les communautés scientifiques mettent notamment en avant, comme
facteur contribuant à l’explosion de ces pathologies de civilisation, l’action
des perturbateurs endocriniens, à savoir des substances chimiques
modifiant durablement le fonctionnement hormonal des êtres humains et
de la faune, présentes dans toutes sortes de produits industriels ou agricoles
de consommation courante.
Rapport d’information n°1828
de l’Assemblée nationale française
C’est de cette citation du rapport d’information de l’assemblée nationale française que notre
étude débute. Les pathologies de civilisation ont totalement évoluées avec les progrès en
santé. L’obésité est devenue avec le cancer « La maladie XXIème siècle » et certains facteurs
ne sont toujours pas connus. Il est pourtant clair dans cette citation que l’environnement a un
impact important sur notre santé. Ce rapport pointe notamment les perturbateurs endocriniens.
Pour mener notre recherche et tenter de répondre à la problématique, nous diviserons notre
travail en deux parties.
Tout d’abord, nous définirons ce qu’est l’obésité, ses facteurs et ses conséquences. Cette
partie nous permettra de mieux comprendre les différentes causes de l’obésité.
Ensuite, nous feront une étude sur les perturbateurs endocriniens, pour comprendre comment
les scientifiques les ont découvert, apprendre leurs fonctionnements dans le corps humain et
enfin, nous ferons une étude de cas de certains d’entres eux, notamment ceux liés à l’obésité.
De ces deux études, nous émettrons nos conclusions et hypothèses à travers une comparaison
et une mise en évidence des conséquences de l’action des perturbateurs endocriniens et des
causes de l’obésité.
SOMMAIRE
Introduction – Antonin Z
Etude de l’obésité – Cécile V. avec l’aide d’Alexis A.
Définition et facteurs d’obésité-----------------------------------------------Page 1
Conséquence de l’obésité sur la santé--------------------------------------Page 5
Etude des perturbateurs endocriniens
Historique et action des perturbateurs endocriniens------------------Page 12
Par Antonin Z
Etude de cas liée à l’obésité et l’alimentation----------------------------Page13
Par Alexis A
Conclusion – Antonin Z.
Mise en page par Antonin Z
Etude de l’obésité
Définitions et facteurs de l’obésité
L'OMS définit l'obésité comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle
représentant un risque pour la santé. Une personne est considérée comme étant obèse lorsque
son indice de masse corporelle (IMC) est de 30 ou plus. Une personne en surpoids a un IMC
égale ou supérieur à 25.
IMC = P (en kg) : T (en m et cm). On parle d’excès pondéral si IMC > 25 et < 30. Obésité
type I si IMC > 30 < 35. Obésité type II si IMC > 35 et < 40. Obésité type III si IMC > 40.
L’histoire de la maladie :
Le poids chez une personne bien portante doit rester stable. Il existe un mécanisme régulateur
qui sert à réguler les apports énergétiques et les dépenses énergétiques. En cas d'obésité, les
apports sont supérieurs aux dépenses. Les facteurs associés à l’obésité sont multiples.
On en dénombre quelques uns :
- causes génétiques : Il est important de vérifier les antécédents d'obésité, parents, grands
parents obèses. Un couple obèse à 40% de chance d’avoir un enfant obèse. L’influence de la
génétique sur l’obésité permet de comprendre pourquoi certaines personnes prennent plus que
d’autres, tout en ne mangeant pas plus et en ayant al même activité physique.
- sédentarité : La diminution spontanée de l’activité physique est un fait, souvent difficile à
quantifier, car masquée par une augmentation notable de l’accès à de nombreuses activités
sportives, pratiquées souvent de façon désordonnée dans un emploi du temps surchargé. En
fait, les trajets entre le domicile et le travail sont rarement effectués à pied, pour toutes sortes
de bonnes raisons (temps, éloignement, engouement pour la voiture individuelle).
- surconsommation de graisse (surtout cachées) : Les graisses contenues dans les aliments
préparés en friture, dans les douceurs et snacks salés posent un réel problème, car elles
passent souvent inaperçues et sont de ce fait consommées en grandes quantités.
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- surconsommation de glucides a IG élevé : Ils favorisent la prise de masse grasse viscérale :
cette graisse, localisée au niveau de l’abdomen, a la particularité d’être inesthétique, mais
également d’augmenter le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète. Ils augmentent
le risque de diabète de type 2 .Ils augmentent le risque et les symptômes de toute maladie
inflammatoire et font vieillir l’organisme prématurément.
- grignotage (+ 50% des apports caloriques) : Est caractérisé par un fractionnement des repas.
Le grignotage concerne tous les aliments consommés en dehors des trois grands repas
quotidiens (petit déjeuner, déjeuner, dîner) ou les petits aliments destinés à remplacer les
repas traditionnels. Dans certaines cultures, on préfère les aliments salés comme les bretzels,
les petits pains croustillants et les chips, dans d'autres, on s'oriente plutôt vers des aliments
plus sucrés comme les yaourts, les fruits, les gâteaux secs, le chocolat ou les boissons
gazeuses.
- surconsommation de boissons alcoolisées : La consommation d’alcool s’accompagne
souvent de modifications qualitatives dans la prise alimentaire, même quand la consommation
énergétique totale n’est pas diminuée. Par ailleurs, elle stimule la lipogenèse et freine la
lipolyse. Mais entraîne également une stimulation de l’appétit suite à une forte inhibition de la
néoglucogenèse.
-facteurs environnementaux : Notre environnement socioculturel à beaucoup changé depuis
une vingtaine d’année. La publicité est omniprésente et elle modifie notre rapport au corps, à
l’alimentation. Cependant, ce sont ces mêmes publicités qui, aujourd’hui, permettent de
prévenir de cette obésité qui ne cesse de croître.
- facteurs psychologiques : la nourriture est efficace pour répondre à un stress : boulimie
(personne anxieuse qui mange n'importe quoi), anorexie (arrêt de l'alimentation).
- troubles hormonaux :
Chez la femme obèse, les perturbations du cycle sont fréquentes. Elle s'accompagne souvent
d'une raréfaction des ovulations et d'une baisse de la fertilité.
Chez l'homme, en cas d'obésité particulièrement sévère, le taux de testostérone libre tend à
s'abaisser.
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On distingue deux types de répartition physique de l’obésité :
La répartition androïde : est une répartition plutôt masculine. La localisation du tissu adipeux
se situe principalement au niveau abdominal, donc au dessus du nombril. Au niveau du cou,
des épaules, de la poitrine et sur l’estomac. On la reconnaît à sa forme de pomme. L’excès se
trouve surtout au niveau viscéral. Les complications sont surtout d’ordres métaboliques et
cardio-vasculaires. Le risque lié aux problèmes de santé est accru.
La répartition gynoide : à l’inverse de l’androïde, il s’agit là d’une répartition plutôt féminine.
Le tissu adipeux se situe au dessous du nombril. Il est localisé au niveau des fesses, du ventre,
des hanches et des cuisses, donc au dessous du nombril. La forme permettant de l’identifier
est la poire. Ici, il s’avère que le risque lié aux problèmes de santé est moindre.
La prévalence de l’obésité est en constante augmentation depuis plus de vingt ans dans
tous les pays du monde où elle a été évaluée. En France, selon les critères cités précédemment
(IMC supérieur au 97e percentile), la prévalence est passée de 3% dans les années 60 à 10%
dans les années 90, puis à environ 16 à 19% ces dernières années (Rolland-Cachera, 2007). La
France se situe dans la moyenne des pays européens, loin derrière les USA (presque 30%),
avec des disparités régionales importantes : les régions du Nord et de l’Est sont plus touchées
que l’Ouest, semblant en cela suivre une évolution parallèle à celle de la précarité économique
et sociale.
Il est probable que la plus grande part de l’explication de la prévalence accrue de l’obésité
depuis quelques décennies revient aux changements d’environnement des pays dits «
développés » : nourriture plus abondante, plus sucrée, plus grasse, moins chère pour les
produits à haute densité calorique, disponible quasiment à tout moment, assortie d’une
modification des comportements alimentaires : déstructuration des repas, prises alimentaires
hors repas en augmentation constante (le snacking des anglo-saxons), influence de plus en
plus importante de la publicité alimentaire ciblée vers les enfants de plus en plus jeunes pour
orienter précocement leurs goûts (et leurs dégoûts…), moindre temps passé à la préparation
des repas conduisant à la consommation de produits composés, souvent plus riches en graisses
et/ou en sucres… La liste des responsables potentiels liés à une modification profonde de nos
rythmes et de nos choix alimentaires est longue !
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Cette analyse nous amène à réfléchir sur les emballages alimentaires contenant des
perturbateurs endocriniens tels que, le BPA plus communément connu sous le nom de
bisphénol A, le PCB de son nom polychlorobiphényle et bien d’autres encore… Leur
présence s’identifie, pour le bisphénol A, sur les objets en polycarbonate (supports de
données, biberons, verres de contact rigides, appareils électroniques, etc.) Mais également au
niveau du revêtement intérieur blanc des boîtes de conserve et aussi sur le composite pour
obturations dentaires et des tickets de caisses, ticket de parking. On les retrouve notamment,
pour le polychlorobiphényle sur les résidus toxiques dans les transformateurs, les joints et
masses d’étanchéité. Et surtout dans les aliments contenant des graisses (lait, viande, poisson).
Ces résultats montrent une augmentation de la prévalence de l’obésité associée à l’âge, les
IMC les plus élevés étant mesurés pour les 55 – 64 ans et les 65 ans et plus.
On constate sur ce schéma qu’il y a 24 158 990 de Français qui un poids stable alors que
14 807 123 d’entre eux sont en surpoids. Ce qui signifie qu’il y a environ un tiers de la
population française obèses, dont 6 922 215 de personnes.
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Conséquence de l’obésité sur la santé
Les conséquences liées à l’obésité sont importantes. Les cellules du corps humain ont un
besoin continu en énergie alors que les apports alimentaires fournissent cette énergie de faon
discontinue, uniquement au cours des repas par l’ingestion d’aliments. Il y a donc une
alternance permanente d’épisodes de stockage, puis de mobilisation des réserves au cours de
la journée avec de spécificités pour la nuit, et les risques de dérégulations sont majeurs.
Le risque d'apparition de complications est majoré par l'apparition de maladies comme :
Le diabète non insulino-dépendant (DNID) : Le diabète se caractérise par un manque ou une
mauvaise utilisation de l'insuline dans le sang, consécutifs à un déficit de fabrication de cette
hormone par le pancréas, correspondant à la réserve d'insuline du patient.
60 à 90% des patients atteints de DNID sont obèses ;
Les dyslipidémies : La dyslipidémie est une anomalie qualitative ou quantitative d'un ou de
plusieurs lipides plasmatiques : cholestérol total (CT) et ses fractions, HDL-cholestérol
(HDL-c), LDL-cholestérol (LDL-c), triglycérides (TG). Plusieurs de ces anomalies sont liées
au risque cardiovasculaire.
20 à 30 % des patients obèses présentent une dyslipidémie contre environ 4% dans la
population générale ;
L'hyper-uricémie : En cas de trop grande concentration d’acide urique dans le sang, on parle
d’hyperuricémie
Trois fois plus fréquente que chez la personne non obèse, elle peut, dans certains cas,
s'accompagner de manifestations goutteuses ou de lithiases rénales ;
L'hypertension artérielle : se définit par une élévation trop importante de pression dans les
artères, élévation qui persiste alors que le sujet est au repos.
Plus fréquente chez le jeune adulte obèse (moins de 40 ans), la prévalence de l'hypertension
artérielle chez la personne obèse s'atténue avec l'âge mais perdure. La pression artérielle
mesure la pression exercée par le flux du sang sur les artères.
Troubles cardio-vasculaires
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Le risque d'infarctus : il est multiplié par 1,5 en cas de surpoids compris entre 10 et 30% et
par 2 si le surpoids est supérieur à 30% ;
L'insuffisance cardiaque congestive : elle touche essentiellement l'obésité massive ;
La mort subite : Hippocrate disait déjà que " la mort subite est plus fréquente chez ceux qui
sont naturellement gras que chez le maigre " ;
Les accidents trombo-emboliques : le dépôt de plaques graisseuses le long des artères
(athérome) accentue le risque d'angine de poitrine ou d'infarctus du myocarde. Il entraîne
également des phénomènes d'ischémie (diminution du flux sanguin), qui peut aboutir à une
nécrose des zones non irriguées ;
Les accidents vasculaires cérébraux sont également plus fréquents chez le patient obèse ;
Les troubles veineux.
Une concentration plus importante de graisse dans le sang entraîne des dépôts, qui ralentissent
la circulation sanguine. Cela peut être source de douleur ou de problèmes, les plus fréquents
étant les varices, les phlébites, les œdèmes et les jambes lourdes.
Osté-articulaires : Un surpoids augmente la pression sur les articulations porteuses.
Dans le cas d'une obésité, toutes les articulations souffrent et certaines d'entre elles plus
particulièrement. L'arthrose du genou est 3 fois plus fréquente chez la personne obèse. Mais
le risque est 2 fois moindre chez les hommes que chez les femmes. Le risque de hernie
discale est augmenté chez l'homme, même en cas de surpoids modeste.
. L'obésité féminine semble réduire la perte osseuse post-ménopausique et augmente la
densité minérale. Cette protection concerne également les hommes.
Syndrome métabolique : Entité relativement récente (année 2000), le syndrome (ensemble de
symptômes) métabolique se définit avant tout par le fait qu'un individu ne supporte pas le
glucose (sucre simple), et l'on parle pour cette raison d'intolérance au glucose.
Maladies pulmonaires : Les problèmes respiratoires concernent les apnées du sommeil
(pauses respiratoires de 5 ou 10 secondes avec 20 à 30% des personnes obèses qui souffrent
d’apnées du sommeil. Défini par de multiples arrêts respiratoires pendant le sommeil
entrainant des réveils brefs en général inconscients L’apnée du sommeil entraîne une
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détérioration de la qualité de vie et de l’état de santé: fatigue, somnolence, risque plus élevé
d’accidents, maux de tête, troubles de la concentration, altération de l’humeur, dépression,
troubles sexuels .L’apnée du sommeil est 7,5 fois plus fréquente chez l’obèse que chez le sujet
non obèse. 40% des obèses souffrent d’apnée du sommeil
Troubles thymiques : plus communément appelé troubles d’humeurs apparaissent au
cours des maladies psychiatriques suivantes :
* Psychose maniacodépressive. Il s’agit d’une maladie mentale qui se caractérise par des
épisodes de manie (excitation) et de mélancolie (épisode dépressif) soit isolés, soit associés.
* Crise de manie est l’ensemble des symptômes se caractérisant par une surexcitation générale
et permanente des facultés intellectuelles et morales.
* Dépression endogène et la crise de mélancolie. Il s’agit d’une dépression profonde se
caractérisant avant tout par une tristesse permanente sans relation avec les circonstances
extérieures.
*Dépression réactionnelle. il s’agit d’une dépression en réaction à un événement douloureux
extérieur.
* Dépression secondaire est quelquefois associée à une pathologie organique c’est-à-dire une
véritable maladie que celle-ci soit de nature hormonale, infectieuse, cancéreuse, neurologique,
liée à une intoxication.
*Dépression saisonnière survient le plus souvent entre le mois d’octobre le mois de novembre
et semble être due aux conditions atmosphériques externes ou à un manque de lumière.
L'embonpoint et l’obésité font augmenter le risque de cancer :
Cancer du sein - L'effet de l'obésité sur le risque de cancer du sein est lié à la ménopause chez
la femme. Les femmes post ménopausées qui ont un excès de poids ou qui sont obèses
risquent davantage d’être atteintes d’un cancer du sein que les femmes qui ont un poids santé.
Cancer colorectal – Le cancer colorectal apparaît plus souvent chez les personnes qui ont un
excès de poids ou qui sont obèses que chez celles qui ont un poids santé. Cette hausse du
risque a été signalée chez les hommes dont l'IMC est élevé, mais le lien entre l'IMC et le
risque chez la femme semble moins important.
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Cancer de l'œsophage – Les personnes qui ont un excès de poids ou qui sont obèses sont plus
susceptibles d'être atteintes d'un cancer de l'œsophage que les personnes qui ont un poids
santé.
Cancer de la vésicule biliaire – Des études ont démontré que l’embonpoint et l’obésité sont
des facteurs de risque du cancer de la vésicule biliaire.
Cancer du rein – Des études ont révélé un lien entre le cancer du rein (carcinome à cellules
rénales) et un excès de poids ou l'obésité.
Cancer de l'utérus (endomètre) – Les femmes qui ont un excès de poids ou qui sont obèses
risquent davantage que les femmes ayant un poids santé d'être atteintes d'un cancer de l'utérus.
Cancer du pancréas – Des études révèlent que les personnes ayant un IMC plus élevé risquent
davantage d’être atteintes d’un cancer du pancréas.
Cancer du foie – Des études ont démontré que l’obésité est liée à une hausse du risque de
cancer du foie.
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Etude des perturbateurs endocriniens
Historique et action des perturbateurs endocriniens
Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?
Un perturbateur endocrinien est une substance ou molécule chimique exogène dont l’action va
perturber le système endocrinien.
De façon plus claire, le système endocrinien est composé des glandes endocrines dont le rôle
est de sécréter des hormones. Les hormones ont un rôle de messager chimique dans le corps.
Ainsi, les perturbateurs endocriniens peuvent agir à trois niveaux :
-
Par « mimétisme » des hormones sur des récepteurs spécifiques
-
Sur la réception des hormones sur des récepteurs spécifiques
-
Sur la synthèse hormonale des glandes endocrines ou la régulation endocrinienne
Nous détaillerons ces trois parties par la suite, avant ceci, faisons un brin d’histoire afin de
contextualiser le sujet.
En 1950, des études ont mis en évidence une baisse de la fertilité masculine et le
développement de cancers et une puberté féminine de plus en plus jeune dans les pays
industrialisés. De ces éléments, suite à des recherches épidémiologiques, il a été démontré que
les substances hormono-mimétiques étaient un facteur associé à ces pathologies.
Il faudra attendre tout de même les années 1990 pour que le terme « perturbateurs
endocriniens »
soit créé grâce aux travaux du Docteur Theo Colborn et ainsi prendre
conscience que des substances chimiques environnementales peuvent avoir un impact sur le
système endocrinien.
Depuis, les perturbateurs endocriniens font l’objet de nombreuses études et intéressent. On
peut notamment citer le rapport du sénat n°765 de 2010-2011 qui veut mettre en lumière les
problèmes d’environnement et de santé publique lié aux perturbateurs endocriniens.
La notion de perturbateur endocrinien étant encore récente, nous émettrons une réserve sur
l’information disponible à ce jour qui devrait évoluer de façon significative ce siècle.
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Comment agit un perturbateur endocrinien ? Revenons à nos trois modes d’action.
Une hormone est une molécule, et comme toutes molécules, elle se forme par des liaisons
entre plusieurs atomes selon une organisation spatiale bien précise. Il en va de même pour le
perturbateur endocrinien. (Schéma 1)
Nous savons que les récepteurs des
cellules détectent une hormone grâce à la
reconnaissance spatiale et c’est par ce même
procédé que le perturbateur endocrinien va
leurrer la cellule.
Une partie du perturbateur endocrinien peut
en effet être similaire à l’organisation de
l’hormone.Le récepteur spécifique pourra
Schéma1 : Similarité de l’organisation
spatiale des molécules.
donc se fixer à l’un ou à l’autre.
Dans le cas du mimétisme le perturbateur endocrinien sera non seulement complémentaire
avec un récepteur spécifique d’une hormone, mais il enclenchera l’internalisation du message
comme l’hormone qu’il imite. (Schéma 2)
Ce phénomène aura pour conséquence de substituer la « place » d’une hormone
synthétisé qui, ne pouvant plus se fixer, va chercher un autre récepteur. La concentration
hormonale est trop élevée par rapport au message qui devait être générée, l’équilibre
hormonal est donc rompu.
Schéma 2 : Mimétisme d’un perturbateur
endocrinien sur une cellule
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Par ailleurs, il se peut que le perturbateur endocrinien se fixe au récepteur spécifique sans
enclencher le mécanisme d’internalisation du message. Dans ce cas, le message ne sera pas
suffisamment important dans la cellule et la concentration hormonale sera trop importante
dans le milieu extracellulaire. (Schéma 3)
Schéma 3 : Action de fixation du perturbateur
endocrinien sur un récepteur sans reconnaissance
cellulaire.
Enfin, de ces deux éléments, nous pensons que les perturbateurs endocriniens peuvent
déséquilibrer la synthèse des hormones au niveau des glandes endocrines. Celles-ci peuvent
être excitées ou inhibées par un message hormonal. Les deux actions présentées
précédemment pourraient donc déséquilibrer le message hormonal permettant la synthèse
d’autres hormones. (Schéma 4)
Schéma 4 : Schéma fonctionnel de la
perturbation endocrinienne de la synthèse
des hormones
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Etude de cas liée à l’obésité et l’alimentation
Composition
Le Bisphénol A est une molécule organique composée de deux phénols et d'un acétone
qui se forme suite à la réaction:
Mode d’action
Le bisphénol A a une structure commune avec celle des œstrogènes (hormones stéroïdiennes
liposolubles), ils comportent tous les deux deux cycles phénols, il est donc potentiellement
capable de se fixer aux récepteurs spécifiques à l’œstrogène déséquilibrant ainsi le
fonctionnement normal du système endocrinien. C’est en cela que l’on dénomme perturbateur
endocrinien.
Les œstrogènes ont plusieurs fonctions au sein de l’organisme, ils participent entre autre à la
régulation de la masse graisseuse de par leur action sur le tissu adipeux.
Dans les années 70, Roy et Wade ont démontré, en ovariectomisant des rats femelles,
que la perte des œstrogènes causait une suralimentation et menait à un gain de poids rapide
après environ 1 mois et qu’une différence de 15-25% se maintenait par rapport au témoin.
Bien qu’il n’ait toujours pas été établit exactement comment, cette expérience à constaté que
les œstrogènes avait un effet anorexigène. En effet l’augmentation de la concentration
d’œstrogènes avait pour effet de diminuer la prise alimentaire.
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En partant de ces informations on peut dégager l’hypothèse suivante: en se fixant sur
les récepteurs spécifiques aux œstrogènes participant au processus duquel résulte cet effet
anorexigène, le bisphénol A, va entraver le bon fonctionnement de ce processus et donc avoir
un effet. Il se fixerait donc sur les récepteur sans avoir l’effet escompté sur la cellule.
Utilisation
Le bisphénol A est largement utilisé dans l'industrie plastique comme antioxydant des PVC,
on le retrouve ainsi dans les Cds, les lunettes de soleils, dans 90% des biberons en France,
dans le plastique des boites de conserve ainsi que sur les tickets de caisse (son absorption par
l'organisme étant aussi possible par la peau, on retrouve des taux résiduels plus élevés chez les
hôtesses de caisse).
Un plastique contenant du bisphénol A doit être étiqueté avec ce symbole
contenant le chiffre 03 ( pvc) ou 07 (plastiques autres).
On peut aussi le trouver avec l'étiquette signifiant Nocif
On parle même de son écotoxicité il se pourrait donc qu'on lui attribue bientôt
aussi la vignette correspondante.
Législation
L'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) à fixé en 2006
une DJA (dose
journalière admissible) de 0,05mg/kg/j au BPA.
En décembre 2013, une loi qui interdit l'utilisation, l'exportation et la vente de BPA pour le
conditionnement alimentaire à échéance de 2015 à été adoptée.
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ANNEXE
Etude de l’obésité
Définition et facteurs d’obésité
Page 2-3 : Manuel pratique de nutrition, de Jacques Médart, médecin nutritionniste praticien,
2e édition.
Page 3-4 : Manuel, Biochimie de l’alimentation humaine, Chapitre sur les tissus conjonctifs,
de la page 89 à 94.
Page 5 : www.inserm.fr/content/download/.../Dossier_SSN8_MAI_JUIN2012.pdf
http://www.roche.fr/home/recherche/domaines_therapeutiques/cardio_metabolisme/en
quete_nationale_obepi_2012.html
Conséquence de l’obésité sur la santé
Page 6-9 : Dictionnaire Médical Manuila, 10e édition, MASSON.
Etude des perturbateurs endocriniens
Historique et action des perturbateurs endocriniens
https://www.anses.fr/fr/content/perturbateurs-endocriniens-1
http://www.greenfacts.org/fr/perturbateurs-endocriniens/n-2/perturbateurs-endocriniens1.htm#3
Etude de cas liée à l’obésité et l’alimentation
http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/22502/ch03.html
http://alimentation.gouv.fr/IMG/pdf/BPA-ficheDGAL-avril2013_cle857f71.pdf
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