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1. Définition
Le mot de Géostatistique a fait son apparition en 1962. On peut définir la Géostatistique
comme l’étude des variables numériques réparties dans l’espace ou encore la méthode de traitement
statistique de données localisées. Il est clair alors que des problèmes essentiellement géostatistiques
ont été abordés depuis longtemps : en art des mines certes, mais aussi en météorologie, topographie,
hydrologie, hydrogéologie et bien d’autres disciplines.
L’innovation ne réside pas non plus dans l’arsenal mathématique requis. L’introduction et
l’étude des « Fonctions Aléatoires » dès les années 1930 par les écoles française et russe ; les outils
théoriques que nous utilisons en Géostatistique linéaire étaient en place dès les années 1940 ; et les
méthodes comme les moindres carrés de Gauss ou les paramètres de Lagrange, sont des plus
classiques et font partie du bagage mathématique de base de l’ingénieur.
Le déclic, si l’on peut dire, qui a conduit à l’élaboration de ce que nous appelons ici et
aujourd’hui la Géostatistique, c’est le rapprochement de ces deux domaines : des problèmes
techniques parfois forts terre-à-terre d’une part, et d’autre part un arsenal de méthodes mathématiques.
Sans doute d’ailleurs, dans l’espace d’une décennie, la Géostatistique s’est élaborée indépendamment
dans le domaine minier, dans le domaine forestier (B. Matéron, en Suède), en météorologie (L.S.
Gandin, en URSS). Sans doute une recherche bibliographique approfondie trouverait-elle une
évolution semblable dans d’autres disciplines encore
2. Récapitulation de l’historique de la géostatistique
La chronologie de l’histoire de la géostatistique peut être résumée comme suit :
- 1930 - 1950 Théorème des fonctions aléatoires (Kolmogorov, wiener)
- 1955 Daniel Krige (Géologue Sud Africain) : Approche empirique (régression) pour
corrigé les problèmes de biais conditionnel observé dans les mines
- 1960 – 1970 Matéron (école des mines – Paris), Gandin (Météorologie) développent
ensemble la théorie de la variable régionalisée. Le terme géostatistique est né,
réponse aux questions de Krige.
- Mathéron, pour rendre hommage à Daniel Krige décédé en 1956, donne le nom
«Krigeage» à la méthode d'estimation développée.
- La fin des années 60 et début des années 70, les chercheurs russes ont utilisé la
géostatistique pour estimer la lame d'eau écoulée (précipitation)
- Delhomme (1976) est le premier à utiliser la géostatistique en hydrologie de surface
et souterraine.
- Les années 80, la géostatistique est utilisée en science du sol (pédologie) : Les
travaux de Webster pour l’estimation de certaines propriétés du sol sont les plus
célèbres
- Depuis les années 90 à nos jours, les écologistes (les sciences de l’environnement)
utilisent de plus en plus les techniques de géostatistique.
D’une manière générale :
« La géostatistique peut s'appliquer à toutes les sciences de la nature, et plus généralement, à
n'importe quelle discipline manipulant des données localisées dans l'espace et nécessitant des
modèles décrivant la dépendance spatiale entre ces données ».