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[MEADOWS 72]. Leur conclusion résulte d'une analyse portant sur les interdépendances et
interactions ainsi que les évolutions prévisibles de 5 facteurs critiques : l'explosion
démographique, la production alimentaire, l'industrialisation, l'épuisement des ressources
naturelles et la pollution. Le modèle informatique, développé à l'époque par le MIT,
Massachussets Institute of Technology, permet des simulations à horizon 2100. Or tous les
scénarii envisagent des effondrements, qu'il s'agisse selon les cas, des ressources naturelles,
de l'économie, de la population… La solution radicale que proposent alors ces experts est
l'état stationnaire, modèle emprunté à Herman DALY, dont nous reparlerons dans le
chapitre 2 de cette première partie.
Ces courants divergents ainsi que des recherches menées pour l'UNESCO [UNESCO 70], ont
pu démontrer "l'importance de la conservation faisant place à l'activité humaine et à la
culture pour le maintien des écosystèmes" [HUYBENS 04].
La conférence des Nations Unies sur l'environnement, en 1972, est le lieu où les
scientifiques, suivis des ONG (Organisations Non Gouvernementales) lancent un cri
d'alarme à la communauté internationale concernant l'état d'épuisement de la planète, en
parallèle des travaux du club de Rome. Cet événement a débouché sur la création du PNUE,
Programme des Nations Unies pour l'Environnement et de ministères de l'environnement
dans plusieurs pays.
Depuis les préoccupations environnementales n'ont cessé de croître. Le développement
industriel, l'augmentation de la production, de la consommation et de l'urbanisation,
découlant notamment de la croissance démographique, engendrent des impacts de moins en
moins réversibles. Ces impacts environnementaux, à l'échelle planétaire, se traduisent par
la réduction de la diversité biologique (au cours des 30 dernières années, l'épuisement
progressif des ressources côtières telles que les ressources halieutiques, les forêts de
palétuviers et les récifs coralliens est devenu un problème critique), une pression toujours
plus forte sur certaines ressources (les forêts tropicales disparaissent à raison de 11,3
millions d'hectares par an), une augmentation et une globalisation de la pollution de l'air
mais également de l'eau et des sols (l'eutrophisation marine et côtière résultant de
l'importance des apports d'azote est une tendance préoccupante, qui n'était pas perçue il y
a 30 ans) [UNEP 02]… Cependant les conséquences sont aussi sociales : les inégalités entre
les différentes régions du monde, mais aussi au sein de chaque pays, se creusent [PNUD 01],
3,5 milliards d'habitants des pays à faible revenu se partagent moins de 20% du revenu
mondial, tandis que le milliard d'habitants des pays développés s'en partage 60% [ONU 00-2]
et l'espérance de vie dans certaines régions de la planète diminue [UNEP 02].
Se pose donc la question de la réconciliation nécessaire de l'environnement et du
développement.
Une des causes de l'opposition entre économie et écologie résulte des différents paradigmes
les caractérisant. D'un côté, le paradigme de l'économisme tend à externaliser les