La thérapie
grâce au cyclotron
C’est la création du cyclotron qui a
permis l’apparition de ces nouvelles
techniques de soins. Ainsi, la pro-
tonthérapie utilise un faisceau de
protons généré par le cyclotron afin
de traiter certaines pathologies.
C’est en 1946 que Wilson, physicien
à l’université de Harvard, a fait état
de la possibilité d’utiliser un fais-
ceau de protons pour augmenter la
sélectivité de la dose à la tumeur.
Le cyclotron est un accélérateur qui
communique des énergies très éle-
vées à des particules chargées. Un
synchrotron est un cyclotron qui pro-
duit aussi un rayonnement électro-
magnétique. Les neutrons sont des
particules élémentaires électrique-
ment neutres qui font partie de
tous les noyaux atomiques, sauf du
noyau hydrogène normal. Les pro-
tons sont des particules constitutives
du noyau atomique, de charge élec-
trique positive égale numérique-
ment à celle de l’électron, mais de
masse plus grande et voisine de celle
du neutron. Les hadrons sont des
particules à interaction forte qui
comprennent les baryons que sont
les protons et les neutrons.
Une technologie de pointe contre le cancer
L’
hadronthérapie est issue de la
recherche de disciplines de
pôt de dose est possible in situ
par camera TEP (tomographie par
émission de positons). Ces carac-
téristiques rendent ces rayonne-
ments plus efficaces pour stériliser
les tumeurs radiorésistantes. En
France, 1 000 vies humaines pour-
raient être sauvées, chaque année,
grâce à l’hadronthérapie.
Indications
Les traitements par ions légers
sont donc indiqués seuls ou en
complément de photons, pour le
contrôle locorégional des tumeurs
non opérables et radio-résistantes,
lorsqu’ils offrent un gain théra-
peutique significatif par rapport à
la radiothérapie conventionnelle
ou par rapport à la protonthérapie.
Le faisceau de hadrons cédant la
plus grande partie de son énergie
destructive sur la cible, la dose à la
tumeur peut, de ce fait, être très
grande. En effet, les rayons X ne cè-
dent qu’une partie de leur énergie
sur la tumeur et attaquent aussi les
tissus sains. De ce fait, la dose ne
peut être élevée. En cédant la dose
sur la tumeur avec une grande sé-
lectivité, l’hadronthérapie cause
donc moins de dommages aux tis-
sus sains environnants que la ra-
diothérapie avec les rayons X. Cette
propriété est particulièrement im-
portante lorsque la tumeur est si-
tuée près d’organes vitaux qui ne
doivent pas être irradiés.
Ces caractéristiques conduisent à
traiter de manière préférentielle :
des tumeurs rares à malignité
très spécifique (chordomes et sar-
comes de la base du crâne, can-
cers radiorésistants à proximité
de la moelle épinière, tumeurs
à croissance lente, certaines tu-
meurs des sinus de la face, au fond
de l’œil) ; des tumeurs fréquentes
sélectionnées (cancers du pou-
mon, du foie et de la prostate).
Peuvent aussi bénéficier du trai-
tement les tumeurs pédiatriques,
celles du système nerveux et l’ap-
pareil gastro-entérique. Jusqu’à
présent, environ 25 000 patients
ont été traités dans le monde par
l’hadronthérapie. A Grenoble, on
pense traiter les premiers patients
en 2007. Le coût de fonctionne-
ment annuel prévu est de l’ordre
de 12 millions d’euros. Le projet
associe les Centres français de pro-
tonthérapie de Nice et Orsay et de
neutronthérapie d’Orléans.
A.-L.P.
Plus le traitement des cancers devient ciblé, plus il fait appel à
des disciplines diverses. La personnalisation des soins associe
désormais souvent plusieurs thérapies. Le CHU de Grenoble, par
la proximité de son synchrotron, contribue au développement de
l’hadronthérapie.
Hadronthérapie
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Professions Santé Infirmier Infirmière - No43 - janvier-février 2003
pointe variées et nécessite une
installation spécifique. D’où la
conception d’un projet de grande
envergure dans lequel le CHU de
Grenoble est impliqué : le projet
Étoile. Celui-ci prévoit la construc-
tion à Lyon d’un Centre national de
faisceaux d’ions carbone qui utili-
sera un synchrotron médical. Gra-
viteront autour du Centre plusieurs
disciplines scientifiques favorisant
le développement à grande échelle
d’activités de recherche.
Qu’est-ce que
l’hadronthérapie ?
Le nom de hadronthérapie vient de
hadrons qui sont des noyaux ato-
miques. Portés à une énergie très
grande par une machine accéléra-
trice, ils sont ensuite lancés comme
des projectiles capables d’endom-
mager les tissus tumoraux dans le
corps du patient, uniquement à la
fin de leur parcours, là où se trouve
la tumeur. L’hadronthérapie par
ions carbone est donc une nouvelle
méthode pour traiter les tumeurs
cancéreuses radiorésistantes. Elle
apporte une précision balistique et
un effet biologique trois fois supé-
rieurs aux rayonnements actuels
obtenus par radiothérapie.
Pour des raisons biologiques, ba-
listiques et de contrôle, les radio-
biologistes et les radiothérapeutes
considèrent que les ions carbone
sont les mieux adaptés pour traiter
les tumeurs cancéreuses radioré-
sistantes. En effet, l’hadronthérapie
permet de déposer avec précision
le maximum d’énergie à différentes
profondeurs dans la tumeur, tout
en épargnant les tissus sains en
amont et en aval. Le contrôle du dé-
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