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La Lettre du Cancérologue • Vol. XVIII - n° 2 - février 2009 | 109
VIE PROFESSIONNELLE
L’histologie confirme un double foyer de carcinome
mammaire droit SBR II, RH+ et N0.
À l’issue de l’intervention, la patiente reçoit une
chimiothérapie selon un protocole CMF en raison de
la taille totale des lésions tumorales (1,2 cm + 0,7 cm)
et du grade SBR intermédiaire. La patiente a reçu six
cures et a ensuite été surveillée régulièrement. Il n’y
a pas eu d’hormonothérapie en raison d’antécédents
d’embolie pulmonaire et de phlébites.
Le chirurgien n’a pas informé la patiente de l’éven-
tualité d’une mastectomie ; la décision d’en réaliser
une a été prise en peropératoire, après avis télépho-
nique du cancérologue.
Le chirurgien n’a pas voulu réveiller la patiente pour
l’informer ni repousser l’intervention.
En conclusion, même si l’indication de mastec-
tomie était justifiée, on constate que la patiente
n’avait pas été informée de son éventualité et de
ses conséquences possibles. Aucun formulaire de
consentement éclairé n’a été présenté à la patiente
et sa signature n’a pas été recueillie. L’information
a donc été incomplète.
Droit à l’information ◆
et principe du consentement libre et éclairé (3)
Le consentement aux soins, qui nécessite une infor-
mation précise dispensée par les équipes soignantes
et médicales, est une des exigences des personnes
malades. De nombreux textes précisent déjà le droit
à l’information et le principe du consentement libre
et éclairé :
la loi n° 91-748 du 31 juillet 1991 portant réforme
➤
hospitalière consacre le droit à l’information : “Les
établissements de santé, publics ou privés, sont
tenus de communiquer aux personnes recevant
ou ayant reçu des soins, sur leur demande et par
l’intermédiaire du praticien qu’elles désignent, les
informations médicales contenues dans leur dossier
médical” ;
le code de déontologie médicale précise : “Le
➤
médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne
ou qu’il conseille, une information loyale, claire et
appropriée sur son état, les investigations et les
soins qu’il lui propose. Tout au long de la maladie,
il tient compte de la personnalité du patient dans
ses explications et veille à leur compréhension”
(art. 35). “Le consentement de la personne examinée
ou soignée doit être recherché dans tous les cas”
(art. 36) et, pour les mineurs ou majeurs protégés :
“Un médecin appelé à donner des soins à un mineur
ou à un majeur protégé doit s’efforcer de prévenir
ses parents ou son représentant légal et d’obtenir
leur consentement” (art. 42) ;
le code civil stipule : “Il ne peut être porté atteinte
➤
à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité
thérapeutique pour la personne. Le consentement
de l’intéressé doit être recueilli préalablement, hors
le cas où son état rend nécessaire une intervention
thérapeutique à laquelle il n’est pas à même de
consentir” (art. 16-3 et 16-1) ;
dans la charte du patient hospitalisé, titre IV, on
➤
lit : “Aucun acte médical ne peut être pratiqué sans
le consentement du patient, hors le cas où son état
rend nécessaire cet acte auquel il n’est pas à même
de consentir.”
La loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 relative
à la protection des personnes qui se prêtent à
des recherches biomédicales (dite loi Huriet)
précise :
“Le droit de consentir aux actes de soins courants
mais aussi à l’expérimentation thérapeutique est
réglementé en matière de dons d’organes, de tissus,
de cellules et de produits issus du corps humain par
les lois de bioéthique du 29 juillet 1994.
Tout patient informé par un praticien des risques
encourus peut aussi refuser un acte de diagnostic
ou un traitement, et à tout moment l’interrompre
à ses risques et périls. En cas de refus de soins, le
médecin doit respecter la volonté du patient après
l’avoir informé des conséquences de ce refus, mais
un équilibre doit être trouvé avec le devoir d’assis-
tance lorsque la vie du malade est en jeu : ‘Lorsque
le malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les
investigations ou le traitement proposés, le médecin
doit respecter ce refus après avoir informé le malade
de ses conséquences’ (art. 36 du code de déontologie
médicale).”
Les articles L 1111-1 à 7 dans leur nouvelle rédac-
tion prennent en compte cette responsabilité que
souhaitent avoir les personnes malades à l’égard de
leur propre santé : une relation plus équilibrée doit
s’établir afin de permettre au malade d’exprimer sa
volonté tout au long du processus de soin, compte
tenu des informations que lui donnent les profes-
sionnels de santé et des choix qu’ils préconisent, et
de respecter sa décision (encadré).
La loi de 2002 précise ces dispositions et les
complète, notamment en ce qui concerne l’accès des
personnes à l’ensemble des informations relatives à
leur santé ; elle reconnaît le droit de chacun à prendre
les grandes décisions qui touchent à sa propre santé.
En cas de litige, c’est désormais au professionnel ou
à l’établissement de santé de prouver qu’il a bien
communiqué l’information au malade.
• “Toute personne a accès à
l’ensemble des informations
concernant sa santé déte-
nues par des professionnels
ou des établissements de
santé […]. Elle peut accéder
à ces informations directe-
ment ou par l’intermédiaire
d’un médecin qu’elle désigne
[…] et en obtenir communi-
cation […].”
• “La consultation sur
place des informations est
gratuite. Lorsque le deman-
deur souhaite la délivrance
de copies, quel qu’en soit le
support, les frais laissés à sa
charge ne peuvent excéder le
coût de la reproduction et, le
cas échéant, de l’envoi des
documents.”
• Délai de réponse du profes-
sionnel : “Au plus tôt après
qu’un délai de réflexion de
48 heures aura été observé,
au plus tard 8 jours, et 2 mois
si les informations datent de
plus de 5 ans ou lorsque la
commission des hospitali-
sations psychiatriques a été
saisie.
Dans tous les cas, la présence
d’une tierce personne peut
être recommandée par le
médecin, mais le patient
peut refuser cette présence,
et son refus n’a pas de consé-
quence sur l’obligation de lui
communiquer son dossier
médical.”
Encadré. Articles
L. 1111-7 et L. 1110-4
du code de la santé
publique.