
106 | La Lettre du Neurologue • Vol. XVII - n° 3 - mars 2013
CONGRÈS
RÉUNION
pour détecter une diminution du volume de la
moelle épinière chez les patients atteints de SLA par
rapport à des sujets indemnes de la maladie. Lorsque
cette IRM est répétée chez les patients après un
délai moyen de 11 mois, il est possible de mesurer
une diminution du diamètre de la moelle qui est
corrélée à l’aggravation clinique de la maladie.
Marqueurs biologiques
Les publications scientiques utilisant l’approche
métabolomique dans la recherche de biomarqueurs
ont commencé à paraître dans le domaine de la SLA.
Ces études s’afnent et se complexient avec des
innovations importantes dans les techniques analy-
tiques utilisées.
Une équipe suédoise ayant déjà publié dans ce
domaine (Wuolikainen et al., 2011 et 2012) a présenté
la validation du concept d’analyse métabolomique
(spectroscopie par résonance magnétique et spectro-
métrie de masse [SRM]) couplée aux analyses de
lipides, de protéomique et de génétique (génome
complet) à partir de prélèvements sanguins et de
liquide céphalorachidien (LCR) de patients atteints de
SLA ou de maladie de Parkinson et de sujets témoins.
Un autre travail, présenté par H. Blasco (Tours),
portant sur l’analyse du LCR de patients atteints de
SLA par 3 techniques analytiques de pointe (SRM
et 2 techniques complémentaires de spectrométrie
de masse), a mis en évidence qu’il était possible de
distinguer le prol métabolique de patients atteints
ou non de SLA. Ainsi, ces approches métabolomiques
semblent particulièrement adaptées pour, première-
ment, identier la signature métabolique aidant au
diagnostic précoce de SLA et à la caractérisation du
phénotype et, deuxièmement, isoler les métabolites
pertinents, ce qui peut contribuer à une meilleure
compréhension des voies physiopathologiques impli-
quées et des altérations métaboliques décrites dans
la SLA.
Facteurs génétiques
◆C9ORF72 : une fonction toujours mystérieuse
La découverte en 2011 de l’expansion anormale
d’un hexanucléotide (GGGGCC) dans le premier
intron du gène C9ORF72 a suscité l’intérêt de
nombreuses équipes, qui se sont alors focalisées
sur l’étude des fonctions de cette protéine et
des conséquences de ces répétitions introniques
anormales.
L’une des équipes américaines à l’origine de la
découverte de l’expansion d’hexanucléotide
dans C9ORF72 (Dejesus-Hernandez, États-Unis) a
présenté ses résultats sur l’étude de la taille des
répétitions et l’évaluation de la stabilité de ces
répétitions présentes dans différentes régions du
cerveau et différents tissus périphériques chez des
patients porteurs de ces anomalies dans C9ORF72.
Cette étude concerne peu de sujets mais elle décrit
une intéressante hétérogénéité dans la longueur
des répétitions selon les tissus, révélant donc une
instabilité somatique. Cette observation pourrait
devenir un élément important à prendre en compte
dans l’interprétation de ces données tant pour le
diagnostic des patients que pour la recherche.
Dans un autre travail, parmi les gènes dont l’expres-
sion est modiée par les répétitions de C9ORF72,
40 seraient impliqués dans les maladies neuro-
dégénératives (Baker, États-Unis).
Par ailleurs, lorsqu’on reprend les analyses de
génome complet et après exclusion des patients
mutés pour C9ORF72, il semble exister d’autres
variations associées à la SLA dans cette région du
chromosome 9 (Jones, États-Unis).
◆Théorie oligogénique
Une analyse des gènes TDP-43, FUS, SOD1, ANG et
C9ORF72 dans une grande cohorte de cas de SLA
familiales, de SLA sporadiques et de sujets témoins
montre que la présence de mutations multiples
est supérieure à celle prédite par la probabilité de
retrouver ces mutations par hasard (Van Es, Pays-
Bas). Ainsi, cette théorie oligogénique doit être prise
en compte dans le conseil génétique et les études
de gènes candidats par analyse d’exome (Williams,
Australie) ou de génome.
Essais thérapeutiques
CK2017357 (tirasemtiv) :
améliorer la contraction musculaire
L’étude présentée par J. Shefner (États-Unis) avait
pour objectif de faciliter les capacités de contrac-
tion musculaire en activant la troponine. Ce travail
a regroupé des données provenant de 3 essais
antérieurs menés avec le tirasemtiv (laboratoires
Cytokinetics), qui avaient chacun des effectifs de
patients limités. Les résultats sont encourageants,
car il existe peut-être un effet (“une tendance”)
améliorant certains scores cliniques comme la