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Revue de presse
Correspondances en Onco-Urologie - Vol. III - no 1 - janvier-février-mars 2012
1212
Commentaire
La détermination d’un phénotype épigénétique
corrélant avec un sous-groupe de tumeurs
urothéliales agressives constitue une avancée
importante en clinique, notamment en raison
de la réversion possible de ce phénomène par
des inhibiteurs des histone déacétylases et des
histone méthyltransférases. Il reste notamment à
déterminer à quel moment MRES est acquis dans
la progression tumorale (au stade de la tumeur
superfi cielle ?). Il faudrait pouvoir travailler sur
un nombre conséquent d’échantillons de CIS, ce
qui est diffi cile en pratique.
G. Roubaud, Bordeaux
1. Dyrskjøt L, Kruhøff er M, Thykjaer T et al. Gene expression
in the urinary bladder: a common carcinoma in situ gene
expression signature exists disregarding histopathological
classifi cation. Cancer Res 2004;64(11):4040-8.
2. Jones PA, Baylin SB. The epigenomics of cancer. Cell
2007;128(4):683-92.
3. Smith JS, Costello JF. A broad band of silence. Nat Genet
2006;38(5):504-6.
4. Vallot C, Stransky N, Bernard-Pierrot I et al. A novel
epigenetic phenotype associated with the most aggressive
pathway of bladder tumor progression
.
J Natl Cancer Inst
2011;103(1):47-60.
5. Stransky N, Vallot C, Reyal F et al. Regional copy number-
independent deregulation of transcription in cancer. Nat
Genet
2006;38(12):1386-96.
Carcinomes urothéliaux
etsyndrome de Lynch
Le syndrome de Lynch est un syndrome
de prédisposition génétique majeure aux
cancers colorectaux mais également à
d’autres types de cancers : endomètre et
ovaire principalement ; estomac, voies
excrétrices urinaires, voies biliaires et
intestin grêle dans une moindre mesure. La
transmission est autosomique dominante
et l’altération causale correspond à une
mutation constitutionnelle inactivatrice d’un
gène de réparation des mésappariements
de l’ADN, MLH1 ou MSH2 principalement.
L’augmentation du risque de carcinome
urothélial concerne le haut appareil urinaire,
bassinet et uretère. Son amplitude est varia-
blement appréciée.
L’objectif du travail de D.G. Crockett et al.
était de préciser les caractéristiques des
carcinomes du haut appareil urinaire
diagnostiqués dans un contexte de syndrome
de Lynch chez 39 patients (19 hommes et
20 femmes) issus du registre des cancers
héréditaires de l’université de Creighton
(Omaha, Nebraska). La mutation causale
était identifiée chez 33 patients inclus.
Elle intéressait le gène MSH2 dans 29 cas
et le gène MLH1 dans 4 cas. L’âge moyen
au moment du diagnostic était de 62 ans ;
la localisation tumorale correspondait
au bassinet dans 15 cas (soit 38,5 % de
l’effectif) et à l’uretère dans 20 cas (soit
51,3 % de l’eff ectif). Trois patients (7,7 % de
l’eff ectif) présentaient une double localisation
tumorale (du bassinet et de l’uretère) et dans
un cas, la localisation n’était pas précisée. Le
grade tumoral était le plus souvent élevé
(haut grade pour 23 des 26 cas pour lesquels
cette information était disponible, soit 88 %
des cas). Les taux de stades TaTis/T1/T2 et
T3-T4 étaient de 30,8 %, 26,9 %, 19,2 % et
23,1 % respectivement. Un cancer de la vessie
a été diagnostiqué chez 9 patients de cette
série, le plus souvent après un cancer du haut
appareil urinaire (7 cas). L’étude de l’expo-
sition à diff érents facteurs environnementaux
a été réalisée par le biais de l’examen rétro-
spectif des dossiers médicaux et par l’envoi de
questionnaires. Il n’existait pas d’exposition
signifi cative au tabac dans 48 % des cas et
aucun patient n’occupait de profession à
risque ou n’avait suivi de traitement antérieur
par cyclophosphamide. Un antécédent d’irra-
diation abdominopelvienne a été rapporté
dans 4 cas pour cancer de l’ovaire (n = 2) ou
du rectum (n = 2).
Les caractéristiques sociodémographiques
et tumorales des patients inclus ont été
comparées à celles de 783 patients atteints
d’un carcinome du haut appareil urinaire a
priori sporadique, diagnostiqués entre 1971
et 1998 et inclus dans les registres de cancers
suédois. L’âge médian au diagnostic des
cancers sporadiques était signifi cativement
plus élevé (70 ans versus 62 ans [p < 0,0001])
et la localisation au niveau du bassinet était
significativement plus fréquente dans le
groupe témoin que dans le contexte du
syndrome de Lynch (64,5 % versus 38,5 %
[p = 0,0013]). Enfi n, il existait une prédomi-
nance masculine caractérisée par un sex-ratio
hommes/femmes de 1,52 contrastant avec
un sex-ratio de 0,95 chez les patients atteints
d’un syndrome de Lynch. Il n’existait pas de
diff érence manifeste entre les 2 groupes à
l’égard de l’exposition aux facteurs environne-
mentaux, sous réserve des limites méthodo-
logiques inhérentes à la nature rétrospective
de cette étude en ce qui concerne l’évaluation
de ce paramètre.
Commentaire
Le diagnostic de syndrome de Lynch doit être
évoqué chez tout patient atteint d’un carcinome
du bassinet ou de l’uretère à un jeune âge
(<60ans) et/ou en cas d’antécédents personnels
ou familiaux de cancers colorectaux ou d’autres
cancers du “spectre” du syndrome de Lynch
(endomètre, ovaire, estomac, intestin grêle,
voies biliaires). La recherche d’une instabilité
des microsatellites au niveau tumoral est une
étape clé dans la stratégie diagnostique de ce
syndrome.
B. Buecher, Paris
• Crockett DG, Wagner DG, Holmäng S et al. Upper urinary
tract carcinoma in Lynch syndrome cases. J Urol 2011;
185(5):1627-30.
Détection des cellules tumorales
circulantes chez les patients
souff rant d’un cancer de la vessie
avancé
La détection des cellules tumorales circu-
lantes (CTC) a été faite dans cette étude
selon la technique classique CellSearch™,
agréée par la Food and Drug Administration.
Quinze des 50 patients non métastatiques
(30 %) et les 5 patients métastatiques
présentaient des CTC. Chez les sujets
métastatiques, le nombre moyen de CTC
était de 33,7 (extrêmes : 1-372, médiane : 2).
Il était de 3,1 chez les sujets non métasta-
tiques (extrêmes : 1-11, médiane : 1). Il n’a
pas été trouvé de corrélation avec des
paramètres histopathologiques autres que
l’infi ltration vasculaire en analyse univariée
(p = 0,047). Après un suivi médian de 1 an,
10 des 19 patients présentant des CTC
étaient décédés de leur cancer. Les patients
ayant des CTC avaient, de façon signifi cative,
une survie globale (p = 0,001), une survie
sans progression (p < 0,001) et une survie
spécifi que (p < 0,001) plus mauvaises.