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Complément Fiche 1
Utilisation de la génétique en Neurosciences, exemple de la
Drosophile
La Drosophile (ou mouche du vinaigre) présente de nombreux avantages pour la re-
cherche en Neurosciences. Son cycle biologique de 10 jours permet d’obtenir rapide-
ment un grand nombre de générations. Son génome de faible taille a été complètement
séquencé, montrant des équivalences intéressantes entre ses gènes et ceux de l’Homme.
La transgénèse est possible du fait de la présence d’éléments P ou transposons, frag-
ments d’ADN qui ont la propriété de se déplacer et de s’insérer au hasard dans le gé-
nome. Ces éléments P sont utilisés pour créer des souches mutantes, comme les souches
UAS et gal4, par exemple.
Le système UAS-GAL4 permet de diriger spécifiquement l’expression du gène X
dans un territoire donné ou à un moment donné.
Le gène gal4, présent chez la levure, code pour la protéine GAL4, facteur de trans-
cription dont on a montré qu’il est fonctionnel lorsqu’il est exprimé chez la Drosophile.
La souche de Drosophile gal4 est obtenue par injection chez l’embryon dans la zone des
cellules germinales d’un plasmide portant l’élément P et le gène gal4. L’insertion du
transposon modifié se fait alors au hasard dans le génome. L’expression de GAL4 de la
descendance se fait sous le contrôle de régions régulatrices d’un gène Y de la Droso-
phile, adjacentes au transposon véhiculant gal4. La protéine GAL4 exprimée selon le
patron d’expression du gène Y ne devient efficace qui si elle se fixe sur une séquence
UAS (Upstream Activation Sequence). Il s’agit d’une région régulatrice de l’ADN qui
fixe les facteurs de transcription. Les séquences UAS sont absentes chez la Drosophile.
Selon la même méthode de transgénèse, une souche UAS est créée pour laquelle le
transgène comporte la séquence codante d’un gène X en aval de la séquence UAS pro-
venant de la levure. Si l’on croise des mouches portant le transgène UAS-X avec des
mouches exprimant GAL4 dans des cellules particulières, les descendants du croisement
expriment le gène X dans les cellules qui expriment GAL4.
Le gène X peut être, par exemple, le gène codant pour la GFP, protéine verte fluores-
cente, ce qui permet de visualiser les cellules qui expriment GAL4 et donc de localiser
où s’exprime le gène Y. On parle dans ce cas de gène rapporteur.
Le gène X peut aussi être un effecteur dont l’expression modifie le fonctionnement
cellulaire. Par exemple il peut s’agir d’un gène codant pour un canal ionique membra-
naire (channel-rhodopsin), activé par la lumière de telle sorte que l’activité des neurones
exprimant ce canal sera déclenchée lorsque la Drosophile est soumise à une longueur
d’onde spécifique.
Le transgène shibire code pour la forme thermosensible de la dynamine impliquée
dans le recyclage vésiculaire. En portant l’organisme à 30 °C ou plus, la transmission
synaptique est bloquée dans les cellules qui expriment SHIBIRE mutant. Le blocage,
réversible par retour à une température permissive, permettra de cibler un processus