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SOMMAIRE
Mots-clés : Gestion durable des écosystèmes, aménagement du territoire, biens et services écologique,
plan d’urbanisme, capacité de charge, gestion adaptative, biodiversité, Loi sur le développement durable,
Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.
L’expansion des villes est un phénomène en pleine croissance depuis plus d’une cinquantaine d’années,
au Québec comme ailleurs dans le monde. Elle entraîne la perte et la dégradation de nombreux milieux
naturels, ce qui affecte le fonctionnement des écosystèmes présents sur le territoire. La dégradation des
écosystèmes doit être ralentie et même cessée puisqu’elle a plusieurs effets néfastes. D’un point de vue
environnemental, cette situation est associée à une perte d’intégrité écologique et elle peut mener à une
diminution de la biodiversité avec des conséquences majeures sur les fonctions écosystémiques. D’un
point de vue socioéconomique, cette dégradation entraîne la perte de biens et de services rendus par les
écosystèmes, ce qui nuit nécessairement au bien-être humain puisque ces biens et services écologiques
représentent des bénéfices importants pour la population humaine. Dans ce contexte, une gestion durable
des milieux naturels à travers le processus d’aménagement du territoire est nécessaire à la préservation
de la biodiversité et des fonctions des écosystèmes, donc au maintien du bien-être des populations
humaines actuelles et futures. L’objectif de cet essai est d’évaluer le processus qui mène à l’élaboration
des plans d’urbanisme au Québec et de formuler des recommandations afin de les écologiser pour qu’ils
effectuent une meilleure prise en compte des milieux naturels présents sur le territoire.
L’analyse du processus actuel d’aménagement du territoire au Québec a permis de conclure que des
possibilités existent pour effectuer un aménagement durable qui tient compte des milieux naturels, entre
autres à travers les orientations gouvernementales et le contenu facultatif des plans d’urbanisme;
cependant, ces éléments sont facultatifs et peu spécifiques. Ainsi, plusieurs recommandations visant à
écologiser ce processus, principalement au niveau des plans d’urbanisme, ont été élaborées. D’abord, le
contenu obligatoire des plans d’urbanisme selon la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme devrait inclure
des éléments visant spécifiquement à assurer une gestion durable des milieux naturels et la préservation
de la biodiversité, des écosystèmes et des biens et services écologiques. De plus, une caractérisation
devrait être obligatoire en amont de la production de ces plans afin que les éléments en lien avec la
conservation des milieux naturels soient spécifiques au territoire local. Le concept de capacité de charge
devrait aussi être à la base de l’aménagement du territoire. Son application devrait passer par une gestion
utilisant les seuils écologiques en association avec les principes de la gestion adaptative et de l’approche
systémique, dont l’adaptabilité, l’apprentissage, la gestion de l’incertitude et l’analyse globale, puisque les
seuils actuels ont plusieurs limites. De plus, la protection et l’utilisation durable des milieux
naturels devraient être priorisées sur la restauration et la réhabilitation écologiques puisque ces dernières
ne permettent pas de retrouver l’intégrité initiale des écosystèmes. En conclusion, une révision du
processus actuel d’aménagement du territoire pour y intégrer des éléments permettant d’assurer la
durabilité des milieux naturels et le maintien du bien-être humain à long terme est nécessaire.