
Les situations auxquelles les organismes
sont confrontés
Plusieurs situations peuvent amener le bailleur à se
poser la question d’une fragilité psychologique ou d’un
possible problème de santé mentale d’un de ses
locataires. La plupart de ces situations sont identifiées
dans le cadre de problématiques au départ classiques de
la relation bailleur/locataire : troubles de jouissance du
logement, réclamations et demandes des locataires,
difficultés à recouvrer un loyer,etc.
Le trouble de voisinage chronique
non résolu par les compétences
du bailleur
Certains troubles de voisinage peuvent se révéler com-
plexes à résoudre en raison de leur durée ou leur répéti-
tivité. Ils se manifestent au départ de manière habituelle
par des nuisances occasionnées par un locatairevis-à-vis
de son environnement (bruit, hygiène, odeur, etc.).
La plupartde ces situations sont régulées par une procé-
dure adaptée du bailleur qui mise sur la capacité d’adhé-
sion, de réaction ou de responsabilisation du locataire
perturbateur par rapport au contrat de location et aux
règles de vie collectives (rappel au bail, contractualisa-
tion pour obtenir un engagement ou un accord des deux
parties, etc.).
Cette procédureest parfois insuffisante voire inopérante
pour résoudre le trouble, c’est-à-dire sans effet immédiat
ou durable(1).Ladifficulté pour le bailleur est alors de
comprendre les motifs de cet échec et de dissocier ce
qui relève de la mauvaise foi et du comportement
“délibérément perturbateur” du locataire, de ce qui peut
être lié à un problème de souffrance psychique, voire de
pathologie mentale.
Le trouble d’ampleur inhabituelle
Dans d’autres cas, le trouble de voisinage se manifeste
d’emblée avec une ampleur inhabituelle ou est associé à
un comportement étrange, parfois constitutif d’un
danger potentiel pour la personne ou pour son voisinage
(mise en danger des biens et/ou des personnes, trouble
àl’ordre public).
Si les notions d’“étrangeté” et de “danger” sont variables
selon les modes de vie collectifs et le degré de tolérance
de l’environnement, le sentiment de danger est pour le
voisinage généralement associé à une attitude agressive
ou menaçante (insultes, intimidations, etc.), parfois en
rupture avec les habitudes de la personne ou à des actes
de négligence graveàl’intérieur du logement (fuites
d’eau, de gaz, jets d’objets par les fenêtres, etc.).
Le danger pour la personne est lié à la prise de risque
associée à son comportement. Dans ces situations, le
bailleur est généralement alerté de manière pressante par
le voisinage (pétitions, plaintes réitérées, etc.). S’il peut
êtreamené à préjuger d’un problème de santé mentale, il
n’a pas la compétence pour l’affirmer avec certitude.
Dans une résidence du patrimoine de Colomiers
Habitat,la prise de risque importante d’une jeune
femme surprise en train d’escalader des balcons a
déclenché une alerte immédiate du voisinage, alors
qu’elle était connue de tous et relativement bien
acceptée auparavant.
Le voisinage a manifesté une peur à la fois pour la
sécurité de la personne, mais aussi pour sa propre
sécurité, redoutant que son comportement extrême
ne dégénèreàplus long terme.
La difficulté de relation
bailleur / locataire
Lebailleur est parfois confronté au comportement
atypique d’un locataire, qui le gêne dans l’exécution de sa
mission : demandes étranges, ambivalentes ou obses-
sionnelles, impossibilité d’entrée en contact liée à une
incompréhension, un détachement ou un évitement,
relations difficiles du fait d’un sentiment de persécution,
d’une irritabilité voired’une agressivité envers le
personnel. Ce comportement peut être lié à la prise de
1-Les principaux cas de figure
rencontrés
5
1) Cf. Expérience d’Aiguillon Construction (Rennes) qui montre de manière
empirique que “dans 20% des cas (de troubles voisinage), les services de
l’organisme sont démunis et leur intervention semble inopérante.” Actualité
Habitat n° 60 – Mars 2000.