remettre en cause la transplantation. Il
est donc important de s’assurer de la per-
méabilité de l’ensemble du système por-
tal et veineux mésentérique lors du bilan
préopératoire. L’écho doppler permet un
bon dépistage des thromboses portales
(20) et peut être complété indifférem-
ment par le scanner ou l’IRM.
Avant une greffe hépatique, il est utile
de mesurer le diamètre du tronc porte
dans la zone anastomotique, soit à mi-
hauteur du pédicule, afin d’apprécier la
faisabilité d’une anastomose termino-
terminale, ou d’envisager la nécessité
d’une reconstruction vasculaire (en cas
de disparité de calibre).
Imagerie du donneur vivant
La greffe hépatique avec donneur vivant
est de plus en plus souvent proposée en
réponse aux indications croissantes de
transplantation hépatique et à la pénurie
chronique de greffons cadavériques. La
technique, maintenant éprouvée sur de
nombreux malades, comprend schéma-
tiquement deux variantes : la greffe du
lobe gauche (segments II et III), essen-
tiellement pratiquée en pédiatrie, et la
greffe du foie droit (segments V, VI, VII
et VIII) pour les receveurs adultes.
Les problèmes chirurgicaux concernent
le donneur et le receveur et sont de deux
types : des problèmes purement tech-
niques en relation avec les variantes vas-
culaires et biliaires des deux sujets, et
des problèmes d’ordre physiopatholo-
gique en relation avec le volume de foie
transplanté. Le greffon doit être prélevé
avec les voies biliaires et les pédicules
vasculaires nécessaires à son implanta-
tion chez le receveur sans pour autant
compromettre la vascularisation et le
drainage biliaire du foie restant chez le
donneur. Par ailleurs, le volume de foie
transplanté doit être suffisant pour assurer
un retour rapide à une fonction hépato-
cellulaire normale chez le receveur, tout
en laissant assez de volume au donneur
pour lui épargner toute complication liée
à la réduction du volume fonctionnel
hépatique.
La résection du lobe gauche pose géné-
ralement peu de difficultés techniques.
Le volume du greffon est suffisant pour
assurer à l’enfant receveur une fonction
hépatique satisfaisante, et les donneurs
de lobe gauche gardent un volume rési-
duel important qui favorise une régéné-
ration hépatique rapide. Les problèmes
sont plus nombreux avec les greffons
droits, qui nécessitent une résection
plus difficile et plus invasive sur le plan
technique.
L’évaluation préopératoire des donneurs
potentiels par l’imagerie est donc essen-
tielle. Elle a pour objectif d’identifier les
variations anatomiques vasculaires
hépatiques et biliaires, les modifications
du parenchyme hépatique (stéatose
hépatique, lésions focalisées), et de don-
ner une estimation des volumes des seg-
ments hépatiques. Les techniques d’ima-
gerie utilisées dans le bilan prégreffe
sont le scanner, l’IRM et l’échographie.
"Volumétrie et diagnostic de stéatose
hépatique. Les fonctions hépatiques
immunitaires et de synthèse dépendent
du volume du foie (22) ; il est donc
indispensable d’évaluer le volume du
futur greffon pour le receveur et le volume
du foie restant après hépatectomie pour
le donneur. Le ratio entre le poids hépa-
tique suffisant et le poids corporel varie
de 0,5 à 1 % (21) ; un ratio de 0,8 % est
le plus souvent considéré comme satis-
faisant pour prévenir l’insuffisance
hépatocellulaire (23).
Les mesures de volumétrie s’effectuent
grâce à des logiciels de post-traitement
à partir d’un scanner ou d’une IRM.
L’analyse est facilitée lorsque l’examen
est injecté, car l’opérateur délimite
manuellement avec un curseur électro-
nique les segments et les bords hépa-
tiques concernés en s’aidant des struc-
tures portales et veineuses sushépa-
tiques : le volume du foie total du don-
neur est toujours mesuré, ainsi que celui
du foie droit (en vue d’une greffe chez
un adulte) ou du lobe gauche (en vue
d’une greffe chez un enfant).
La détermination des volumes hépa-
tiques par la tomodensitométrie
(figure 7) est bien corrélée aux volumes
hépatiques réels avec un coefficient de
corrélation proche de l’unité (24, 25).
"Analyse vasculaire. L’étude anato-
mique vasculaire chez un donneur
vivant est fondamentale afin de guider
le chirurgien pendant l’intervention
(prévision du nombre d’anastomoses à
réaliser) et de repérer des variantes pou-
vant remettre en question le don de foie
(26). Cette étude peut être effectuée par
angioscanner ou par angioIRM (23). Il
est difficile de recommander une tech-
nique, la supériorité de l’un ou l’autre
de ces examens n’étant pas démontrée
lorsque des équipements performants
sont utilisés (1).
$Anatomie artérielle hépatique. Les
variations de l’anatomie artérielle hépa-
tique sont fréquentes ; une étude de
Michel portant sur 1 000 patients a
montré que ces variations étaient retrou-
vées dans 24,3 % des cas (27).
Le Courrier de la Transplantation - Volume V - n
o
3 - juil.-août-sept. 2005
168
DOSSIER
thématique
Figure 6. Variation anatomique artérielle :
reconstruction MIP scanner montrant une
artère hépatique droite issue de la mésenté-
rique supérieure.