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218 Volume 25, Issue 2, sprIng 2015 • CanadIan onCology nursIng Journal
reVue CanadIenne de soIns InfIrmIers en onCologIe
FEATURES/RUbRiqUES
ambulatoire et comprenait 16 heures
en salle de classe suivies d’un stage
pratique en clinique. Une équipe mul-
tidisciplinaire comprenant des méde-
cins, un pharmacien clinicien et des
inrmiers et inrmières en oncologie
basés dans des contextes de traitement
internes et ambulatoires a été assem-
blée pour contribuer au développement
du contenu du programme. Ce der-
nier couvrait les agents chimiothéra-
peutiques, leur administration et leurs
eets secondaires et abordait également
les soins inrmiers généraux destinés
aux patients atteints de cancer.
Au milieu des années 90, l’ACIO/
CANO a publié ses Normes de pra-
tique et de formation des inrmières
en matière d’administration de chimio-
thérapie anticancéreuse. La publica-
tion de ces lignes directrices a mené
à une révision de notre cours de
chimiothérapie pour adultes en vue
de le rendre conforme à ces normes.
Essentiellement, le contenu du cours a
été réorienté exclusivement vers l’admi-
nistration de la chimiothérapie.
Au cours des dernières années, le
système de santé de Terre-Neuve-et-
Labrador s’est eorcé d’orir aux habi-
tants de la province des traitements de
chimiothérapie aussi près de chez eux
que possible. Cela a créé un besoin
accru d’inrmières et d’inrmiers certi-
és en chimiothérapie dans les centres
de traitement internes et ambulatoires
d’un bout à l’autre de la province. Face
à la demande croissante d’éducation
en administration de la chimiothéra-
pie, il est devenu évident que la coordi-
nation et l’ore de ces formations sous
leurs formes actuelles — des cours de
seize heures en salle de classe répartis
sur deux jours — étaient inadéquates.
Dicultés pour les inrmières à orga-
niser leurs horaires et à se faire rempla-
cer, coûts élevés de déplacement et de
logement des participants, réduction
des allocations pour activités d’éduca-
tion : autant de facteurs qui rendaient
le format en salle de classe irréaliste.
On a temporairement oert le cours de
chimiothérapie au personnel inrmier
en tant que trousse d’auto-apprentis-
sage, en attendant qu’une approche plus
stable et normalisée soit mise au point.
En 2010, le cours de chimiothérapie
pour adultes de la Régie de santé de
l’Est a été lancé en ligne après beaucoup
de travail assidu de la part d’inrmières
et d’inrmiers et d’employés de soutien
technique du Département d’apprentis-
sage et de développement de la Régie.
Ces premiers cours en ligne ont connu
un franc succès et ont établi une fonda-
tion très solide pour la création du cours
qui existe aujourd’hui.
En 2012, le Programme de soins
aux personnes atteintes de cancer de la
Régie de santé de l’Est a assumé la res-
ponsabilité du Cours de chimiothéra-
pie pour adultes. Nous avons établi un
partenariat avec le Département d’ap-
prentissage et de développement orga-
nisationnel de la Régie et avec le College
of the North Atlantic à des ns de sou-
tien technique. Deux importants proces-
sus et recommandations utilisés dans
le cadre du cours original de 1984 sont
encore en place aujourd’hui, malgré les
nombreux changements dans le mode
de prestation du cours: 1)conservation
d’un groupe de travail (dirigé par des
inrmiers et inrmières en oncologie)
chargé de la révision du contenu avec
consultation auprès de médecins et de
pharmaciens cliniciens, au besoin; et 2)
maintien de l’exigence, pour le person-
nel inrmier, d’avoir un an de pratique
en milieu oncologique avant l’obtention
de la compétence en administration de
la chimiothérapie.
Aujourd’hui, le contenu du cours
de chimiothérapie pour adultes de la
Régie de santé de l’Est reète les thèmes
énoncés dans les Normes et compé-
tences pour la pratique inrmière liée
à la chimiothérapie anticancéreuse
de l’ACIO/CANO. Le programme est
divisé en huit modules qui couvrent
des sujets comme le développement
de la chimiothérapie, la biologie cellu-
laire, les principes de l’administration
de la chimiothérapie, la classication
des agents chimiothérapeutiques, les
eets secondaires, la gestion de la toxi-
cité, les urgences oncologiques, les voies
d’administration, la manipulation sécu-
ritaire, l’évaluation des patients, l’édu-
cation, la documentation et le rôle de la
pharmacie. Chaque module comporte
un ensemble d’objectifs d’apprentissage
qui guide et soutient les apprenantes,
ainsi qu’un questionnaire nal.
Le cours comprend six devoirs heb-
domadaires axés sur des enjeux non
couverts par le cours. Ces devoirs
invitent à la réexion sur des enjeux
actuels relatifs à l’administration de la
chimiothérapie comme les politiques
organisationnelles ayant une inci-
dence sur cette dernière, les opinions
des apprenants sur le maintien de la
compétence en administration de la
chimiothérapie et les ressources d’édu-
cation pour les patients. Le dernier de
ces devoirs porte sur deux études de cas
complètes en chimiothérapie qui aident
à synthétiser les connaissances et les
concepts transmis par le cours. Ce der-
nier exige une compétence préalable en
perfusion intraveineuse périphérique
et centrale. Conformément aux normes
d’Agrément Canada, les formations
en systèmes de perfusion doivent être
oertes par les organismes et les pro-
grammes de l’ensemble des régies de la
santé provinciales.
Le cours commence par le volet théo-
rique de huit semaines, suivi d’un exa-
men en ligne au début de la neuvième
semaine. La note de passage est de
80 %, et la réussite à cet examen nal
est une exigence pour réussir le cours.
Les devoirs comptent pour 20 % de la
note nale du cours. Ceux et celles qui
n’obtiennent pas 80 % ont l’occasion
de passer l’examen une deuxième fois
au cours des deux semaines suivantes.
En cas de deuxième échec, on recom-
mande à la personne de reprendre le
cours au complet. Une fois cet examen
théorique réussi, les étudiants doivent
eectuer un stage clinique.
Ce stage est organisé sous la super-
vision d’une inrmière certiée en
chimiothérapie et requiert l’administra-
tion réussie de deux agents de perfusion
et de deux vésicants. La compétence ne
se limite pas à la seule administration
des médicaments. Elle porte plutôt sur
l’ensemble des soins fournis au patient
qui subit l’intervention, ce qui com-
prend l’évaluation du patient, les véri-
cations préalables à l’administration,
la capacité de trouver un accès veineux,
l’administration des médicaments, le
suivi du patient et des médicaments,
l’éducation au patient et la documen-
tation. La durée du stage est d’environ
16 heures, et il est recommandé de le