
celle de la Banque mondiale, et qui désigne «l’exercice du pouvoir politique, ainsi que d’un
contrôle dans le cadre de l’administration des ressources de la société aux fins du
développement économique et social».
Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Pour le PNUD, il faut
entendre par gouvernance, l’exercice d’une autorité politique (la formulation de politiques),
économique (la prise de décisions à caractère économique) et administrative (la mise en
œuvre de politiques) aux fins de gérer les affaires d’un pays. Suivant cette définition, la
gouvernance repose sur des mécanismes, des processus et des institutions qui permettent aux
citoyens et aux groupes d’exprimer des intérêts de régler des litiges et d’avoir des droits et
obligations. Le PNUD a de plus, cerné les trois paliers de gouvernances, à savoir l’Etat qui
créée un environnement politique et légal propice ; le secteur privé qui crée emplois et
revenus, et la société civile qui facilite l’interaction politique et sociale.
Il apparaît alors que la gouvernance renvoie pour certains à une amélioration de la
gestion du secteur public ; une responsabilité économique ; la prédictibilité et l’autorité de la
loi et la transparence dans la gestion des affaires publiques. Pour d’autres, elle signifie «bon
gouvernement» caractérisé par les vertus de responsabilité, de légitimité et de compétence
(Banque Mondiale, 1989 ; ODA, 1993). La gouvernance est également explicitement
rattachée à la démocratie (USAID, 1991). Cependant, une autre tentative visant à synthétiser
la définition renvoie à la gouvernance en tant qu’exercice de l’autorité politique, économique
et administrative dans la gestion des affaires nationales à tous les niveaux (PNUD, 1997).
Appuyée sur trois concepts clefs : la responsabilité, la décentralisation et la transparence, la
bonne gouvernance a donc consisté dans une sorte de « juridicisation » de l’action publique.
Depuis son apparition la notion de bonne gouvernance est étroitement liée à la
recherche de solutions à la crise de l’Etat avec, cependant, des variantes selon les priorités des
organisations intervenant dans l’octroi et la gestion de l’aide internationale. Or, aujourd’hui,
deux principales conceptions de l’Etat émergent :
1°) la vision jacobine, inspirée de ROUSSEAU, qui repose sur une conception
utopique du pouvoir politique et de la vie démocratique, autrement dit sur un postulat général
de bienveillance des hommes politiques et de l’administration. Cette conception est
caractérisée par l’absence des incitations monétaires et de sanction ;
2°) la conception inspirée de MONTESQUIEU, qui consacre la non bienveillance des
gouvernements et prend compte, à cet effet, l’influence des groupes d’intérêt. L’organisation
de l’Etat est repensée en terme de contre pouvoirs.
La plus ou moins bonne gouvernance étant indéniablement liée à la forme
d’organisation de l’Etat, force est de reconnaître que le modèle jacobin, utile à une certaine
époque, est devenu inadapté voire inefficace à cause essentiellement de la complexité de la
société et de l’économie. Or, les pays africains semblent prisonniers de la vision jacobine dont
ils ont hérité de colonisation française et qui devient un véritable vecteur de corruption
Les institutions internationales sont elles aussi prisonnières de cette vision jacobine.
Les politiques d’ajustement dont elles préconisent l’application prônent une réduction des
salaires réels – déjà très bas – dans la fonction publique, mettent en place des incitations au
départ volontaire des fonctionnaires, incitations dont profitent les employés de l’Etat les plus
dynamiques qui peuvent saisir les opportunités des conditions de travail plus favorables qui
leur sont offertes hors de la fonction publique (le secteur privé).
La théorie du choix public, et la nouvelle économie publique dont elle fournit une
marque,ypothèse que les décideurs politiques ne sont guidés que par la poursuite de l’intérêt
général. En lieu et place de cette vision platonique, la théorie du choix public insiste sur le fait