
5
A ces problèmes de croissance à long terme se sont ajoutés pendant les
années 80 les problèmes d'ajustement des balances des paiements et
d'ajustement. Certes, il était reconnu que les comportements microéconomiques
et les institutions des pays en développement pouvaient être très différents de
ceux des pays industrialisés mais l'économiste considérait que l'étude de ceux ci
ne relevaient pas de son domaine ou que ces comportements et ces institutions
n'obéissaient à aucune logique économique. Dans ce cas il suffisait d'implanter
les "bonnes" institutions (le marché, la démocratie) pour que les comportements
suivent.
L’attention portée à la micro-économie du développement est née des
échecs répétés de politiques purement macro-économiques et de cette
conception simpliste des problèmes institutionnels. L’on constate en effet que les
stratégies macro - économiques restent lettre morte dés lors qu’elles ne
correspondent pas aux intérêts des agents. D'autre part les institutions –
marchés ou administrations - chargées de mettre en œuvre ces politiques
s'avèrent souvent défaillantes et constituent un frein au développement.
Pour comprendre ces défaillances la théorie du développement a pu
s'appuyer sur les avancées importantes de la micro-économie moderne qui ont
porté sur le comportement des agents, sur les marchés incomplets ainsi que sur
la logique économique de la création et du fonctionnement des institutions. Des
domaines nouveaux de recherche sont ainsi apparus comme le comportement
face au risque et à l'information incomplète, le rôle des droits de propriété dans
le développement ou l'analyse de la corruption administrative.
2. Techniques d’Evaluation et de suivi des Projet d’infrastructure et de
développement.
La problématique sur la régulation
L'histoire du capitalisme a vu se succéder différents modes de régulation.
Au mode de régulation concurrentielle, où tout ajustement se fait sur la base du
marché et de la concurrence, s’est substitué un mode de régulation hybride
durant l'entre-deux-guerres, puis un mode de régulation fordiste ou monopoliste,
durant les Trente glorieuses. Cependant, l'approche en termes de régulation
prend réellement son essor à partir du milieu des années 1970, alors que la
stagflation ébranle le schéma de la politique keynésienne et montre les limites de
la théorie marxiste traditionnelle dans l'explication des crises du capitalisme.
Aujourd’hui, un mode de régulation dont les contours restent à être définis
s’est installé depuis le début de la « crise contemporaine » avec le constat
générale de l'altération des mécanismes autorégulateurs du marché. Dans ce
contexte, l'approche de la régulation se présente comme une voie alternative qui
légitime le retour de l’Etat, d'une part, en mettant l'accent sur les institutions et
en retenant une perspective transdisciplinaire, d'autre part, en rejetant la théorie
néo-classique et l'individualisme méthodologique. Si des différences théoriques
séparent les nombreux économistes (Michel Aglietta, Alain Lipietz, Jacques
Mistral) qui fondent cette approche, Robert Boyer, dans son ouvrage « La
Théorie de la régulation : une analyse critique », a présenté les notions
fondamentales et la méthodologie de ce qu'on appelle, depuis sa publication en