des toits de terre au Sahel - Association la Voûte Nubienne

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Association "la voûte nubienne"
Porteur du projet : Thomas Granier
http://www.lavoutenubienne.org
un héritage technique africain
des toits de terre au Sahel
Rapport d'activités
campagne 2005 – 2006
Depuis 2000, l'association « la voûte nubienne » (AVN)
s'attache à faire connaître aux maçons et aux populations du
Sahel une technique de construction alternative, mise au point
par Thomas Granier et Séri Youlou pendant les deux années
précédentes. Cette technique, dite de « la voûte nubienne »
(VN), apporte des éléments de solution durables à plusieurs
problématiques liées aux formes d'habitat rural traditionnelles
(toits en bois) ou actuelles (toits en tôles) dans cette partie de
l'Afrique.
La méthode de diffusion de cette technique, d'abord passée
par une phase de validation, en est maintenant au stade de
la vulgarisation.
Ses résultats sont en croissance exponentielle, tant en
termes de maçons formés (35) que de constructions
réalisées par ces maçons (200 voûtes, dont 78 à la dernière
campagne).
Notre objectif est maintenant l'implantation durable de la
technique dans le marché local du bâtiment de la région, à
une échelle significative.
Nous profitons de la présentation des résultats (qui se
confirment) et des nouvelles actions engagées pendant la
dernière campagne pour vous exposer, en rappelant les
grandes lignes du projet, le fruit de notre réflexion et
dégager les grands axes de ce que sera notre stratégie
d'action à proche et moyen termes.
Les campagnes de diffusion 2003 à 2005, au travers du
programme « Dissémination des techniques de
construction de toitures économiques et non
consommatrices de bois au Burkina Faso », ont fait l'objet
d'un partenariat avec l'association Acroterre et d'un
cofinancement du Ministère des Affaires Étrangères
(MAE).
Ce programme a fait l'objet d'un compte-rendu détaillé
envoyé au MAE et surtout d'une mission et d'un rapport
d'évaluation1 effectués par un consultant indépendant2.
Ce rapport s'est attaché à vérifier les postulats fondateurs
du projet, à mesurer son taux de pénétration, à apprécier sa
pérennité et à comparer les résultats obtenus avec les
objectifs énoncés en début de financement.
La pertinence de l'approche proposée par l'association a
ainsi été validée et sa capacité à maîtriser et à porter un
projet, démontrée.
Les recommandations émises par la mission d'évaluation
ainsi que par nos partenaires ont permis parallèlement à la
poursuite de nos activités pendant la campagne écoulée,
d'alimenter la réflexion de l'association sur le
développement de son action dans les années futures et de
tester certaines hypothèses.
1 Ces documents sont disponibles sur notre site internet :
http://www.lavoutenubienne.org. Menu-> Documents/Medias
2 Urs Wyss, Ingénieur Civil Diplômé de l'EPFL, connaît
particulièrement bien le contexte burkinabé, puisque la
Coopération Suisse l’a mandaté en 2004, pour réaliser un
inventaire des constructions en matériaux locaux au Burkina
Faso.
Depuis novembre 2005 l'association VN a mis en
place une levée de fond mensualisée auprès de
ses "amis" et des personnes morales qui la
soutiennent. Ces dons réguliers constituent la base
de nos fonds propres.
Les donateurs sont ici chaleureusement remerciés.
Nous espérons que ce document leur permettra, en
retour, d'avoir une vision encore plus précise du
programme auquel ils participent, de ses actions et
de leurs résultats.
Les problématiques de l'habitat au Sahel
Ces problématiques vont du niveau local (concernant
directement les individus dans leur vie de tous les jours) au
niveau global (la population dans son ensemble et dans son
avenir) :
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●
●
●
Les pays de la zone sub-saharienne, comme le Burkina
Faso, font face à la question de la désertification
qu'amplifie l'explosion démographique récente et
l'activité humaine qui en résulte. La préservation du
couvert végétal et forestier est à ce jour une priorité.
Le « bois de brousse » (nécessaire en grandes quantités
aux toitures traditionnelles) n'étant plus disponible, les
populations rurales (90% des habitants de la région),
déjà pauvres, sont obligées d'acheter des tôles et des
chevrons importés pour couvrir leurs maisons.
Ces achats, uniquement possibles dans le secteur formel
de l'économie (basé sur la monnaie) reviennent très
chers aux populations dans le contexte économique
essentiellement informel (cultures de subsistance,
échanges de travail, ...) qui est le leur : les familles ne
perçoivent au mieux qu'un maigre revenu (culture du
coton, petits commerces des femmes), et les travaux
champêtres n'ont lieu qu'une moitié de l'année (saison
des pluies).
Le marché des matériaux de construction (tôles,
chevrons, fers, ciment, tous importés) affecte fortement
le développement économique de la zone : étant
exclusivement un marché d'importation, il dirige ces
flux monétaires vers l'extérieur, spoliant les économies
familiales, locales et nationales.
De plus, il induit une immobilisation improductive (et
supportées par les populations) des valeurs épargnées
en vue de la construction (la famille achète le plus
souvent ses tôles année par année avant de pouvoir
construire).
Par ailleurs, la tôle est particulièrement inconfortable au
Sahel dont elle amplifie les rudes conditions
climatiques (chaleur, froid et bruit des pluies). Ce
manque de confort participe, d'un point de vue plus
général, aux mauvaises conditions sanitaires dont
souffre la région et en premier lieu les femmes,
principales occupantes des maisons.
La technique « voûte nubienne »
Cette technique permet de remplacer ces toitures de tôle
par des voûtes montées uniquement en terre crue (utilisée
sous forme de briques et de mortiers), et posées sur des
murs maîtres, eux-mêmes construits en briques de terre
crue ou en moellons de latérite (matériaux locaux).
Ces voûtes, bâties suivant une méthode simplifiée,
standardisée, et n'utilisant que des outils locaux, sont d'une
solidité et d'une étanchéité éprouvées, et ceci dans un
environnement où la pluviométrie peut être ponctuellement
très importante.
Leurs avantages les plus pertinents sont les suivants :
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●
●
Le matériau « terre » est présent partout en zone rurale
et péri-urbaine et les techniques de construction en terre
crue (hors VN) appartiennent à l'architecture
vernaculaire.
Les maisons bâties selon cette technique sont mieux
isolées (température et bruit), plus saines, beaucoup
plus durables et restaurent l'usage du toit terrasse.
En valorisant la main-d'œuvre (95% du coût total d'un
bâtiment en VN) et les matériaux locaux, la technique
favorise les économies locales et l'autonomie des
populations : une famille n'a plus besoin d'économiser
avant de pouvoir bâtir sa maison; les matériaux peuvent
être extraits de l'environnement immédiat et le travail (y
compris celui, indirect, de l'extraction, de la fabrication
et du transport des matériaux) peut être soit payé soit
échangé entre voisins et proches.
Autrement dit, le marché de la VN, sous ses aspects
formel (maison payée en monnaie) et informel (travail
échangé) restitue aux économies familiales, locales et
nationales, les sommes auparavant immobilisées, puis
captées par le marché des matériaux importés.
Du point de vue écologique, les voûtes, bâties sans
charpente, ne consomment pas de bois de brousse
(particulièrement les essences rares utilisées
traditionnellement), favorisant ainsi la préservation du
couvert forestier.
Enfin, les toitures en terre sont appréciées pour leur
sécurité (ni le vent ni les voleurs ne peuvent emporter la
toiture, contrairement aux tôles). Elles le sont aussi
pour leurs qualités esthétiques et pour leur modularité
en termes d'agencement (externe et interne) et
d'évolution (ajout de voûtes supplémentaires les années
suivantes).
Couvertures traditionnelle (en
bois) et actuelle (en tôle) des
maisons au Burkina Faso.
Intérieur d'une voûte.
Chambre à coucher.
Vue éclatée d'un exemple de maison à trois voûtes.
Le programme « des toits de terre au Sahel »
Ce nouveau programme prend la suite du précédent au
Burkina Faso et commence à essaimer dans les pays
voisins : Mali et Togo.
Il est le mode d'action privilégié de l'AVN au Sahel. Il tient
compte des réalités socio-économiques et culturelles
locales pour contrôler et organiser la diffusion à grande
échelle de la technique dans la zone sub-Saharienne. Il
s'attache à promouvoir activement, par la formation des
maçons et l'information des populations, l'usage d'un
"savoir-faire" de construction.
Le concept technique de base est optimisé pour
s'inscrire facilement et durablement dans le mode de vie
et d'apprentissage des populations concernées : il est
épuré au maximum des difficultés conceptuelles afin de
favoriser sa diffusion auprès du plus grand nombre
d'apprentis et de clients potentiels. Contrairement aux
autres techniques de construction introduites au Sahel et
basées sur la terre crue, il n'a besoin ni d'outils, ni de
matériaux, ni de savoir-faire ou de concept exogène.
● Le mode d'apprentissage est lui-même inscrit dans la
réalité socio-culturelle des populations cibles (souvent
illettrées) : la transmission du savoir-faire est assurée
par les maçons eux-mêmes et se passe toujours dans le
cadre de chantiers réels. Cette forme de transmission
horizontale par cooptation est celle des villageois
depuis toujours. Notre action consiste à favoriser,
organiser et contrôler cette formation.
● La sensibilisation auprès des populations est assurée par
l'organisation de rencontres d'information dans les
●
●
●
●
●
●
villages et la mise en avant d'exemples concrets. Ces
rencontres sont organisées et animées par les maçons
eux-mêmes, assistés de propriétaires de VN. Notre
action consiste à leur fournir, au travers de structures
relais, le soutien et les moyens nécessaires.
Le revenu des maçons, apprentis et manoeuvres est
directement issu du prix des bâtiments, payé par les
nouveaux propriétaires. Ces revenus (formels ou
informels) renforcent durablement l'économie locale en
continuant à y circuler.
Les maçons formés ont vocation à devenir des
entrepreneurs, partie intégrante du marché local du
bâtiment. Ils favorisent son développement en formant
de nouveaux apprentis sur leurs chantiers.
Le programme vise à organiser le développement de
cette réalité de marché dans laquelle les maçons
entrepreneurs proposent le « produit » VN à une
clientèle qui le recherche. Il soutient l'offre et encourage
la demande. Il organise et contrôle l'expansion du
marché pour éviter sa dissipation, l'optimiser et
amplifier l'effet « boule de neige ».
Le programme n'a pas vocation au financement de
constructions ni à la maîtrise d'oeuvre. Ces moyens
d'actions particuliers ne s'envisagent que pour créer un
effet de levier localement (communication et/ou
formation).
La mise en oeuvre de partenariats avec d'autres acteurs
de terrain (associations locales, ONG, ...), dans le cadre
de leurs besoins de constructions et au travers de leur
influence dans leurs zones d'implantation, permet aussi
d'impliquer étroitement les populations et constitue une
source non négligeable de « chantiers écoles » pour la
formation des apprentis de leurs zones.
La véritable valeur ajoutée du programme réside dans sa capacité à implanter, puis organiser, contrôler et soutenir le
développement du marché de la VN au Sahel. Il peut être résumé en trois points :
● Il met en place et organise les moyens nécessaires à l'existence d'un marché local de la voûte nubienne.
● Il s'assure du développement durable de ce marché dans le respect du contexte socio-économique et culturel des
populations concernées. Il vérifie que les résultats sont concrets, quantifiables et pérennes.
● Il vise a induire des effets macro-économiques et écologiques sensibles dans les régions d'implantation.
Réunion d'information à petit Balé, en face de l'église
en construction.
Maçon et apprentis au travail.
d'appropriation de la technique par la population, à
identifier les conditions et les mécanismes économiques
locaux rendant possible l'existence d'un marché de la
VN et à tester différents moyens d'action visant à
favoriser ce marché. Cette phase est maintenant en
cours d'aboutissement.
Stratégie de développement
Les six années de recul de l'AVN sur son activité amènent
les constats suivants :
En termes de validité du concept : la technique de
construction, simplifiée et épurée pour être facilement
transmissible, les méthodes de vulgarisation (formation
et information) employées et les qualités sanitaires et
esthétiques évidentes des bâtiments VN convainquent
rapidement de larges pans de nouvelles clientèles au
sein des zones d'application.
● En termes de résultats, les progressions exponentielles
du nombre de chantiers réalisés (+60%/an depuis 6 ans,
prouvant la robustesse du concept) ainsi que de celui
des demandes d'ouvertures de chantiers et des
demandes de formations, appellent la poursuite de nos
actions.
● Pour atteindre les buts macro-économiques et
écologiques que l'association s'est fixée, il est
maintenant nécessaire de s'assurer de la pérennité du
rythme de croissance à long terme (6+ ans).
Le défi réside dans nos capacités à poursuivre la
maîtrise de cette multiplication : au regard des résultats
obtenus depuis 8 ans, des progressions exponentielles
constatées et des potentialités du marché, il est légitime
d'envisager la construction de la 1000ème voûte au cours
de la campagne 2009-2010, et au delà, un impact
touchant l'équivalent de 10% de la population du
Burkina Faso dans les 20 ans à venir.
●
Ces constatations simples ainsi qu'une réflexion en
profondeur, menée à partir de l'évaluation indépendante
mentionnée en introduction, permettent de replacer
l'évolution de nos activités dans un schéma de
développement en quatre phases (schéma) que l'on peut
décrire ainsi :
●
Une première phase de recherche puis de validation du
concept technique et de son mode de transmission sur
quelques voûtes à l'échelle d'un village a été à
l'initiative du projet.
●
L'élargissement de notre activité à la zone témoin de
Boromo au Burkina Faso a ouvert une deuxième phase
qui a consisté à mettre au point les modes
Dans le contexte socioculturel local, l'appropriation
demande du temps pour que les populations acceptent le
changement et fassent confiance à la nouvelle
technique. A mesure que le temps passe et que des
exemples de bâtiments de plus en plus anciens sont
visibles, cette méfiance décroît.
Nous nous sommes assurés des conditions socioéconomiques de la transmissibilité du savoir-faire
technique, de la reproductibilité de cette transmission
sans dégradation du savoir, et de sa compatibilité avec
un développement économique durable et profitable à
tous, maçons et clients.
Les actions en faveur du marché telles que les réunions
d'information et les politiques de soutien aux nouveaux
clients ont été testées et leurs effets analysés.
Ceci nous permet maintenant d'avoir un ensemble
cohérent de mesures (outils de formation et de
vulgarisation) que nous pouvons utiliser pour la suite du
programme.
●
La troisième phase du programme, qui a commencé
avec cette campagne 2005-2006, est maintenant en
cours de montée en puissance. Il s'agit, cette fois-ci,
d'utiliser les moyens définis au cours de l'étape
précédente pour fournir l'organisation, le contrôle et le
soutien nécessaire à un changement d'échelle de nos
activités.
Le but est non seulement d'obtenir une part de marché
significative dans la zone initiale, mais aussi d'essaimer
la technique dans de nombreuses nouvelles zones pour
y propager ce marché.
Le développement préférentiel dans des zones
géographiques circonscrites et encadrées par un
responsable de zone (qui supervise les chantiers et les
réunions d'information tout en conservant sa propre
activité de bâtiment) s'inscrit dans une politique de suivi
et de contrôle des résultats de nos actions nous
permettant de les réajuster en fonction de l'évolution de
la situation.
Résultats et développement
du programme « Des toits
de terre au Sahel »
Généralisation :
- retrait local S ah e l
- transfert
Soutien au marché:
- densification Ré gion
- essaimage
Mise en place :
concept socio- Zon e
économique local
Mise au point : Village
concept technique
1000
1
10
100
1998
2000
2005
2010
Nom bre
de voû te s
bâtie s
An né e
Concrètement, la dernière campagne a vu la création de
quatre nouvelles zones de développement, la mise en
oeuvre d'un nombre significatif de chantiers hors zone à
la demande de clients (signe de la vitalité du marché), et
un début d'internationalisation de nos chantiers,
formations et contacts (Mali, Togo, Madagascar...).
Parallèlement, nous avons commencé à mettre en place
une série de mesures et d'indicateurs nous permettant
d'évaluer la progression des résultats et de réajuster nos
actions en fonction des situations locales et des nos
objectifs.
●
Une fois le marché de la voûte nubienne durablement
ancré dans une zone (appropriation globale de la
technique par les populations locales et inscription dans
la réalité socio-économique locale sans plus besoin de
soutien de la part de l'association) nous pourrons y
amorcer un retrait progressif et transférer notre action
dans de nouvelles zones et régions pour y poursuivre la
généralisation du programme jusqu'à toucher une
fraction significative des populations du Sahel et
obtenir ainsi des effets macro-économiques durables.
Nouvelles applications de la technique VN :
Construction de la première mosquée VN financée par une famille
ouagalaise dans son village d'origine, en collaboration avec Urs
Wyss (ingénieur EPFL) pour les plans. Cette mosquée, bâtie à
Kagalé, zone de Kongoussi, se compose de 4 voûtes :
- 2 grandes voûtes accolées et communiquant par de nombreux
passages en voûtin formant le corps principal,
- 2 petites voûtes superposées, l'une pour le récitant et l'autre
formant minaret.
Construction des premiers
bâtiments à étage (voûte sur
voûte) avec escalier intérieur.
Ces maisons (2) ont été
bâties à Boromo, elles
drainent une clientèle aisée
qui voit dans ces modèles des
bâtiments de prestige
confortables.
Construction de hangars (ouverture des murs pignon) qui permettent
de nombreux usages (garage, bâtiment agricole, séchoirs...).
Photo de la dôloterie (brasserie artisanale de bière de mil) de Mme
Nié à Boromo.
La campagne 2005 – 2006 en bref :
●
●
●
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●
●
●
●
Zone de Boromo : 36 voûtes construites dans 9 agglomérations différentes. Une vingtaine
d'apprentis travaillant dans la zone.
Zone de Dano : 11 voûtes construites dans 4 agglomérations, 7 formations bien avancées.
L'association issue du jumelage des villes de Dano et d'Etréchy en France a fait appel aux maçons
VN pour la réalisation d'un centre d'accueil et de formation.
Zone de Tchériba : 2 voûtes construites, plusieurs formations en cours dont celle d'un
entrepreneur en maçonnerie passionné par la technique et ayant construit sa propre maison VN.
Celui-ci a largement soutenu les actions de vulgarisation du maçon responsable de la zone et leurs
différentes visites dans les villages de la région leur ont permis de rassembler une liste de plus de
20 noms de clients potentiels pour 2007.
Zone de Kongousi : 7 voûtes construites et 2 formations en cours. Projet de construction de 4
maisons de maître pour 2007 en complément d'écoles financées par une association française.
Zone de Koumbia : 2 voûtes construites et 2 formations en cours. Plusieurs clients déclarés pour
2007
Hors Zones : 24 voûtes bâties hors zone (dont 2 au Mali) et l'on s'attend à de nombreuses
demandes d'ouverture de chantier hors zone dans les années à venir.
Plus d'une trentaine d'apprentis ont bénéficié de formations.
Les 2 premiers apprentis venus du Mali ainsi que les 2 premiers venus du Togo ont commencé
leur apprentissage au Burkina Faso et 2 maçons burkinabés se sont déplacés au Mali pour la
première mission de construction / formation dans ce pays.
Résultats de la campagne 2005 - 2006
Comme prévu, 4 nouvelles zones ont été ouvertes cette
année (Dano, Tchériba, Kongoussi et Koumbia) et
viennent s'ajouter à la zone historique de Boromo.
Les nombres de voûtes construites et de maçons formés
durant cette campagne montrent que la progression
exponentielle ne faibli pas. On constate que ces nombres
doublent à chaque fois en moins d'une année et demi.
Concrètement, cela représente une augmentation de 60%
par an.
Nous sommes actuellement en train de mettre en place
d'autres indicateurs et des outils d'analyse et de contrôle
qui nous permettrons, pour les prochaines campagnes et
au-delà des simple chiffres montrant la croissance du
nombre de voûtes bâties et de maçons formés, de mesurer
l'intérêt et la validité de l'action entreprise avec plus de
résultats quantifiables et valorisables.
Dynamique de construction :
La campagne 2005 - 2006 a donné lieu à la construction de
78 voûtes (contre 42 en 2005, soit une progression de 86%)
dans 24 villes et villages. Les trois quarts de ces chantiers
sont répartis dans les 5 zones du programme, le reste étant
distribué entre les constructions hors zone au Burkina Faso
et au Mali qui à accueilli cette année son premier chantier
dans la ville de Kati.
La grande capacité des maçons et de leurs clients à
conjuguer et à diversifier le concept original est, cette
année encore, remarquable et cela autant dans l'agencement
des bâtiments que dans leurs finitions. On constate de plus
que la construction et la présentation de bâtiments plus
sophistiqués (plans, taille, finitions...) convainquent une
clientèle plus aisée. Celle-ci, quoique citadine, garde des
contacts étroits avec le milieu rural et peut devenir à terme,
grâce à son influence, un puissant levier de vulgarisation.
800
700
Cumul Maçons Formés
Cumul Voûtes Construites
600
Projection : Maçons Formés
Projection : Voûtes Construites
500
400
300
200
100
0
1998
2000
2002
2004
2006
2008
La conjugaison de la technique VN à des procédés issus
d'autres pratiques constructives permet la mise en oeuvre
de bâtiments de grande surface intérieure à l'exemple de
l'église de Petit Balé dans laquelle les voûtes viennent
s'appuyer sur des poutres et des piliers en béton armé. Ces
concepts architecturaux qui n'utilisent que peu de
matériaux d'importation et permettent l'utilisation d'une
importante main oeuvre non qualifiée sont d'un grand
intérêt économique et le programme se doit de les faire
connaître.
A noter les problèmes de réserve en eau (bas fonds à sec)
ayant grevé pour cette campagne de nombreux chantiers.
Cette problématique récurrente peut être fortement
minimisée, à condition que l'AVN ait les moyens
organisationnels de le faire, par une incitation de la
clientèle à une meilleure planification des chantiers
(préparation et ouverture plus tôt dans la saison quand les
ressources en eau restent importantes).
Formation des maçons :
L'apprentissage de la technique VN se fait « sur le tas »,
dans le cadre de chantiers réels commandés aux maçons
par leurs clients, ceux ci prenant en charge les salaires des
apprentis en formation. De ce fait, le budget de la
Fabrication des petites briques
de terre crue qui serviront à
monter la voûte.
Montage de la voûte par le
maçon et ses apprentis.
Manoeuvres sur un chantier
VN.
Exemple de maison villageoise
en voûte nubienne.
formation ne pèse pas sur les finances de l'association mais
est inclus dans le coût du chantier que règle le futur
propriétaire.
Cette année, 10 maçons supplémentaires ont pris la
responsabilité de chantiers et l'on peut aujourd'hui compter
sur plus de 35 maçons qualifiés dont une dizaine sont
capable de contrôler une zone de vulgarisation (+ ou – 40
villages).
La formation des premiers maçons venus du Mali et du
Togo préfigure et prépare l'ouverture de nouvelles zones
dans ces pays.
Par les actions d'organisation et de contrôle qu'il mène et
par la cohésion générale qu'il entretient, le programme,
dans cette phase de développement, maintient une
influence certaine (formation contrôlée, aide au
démarchage, ...) sur les individus qu'il forme, retardant
ainsi leur accession à un statut totalement indépendant.
L'avantage qu'ils en tirent est une meilleure préparation au
métier d'artisan ou d'entrepreneur.
Par exemple, le programme s'attache à interférer le moins
possible dans les transactions commerciales et financières
qu'impliquent les chantiers. De même, la gestion de ces
derniers est placée sous le complet contrôle des maçons.
Ce partis pris offre aux apprentis l'opportunité d' acquérir
auprès des maçons avec qui ils travaillent une initiation
entreprenariale adaptée non seulement à la réalité du
terrain mais aussi et surtout à leur mode d'apprentissage.
Uniquement pour les maçons qui le souhaitent, nous
envisageons de proposer un complément de formation
spécifique à l'aspect commercial du métier.
Un des aspect très encourageant de ces résultats est le
nombre de demandes de formation qui n'ont pu être
satisfaites faute de chantiers d'application et de maçon
formateurs (notre politique de formation limite le nombre
d'apprentis par maçon, et donc par chantier).
Il est ici très important de noter que l'expansion du programme, qui est plafonnée à chaque saison par le nombre de
maçons disponibles, ne dépend alors que des moyens d'organisation, de contrôle et de suivi qu'il met en oeuvre pour faire
travailler au mieux l'ensemble de ces maçons, à la fois directement pour en faire bénéficier la population, et indirectement
pour préparer son accroissement futur en formant encore plus de maçons.
Salaires générés :
Pendant cette campagne, +/- 420 mois de salaires directs
ont été générés par le programme.
450
Mois de travail générés
400
Ce chiffre ne prend en compte que le travail des maçons,
apprentis et manœuvres et pas les salaires indirects
(préparation des matériaux, transport...).
Il est important de constater que 95% de ces mois de
salaires on été versés par les clients de la technique VN
eux mêmes et que notre participation financière aux
construction est encore en recul.
Cette dynamique s'inscrit exactement dans la
« philosophie » du programme qui vise à induire dans ses
zones d'intervention une véritable réalité de marché.
350
300
rémunérés par l'AVN
rémunérés par les clients
250
39
400
200
40
150
100
50
On remarque aussi que l'engouement des apprentis pour la
formation VN provient aussi de l'exemple des maçons dont
l'activité professionnelle augmente de manière très sensible
le niveau de vie.
16
0
21
35
2000
33
25
32
65
65
75
2001
2002
2003
210
160
2004
2005
2006
Diffusion de la technique :
De nombreuses réunions d'incitation / promotion ont été
organisées auprès des communautés villageoises par les
responsables du programme et / ou par les responsables de
zone. Les intervenants mobilisés (maçons, propriétaires...),
les exemples de bâtiments présentés et les outils de
communication utilisés (documents, photos...) leurs
assurent un succès tangible.
Par ailleurs, les maçons sont fortement incités à profiter
des périodes impropres à la construction pour organiser
leur prospection, ce qui, d'une part, renforce nos propres
actions d'incitation / promotion et, d'autre part, participe à
leur formation d'entrepreneur.
Très clairement, la multiplication de ces actions est freinée
par les faibles moyens (particulièrement financiers) que
nous avons pu y consacré. C'est là que réside un de nos
meilleur potentiel de croissance à condition de trouver les
financements nécessaires au développement de ces actions.
En effet, si théoriquement notre expansion est plafonnée
chaque année par le nombre de maçons disponibles, en
pratique, nous n'atteignons pas encore ce plafond, faute
d'une diffusion efficace de la technique et des moyens
d'organiser cette diffusion. Concrètement, le besoin est
celui de personnel local employé aux actions de promotion
et d'information ainsi que de missions ponctuelles
d'expatriés, les deux se complétant pour soutenir l'action
des responsables de zone.
Une tâche prioritaire de l'association est donc maintenant
de trouver les moyens financiers nécessaires à la
satisfaction de ce besoin.
Partenariat avec d'autres organismes :
L'association recherche pour le programme plusieurs types
de partenariats :
Les partenaires de terrain :
Des organisations ou institutions (ONG, associations, etc.)
œuvrant dans les régions d'intervention du programme, au
travers de leurs besoins en bâtiment, nous permettent une
diffusion intéressante de la technique grâce à leur "culture"
de développement, leurs capacités de financement et leur
influence. Ils sont des leviers intéressants pour le
programme.
A ce jour, plus d'une dizaine de ces partenariats ont été
concrétisés ou sont sur le point de l'être, au Burkina Faso et
au Mali.
Concrètement, cette campagne à vu la réalisation :
● d'un bâtiment de deux voûtes en partenariat avec les
villes de Dano (Burkina Faso) et d'Etrechy (France) à
l'occasion de leur jumelage,
● d'un autre bâtiment de deux voûtes pour le jumelage de
Bagassi (BF) et Lisieu (F),
● de deux voûtes en partenariat avec Terre Verte et
l'Association inter-villages de Zoramb Naagtaaba, dans
le village de Gué (au nord de Ouagadougou),
de deux autres voûtes à Gikologo, pour le compte d'un
groupement de paysans.
Au moins sept autres projets de partenariats sont en cours
de discussion pour l'année prochaine.
●
Les partenaires d'affiliation :
Nous avons pris des contacts avec ces partenaires
(fédérations, groupements, plateformes) principalement
établis dans les pays du Nord, pour bénéficier de leurs
capacités de mise en réseau, de mutualisation et de
promotion.
Un très bon exemple est celui de la convention avec la
Fédération des Associations Franco-Africaines de
Développement (FAFRAD), qui fédère de nombreuses
associations de migrants et qui devrait être signé très
rapidement au début de l'automne 2006.
Information / Communication :
L'association s'est dotée cette année d'un nouveau site web
dynamique (http://lavoutenubienne.org) qui permet une
mise à jour très régulière de l'information. La rubrique
"actualités", notamment, nous permet de communiquer les
dernières nouvelles en continu.
L'intégralité du site est désormais aussi disponible langue
anglaise grâce à Tony Kaye, notre responsable des contacts
anglophones, et les documents essentiels le sont aussi en
italien et en espagnol grâce à nos correspondants dans ces
pays.
Pour les joindre :
● Tony Kaye : [email protected]
● En Italie, Emilio Caravatti :
[email protected]
●
En Espagne, Matteo Caravatti :
[email protected]
Cette plateforme de travail et d'échange tient une place
importante dans la prise de contacts et la concentration des
informations.
Le référencement sur des portails consacrés à
l'architecture, à l'écologie et au développement durable
augmente encore les échanges générés par le site.
A Ouagadougou, l'association VN a participé en février et
juin 2006 à deux conférences sur la construction en
matériaux locaux et sur la construction en terre organisées
par la coopération suisse et le bureau de I.C.I.(Initiatives
Conseil International).
Un film de présentation (disponible sur le site web) de
7mn, réalisé par un professionnel, vient d'être produit. Il
nous permettra de communiquer encore plus facilement
avec le public ou avec de nouveaux partenaires.
Rapport Financier 2005 - 2006
La campagne 2005-2006 a été plus difficile que les
précédentes du point de vue financier. En effet, la
subvention du MAE est arrivée à son terme en 2005 et
aucune autre demande n'avait été faite, faute de temps.
Au point de vue de la gestion comptable, par contre, nous
avons renforcé le mouvement de rationalisation entamé
l'année précédente et nous sommes en mesures aujourd'hui
de vous présenter une version plus analytique des comptes
de l'association.
En premier lieu, il est important de noter que cet exercice,
correspondant à la dernière campagne, a été clos au 31 août
au lieu du 31octobre. Il n'a donc couru que sur 10 mois,
ceci pour, à l'avenir, obtenir une meilleure adéquation entre
la période de l'exercice et celle de la campagne : le volume
d'activité augmentant, le temps nécessaire à la préparation
de celle-ci s'allonge aussi. En faisant coïncider le début de
l'exercice avec le début de cette préparation, à la rentrée de
septembre, la lecture du budget, rapportée à l'ensemble de
nos activités, est plus facile.
Le compte d'emploi des ressources :
Il présente l'origine des fonds collectés (ressources) par
l'AVN au cours de l'exercice et l'utilisation qui en a été
faite (emplois).
A part le reliquat de subvention pour 2005, les ressources
de cette campagne proviennent quasiment entièrement des
dons faits à l'association, ce qui n'a pas suffit (comme le
montre l'insuffisance de ressources de plus de 4600 €, soit
26% des emplois, mentionnée au bas du compte
d'exploitation) étant donné l'accroissement de notre volume
d'activité.
Point très positif cependant, la levée de fond mensualisée
que nous avons mis en place fin 2005 s'est révélée être un
grand succès avec, à la clôture de l'exercice (31/08/06), 39
donneurs apportant 460 €/mois à l'association. Sur
l'ensemble de l'exercice, cela à représenté presque la moitié
de nos ressources.
Les contributions spécifiques proviennent essentiellement
de partenariats pour des chantiers de construction.
Compte d'emploi des ressources
Emplois
(Euros)
%
Matériel de bureau au Burkina Faso
Fournitures de bureau au Burkina Faso
Frais postaux et télécom. au, et vers le Burkina
Outillage
Achat voiture au Burkina Faso
Voyages et déplacements au Burkina Faso
Frais de livraison
Rémunération du personnel au Burkina Faso
Frais de missions expatriées au Burkina Faso
Programme "des toits de terre au Sahel"
557
241
669
131
4 223
1 470
120
1 867
2 238
11 516
65%
Appel à prélèvement mensuel
Frais de prélèvement
Nom de domaine
Prestations informatique
Information, communication et financement
370
182
14
605
1 172
7%
Matériel de bureau
Fournitures de bureau
Charges de bureau
Frais de télécommunications
Déplacements
Fonctionnement de l'association
1 082
890
230
758
2 082
5 042
28%
17 730
100%
(Euros)
%
200
7 048
3 348
10 596
2%
54%
26%
2 500
2 500
19%
1
1
0%
TOTAL des ressources de l'exercice
13 097
100%
Insuffisance
- 4 633 - 26%
TOTAL des emplois de l'exercice
Ressources
Cotisations des adhérents
Contributions volontaires
Contributions spécifiques
Dons privés
Subvention 2005
Subventions et autres concours publics
Produits de participations
Autres produits
Bilan
Actif
(Euros)
Disponibilités :
- Crédit Coopératif
- Caisse
703
114
TOTAL DE L'ACTIF
Passif
(Euros)
Fonds associatifs
Résultat de l'exercice
Dette à Thomas Granier
- 3 627
- 4 633
9 078
817 TOTAL DU PASSIF
Très clairement, notre « montée en puissance » se traduit
par des dépenses accrues. Schématiquement, elles peuvent
2%
26%
28%
65%
53%
19%
7%
Ré partition de s re s s ource s par origine
Cotisations des adhérents
Contributions volontaires
Subvention 2005
Contributions spécifiques
Répartition des emplois par destination
Programme "des toits de terre au Sahel"
Information, communication, financement
Fonctionnement de l'association
817
être réparties entre les dépenses correspondant au
programme de vulgarisation de la VN (65%) et celles
correspondant à l'information et à l'appel à la générosité du
public (7%), ou aux frais de fonctionnement de
l'association (28%).
Ces derniers ont été alourdies cette année par l'achat de
matériel informatique absolument nécessaire, de même
qu'une importante part des coûts opérationnels ont du être
consacré à l'achat d'une voiture (Express d'occasion) au
Burkina Faso.
L'autre dépense de fonctionnement importante correspond
aux frais de déplacements pour aller rencontrer nos
partenaires ou futurs partenaires, en particulier financiers.
Ces démarches sont indispensables pour nous permettre
d'arriver à financer les prochaines campagnes.
Les autres frais de fonctionnement ont bénéficié de la
rationalisation en cours, qui devrait permettre d'en
minimiser l'importance dans les budgets futurs.
Les frais de communication et d'appel à la générosité du
public ont essentiellement servi à la mise en place de notre
site internet et du don par prélèvements automatiques. Ces
deux activités ont déjà permisun retour très rapide, comme
le montrent les chiffres de fréquentation du site (environ
700 visites par mois) et le succès de la mensualisation des
donateurs.
L'activité augmentant, les dépenses opérationnelles sont
celles qui ont le plus souffert du manque de moyens. Très
clairement, ces dépenses sont appelées à augmenter
fortement dans les budgets futurs, tant en proportion qu'en
valeur absolue.
Le poste opérationnel le plus gros, après l'achat de la
voiture, a été l'unique mission expatriée (une seule
personne pendant deux mois et demi) de cette campagne.
Suit la rétribution des travailleurs Burkinabé, que ce soit
pour les salaires des maçons restants à la charge de
l'association, ou pour le défraiement de ceux intervenant
dans les réunions d'information du public ou les organisant
(responsables de zone).
Viennent ensuite les frais de déplacement relatifs à ces
réunions et aux missions de contrôle des chantiers.
Enfin, les frais de télécommunications et de matériel de
bureau (téléphones) sont l'expression de l'indispensable
relais entre tous les acteurs de terrain.
Le bilan :
Le bilan est un inventaire de tout ce que l’association
possède (l’actif), et de tout ce qu’elle doit (le passif).
Pour ce premier bilan publié par l'association, les choses
sont très simples et à la mesure de nos capacités
comptables actuelles. En particulier, il ne fait pas
apparaître dans l'actif des éléments plus complexes que
nous n'avons pas pu chiffrer comme les biens
(immobilisations) possédés par l'association, tels que les
moyens de transport au Burkina Faso, ou les ordinateurs en
France. Néanmoins, ces biens perdent de leur valeur au
cours des années et finissent ou finiront par être amortis.
Pour les exercices futurs, nous essaierons d'être en mesure
de présenter des immobilisations avec les plans
d'amortissement correspondants.
Au passif, les fonds associatifs sont négatifs. Ceci est le
résultat cumulé de l'ensemble des exercices précédents,
dont les premiers, au début de l'association, étaient
déficitaires. Ces déficits ont été supportés par le fondateur
de l'association, Thomas Granier, auprès de qui
l'association a donc une dette.
Le résultat du présent exercice est lui aussi déficitaire et
vient s'ajouter à la dette mentionnée ci-dessus qui totalise
plus de 9000 €. A lui seul, il est supérieur de près de 30% à
la dette précédente, la faisant maintenant plus que doubler.
Il est évident que le manque de financement institutionnel
pour cet exercice est la cause directe du problème. Ceci ne
peut pas se reproduire.
Compte tenu des prévisions de croissance de l'activité, il
apparaît donc comme vital que l'association se donne les
moyens de trouver très vite des partenaires financiers qui
l'aideront à assurer convenablement ses missions et à
maîtriser cette croissance.
A l'actif, les chiffres sont très simples et montrent ce qu'il
reste en caisse ou sur le compte en banque à la clôture de
l'exercice. Le niveau de ces disponibilités est très faible et
montre l'urgence de trouver un financement pérenne.
Il est patent que nombre de partenaires potentiels, aussi
bien dans les institutions publiques que dans le secteur
privé trouvent et trouveront dans le programme, ses
résultats et ses ambitions une résonance avec leur propre
conception du développement durable.
Tout en poursuivant la rationalisation de sa comptabilité,
l'association se consacre donc actuellement à la recherche
et à la négociation avec des partenaires potentiels pour
mettre en place un plan de financement sur trois ans.
Perspectives pour 2006 - 2007
La prochaine campagne devrait voir la fin de la deuxième
phase de notre schéma de développement et la montée en
puissance de la troisième, consacrée à soutenir le marché
dans sa phase d'établissement (densification de la zone
initiale), et à la poursuite de l'essaimage vers de nouvelles
zones.
Pour réussir, nous devons mettre en place les moyens
d'organiser et de contrôler ce changement d'échelle. Ceci
nous force à remettre en question à la fois les moyens et
les méthodes de fonctionnement actuels. Les seuls
bénévolats et dons privés ne sont plus suffisants. Nos
missions, pour assumer la charge croissante de travail et
gagner en efficacité, ont maintenant besoin de postes
salariés pour pouvoir s'y consacrer à plein temps, à la fois
sur le terrain et depuis la France.
Une part importante du travail doit se faire en Afrique
(contacts, information, vulgarisation et contrôle), en
contact direct et rapide avec la réalité du terrain. Les
Burkinabé oeuvrant déjà bénévolement pour l'association
sont extrêmement motivés pour développer notre
organisation sur place.
Une autre partie du travail (préparation, administration,
financement, gestion et internationalisation), dont dépend
toute l'organisation, ne peut se faire que depuis la France.
L'urgence immédiate à laquelle nous nous consacrons est
donc maintenant la mise en place de cette
professionnalisation, pour la prochaine campagne.
En termes de résultats, nous prévoyons pour la prochaine
campagne:
●
Au Burkina Faso :
○
○
○
○
●
Au Mali :
○
○
○
●
1 à 2 nouvelles zones ouvertes,
120 à 150 voûtes construites,
10 maçons formés,
600 à 800 mois de salaires générés.
2 nouvelles zones ouvertes,
8 à 16 voûtes construites,
4 maçons formés.
Au Togo :
○
○
○
1 zone ouverte,
2 à 6 voûtes construites,
2 maçons formés.
Des contacts établis au Cameroun, au Maroc et à
Madagascar nous conduisent à envisager la réalisation
prochaine de prototypes qui nous permettront de vérifier la
pertinence du concept dans les contextes sociaux et
climatiques de ces pays.
Les ressources humaines correspondant aux missions du programme sont disponibles, les méthodes et les moyens
d'actions sont clairement définis, les demandes d'ouvertures de chantiers et de formations sont déjà formulées par la
population au delà des capacités actuelles, les maçons sont très motivés pour commencer la nouvelle saison de
construction dès les travaux des champs terminés (décembre), et les Burkinabés participant à l'organisation le sont pour
préparer cette saison dès maintenant. Pour faire de la prochaine campagne un succès, ne manquent que les ressources
financières nécessaires au bon fonctionnement de l'ensemble.
Conclusion
Les avancées du programme sur le terrain (apprentis
maliens et togolais au Burkina Faso, premiers bâtiments au
Mali, ouvertures de zones dans les pays limitrophes en
2007, etc.) et le rôle grandissant des outils de contrôle
couplés aux données collectées sur le terrain depuis huit
ans, nous ont conduit à une réflexion profonde sur la
professionnalisation et l'internationalisation du programme
et ses effets à moyen et long terme. Cette réflexion
concerne la stratégie à adopter, les moyens financiers à
trouver et l'identification des difficultés potentielles.
Conformément aux exigences d'un développement durable,
les résultats et les moyens de les obtenir sont acquis au
long terme. Nous devons, au sein des zones, atteindre un
nombre suffisant d'ouvertures de chantiers et de formations
pour induire l'émergence d'une réalité de marché obéissant
aux règles de l'offre et de la demande, et ayant une
influence économique et écologique sensible, à la fois au
niveau local et au niveau de la région Sahélienne.
A cette fin, nous continuons à développer des outils de
gestion et de promotion adaptés à la spécificité du
« produit » proposé et de la clientèle visée.
Nous continuons aussi à rechercher des partenaires ayant
un intérêt commun pour le développement du marché de la
VN.
Pour pouvoir supporter « l'explosion » qui se confirme et
atteindre nos objectifs à long terme, nous espérons
vivement que l'obtention rapide de financements va nous
permettre très prochainement de coupler des postes salariés
au travail bénévole.
1ère
maison en
voûte
nubienne
construite
au Mali.
Association "la voûte nubienne"
9 rue des arts – 34190 Ganges – France
+33 (0)4 67 81 21 05
http://www.lavoutenubienne.org
+33 (0)6 17 51 23 63
[email protected]
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