
PERSPECTIVES SUR LES MARCHÉS - TROISIÈME TRIMESTRE 2014 5
Si nous remontons à janvier, il est juste d’afrmer que nous avons été encouragés par les perspectives économiques
des États-Unis pour 2014. En toute honnêteté, nous avons été surpris par la contraction de 2,9 % au premier
trimestre, il s’agit là d’une variation de 7 % par rapport au troisième trimestre de l’année passée. La bonne nouvelle,
c’est que les données économiques prospectives appuient l’excuse voulant que la météo ait été la grande responsable
au premier trimestre. Les principaux indicateurs économiques, le transport, la demande d’énergie, les ventes au détail
et la production sont tous de bon augure pour le second semestre de 2014. Sans oublier le secteur de l’emploi :
en moyenne, 231 000 nouveaux emplois ont été créés mensuellement durant l’année. Il ne s’agit assurément pas
d’une donnée ahurissante, mais elle n’en demeure pas moins positive. Ainsi, le taux de chômage aux États-Unis a été
ramené à 6,1 %, soit seulement 1,7 % de plus que le creux afché pendant le dernier cycle.
L’optimisme commence à poindre chez les premiers dirigeants. Une transition s’est amorcée voilà quelques années
déjà. De fait, de 2009 à 2011, les sociétés ont assuré la croissance de leurs bénéces par la compression des coûts,
ce qui a nui à la main-d’œuvre et aux dépenses. À mesure que cette tendance s’est inversée, les sociétés se sont
tournées vers la croissance des dividendes et les rachats d’actions pour restituer du capital aux actionnaires. L’an
dernier, près de la moitié de la croissance des bénéces du S&P 500 provenait du rachat d’actions, réduisant le
dénominateur des bénéces. Les sociétés se tournent aujourd’hui vers les fusions et acquisitions pour bonier la
valeur pour les actionnaires. Nous avons constaté une hausse de 75 % des activités de fusions et acquisitions et
nous croyons que le sommet de 2007 sera fracassé. La conance des sociétés est plus solide et nous sommes d’avis
qu’elles augmenteront maintenant leurs dépenses. Cette tendance se dessine dans les enquêtes sur les perspectives
et dans les données inattendues concernant la demande des sociétés au deuxième trimestre. Mais dans l’ensemble,
les dépenses demeurent contrôlées. Serait-ce la faute de Dame Nature? Peut-être! Et si c’est le cas, alors la situation
devrait être temporaire. Une reprise des dépenses de sociétés serait avantageuse pour les entreprises des secteurs de
l’industrie et de la technologie de l’information, en plus de réduire le taux de chômage.
Les perspectives économiques semblent à ce point encou-
rageantes que Janet Yellen et le FOMC poursuivront le retrait
des importants plans de relance mis en œuvre (assouplisse-
ment quantitatif). La réduction d’achats d’obligations (qui a fait
couler beaucoup d’encre et qui a été mise en œuvre de façon
méthodique) se poursuit et, à notre avis, devrait se conclure d’ici
la n de l’exercice. Les marchés ont particulièrement apprécié
les plans de relance, mais le rendement du S&P 500 depuis la
mise œuvre de ces derniers montre bien qu’ils peuvent grimper
davantage, tant que l’argent demeure abordable.
Quand l’assouplissement quantitatif sera chose du passé, nous
pourrons alors nous concentrer sur le taux de nancement à un
jour de la Fed et la venue de la première hausse. Selon nous, cette
-35
-25
-15
-5
5
15
25
35
-20%
-15%
-10%
-5%
0%
5%
10%
Investissement privé non résidentiel en capital
fixe (gauche)
Indice Philly Fed Capex Intentions (droite)
5. Des dépenses d’investissement prospectives très
élevées devraient donner lieu à des dépenses de sociétés
Source : Bloomberg
Ce contexte est favorable aux actions : de faibles taux, des bilans solides, une croissance modérée susceptibles de
prendre de l’élan. Même si quelques embûches devaient surgir en raison d’un changement de perception face aux
taux (ou de tout autre aléa), il nous serait bien difcile de ne pas considérer les actions comme un actif de choix.
Amérique – prête pour une croissance solide