A. Aoulmi Lycée Pierre Corneille
Sciences économiques & sociales
2013 - 2014
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Economie - Thème 3 Economie et développement durable
Questionnement 1 : La croissance est-elle compatible avec la préservation de
l’environnement ?
Les attentes du programme officiel
Notions
Indications complémentaires
Capital naturel, physique, humain,
institutionnel
Biens communs,
Soutenabilité́,
Réglementation
Taxation
Marché de quotas d’émission.
On expliquera pourquoi l’analyse économique du développement durable, qui se fonde sur la préservation des
possibilités de veloppement pour les générations futures, s’intéresse au niveau et à l’évolution des stocks de
chaque type de capital (accumulation et destruction) ainsi qu’à la question décisive du degré de substitution entre
ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les limites écologiques auxquelles se heurte la croissance
économique (épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation
de la concentration des gaz à effet de serre, etc.). L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les
instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener des politiques environnementales. En lien avec le
programme de première sur les marchés et leurs défaillances, on montrera la complémentarité des trois types
d’instruments que sont la réglementation, la taxation, les marchés de quotas d’émission.
Acquis de première : externalités, droits de propriété́, offre et demande,, défaillances du marché..
Le plan du cours
I. Quelles sont les limites écologiques de la croissance ?
A. Les problèmes écologiques posés par la croissance
1. La croissance provoque des dégâts environnementaux
2. La croissance épuise les ressources naturelles
B. Le concept de développement durable
1. L’histoire d’un concept
2. Evolution des stocks de capitaux et substituabilité : le développement durable en débat
II. Quels instruments économiques pour la politique climatique ?
A. Pourquoi mener une politique climatique ?
B. Quels sont les instruments des politiques climatiques ?
1. L’intervention des pouvoirs publics
2. Les marchés des quotas d’émission
3. Le rôle des innovations
Quelques exemples de sujets possibles
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Dissertation
EC Partie 2
EC Partie 3
- Dans quelle mesure la croissance
économique peut-elle être
soutenable ? (bac 2013)
- Comment les politiques
climatiques peuvent-elles
permettre de préserver
l'environnement ? (bac 2013)
- Présentez les trois types
d'instruments d'une politique
climatique (bac 2013).
- Comment la taxation permet-elle
d'agir sur la préservation de
l'environnement ? (bac 2013)
- Quelles sont les relations entre le
capital naturel et la croissance ?
- Pourquoi les marchés laissés à eux-
mes ne peuvent-ils résoudre la
question climatique ?
Vous présenterez le document puis …
- Analysez les relations entre
croissance, développement et
dégradation de
l’environnement.
- Mettez en évidence les
principales caractéristiques de
l’évolution des prix des permis
d’émissions sur le marché
européen
- Vous montrerez que la politique
climatique repose sur la
complémentarité de différents
instruments (bac 2013).
- Vous expliquerez pourquoi les
trois types d'instruments
utilisés en matière de politiques
climatiques sont
complémentaires. (bac 2013)
- Montrez si une croissance
durable dans un monde aux
ressources naturelles limitées
est possible.
Ce chapitre sera traité principalement à partir du travail que vous effectuerez à la maison. Ce travail sera complété par :
- Un travail spécifique mené avec le professeur sur les notions clés et/ou les plus complexes
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Les sujets sont issus des premières sessions du baccalauréat ou des principaux manuels de SES de la classe de Terminale
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- La mise à disposition d’un corrigé du dossier documentaire.
L’utilisation de ce dossier documentaire répond aux mêmes modalités que les dossiers traités en classe.
- Notez bien les éléments de plan (I, A, 1. et astérisxxisme…) sur votre classeur / cahier et répondez aux questions posées.
- Certains points sont à traiter directement sur le dossier.
- Des points de synthèse / cours sont notés en encadrés colorés
- N’hésitez pas à utiliser votre manuel et d’autres ouvrages pour approfondir votre compréhension.
Bon travail !!
Sensibilisation
Document 1 Comment mesurer le bien-être des populations ? - Manuel Hachette doc 1 et 2 p.152
Questions :
1. Notez clairement les 4 limites du PIB dans la mesure du bien-être.
- Le PIB et sa croissance sont indifférents au fait que l’on puise dans les stocks pour continuer à croître
- De nombreuses activités qui contribuent au bien-être ne sont pas comptées dans le Pib : bénévolat, travail domestique
- Le PIB est indifférent à la répartition des richesses, aux inégalités, à la pauvreté, à la sécurité économique etc.
- Les services non-marchandsxx dispensés par l’Etat sont très mal comptés : santé, éducation par exemple, sont évaluées à leur coût, indépendamment
de leur qualité.
2. Notez les dimensions qui, selon le rapport Stiglitz (économiste keynésien), doivent être prises en compte pour mesurer le bien-être (autrement dit la
« qualité de la vie »)
Il faut appréhender de multiples dimensions de la qualité de la vie pour mesurer le bien-être :
- conditions de vie matérielles (revenus, consommation et richesse)
- santé
- éducation
- activités personnelles dont le travail
- participation à la vie politique et la gouvernance (idée du « bien gouverner », décentrement de la décision politique et publique, éthique de la vie
politique, implication des citoyens etc.)
- liens et rapports sociaux
- environnement
- insécurité, économique et physique
I. Quelles sont les limites écologiques de la croissance ?
A. Les problèmes écologiques posés par la croissance
1. La croissance provoque des dégâts environnementaux
Document 2 Les dégâts environnementaux causés par la croissance
A. Une catastrophe écologique causée par l’homme - Manuel Hachette doc 1 p.156
B. L’extraction des gaz de schiste - Manuel Hachette doc 2 p.156
Question : Reportez les exemples cités par les textes, les causes et conséquences de ces problèmes : l’objectif est de « maîtriser » certains exemples de dégâts
environnementaux.
Gaz de schiste : ce n’est pas le gaz en lui-même qui pose des problèmes environnementaux, mais la méthode d’extraction, la fracturation hydraulique, qui
consomme énormément d’eau, qui libère du gaz dans les nappes phréatiques (qui sont donc polluées), et qu’il faut traiter ensuite (l’eau utilisée pour extraire le
gaz est en effet chargée de métaux lourds). En France, à ce jour, l’extraction reste interdite, même si le débat est vif : les autorités semblent ouvertes à
l’exploitation de ce gaz à condition d’élaborer d’autres méthodes d’extraction.
Document 3 Co2, déchets : comment évolue la pollution ?
A. L’évolution des émissions mondiales de CO2 de 1860 à 2008 - Manuel Hachette doc 3 p.156
B. Les émissions mondiales de CO2 par habitant dans le monde - Manuel Hachette doc 4 p.157
C. La production de déchets - Manuel Hachette doc 5 p.157
Question : Repérez les informations principales de chacun des documents (aidez-vous des questions).
Doc3 : Le réchauffement climatique résulte des émissions mondiales de CO2. Ces émissions de CO2 ont été multipliées par 20 au cours de la période 1860-2008,
passant de 2 milliards de tonnes à 40 milliards de tonnes. Jusqu’au début du XXe siècle, les émissions de CO2 ont pour origine essentielle la déforestation mais
au cours des cent dernières années, la très forte progression des émissions mondiales de CO2 provient de l’utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole et
gaz).
Doc4 : En 2002, un Américain du Nord a émis 20,02 tonnes de CO2, soit 2,42 (20,02 / 8,28) fois plus de CO2 qu’un Européen de l’Ouest, 6,56 (20,02 / 3,05) fois
plus qu’un Chinois et 14,4 (20,02 / 1,39) fois plus qu’un
Africain.
Au total, les Américains du Nord ont émis 6,41 milliards de tonnes de CO2 en 2002, les Européens de l’Ouest 3,83 milliards de tonnes de CO2 et les Chinois 3,91
milliards de tonnes de CO2. Les deux pays (ou régions) qui émettent le plus de CO2 sont l’Amérique du Nord et la Chine.
Doc5 : En 2009, le PIB par habitant des États-Unis était de 45 593 dollars, et un habitant produisait en moyenne 730 kg de déchets municipaux. La quantité des
déchets produits par habitant dépend du niveau de vie mesuré par le PIB par habitant. Plus le PIB par habitant est élevé, plus les émissions et la collecte de
déchets sont importantes
Le PIB par habitant des États-Unis est 47,3 fois plus élevé (45 593 / 964) que le PIB par habitant de l’Inde. Un Américain produit 4,5 fois plus (730 / 164) de
déchets municipaux qu’un Indien.
Rédigez un court paragraphe de synthèse montrant que la croissance provoque des dégâts environnementaux
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2. La croissance épuise les ressources naturelles
Document 4 L’empreinte écologique
A. L’empreinte écologique par composante - Manuel Hachette doc 1 p.158
B. Biocapacité et empreinte écologique par région, en 2005 - Manuel Hachette doc 2 p.158
Question : complétez le texte ci-dessous (les chiffres sont à calculer, n’oubliez pas de lire l’encadré « définition » de l’empreinte écologique qui contient des
données dont vous aurez besoin ; les mots sont tous lisibles dans les 2 documents du livre)
Pour satisfaire les besoins d’un Américain du Nord, il faudrait une biocapacité équivalente à ……. planètes (…… / 1,8). Pour satisfaire les besoins d’un habitant de
l’Union européenne, il faudrait environ ……. planètes (…… / 1,8). Le nombre d’hectares nécessaires pour satisfaire la demande en ressources de ces habitants
(leur ………………………… …………………………….) dépasse largement les ressources disponibles (la ……………………………….). De nombreux autres pays ne sont pas en
situation de dépassement écologique mais, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de …… planète. Ce qu’il faut aux habitants de la Terre pour satisfaire
leurs besoins.
Pour satisfaire les besoins d’un Américain du Nord, il faudrait une biocapacité équivalente à 5 planètes (9,2 / 1,8). Pour satisfaire les besoins d’un habitant de
l’Union européenne, il faudrait environ 2,5 planètes (4,6 / 1,8). Le nombre d’hectares nécessaires pour satisfaire la demande en ressources de ces habitants (leur
empreinte écologique) dépasse largement les ressources disponibles (la biocapacité). De nombreux autres pays ne sont pas en situation de dépassement
écologique mais, au niveau mondial, l’empreinte écologique est de 1,5 planète. Ce qu’il faut aux habitants de la Terre pour satisfaire leurs besoins.
Un pays est en situation de déficit (ou de « dépassement ») écologique, lorsque son empreinte (la surface nécessaire pour produire ce que consomme un
individu et absorber ses déchets), autrement dit sa demande en ressources, excède la biocapacité du pays (les ressources à la disposition de la population).
L’Amérique du Nord, l’Union européenne et l’Asie sont ainsi des pays débiteurs écologiques. Un pays est en situation de réserve écologique dans le cas inverse.
C’est le cas des pays européens non membres de l’UE, de l’Amérique latine et de l’Afrique. Ce sont des pays créditeurs écologiques.
Plus précisément, l’Amérique du Nord est en situation de déficit écologique de 2,71 hectares globaux par habitant, c’est-à-dire que son empreinte écologique,
de l’ordre de 9,2 hectares, est supérieure à sa biocapacité, qui est proche de 6,5 hectares par personne. L’empreinte écologique d’un pays ou d’une région
dépend des surfaces nécessaires pour produire ce que consomme un individu ou une population pour son alimentation, son habitation, ses déplacements… ainsi
que pour absorber les déchets rejetés. Cette surface est bien supérieure dans les pays développés que dans les pays en développement.
Document 5 Biodiversité, développement et bien-être humain - Manuel Hachette doc 1 p.166
Question : Répondez à l’intégralité des questions du manuel
1. Au cours de la période 1961-2007, la biocapacité moyenne mondiale disponible par personne a été divisée par deux, passant de 2,8 hectares à 1,8
hectare.
2. Seul un pays répond de justesse aux critères minima de soutenabilité.
3. La situation des pays développés et des pays en développement, qui ne répondent pas aux critères minimum de soutenabilité de pays, est très
différente. Les pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont des IDH élevés, supérieurs à 0,8, mais ont des empreintes écologiques très élevées qui
traduisent une situation de dépassement écologique. Inversement, les pays d’Afrique ou d’Asie ont des IDH faibles, inférieurs à 0,8 pour les pays
d’Asie, inférieurs à 0,5 pour de nombreux pays africains, mais leurs empreintes écologiques sont faibles, ce qui fait que ces pays ne sont
généralement pas en situation de dépassement écologique
Il existe un lien de causalité entre croissance économique et empreinte écologique. En effet, la hausse de la richesse d’une population s’accompagne de la
modification de son mode de vie : hausse de la consommation de viande et de poisson, hausse de la quantité de déchets, hausse de l'équipement (en
automobile ou en électroménager par exemple) hausse des surfaces utilisées à la construction d'habitations et d’infrastructures (scolaires, médicales ou
culturelles), hausse des transports (liés par exemple au tourisme),... ce qui se traduit par une hausse de l'empreinte écologique.
On peut donc se demander si la croissance économique peut se poursuivre indéfiniment sur le même modèle, sachant qu'actuellement les habitants de la Terre
ont une empreinte écologique supérieure à la surface de la Terre (autrement dit, nous avons dépassé la capacité biologique de la Terre à produire nos
ressources et absorber nos déchets).
B. Le concept de développement durable
1. L’histoire d’un concept
Document 6 Repère chronologiques - Manuel Hachette doc 1 p. 160
Question : Répondez aux questions et retenez les principales étapes du concept de développement durable. Selon le rapport Meadows, la croissance de la
production n’est pas soutenable, car elle va se traduire à terme par l’épuisement des ressources naturelles, l’effondrement du niveau de vie de la population
mondiale, suivi d’un déclin de celle-ci.
1. Le rapport Meadows préconise une croissance zéro (ou nulle) à la fois sur un plan économique et démographique pour éviter l’épuisement des
ressources naturelles.
2. Le rapport Brundtland ne demande pas au pays de renoncer à la croissance, mais de rechercher un « développement durable », c’est-à-dire un
développement qui répond « aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
3. Le « développement durable » ne consiste pas uniquement à se préoccuper des conséquences environnementales de la croissance économique et du
développement (dégâts environnementaux et épuisement des ressources naturelles), mais il doit également concerner le domaine économique
(amélioration des conditions de vie, de l’emploi…) et le domaine social (lutte contre l’exclusion, amélioration de l’état sanitaire et de l’éducation…).
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Document 7 Du rapport Bruntland aux Sommets de la Terre - Manuel Hachette doc 2 p. 160
Question : Répondez aux questions 1, 3 et 4 de votre manuel
3. L’Agenda 21 correspond au programme d’action pour le développement durable, adopté lors du Sommet de la Terre de Rio. Il formule des recommandations
dans des domaines tels que la pauvreté, la santé, le logement, la pollution de l’air, la désertification, la gestion des ressources halieutiques, forestières, en eau,
les déchets…
4. Pour une plus grande efficacité, la mise en oeuvre de l’Agenda 21 doit se faire à l’échelle d’un territoire. Il doit être porté par la collectivité et mené en
concertation avec tous ses acteurs : élus et personnels, habitants, associations, entreprises…
Les 3 piliers du développement durable :
Le développement durable est basé sur trois piliers : l’environnement, l’économie et le social.
- Au niveau environnemental : développer les énergies renouvelables, la taxation environnementale, les marchés de quotas d’émission pour réduire
les émissions de gaz à effet de serre, mettre en place des quotas de pêche pour protéger les ressources halieutiques…
- Au niveau économique : encourager une consommation économe de ressources naturelles qui ne prive pas les générations futures de ces mêmes
ressources (par exemple, une gestion intégrée de l’eau).
- Au niveau social : mettre en place une fiscalité écologique équitable voire redistributive, encourager la localisation d’activités favorables aux
populations, notamment dans les PED
Au niveau du développement durable, la gouvernance se fait essentiellement dans le cadre de l’ONU qui organise chaque année des conférences sur ce thème.
Les mesures proposées trouvent ensuite une application au niveau des États et des territoires : collectivités territoriales, associations, entreprises… Le
développement durable se base sur une double solidarité. Tout d’abord, une solidarité entre les générations, présentée dans le rapport Brundtland. Mais
également une solidarité Nord-Sud : les pays développés doivent favoriser le développement des pays les moins avancés à ce niveau.
2. Evolution des stocks de capitaux et substituabilité : le développement durable en débat
Document 8 - Au delà de la croissance économique, le développement résulte de l’interaction de plusieurs types de capital
L’analyse économique du développement soutenable, ou durable, met l’accent sur la préservation des possibilités de développement futur. En s’appuyant sur
l’analyse classique de la production dans laquelle les flux produits résultent de la mobilisation de facteurs de production capital productif et travail, dans les
analyses habituelles -, elle élargit donc la notion de capital productif et adopte une approche patrimoniale dans laquelle sont pris en compte différents stocks de
capital. On peut ainsi opérer une distinction entre les capitaux naturel, physique, humain, et institutionnel. Le capital naturel regroupe les ressources diverses de
la nature susceptibles d’engendrer un service productif (richesses de la mer, du sol, du sous-sol...). Le capital physique est un bien produit dans le passé par
l’homme et utilisé comme moyen de production (bâtiment, machine, matériel...). Le capital humain peut aussi faire l’objet d’une accumulation par l’homme et
regroupe les capacités physiques, intellectuelles d’un individu ou d’un groupe d’individus ; il peut être accumulé par la formation, initiale ou professionnelle. Les
institutions sont l’ensemble des cadres et contraintes humaines qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales. Appareil législatif, autres
normes, formelles ou informelles, valeurs, peuvent contribuer au bien-être des populations comme à la croissance économique. Le capital institutionnel
regroupe ces institutions. Ces différents types de capital contribuent à la production mesurée conventionnellement et peuvent ainsi contribuer au bien-être des
populations. Mais ils peuvent aussi y contribuer de manière plus difficilement mesurable. Si l’on prend l’exemple d’une ressource naturelle telle que la forêt,
celle-ci peut constituer un capital productif mesurable (exploitation des essences d’arbres, bois de chauffage...) mais aussi absorber une partie de la production
de gaz à effet de serre (service productif non mesuré), être propice à la randonnée (service productif le plus souvent non marchand) ou encore susciter le bien-
être pur ou l’émerveillement de ceux qui la traversent.
Eduscol Ressources pour le programme de Terminale ES
Questions : En vous aidant du texte ci-dessus et des documents p. 154 et 155 de votre manuel, repérez les capitaux qui participent au développement. Donnez
leur définition (si possible, une définition améliorée, de citations, d’exemples etc.).
Le capital physique ou technique comprend tous les biens de production, c’est-à-dire le capital fixe (biens d’équipement durables, bâtiments,
logiciel) et le capital circulant (matières premières, services intermédiaires, produits semi-finis…) qui sont engagés dans la production et qui sont
un facteur de croissance. On peut considérer que plus le stock de capital physique est élevé et plus le niveau de la population sera élevé ce qui
garantit un certain bien-être. Le fait d’être propriétaire de son logement, par exemple, outre le statut social qu’il confère, diminue l’insécurité
en matière de logement et offre un certain bien-être que les non propriétaires n’ont pas toujours.
Le capital humain regroupe les capacités physiques et intellectuelles d’un individu ou d’un groupe d’individus qu’il met en œuvre dans la
production et dans ses activités quotidiennes. Il peut être accumulé par la formation initiale, la formation permanente et l’expérience.
L’éducation importe pour la qualité de la vie indépendamment de ses effets sur les revenus ou sur la productivité de chacun. L’éducation est
étroitement liée à l’évaluation que chacun fait de sa vie, même en faisant abstraction du revenu plus élevé qu’elle peut engendrer. En outre, les
personnes ayant un niveau d’éducation élevé bénéficient généralement d’un meilleur état de santé, souffrent moins du chômage, nouent plus
de relations sociales et sont plus engagées dans la vie civique et politique.
Le capital institutionnel regroupe l’ensemble des institutions (Etat, entreprise, mariage,…) qui fixent les règles et les valeurs d’une société et qui
président à l’intégration économique, sociale et politique des individus. La représentation politique fait partie intégrante de la qualité de vie.
Intrinsèquement, la possibilité de participer en qualité de citoyens à part entière, d’avoir un rôle dans l’élaboration des politiques, de s’opposer
sans crainte et de s’exprimer contre ce que l’on juge mauvais sont des libertés fondamentales. Sur le plan pratique, la représentation politique
peut servir de correctif à la politique des pouvoirs publics : elle peut obliger les dirigeants et les institutions publiques à rendre compte de leurs
actes, révéler les besoins des gens et ce à quoi ils attachent de la valeur, et appeler l’attention sur des carences importantes. La représentation
politique réduit en outre les risques de conflit et favorise le renforcement du consensus sur les questions-clés, en ayant des retombées positives
sur l’efficacité économique, l’équité sociale et la participation du plus grand nombre à la vie publique. Les possibilités de représentation
politique et le degré de réactivité du système politique dépendent des caractéristiques institutionnelles de chaque pays, telles que la présence
d’une démocratie qui fonctionne, le suffrage universel, des médias libres et des organisations de la société civile. Elles dépendent aussi de
certains aspects cruciaux de la gouvernance, tels que les garanties législatives et l’état de droit.
Le capital naturel regroupe les ressources diverses offertes par la nature qui peuvent être engagées dans la production ou qui peuvent offrir
des services gratuits (richesse de la mer, du sous-sol, beauté d’un paysage, tempérance du climat…). Les conditions environnementales sont
importantes non seulement pour la soutenabilité, mais également en raison de leur impact immédiat sur la qualité de la vie des gens.
Premièrement, elles agissent sur la santé humaine, à la fois directement (par la pollution de l’air et de l’eau, les substances dangereuses et le
bruit) et indirectement (par le changement climatique, les transformations des cycles du carbone et de l’eau, la perte de biodiversité et les
catastrophes naturelles qui nuisent à la santé des écosystèmes). Deuxièmement, les gens bénéficient de services environnementaux, tels que
l’accès à l’eau propre et à des aires de loisirs, et leurs droits dans ce domaine (notamment droits d’accès à l’information environnementale)
sont de plus en plus largement reconnus. Troisièmement, les gens valorisent les aménités ou les désagréments environnementaux, et ces
évaluations influent sur leurs choix (par exemple de leur lieu d’habitation). Enfin, les conditions environnementales peuvent occasionner des
variations climatiques et des catastrophes naturelles, comme la sécheresse et les inondations, qui portent atteinte tant aux biens qu’à la vie des
populations touchées.
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Document 9 Soutenabilité forte / faible
A. Après avoir longuement nié ou minimisé les problèmes de soutenabilité (épuisement des ressources ou dégradation générale des écosystèmes), un certain
nombre d’économistes néoclassiques (dont le pionner Solow) ont finalement développé une approche de la soutenabilité que l’on qualifie généralement de «
soutenabilité faible ». Cette dernière s’appuie notamment sur la théorie selon laquelle le prix d’une ressource évolue en fonction de sa rareté, si bien qu’à
épuisement la demande s’annule, remplacée par l’apparition d’un substitut technologique. […] Cette hypothèse de substituabilité suggère à peu de choses près
que l’épuisement des ressources ou la dégradation de l’environnement sont légitimes à partir du moment où ces ressources (ou ces dégradations) permettent la
création d’un capital artificiel (technologique ou financier) qui sera lui-même légué aux générations futures... en lieu et place du capital naturel dégradé ou
épuisé. L’hypothèse de substituabilité a de quoi surprendre. Mais [il] faut dire que cette hypothèse a de quoi séduire puisque, grâce à elle, la croissance
économique apparaît alors non plus comme le problème, mais au contraire comme la solution : c’est en effet elle qui est censée permettre à l’humanide
développer la recherche et le capital technologique qui permettront de faire face aux problèmes écologiques… et ceci, bien entendu, sans avoir besoin de
remettre profondément en cause nos habitudes de production et de consommation.
Source : Aurélien Boutaud, « Croissance, décroissance et soutenabilité », Revue Critique d’Ecologie Politique, 2007
B. Les deux approches du développement durable - Manuel Hachette doc 4 p. 161
Questions : Après avoir lu le document A. et le document de votre manuel, répondez à l’intégralité des questions du manuel
Les approches de soutenabilité « faible » et soutenabilité « forte » s’opposent sur le fait que le capital technique puisse se substituer au capital naturel. Pour les
défenseurs de la soutenabilité « faible », le progrès technique peut permettre de remplacer le capital naturel. La sauvegarde du capital naturel ne doit pas être
nécessairement une priorité. Pour les partisans de la soutenabilité « forte », ce n’est pas le cas et il faut donc absolument préserver le capital naturel.
Soutenabilifaible : c’est l’idée qu’il n’y a pas trop à s’inquiéter si l’on peut remplacer un capital (naturel notamment) par un autre (technique notamment). Si
la substituabilité est forte il doit y avoir plus de « développement » que de « durable ».
Soutenabilité forte : au contraire ici, le capital naturel ne se remplace pas facilement, et il faut donc préserver l’environnement qui n’est pas aisément
substituable. Il faut donc une soutenabilité forte du développement.
Document 10 Le fonctionnement de la courbe environnementale de Kuznets - Manuel Hachette doc 1p 162
Questions :
1. Répondez à l’intégralité des questions de votre manuel
1. La courbe environnementale de Kuznets montre que le développement d’un pays entraîne, dans une première phase, une augmentation des émissions
polluantes. Puis dans une seconde phase, les émissions polluantes vont régresser. Cette approche vient soutenir les partisans d’une « soutenabilité faible »,
c’est-à-dire d’une substitution entre le capital technique et le capital naturel.
2. Au début du développement, l’effet d’échelle semble l’emporter sur l’effet de composition et l’effet technologique.
3. Si les activités industrielles sont considérées comme polluantes, ce n’est pas le cas des activités de services. Or celles-ci sont prédominantes dans les pays
développés : processus de tertiarisation.
4. La forme croissante de la courbe de Kuznets au début du processus de développement s’explique par l’effet d’échelle qui prédomine les deux autres effets :
composition et technologique. Puis ces derniers vont prendre une part de plus en plus prépondérante, ce qui va permettre l’inversion de la forme de la courbe.
2. Recherchez sur Internet la « vraie » courbe de Kuznets, qui dresse un lien entre inégalités et développement.
Document 11 La transition énergétique - Manuel Hachette doc 2p 162
Question : Répondez à l’intégralité des questions de votre manuel
1. La consommation d’énergie prise en compte est le pétrole. Le graphique présente la performance énergétique d’une économie qui se mesure par l’intensité
énergétique du produit intérieur brut (PIB) exprimée en tonnes équivalent pétrole (tep) pour 1 000 dollars. Plus le chiffre est faible, meilleure est la
performance.
2. Ce graphique a une forme (en cloche) similaire à celle de la courbe environnementale de Kuznets. Les courbes sont croissantes puis décroissantes, ce qui
semble conforter l’idée que le développement d’un pays se traduit par une progression puis une régression des émissions polluantes.
3. La première période (courbe croissante) est celle pendant laquelle le pays bâtit l’essentiel de son infrastructure (industrie lourde, réseaux de transport,
aménagement urbain). Durant cette phase, les besoins sont importants et le contenu énergétique du produit intérieur brut augmente. Survient ensuite une
saturation, qui s’est produite vers 1880 pour le Royaume-Uni, vers 1920 pour les États-Unis, vers 1930 pour la France, vers 1960 pour le Japon. Le déclin (courbe
décroissante) qui s’amorce ensuite tient à plusieurs raisons : la consommation des matériaux de base à forte composante énergétique se stabilise, et le contenu
en services, peu consommateurs en énergie, du produit intérieur brut augmente. Le progrès technologique vient accélérer cette chute de l’intensité.
4. La transition énergétique en Chine est inférieure à celle des pays développés car elle bénéficie de technologies plus performantes que celles de leurs aînés et
les mettent en œuvre beaucoup plus rapidement.
Document 12 Une courbe contestée - Manuel Hachette doc 2p 162
Ce document est très important car il permet de faire la part des choses dans le débat. Le progrès technique et la tertiarisation de l’économie ont un aspect
bénéfique pour le développement durable, mais ils restent limités.
Question : Répondez à l’intégralité des questions de votre manuel
1. La courbe environnementale de Kuznets n’est vérifiée que très partiellement et uniquement pour certaines émissions polluantes.
2. La hausse du revenu moyen se traduit par une augmentation de la consommation par habitant de ressources naturelles et de la production de déchets. Cette
hausse compense les gains obtenus par la mise en œuvre de méthodes moins gourmandes en énergie et moins émettrices de polluants.
3. Les automobiles récentes ont une consommation en essence bien moindre qu’auparavant, elles sont équipées de pots d’échappement catalytiques…, mais le
nombre d’automobiles dans le monde est en forte progression, en particulier dans les pays émergents (Chine, Inde…) où le revenu moyen augmente.
Les partisans de la « soutenabilité faible » estiment que la nature est un capital comme les autres. Par conséquent, le capital naturel est substituable
(remplaçable par un autre type de capital). S’il se raréfie, son prix deviendra plus élevé et les agents économiques s’efforceront de trouver les technologies
productives qui utiliseront davantage des autres types de capitaux devenus relativement moins coûteux.
Dans une perspective de soutenabilité faible, pour que la croissance soit soutenable, il suffit de maintenir une capacité à produire du bien-être économique au
moins égale à celle des générations présentes. Pour l’assurer, le niveau de capital total doit être maintenu constant : une baisse du capital naturel peut être
compensée par une hausse des autres types de capitaux. Le progrès technique peut alors repousser les limites posées à la croissance économique (en apportant
des substitutions au capital naturel). Il est donc plus facile d'arriver à une croissance soutenable que si on retient la thèse de la soutenabilité forte.
Les partisans de la « soutenabilité forte » ne partagent pas cet optimisme. Ils considèrent en effet que les dégradations du capital naturel sont, dans une
certaine mesure au moins, irréversibles : les dommages causés à l’environnement restent en parties irréparables et certaines ressources épuisables sont
irremplaçables. Dans cette hypothèse, il ne peut suffire de maintenir le capital global constant, il faut maintenir le niveau de chaque type de capital. Le capital
naturel doit alors faire l’objet d’une conservation spécifique, car les innovations technologiques seules ne peuvent repousser les limites de la croissance
économique.
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